Les Petites Choses

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"Les petites choses ont leur importance : c'est toujours par elles qu'on se perd." Fiodor Dostoïevski

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Une poignée de petites choses

Par M. :: 15/05/2008 à 22:07 :: Petites Choses en general et en particulier
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La journée s'achève. Le soleil vient de disparaître derrière le Conservatoire, un peu de sa lumière subsite encore, mais pas pour longtemps. Tout comme moi, elle se fatigue, et prendra bientôt un peu de repos. Jusqu'à demain.

Je retrouve mon traditionnel verre de vin rouge face à la fenêtre, la place peuplée et la musique tout autour. Ce soir, c'est Bach. C'est la première soirée que je passe seule depuis que j'ai quitté la mer. Je fus très occupée.

Le week-end, que j'appréhendais, s'est formidablement déroulé. Une longue et belle balade en décapotable sous le soleil de mai, un dîner sous les étoiles, du vin rouge et des rires en cascade, mais surtout une tendresse aussi naturelle que spontanée. Bienvenue. Profondément appréciée. Comme un bain chaud après une rude journée. Un week-end en forme de très belle surprise. Comme un don du ciel. Un petit miracle, quoi.

Ensuite, grâce à l'aide de la Sainte Mère (je plaisante, mais elle mérite plus que mille fois ce qualificatif), j'ai presque certainement trouvé mon prochain petit nid douillet. Pas si petit que ça. Mais douillet, et mignon. Et depuis je n'arrête pas de me dire que si j'arrive à changer ça, je pourrais changer n'importe quoi. Ma vie toute entière, même. C'est con, l'espoir, mais qu'est ce que ça fait du bien.

Hier, quand ma mère est partie, gros coup de blues.
L'angoisse de rester seule, sûrement. Je suis sortie boire un verre, au petit café habituel, histoire de voir des visages connus et de claquer quelques bises, ça réconforte. Et comme le hasard fait toujours bien les choses (ça va devenir mon credo), ma meilleure m'a rejoint, un, deux rosés, le soleil qui se couche quelque part, la nuit qui s'installe ici, et le rosé se transforme en rouge, avec un barbecue dans le jardin d'une maison, à la campagne.
Réveillée par un rayon de soleil. Le carrelage frais sous mes pieds nus, pas un bruit dans la maison. Le silence est rare dans ma vie, je l'entends mieux que n'importe quel autre bruit. Un jus de fruits. Il dormait encore.
J'en ai profité pour fumer ma première cigarette sur la terrasse. Le chant des oiseaux. La vue des arbres et de la fontaîne qu'il a construite de ses mains. C'est dingue, ce que des mains peuvent faire. Le vent qui se lève lentement. Puis lui. J'entends la porte de sa chambre s'ouvrir, je me retourne, il me propose un café.
Je ne me souviens plus de notre dernier matin commun. Mais j'ai l'impression que celui-ci était meilleur encore. Un tour dans le village, un croissant, un pain au chocolat, et une longue conversation sous le parasol, nous avons profité de la seule heure de soleil de la journée.
Il faut l'écouter parler. L'entendre, aussi. Sa parole est une intra-veineuse de sérénité. Sa voix est si calme, posée. Sûre. Comme un baton sur lequel on peut s'appuyer, pour marcher. Apaisante comme le bruit de l'eau. Elle s'inflitre jusqu'au cerveau, et lui impose un peu de repos. C'est bien de sentir, aussi, d'écouter son instinct plus que sa raison. Il faut que j'apprenne à me faire confiance. Que je retienne certaines choses. Comme cette phrase, dans le bouquin de cet après-midi.

Il m'a rammené en milieu de journée. J'ai pris une douche, me suis coiffée, maquillée, et suis allée faire un tour en ville. Pas d'arrêt au café, pas besoin de claquer des bises aujourd'hui. Ou alors au sens figuré. Je suis allée chercher ce livre dont il m'a tant parlé. Et des patisseries orientales, rue Carnot. Décidément, le gars est adorable, il m'a encore offert un makrout.
Je me suis assise dans le parc pour lire. La moitié du bouquin. Jusqu'à cette phrase. Je me suis arrêtée le temps d'écrire. De comprendre un peu, peut-être. De me servir un verre de vin et d'écouter du Bach. J'ai acheté le dernier Portishead, mais je l'écouterai plus tard.

Quoiqu'il arrive, n'en fais pas une affaire personnelle.
C'est con, comme phrase. Mais peut-être pas tant que ça.
Plus je me la répète, plus je me dis que j'aurais pu l'entendre de la voix de la majuscule. Ça fait deux grands sages dans ma vie. J'en ai de la chance.

J'en ai tellement, que quand je suis rentrée chez moi, trois petits gars chantaient sur la place. Je dis trois petits, mais ils ne l'étaient pas, doués en revanche, c'est indéniable. A capella, une espèce de gospel swingué, qui donne envie de remuer le bas des reins, et de sourire surtout. Je les avais vus la semaine dernière. Je buvais une bière en terrasse avec Sylvain, on avait trouvé ça chouette. Je m'étais dit que dans d'autres circonstances, je serais allée leurs parler. Ou du moins essayer. See what I mean ? Ben ouais, ce soir les circonstances étaient autres, alors...
Alors ils sont très sympas. J'ai passé un bon moment.

Et voilà.
Ce soir je suis seule, et c'est bien. Je gribouille un peu, j'écoute de la musique, j'ai des idées qui naissent, des phrases qui se contruisent, d'autres qui se détruisent, se déforment, se reforment, et je tape, je joue, sur les touches noires et blanches de mon clavier qui pourrait être un piano tant il sonne bien.
 
 

 
 
 

Le large

Par M. :: 10/05/2008 à 14:44 :: Petites Choses en Nota Bene
free music
 


Tu es parti, il était presque midi. J'étais encore pleine de tes baisers, de tes caresses, de ta tendresse. Je t'ai regardé t'éloigner par la fenêtre. Tu as pris la petite rue de droite, et tu as disparu. J'ai versé une larme. Un rayon de soleil dans l'oeil. Et l'émotion, aussi. De l'émotion, pas de peine. Ce n'est pas un échec. Ce n'est pas un adieu. Mais tu vas me manquer.

J'ai pensé que nous n'aurions jamais dû. J'ai pensé que j'avais mal agi. Fauté. Quelque part. Obligé. Je me suis demandé pourquoi nous n'étions pas heureux.
Et puis, à la faveur d'une nuit d'ivresse, et de courage peut-être, tout est devenu si clair. Presque aveuglant.

Je t'ai dit : « Tu n'es pas bien, n'est ce pas ? Moi non plus, je ne suis pas bien. Et j'ai envie d'être bien. ». Mes mots t'ont soulagé, je crois. Tu les attendais depuis un temps déjà.

Comme il est difficile de quitter quelqu'un que l'on aime...
Comme il est difficile d'admettre que l'amour ne suffit pas toujours.

Je ne regrette rien. Et si c'était à réécrire, je ne changerais pas une ligne de notre histoire.
Je crois que nous avons eu raison d'aller au bout de ce chemin-là. Puisque nous avions envie de l'explorer. Et puis, tu sais, rien n'est cassé. Au contraire, c'est plus construit que jamais. Je te connais en entier, aujourd'hui. Je connais tes matins, tes soirs, tes nuits. Je connais le rythme de ta respiration quand tu dors. Je connais ton regard embrumé de sommeil. Ton corps qui se réveille. Je connais la force de tes reins, la douceur de tes mains. La saveur de tes lèvres. Ton désir, ton amour, ta tendresse, et ta colère, tes doutes, tes peurs. Ton coeur.
Je suis heureuse de te connaître.

Tout à l'heure, quand je suis sortie de la douche, un rayon de soleil a traversé les nuages et un oiseau s'est envolé du bord de la fenêtre. J'ai souri. J'ai pensé à toi, toi qui aurait pleuré, voyant par la fenêtre un oiseau voler. Private joke... Mais tu vois, un oiseau vole et je souris, je pense à toi. Voilà la morale de l'histoire. Il y a de quoi en être fier.

Tu sais, je crois qu'on était beau tous les deux.
J'étais fière à ton bras.

Tu vas me manquer. Tu me manques déjà. Le Lubéron, nos nuits torrides, nos accords et harmonies me manquent.

C'est drôle ce que je ressens, là.
Je t'écris, mais en vérité j'écris pour moi. A chaque touche que j'enfonce, je vois un instant partagé, comme un film qui se déroule à chaque caresse de mes doigts sur le clavier. J'écoute de la musique, fort, depuis que tu es parti. Je ne chante ni ne fredonne. J'écoute. Comme si c'était la première fois. J'ai appelé mes meilleurs amis, et ma mère. Ma majuscule aussi. J'avais envie d'entendre leur voix, et leurs dire que je les aime. Sous la douche, j'étais légère. Une plume. Mon corps portait encore ton empreinte, et ça lui allait bien. Tu vois ? Oui, je suis sûre que tu vois, et que tu ressens exactement la même chose, là, maintenant.
Un peu de soulagement. Un peu de satisfaction. La paix, enfin. Et une joie un peu triste, peut-être. Mais une joie. Et beaucoup d'amour. Parce que c'est par lui que nous avons été portés, que nous avons agi, et que nous nous sommes séparés.

Il ne fait pas très beau. Mais il fait bon.
J'ai laissé mes cheveux bouclés et j'ai mis des chaussures d'été.
J'ai un bon bouquin, la batterie de mon I-Pod chargée, je vais aller m'installer sur une terrasse de café. Profiter de la journée.
Parce que je te l'ai promis.
Mais avant, j'écoute cette chanson que tu aimes bien.


Il n'y a pas de hasard.
Peut-être un jour, je te verrai pleurer dans la cuisine parce que tu as vu un oiseau voler. Peut-être pas.
En attendant, mon cher, si cher marin, prend donc le large, mais sache que depuis la plage je te regarderai naviguer.

Je t'aime.


Mais avant, le printemps

Par M. :: 09/05/2008 à 1:26 :: Petites Choses egocentrees
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Un seul regard vous manque, et tout est dépeuplé, j'écrivais il y a quelques jours. C'est vrai, trop vrai, en ce qui me concerne. C'est vrai, et c'est moche que ce soit vrai. C'est moche que j'en arrive à me sentir si nulle quand on ne me voit pas.

La semaine dernière, le moral dans les baskets, je me noyais dans mes larmes et me perdais dans mes idées noires. Je n'étais qu'une petite chose, insipide, invisible, rien, quoi. J'aurais troqué mon coeur contre une pierre si j'avais pu, si j'avais su qu'ainsi la douleur se tairait. Et puis un matin... Ou plutôt un soir, j'ai eu mal à en crever. Mais ce n'était pas l'heure. De crever, je veux dire. Alors j'ai sorti la lame de mon coeur d'éponge, puisque non de pierre, et je me suis levée de mon lit. Avec ces phrases à la con : tomber sept fois, se relever huit ; ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Il n'y avait pourtant pas de quoi me tuer. Mais quand on tape là où ça fait mal, deux solutions : se coucher, abdiquer, ou se lever, et rester digne. Je ne suis pas de celles qui se couchent. Sauf à des fins orgasmiques, bien sûr. Donc.
Donc je me suis levée, et me voilà debout, très immodestement plus sexy que jamais, plus en vie (et envie) que la semaine dernière en tous cas.
Je suis toujours plus belle après la guerre.

J'écoute en boucle mad world de Gary Jules, et des mots me reviennent : tu es forte... Bien sûr. Ne dis pas que tu n'es pas quelqu'un de bien... Alors je ne le dirai point. Je n'hésiterais (conditionnel) pas une seconde... Tu sais que je t'aime ?

Le blog est une thérapie.
Je l'ai lu chez d'autres, je l'ai souvent, si souvent pensé. Pas dans tous les cas, c'est certain, mais la façon dont je l'utilise... Le blog est mon thérapeute. Parce qu'ici je n'écris pas de jolis mots. Quand ils sont jolis, c'est par accident, ou par goût, je l'avoue, j'ai un faible pour les jolies choses, et les mots par dessus tout. Mais ici, je n'écris pas de jolis mots, dans le sens où je ne les veux pas jolis, je ne les travaille ni ne les recherche. Mes exercices, et plaisirs, sont ailleurs.

Et tout à l'heure Jésus (parce que je le connais) m'a dit : si on dit la vérité on est sûr, un jour ou l'autre, d'être découvert. Celui qui le peut le fait, celui qui ne le peut pas l'enseigne. Je me balade nue sur ces pages depuis le début, je crois que j'ai choisi mon camps. Mon espace, ma liberté. Puisque ce monde nous veut vêtu, coiffé, soigné, ici je serai nue, entière et vraie.
Tout ça pour dire que le fait de tout dire, justement, sur ces pages, mêmes si virtuelles, m'aide, si ne me soigne. Me voir ainsi à poil m'apprend à ne plus me considérer comme un monstre, d'égoisme et autres défauts. M'apprend à grandir, sans doute, j'espère ne jamais arrêter, parce que, je crois, si on ne grandit plus on rapetisse. J'économise 40 € par semaine, et les oreilles de mes amis. Je deviens autodictacte. Sujet d'étude : moi, mes névroses et mon nombril. Me, myself and I.

Et dans les labyrinthes de mes méandres, je me perds. Once again.

Une semaine sans regard, et je suis presque morte.
Mais, parce qu'il y a toujours un mais, certains qui dérangent, d'autres qui arrangent, celui-ci ne fait pas partie des premiers, mais, donc, le vent a tourné, comme ça finit toujours par arriver, le vent ou la roue, peu importe, tant que ça tourne.
Je me suis levée lundi avec une pêche incroyable qui, cahin caha, ne me quitte pas depuis. Mes amis ne furent qu'amour, dans leurs mots j'ai réssuscité. La vie fût tiède et facile, merci à elle et son hasard, qui fait toujours pas trop mal les choses. Et des regards sont arrivés, se sont posés sur mon dos dénudé, sur mes hanches, sur ma nuque, sur mes lèvres aussi, il me semble l'avoir vu.
Et me voilà vivante, vive et charmante, le sourire aux lèvres voulues, le rythme dans les hanches réveillées, la vie et l'envie dans chaque membre capable de remuer. Tout ça grâce au regard. Et au soleil, bien sûr. Les effets du printemps, probablement.

Je parlais d'été, mais la saison d'avant, celle des amours, l'ami Printemps, s'installe confortablement. Il suffit de lui faire une place.
Entre ma thérapie virtuallo-scripturale, les regards, et le reste, je devrais y arriver. Sans trop de difficulté.
D'ailleurs, on dirait que c'est déjà fait.
 
 
Un clin d'oeil pour la Fée, à qui je dédicace la chanson.

Bientôt l'été

Par M. :: 06/05/2008 à 11:59 :: Petites Choses egocentrees
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Bientôt l'été. Pas encore, je sais, mais il n'est pas si loin, il est même tout proche, à bien y regarder...
Bras et jambes se dénudent, les orteils prennent l'air. Les décolletés se veulent plongeants et les peau se dorent sagement. On range le parapluie et sort l'ombrelle. Les terrasses de cafés s'étalent sur les pavés et l'on boit des demi-pêche après la nuit tombée. L'été est bientôt là.
Un an aura passé depuis l'année dernière.


Un été meutrier.
De meurtrissures. Le monde à travers des meutrières. Une prison de silence. De l'air venu de la mer, une chanson, toujours la même, how deep is your love sur la plage et des souvenirs à la pelle, pour se blottir dedans. Un été avec une folle idée, une idée à accoucher, qui meurt et disparaît quand approche la rentrée. Quelques gouttes de sang et tout s'arrête, l'espoir, la peur, et le reste. Un retour aux remparts désertés, le mois d'août est cruel en Avignon. Et puis la chaleur passe, les feuilles tombent, l'été laisse place à l'automne.

Un automne de rencontes, de dates, de chiffres et de comptes, et bien sûr de petites choses. Les premières, le 14 de septembre, à marquer d'une pierre blanche, ou pas. Des petites choses avec une grande majuscule, moi sur l'estrade à chanter mon amour. Il m'est revenu comme en écho. Avec des mots appris par coeur depuis, répétés tous les soirs, comme une prière. Lus et relus à m'en faire pleurer les yeux, s'ils pleurent c'est qu'ils ont vu juste. Des nuits à peindre un grand C. sur les murs de mes lignes, et trouver l'apaisement, et même la paix, simplement, dans une nudité absolue. Le 17 de novembre, cela faisait un an de lui.

L'hiver. Ses maudites fêtes, leur maudite dictature de la joie, sous de maudites illuminations. Les gamins qui braillent, les amoureux qui aiment. Moi qui fait beurk ! Et le froid partout, jusque dans mon ventre. Les petites choses qui murissent, leurs fruits aussi improbables qu'inattendus tombent dans mes mains ouvertes. Parce que je marche toujours les mains ouvertes. Pour ne pas qu'elles gèlent.
Quand l'année meurt, vive l'année ! J'ai survécu une fois de plus. De fausses nouvelles chances s'offrent, je les saisirai, peut-être, je me suis dit à l'époque.
L'hiver a duré. D'une drôle de façon. Un bal de nuits torrides dans les premiers jours, puis une solitude glacée parcimonieusement semée, comme un jus de citron sur une plaie. Des lignes encore. Des envies toujours. Des décisions enfin.
Une croisière, peut-être...

Le printemps s'est fait attendre cette année. Languir, désirer.
Tant et si bien qu'il décevrait presque mes attentes. A trop prier la chaleur, on n'ose plus y croire quand enfin elle s'installe. Elle a gagné l'air, demeure juste une petite boule froide entre mon ventre et mes reins. Elle fond, je sens ses gouttes couler dans mes labyrinthes. Bientôt plus rien. Ou alors un soleil, qui brille de l'intérieur.
L'été, quoi.
 

L'été, c'est ma saison. Celle des lions et des folles déraisons. Des nuits chaudes qui ne finissent pas. De la plage et autres histoires.
Festival, melon, rosé glacé ; peaux moites, baisers abricots et cafés serrés. Sous le soleil exactement.

Un an aura passé, depuis l'été dernier.
Un an, quelques évènements.
Les petites choses, quoi.

 
 

Tomber sept fois... et l'imperfection

Par M. :: 04/05/2008 à 23:39 :: Petites Choses egocentrees
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Tomber sept fois, se relever huit
proverbe japonais
 
 
La première fois que j'ai lu ces mots, c'était sur la couverture d'un bouquin de Labro que ma mère m'avait offert. J'étais alors au novembre de ma vie, un novembre qui dura de longs mois.
Un fidèle ami de l'époque m'avait assuré que je sortirais plus forte de cette épreuve. J'avais peine à le croire, j'étais si fragile, si vulnérable, l'ombre de moi-même, je n'imaginais pas pouvoir reprendre consistance un jour. Mais cet ami était sage et ses paroles de raison. Je me suis relevée, plus grande et plus forte. Plus belle, peut-être, aussi.
 
J'ai alors placé foi et espoir dans ce proverbe désuet.
Sa vérité s'est toujours vérifiée.
 
Déjà, plus tôt, plus jeune, j'étais tombée bien bas. Sur une plage un soir d'été. De lune pleine. Un homme sombre m'avait jetée à terre, et j'avais cru y rester. Mais, d'abord assise, puis à genoux, j'avais fini par me relever. La gamine était tombée, mais la femme se tenait debout, prête pour la suite du parcours.
 
J'ai chuté à mon entrée dans ces remparts. Cette ville, aujourd'hui presque mienne, m'a accueillie à grands coups de pavés. Dans la gueule. De ceux que l'on attend pas, et qui font mal. J'en porte encore l'empreinte, sur ma joue.
J'ai pleuré deux jours, le corps cloué au sol, le coeur sur le carreau. Et le troisième jour j'étais debout, à apprivoiser ces rues pavées qui m'avaient vue tomber, à apprendre ce décors qui désormais me verrait évoluer. A oublier ma chute. Pas oublier, non, mais digérer. Guérir. Me remettre.
Et en arriver à cette conclusion : quelle que soit la tombée, simple glissement ou total effondrement, je me relèverai. Aucune ne me laissera à terre.
 
J'ai des bleus sur le coeur et des cicatrices sur les épaules. Des griffures sur les bras et des morsures sur les seins. Du sang a coulé sous mes pieds. Autant de souvenirs de mes blessures passées, toutes soignées, toutes guéries. Ou presque. L'homme a un instinct de survie incroyable. Et je suis un homme, version imparfaite.


Oui, je suis imparfaite. Des erreurs, j'en commets. Je dis des bêtises. Fais parfois un peu n'importe quoi. Mais je sais certaines choses.
Je sais que le parfum du café est un formidable réveil. Ça, et les baisers. Dans le cou, sur l'épaule. Des baisers qui tombent tout le long du corps. Je sais que la caresse du soleil réchauffe les coeurs, mêmes si glacés. Je sais le chant du vent dans mes cheveux, leur parfum qu'il emporte pour celui qui est tout près. Je sais les vagues dans mes yeux lorsqu'ils s'ouvrent sur un visage aimé. Et la force de ma main, lorsqu'elle se serre. Je sais que mes mots sont maladroits, hésitants, parfois mal choisis, parfois si chiants, mais pour, toujours pour, jamais contre, ou alors tout contre...
Et... je me suis égarée. Que disais-je ?
Ah, oui : je suis imparfaite. Très imparfaite. Mais il y a pire : je n'aspire pas au contraire. Je n'aime pas la perfection. Je ne pense pas qu'elle existe. Si ce n'est dans le tiramisu de Luca, le charmant vénitien du boulevard Louis Blanc, à Montpellier.


Voilà où j'en suis arrivée. Après une semaine de cogitations intensives, de meurtrissures cérébrales et de ravalement de façade de l'égo, me voilà imparfaite et prête à me relever. J'ai levé les yeux de mes complexes et autres hontes, pour croiser le regard des autres. Et il m'a sourit. J'ai écouté leurs mots, ils étaient chantés. Et puis, j'ai reçu de l'amour. Et je ne connais pas meilleur remède.



 

Petite chose

Par M. :: 02/05/2008 à 15:45 :: Petites Choses egocentrees
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Depuis quelques jours déjà, des jours qui me paraissent des semaines, je rétrécis. Ostensiblement. Le soleil brille plus fort et ma lumière décroit. Si toutefois j'en avais une.
Je suis comme une ombre, l'ombre d'une petite, toute petite chose. Invisible. Inaudible. Insipide. Je n'existe presque pas.

Les mots, qui semblent toujours s'offrir si facilement à moi, désormais me snobent, me boudent. Ils se refusent à mes lèvres, à mes doigts. Si bien que je ne peux dire, et dire est le pont entre les êtres, je me suis toujours dit.
Sans les mots comme des fils entre eux et moi, je ne tisse plus de toile, je m'éloigne, je me noie. Sans les mots comme des couleurs que je donne, je me désole, je les désole. Sans les mots, le silence s'installe, et se fait roi. D'abord autour, comme un mur, des remparts, je suis ceinte d'un silence glacial. Puis à l'intérieur. Là, dans mon ventre. Une boule de rien qui grandit et devient, petit à petit, néant.
Je me sens comme privée de moi.


J'avais rendez-vous cet après-midi. Il est finalement décalé. Comme j'étais dehors, j'ai voulu profiter de cette belle journée. Je me suis assise à une terrasse de café, j'ai sorti un bouquin, le Lucia Etxebarria que je lis en ce moment, j'ai allumé une cigarette. Comme je le faisais si souvent, presque tous les jours, l'été dernier. Je dévorais les pages au soleil, devant un café ou un coca frais. Avec 12 glaçons, je disais à Andrea, le serveur italien. J'étais bien, j'aimais bien.
Mais tout à l'heure, je n'ai pas retrouvé cette sensation. Être au coeur de la ville, du monde, de la vie, et être. Être fort, être bien. Être pour de vrai. Non, tout à l'heure je me suis sentie toute petite. Noyée par le flot des paroles et des rires échangés au quatre coins de la terrasse, écrasée par ces présences, hommes, femmes, enfants, tous ensemble en harmonie. Et moi à côté. Plus au milieu.
Alors j'ai bu mon café en trois gorgées et je suis rentrée.
Je me suis installée à l'abri dans ma petite cour, au soleil, mon ordinateur sur les genoux, ma musique et le chat qui mange l'herbe.
Je sais, j'ai choisi la pire solution. Je m'isole quand il faudrait que je me raisonne. Alors j'essaie de me raisonner isolée.

Je sais que je ne suis pas ça. Cette petite chose informe, morne, sans saveur ni intérêt. Mais je suis si dépendante des autres. Sans eux, je me meurs. S'ils n'ont pas besoin de moi, je n'ai pas besoin de moi non plus. Mon utilité aux autres légitime ma vie.
Je sais, ce ne sont qu'angoisses adolescentes, elles s'atténueront, et disparaitront, avec le temps. Je sais. Je sais, mais...

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé, il disait, et bien il en va de même du regard. Un seul regard vous manque et...

Regarde moi... S'il te plait, regarde moi.



Hier, un coup de fil. Quelques mots rapides, mais tellement justes. Tellement qui font du bien. Je m'inquiète pour toi, mais je sais que tu es forte. Merci de me le rappeler, je l'avais presque oublié. Tu as raison, je suis forte. Petite chose... Pas si petite. Non, pas si petite.
Suffit que je me déplie.
 
 
 

Un fil, vite fait

Par M. :: 29/04/2008 à 18:52 :: Petites Choses en general et en particulier
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Le temps passe à une vitesse...
Avril se meurt déjà, je ne l'ai pas vu vivre. Mai approche à grands pas, demain, non, le jour d'après, déjà... Puis viendra juin, la Corse, et très vite juillet, le festival. Je n'ai même pas hâte. Pourtant chaque année je l'attends en trépignant, mais là... Je sais qu'il va venir, il n'y a pas de suspens, pas d'impatience.
Le festival, donc, puis août, d'autres vacances, et mon anniversaire au milieu. 27 ans, toujours pas de suspens et encore moins d'impatience.
Ensuite la rentrée, l'automne, l'hiver, les fêtes de fin d'année et la grosse dépression qui va avec. Chouette.

Le temps passe à une vitesse...
Et en attendant j'en profite, de ce temps, plutôt joli d'ailleurs, on atteint les 25° au soleil, le panaché bien frais fait son grand retour, les apéros s'éternisent puisque les journées n'ont presque plus de fin, les nuits sont tièdes et moins calmes. Des lignes à lire en terrasses de cafés, d'autres à écrire dans le silence de ma cours. Des musiques d'ailleurs pour ajouter à la saveur du printemps tant attendu, enfin venu. Et des salades.

Je profite de ce temps et j'en fais des choses. Moins de petites, c'est vrai... Parce que le besoin est moins grand, il est presque mort, seule l'envie demeure, et j'en reste maîtresse. Parce que la vie prend beaucoup de temps. Parce qu'il fait beau et que je suis mieux dehors que dedans, devant mon écran. Et parce que j'ai d'autres projets.
Bien sûr, je pense chaque jour à toutes les petites choses que je n'ai pas écrites. Aux dernières que j'ai données, me disant que j'aurais pu, dû, faire mieux. Mais l'instant d'après je pense au reste, et il me plait beaucoup. Et puis, mes doigts continuent de s'agiter, sur un clavier ou bien une feuille de papier, mes gribouillages se poursuivent, ils nécessitent concentration. Une chose à la fois. Je suis bien trop entière pour être ici et ailleurs. Alors les silences durent un peu plus. Mais ils ne sont que pauses. Parenthèses.

Je fais des choses, mais en dis peu. Je commence à m'en apercevoir. Je cultive un secret très rare chez moi. Je tais beaucoup. Je parle, mais ne dis rien. Peut-être parce que je ne saurais trouver les mots. Peut-être parce qu'on ne saurait les entendre. Peut-être parce que je suis stupide, un peu, beaucoup, parfois. Moi qui confie d'ordinaire tant, j'ai aujourd'hui les poches pleines. Il faut que je les vide un peu. Mon gourou me l'a dit dimanche : il faut prendre le temps et la peine d'exprimer ses sentiments, ses sensations, ses avis. Je le ferai, promis. Mais pour dire, et tout dire, encore faut-il savoir que dire... Alors je goûte au silence, y trempe les lèvres, la moitié du coeur, les bords de l'âme, et ensuite, ensuite seulement, je parlerai. Les mots écloront de ma bouche comme les pétales du bouton. Je serai moi aussi une fleur de printemps. Coquelicot. Ou lila.
J'aime l'odeur du lila.

J'aime l'odeur du lila parce que c'est la fleur préférée de ma mère. Elle me rappelle cette époque où je sillonnais le quartier des villas avec ma copine Magali dans le but d'en trouver quelques branches accessibles. Alors, la nuit tombée nous revenions, et je rammenais un beau bouquet qui faisait fleurir un sourire sur le visage de celle qui m'en a offert tant.

Tant et si bien qu'une nouvelle poignée de lignes voilà écrite. Sans même m'en apercevoir. Et d'autres m'attendent.
Mais avant de partir quelques mots sur AaRON, revus vendredi, quelle chance ! Toujours un plaisir, un bonheur même. Toujours si magiques, si particuliers. Si intimes, si prés, tout prés... Au coeur. C'est là qu'ils sont. Et dans la tête des mots d'eux little love et compagnie, sometimes I do wonder / all my nights felt like days ... just blink an eye / did your eyes peacefully finally dive into the sea / even though we went too far you're my most beautiful scar / you're a porn soul / don't care what people say I'm dreaming louder every day / I drink your lies with some corona / I still hear you late at night / regarde, il gèle...
Avant de partir, encore, rappeler que je suis comme le soleil (quelle prétention !) : tôt ou tard, je reviens (pas trop mal rattrapé...).
Et avant de partir, vraiment cette fois, un signe de la main. J'aime bien.
Mieux : un baiser sur mes doigts, je souffle...
 
 
 

L'exception

Par M. :: 25/04/2008 à 0:12 :: Petites Choses egocentrees
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Je suis ailleurs.
Toujours dans mes remparts, emmurée vive, mais ailleurs. Quelque part entre maintenant et jamais, entre ici et nulle part. Hors d'atteinte. Complètement. Rien de m'a touchée cette semaine. Rien de m'a surprise. J'ai pourtant fait des rencontres, passé de bons moments, de mauvais aussi, mais rien n'a traversé l'armure. Mon coeur est glacé. Mais le printemps s'installe, il va vite dégeler et bourgeonner.

Aucune petites choses à coller sur la toile. Pas envie. Pourtant, j'écris. Beaucoup, même. Mais pas pareil, et pas pour les mêmes raisons. Je crois que l'héroine de ce blog me lasse. Cette Amélie Poulain de pacotille, avec sa musique, ses sourires et ses petites merveilles à trois sous, elle ne m'amuse plus. Ça reviendra, sûrement. En attendant, je l'oublie. C'est pas plus mal.
Retour de l'huitre de Belon. Là encore, rien de bien surprenant.

Je voudrais descendre des montagnes russes. Quitter la fête foraine. Oter le déguisement. Fuir le pays des gentils bisounours et flirter un peu avec les flammes de l'enfer. Sans y pénétrer, juste dans le hall d'entrée. Là où il fait chaud et où les gens sont imparfaits. Humains.
Je ne suis pas quelqu'un de bien.

L'autre soir, j'avais envie de pleurer. Sans raison, si ce n'est le plaisir de saler mes joues. Je n'étais pas triste, je ne souffrais pas, j'avais juste envie. Mais rien. Encore et toujours rien. Je fronçais les sourcils, plissais les yeux très fort, j'ai même écumé mon stock de chansons chagrines, en vain.
Quand il m'a écrit je t'embrasse, j'ai pleuré. C'était ma première tendresse de la semaine.

Il va y avoir du changement. Je le sens.
Je ne garde pas les gens, mais leur souvenir. Je perds tout le monde, mes amis d'enfance, mes amis de facs, bientôt sûrement les autres. Au Manoir, personne ne reste. Et rien ne dure, pas même la guerre.
C'est sans doute la raison pour laquelle je garde tout un tas de trucs inutiles et encombrants, en souvenir d'eux et d'elles. Souvenirs. Poussières.

C'est ennuyeux ce que j'écris. Je suis ennuyeuse. Je n'ai fait rire que mes clients cette semaine. En même temps, je n'ai vu qu'eux.

L'autre soir, en moins d'une heure, j'ai écrit une histoire. Une inventée. C'est la deuxième que je termine en l'espace d'un mois. Une grande première, moi qui ne termine jamais rien. Je mets ma modestie dans ma poche une seconde pour dire : je crois que c'est pas dégueu, ce que j'ai écrit.
Tiens, autre nouveauté : je ne vais plus chercher ma fierté chez les autres, dans l'image qu'ils me renvoient, mais en moi. Hey ! Début de la maturité ? De la sagesse ? Pffff... Des foutaises, oui ! Juste une émancipation passagère. Rien ne dure, j'ai dit.

Je me sens belle comme une benne à ordures, sexy comme une éponge Spontex, profonde comme une cuillère à café et intelligente comme une ampoule grillée.
Mon chat miaule, il a besoin de moi. Pour bouffer, mais quand même. C'est déjà ça.
Je n'ai pas besoin de moi. Ça me fait un point commun avec le reste du monde.

J'anticipe l'avenir proche.
D'abord, on va croire que j'ai un cafard monstre, que j'ai besoin d'être consolée, mais mon moral n'est pas à plaindre, et le besoin de consolation que connaît l'être humain est impossible à rassasier. Ensuite, on ve me trouver dure, voire snob ou hautaine. On va se tromper, je n'attaque pas, je me défends seulement. Et encore, je me brandis aucune épée mais un bouclier. Je suis trop fatiguée pour tendre l'autre joue, désolée. Enfin, demain à 20h je quitterai l'hôtel pour aller voir Aaron chanter. Oui, encore. Oui, c'est la troisième fois. Et alors ? Non, je ne suis pas fan, mais quand quelqu'un que j'aime passe tout près de chez moi je me débrouille pour lui payer une visite, comme dirait mon ami anglais. Yael Naim sera là également. C'est bien. Mon besoin de musique est grand. Peut-être aurais-je un frisson ?
Si j'avais 16 ans, j'irai les trouver à la fin du concert, les ptits gars d'Aaron, et je leurs dirais que j'ai écrit mon tunnel d'or. Il s'appelle Maybe crazy, et Gyl le chante à merveille, of course. Mais je n'ai pas 16 ans, et tout le monde s'en tape de mon tunnel d'or, ou d'argent.
Rien à voir mais puisque je parle de Gyl, elle chante demain soir (je ne pourrais donc pas la voir, grrrrrrrrrrr) à Bédoin, au dessus de Carpentras. Je ne sais pas où exactement mais comme il y a environ deux bars et demi dans le bled, elle ne devrait pas être bien difficile à trouver. Alors si quelqu'un passe par là...

Je sais, j'ai l'air de mauvaise humeur. Mais l'air seulement, pas la chanson, je le promets. C'est juste que je n'ai pas envie de sourire gentiment ce soir. Je suis bien là, avec ma musique, ma fumée et mon vin. Ma petite vie si vide et ennuyeuse. Mon moi pas profond.
Je sais, je clame à qui veut, et même qui veut pas, l'entendre que je souris tout le temps. Mais il faut bien une exception pour confirmer la règle, non ?




Ice, but not cream

Par M. :: 25/04/2008 à 0:01 :: Petites Choses empruntees

Hey ya

Par M. :: 24/04/2008 à 18:04 :: Petites Choses empruntees
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My baby don't mess around
Because she loves me so
And this I know for sure
But does she really wanna
But can't stand to see me
Walk out the door
Can't stand to fight the feeling
Because the thought alone is killing me right now
Thank god for mom and dad
For sticking two together
'Cause we don't know how.
And, Hey Ya
Hey Ya
Hey Ya
Hey Ya
You think you've got it
Ohh, you think you've got it
But got it just don't get it
Till' there's nothing at all
We get together
Oh, we get together
But seperate's always better when there's feelings involved
If what they say is "Nothing is forever"
Then what makes, Then what makes, Then what makes, Then what makes,
Love the exception?
So why you, why you
Why you, why you, why you are we so in denial
When we know we're not happy here
And, Hey Ya
Hey Ya
Hey Ya
Hey Ya
Hey, alright now
Alright now fellas
Now what's cooler than being cool ?
Ice Cold
I can't hear you
I say what's cooler than being cool ?
Alright, alright, alright, alright
Alright, alright, alright, alright
Alright, alright, alright, alright
Alright, alright,
Ok now ladies
And we gonna break this thing down in just a few seconds here
Now don't have me break it down for nothing
Now I wanna see y'all on y'alls baddest behavior
Lend me some sugar,
I am your neighbor
Shake it, shake, shake it, shake it
Shake it, shake it, shake, shake it,
Shake it, shake, shake it, shake it
Shake it, shake it, shake, shake it,

Shake it like a Polaroid picture
Shake it, shake, shake it, shake it
Shake it, shake it, shake, shake it,
And, Hey Ya
Hey Ya
Hey Ya
Hey Ya

Le Manoir

Par M. :: 23/04/2008 à 0:23 :: Petites Choses egocentrees
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Il est caché aux fins fonds de la forêt. Des arbres aux larges troncs s'occupent à brouiller sa piste. Il doit rester un peu secret. Mais un peu seulement. Un chemin bordé de jonquilles guide les pas. Et soudain, le voilà qui se tient au milieu d'une clairière baignée de lumière. De l'herbe, des fleurs, et au centre : le Manoir.

L'endroit est plutôt joli, entouré d'arbres verts dans lesquels les oiseaux dorment la nuit et chantent le jour. Des libellules volent au ras des paquerettes et viennent se désaltérer dans le ruisseau. Parce que oui, il y a un petit ruisseau qui traverse la clairière. Ses clapotis monotones bercent les siestes. Il y a aussi un pommier, qui donne de petits fruits juteux, délicieux. Et un cerisier, pour la couleur. Un banc de pierre, contre le mur de lierre.

La façade du Manoir n'est pas si vieille, elle dégage même une certaine fraicheur. En revanche, sa porte, large et ronde, grince horriblement lorsqu'on la tire, ou la pousse. Comme elle est toujours entrouverte, mieux vaut se glisser dans l'embrasure, sans rien toucher. Entrons donc.

En face de l'entrée, les escaliers. Nous y reviendrons. Prenons à droite : le salon.
De larges baies vitrées, pour laisser entrer le soleil. Toujours ouvertes, l'air circule beaucoup par ici. Une cheminée, en activité quelque soit la saison, il faut qu'elle brûle pour que vive le Manoir. Et puis, c'est pratique d'avoir un feu à disposition, ça permet de se débarasser de tout un tas de choses. Il y a aussi une grande télé, en projection permanente parce qu'il faut toujours de l'action, même si par procuration, et plusieurs DVD. Arizona Dream, Beauté Volée, la trilogie du Parrain, et les Hayao Miyazaki. Entres autres. Là, c'est tout sur ma mère. La scène où le fils meurt. Quittons la pièce.

Le couloir sur la gauche, avec ce grand miroir, mène à la cuisine. Il y flotte un parfum de pommes et de cannelle. Il y a toujours du café de prêt, et du thé. Du vin dans le meuble, à gauche. Sur la table, des gâteaux et et autres bêtises à grignoter. Sucrées, salées, pour tous les goûts. Ici, il est important de satisfaire, satisfaire par tous les moyens. Deux grandes fenêtres au dessus des éviers. Elles ferment mal, laissent entrer l'eau quand il pleut. La peinture aux murs est un peu écaillée. Les meubles sont fermés à clé. Mais comme une assiette de cookies encore chauds attend sagement sur la table, on va fermer les yeux, en prendre un et sortir. Tout aussi sagement.

Montons à l'étage. Les escaliers craquent un peu, ils trahissent les faiblesses du lieu. Sur le mur, de vieilles photos. De famille, de classes. Des souvenirs de vacances, nombreuses de la mer. Quelques une de la neige. On peut aussi reconnaître Barcelone, Londres et Paris. Des visages, toujours différents. Des rues, beaucoup de rues. Des pavés. Tout un parcours.
Couloir de droite. Le carrelage est cassé, par endroits.

La bibliothéque. Des livres et des livres sur tous les murs. Sauf celui qui porte la seule fenêtre de la pièce, évidemment. Une seule fenêtre, avec de gros volets à moitié fermés, il fait sombre ici. Comme pour conserver la magie des lignes qui dorment en ces lieux, ne pas les altérer par trop de vérité. Tiens, je vois là un exemplaire de l'écume des jours. Poussièreux. A côté, l'amour aux temps du choléra et tendre jeudi de Steinbeck. Ses pages sont un peu déchirées. Cornées. Ah! Novecento ! Chut, je l'emporte celui-là. Je le glisse dans ma poche.
Sous la fenêtre, un bureau. Un de ses pieds est cassé, il faut faire attention. Dessus, un carnet, des stylos. Un livre relié d'or. La moitié de ses pages sont blanches. Une plume bleu pétrole. Une photo de la mer, encore. Et un bouquet de crayon de couleurs fraîchement taillés. Dans le tiroir, des lettres. Liées par un ruban vert pâle. Impossible d'en défaire le noeud. Si on y prête attention, le bois du bureau porte l'empreinte de millions de mots. Illisibles à l'oeil, ils ne se revèlent qu'au doigt... Du Braille, en somme.

En face de la bibliothèque, une autre pièce tout aussi importante : la boîte à musique. C'est comme ça qu'on l'appelle. Elle n'a pas de fenêtre, mais des tentures sur les murs, et des bougies, plein de bougies. Des coussins sur un tapis, deux trois poufs, et des milliers de milliers de disques, CDs, vinyles, and co. Jazz, Blues, Rock, Electro, musiques d'ici mais aussi d'ailleurs, surtout d'ailleurs en fait. Des voyages. Des émotions. Des histoires. Des notes, quoi. De la musique à s'en rendre soul. Ou fou. Tiens, si on s'écoutait un petit Cat Power ? Non ? Nina Simone ? Radiohead ? Allez, va pour un Radiohead.
C'est ma pièce préférée, bien sûr, mais les visiteurs l'apprécient aussi. En fait, je crois que c'est elle qui fait la différence. Pour elle que l'on se souvient du Manoir.

Le couloir de gauche, après les escaliers, mènent à deux chambres et une salle de bain. Sans grand intérêt. Ah, si : la baignoire a des pattes, des vraies, pas poilues mais... C'est qu'elle est un peu féline, vous comprenez. Des dizaines de parfum, tous fleuris, ou poudrés, légers mais ennivrants.
Les deux chambres ne sont destinées qu'aux invités, et s'ils sont nombreux, peu d'entre eux restent dormir. Le Manoir doit faire un peu peur, la nuit. Ou le matin.

Il y a une dernière pièce, qui n'en est presque pas une. Dans la bibliothèque, une sorte de trappe au plafond.
Sous les toîts, dans la poussière et la faible lumière qui entre par la lucarne, un matelat, un oreiller, un drap, une lampe de chevet, des bougies, un cendrier. Plein. Des toiles d'araignées dans tous les coins. C'est petit, c'est sale, c'est moche, et pourtant c'est probablement le coeur du Manoir. Personne ne le sait, à part moi. Les quelques rares qui en ont fait la découverte ont fui, pour ne jamais revenir.
Ah, un rayon de soleil... Vite ! Dehors !
 
L'herbe est si verte, si fraiche tout autour du Manoir. Il y fait bon marcher pied nu. Sauter dans les flaques. Courir après les papillons. Faire semblant de croire que si on reste là, caché, le temps peut s'arrêter. Seulement, le temps ne s'arrête pas. Et on s'ennuie vite, au Manoir. Alors on s'en va.
 
 
 

Noah

Par M. :: 22/04/2008 à 23:47 :: Petites Choses empruntees

Noah Kalina takes a photo of himself every day for 6 years

Sinon, la musique est plutôt jolie.

Mademoiselle rêve

Par M. :: 20/04/2008 à 0:19 :: Petites Choses en Nota Bene
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Mademoiselle rêve qu’on la prenne, qu’on la saigne, et surtout qu’on l’aime, aux petites heures de la nuit elle se meurt d’ennui et, blasphème, elle écrit. Elle rit au nez de Dieu et le Diable peut bien l’emporter, le Diable ou bien le vent, tant qu’on l’emporte, rien d’autre ne lui importe. Son esprit fabule et son corps ondule, elle nage dans des bulles de pensées. Son désir de sombrer la déchire et elle sait qu’une petite mort l’attend, si seulement elle arrive à temps.

Elle porte sur sa poitrine les deux étendards de son envie d’étendre l’art sur son lit. Ses hanches suitent le sel de sa sempiternelle solitude, et sifflent telles des serpents aux milles langues de feu. Sentiers menant au sanctuaire, ses longues jambes longent les limbes. Plus haut, ses bras se déplient, ses doigts courent sur les plis des draps mauves qu’elle a choisis pour alcôve. Partout, sa peau blanche frissonne, et sa chair fredonne de vieux airs d’amour perdus. Jamais elle n’oublie.

 

Dans le sillon de ses nuits s’insinuent les regrets, ils s’amarent à son cœur et l’écoeurent. Grises sont ses heures. Rouge, son désir. Elle bouge, le ravive, il l’anime, et de ses abymes monte un souffle, comme un cri, elle souffre mais rien ne dit.

Elle se souvient qu’elle savait saler l’envie. Elle se souvient qu’elle sauvait sa fauve vie. Elle se souvient et s’en va, ou s’en vient, pourvu que ce soit loin.

 

Sa peau pleure. Ses leurres, ses heurts. Sa peau pleure et perle en rondes gouttes de sel. Elle voudrait y plonger. Elle voudrait s’y noyer. Elle voudrait, elle voudrait, s’asphyxier de désir, elle s’offusque de languir. Elle veut se jouer et jouir de la vie, de son corps, de son cœur, de ses heures de nuit.

 

Le silence soudain s’installe, mademoiselle de plaisir se pâme. Elle explose. Le blanc devient rose, le sans devient j’ose. Son volcan, violent, déborde et l’emporte. Enfin. Pas le vent, ni le Diable finalement, le volcan, dedans.

Mademoiselle rêve, sans trêve, danse, en transe, et donc explose.

Fin de sa prose. 

 

 

 

 

 

Chez moi

Par M. :: 18/04/2008 à 1:45 :: Petites Choses egocentrees
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Un verre de vin, une cigarette, plusieurs même. Musique, maestro. Ce soir, c'est Lizz Wright, ma nouvelle découverte blues. Sa voix grave et rocailleuse m'emporte, ses mots sont vrais, profonds, d'amour qui souffre et ça me va bien. Je monte le son.
J'ai éteint les lumières, mis des bougies à la place. Mon écran jette ce qu'il faut de clarté sur le clavier. Il fait un peu froid, mais je ne le sens pas. Je n'entends plus la pluie tomber, la musique couvre son bruit. Je ne vois rien d'autre que mes mots, et les ombres de mon appartement. Quelques titres dans la bibliothèque. Le contraire de un. L'amour dure trois ans. Trois ans, c'est déjà pas mal. Et le rideau tiré, devant moi. Pour une fois, je ne regarde pas dehors. Pas besoin. Assez de choses à voir à l'intérieur.
J'ai retrouvé le chemin de ma douce solitude. De mes mots de nuit. De mes maux de lui. J'ai retrouvé la petite porte qui mène au dedans. Comme le terrier du lapin blanc d'Alice, j'ai un monde de merveilles à l'intérieur. Des eaux dans lesquelles je m'immerge sans jamais me noyer, des ombres pour me cacher, me reposer, et de la lumière que je revêts, les soirs de bals. J'ai surtout ma liberté.
Je peux faire murmurer le vent, chanter les vagues, pleurer le ciel et fleurir les mots. Je peux changer les grains de sable en perles et les nuages en chantilly. Je peux dessiner des sourires sur les visages et boire les larmes. Je peux tout faire. Je suis capable de tout. Dans mon monde de merveilles.

J'y rencontre un cow-boy. Son chapeau est si enfoncé sur sa tête que je ne peux voir son visage. Il fume une cigarette, appuyé contre la barrière de bois. Il regarde ses chevaux. Il me parle : J'avais une jument qui te ressemblait. Sauvage, impossible de l'approcher. Un jour, elle s'est laissée monter par l'étalon noir que tu vois dans le fond, là-bas, et elle est morte en donnant naissance au poulain. C'est moche, comme histoire. Je sais que toi, t'es capable de trouver ça beau, mais c'est moche, crois moi. Parce qu'elle était bien, cette jument. Mieux vivante que morte en tous cas. Et on avait pas besoin d'un autre poulain. Il écrase sa cigarette du talon de sa Santiag.
J'ai toujours eu peur des chevaux. Pas peur de l'animal, peur de le monter. Je panique dès que je suis à bord. Je crois que c'est le fait de ne pas complètement maîtriser. Et je crois que c'est pareil dans la vie.

Deuxième verre de vin. Je roule un joint. Autant faire les choses bien. Ça fait un petit bail que je ne me suis pas accordée une soirée en tête à tête avec moi-même. Je veux célébrer l'évènement, puisque tout ici est célébration. Je me lève. Quelques pas de danses à la lueur des bougies. Je peux presque sentir le sable sous mes pieds. Un autre recoin du terrier ?
Je retrouve la majuscule. Elle est toujours là, quelque part à l'intérieur de mon monde de merveilles. Elle lit. Des pages blanches. Je m'assieds à ses côtés, il remplit mon verre de vin et tire sur mon joint. Sa tête marque imperceptiblement le rythme de la chanson. I idolize you. Le hasard est parfois si parfait.
Je l'interroge, comme je le fais souvent. L'oracle parle. L'être cher, surtout. Ce soir, comme un mauvais horoscope, il me dit des choses que je n'ai pas envie d'entendre, pas envie de croire, mais qui m'inquiètent. Et qui m'inquièteront tout au long de la nuit. On écoute une autre chanson, hey man, je pose ma tête sur ses genoux, il passe sa main dans mes cheveux, et je vais mieux. Il me fait rire et je vais bien. Je lui dit bonsoir. Et merci.

Je n'ai pas sommeil. Je sens la nuit devenir blanche. J'ai clairement froid maintenant, et j'entends la pluie, dehors, il doit pleuvoir fort. Mais je m'en fiche. Je suis bien avec mes heures creuses, à remplir.
Je sais que parfois j'ai tendance à voir le soleil au milieu de la nuit. Le ciel bleu quand il pleut. Le clair dans le noir. Et je sais que j'ai tord. Mais j'ai tellement envie d'y croire. J'ai besoin d'y croire. D'oublier que je ne suis pas faite pour l'amour, pas faite pour le bonheur.
J'ai l'impression d'être cette fille assise sur sa chaise, au sommet du monde. Qui regarde la vie et sourit. S'en amuse. Qui envoit des fleurs sur quelques places pour un peu de couleur. Qui entend les rires, les chants. De loin. Toujours, toujours de loin.
Je veux descendre.

Une douche brûlante m'apaisera. Avant d'aller me coucher.
L'eau en perles sur ma peau, je vois ses lèvres à leur place. J'ai envie. Je frissonne et réclame. La chair aussi est un oracle. Elle l'appelle. Elle sait peut-être mieux que moi. It's a matter of skin, j'avais écrit, peut-être avais-je raison, peut-être est-il raisonnable de se contenter de faire ce que l'on sait faire. Ne pas pousser trop loin les limites. Ma tête penchée en arrière pour mieux se vider. La buée pour tout paysage. Une seconde, un éclair, je me sens femme, je me sens belle, je suis en vie, je suis l'envie.
Une serviette autour de la taille, je m'assieds par terre, sur les carreaux froids et humides, pour laisser à ma tête le temps d'arrêter de tourner. Je pleure, une larme ou deux, pour que, mêlées aux gouttes, elles passent inaperçues.

Je sors de la salle de bain. Je ne sens plus le froid. J'écoute un live de Portishead que C. m'a envoyé. Glory Box vient parfaire le moment. Je déambule nue dans mon appartement. La cuisine, un verre d'eau. Là, je trouve une petite fille. Aux longs cheveux bruns. Je la croise, de temps en temps, au détour de mes nuits d'ivresse en solitaire. Elle rit. Elle se moque. Je la gifle. Elle se moque encore. J'éteinds la lumière. Elle s'en va.

C. m'a envoyé une autre vidéo. Celle du clip de how deep is your love. Il me fait rire. Me rappelle cet été. Me fait du bien. Il sait tellement me faire du bien...

Il est tard, temps d'aller dormir. Un peu. Je sors du terrier. Je retrouve le monde, le vrai. Le froid me saisit. Je m'engouffre sous la couette, l'ordinateur posé sur mes genoux.
Il faut savoir s'accorder du temps. Certains moments nous manquent, quand on court tout le temps. Le temps des rêveries, le temps des pensées ou celui des folies. Le temps des rendez-vous, des oeillades incendiaires et des pieds qui grimpent le long de la cuisse, sous la nappe. Le temps des ruelles sombres, meilleures amies des baisers volés. Il faut s'avoir s'accorder du temps.

Une dernière série de vidéos, still from C.
Redemption song par Tété et Raul Midon. Le truc que je ne m'attendais pas à voir. Un pied d'enfer. Une vraie bonne surprise. Tears in heaven, version live. J'articule les paroles sans oser les chanter. J'écoute, surtout. Et un autre live, plus...confidentiel. Deux mêmes. Puis toute une série. Dont je tairai les noms, parce qu'ils ne sont pas de petites choses. Et puis, un peu de secret ne fait de mal à personne, pas même à moi.

La tragédie grecque n'en est peut-être qu'à ses débuts, vont probablement suivre Oeudipe, Clitemnestre et le monologue du jardinier, ou, au contraire, l'histoire deviendra Comedia Dell Arte, haut les masques et les coeurs, je ne sais, je n'ai cure de le savoir. Que sera sera.


Je peux fermer les yeux.
Au moins jusqu'à demain.
 
 
 

Ma meilleure

Par M. :: 16/04/2008 à 12:56 :: Petites Choses en Nota Bene
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Il en va des êtres comme des boîtes : chacun sa taille, sa profondeur, et sa serrure. Ouvertes, presque béantes. Fermées à clé, presque inviolables.
Je suis une boîte à demie ouverte. Couvercle juste posé, un peu décalé pour laisser entrer la lumière. Il s'en faut de peu pour m'ouvrir complètement. Des doigts agiles, un brin attentifs suffisent. J'ai connu une fille, une fois, une boîte ouverte en grand. On pouvait tout voir, y'avait rien à deviner. Elle était touchante, mais vide. Parce que tout entrait mais tout sortait aussi. Le vide est transparent, le transparent est vide. Enfin, elle était comme ça. Et je connais une fille aujourd'hui, une boîte fermée. A clé. Elle la porte autours de son cou, elle peut mordre si on s'en approche trop vite, trop brusquement. Il faut être calme, et doux. Patient. Attendre, rester là. Et un jour elle te tend la clé. D'une main discrète, en quelques mots tu sais que tu l'as. Alors tu ouvres. Lentement. Délicatement. Avec moult précautions. Tout aussi lentement, tu pousses le couvercle, pour dévoiler millimètre par millimètre, pas tout d'un coup, tu sais qu'ici, chaque chose est importante. Tu découvres. Tu ne dis rien, il ne faut rien dire. Mais plus tu vois, et plus tu as envie de voir. Pas plus loin, pas plus profond, pas forcément. Juste continuer à voir ce que tu as devant les yeux. Juste continuer d'avoir ce que tu as devant toi. Une boîte qui te montre ses secrets, ses trésors.
Sa confiance vaut de l'or. Son amitié plus encore. Jamais je n'ai eu moins peur de me confier, tout entière, à une femme. C'est une mère, c'est une fleur, une magic sister, je prends les mots d'Anis, qui sont d'amour, pour les lui offrir. Parce que je ne sais pas comment lui dire. Qu'elle est la meilleure, qu'elle est ma meilleure.

Elle fait partie de ces personnes pour qui je voudrais que le bonheur parfait existe, et même que Dieu existe, s'il est tout puissant et bienveillant. On va dire que c'est mon côté Amélie Poulain qui ressort en force, mais je voudrais lui contruire un monde de soleil et de ciel bleu, d'herbe verte et de fleurs jaunes, roses et violettes, elle en ferait des bouquets, elle les fait si bien... Et s'il se met à pleuvoir, alors je lui construirai une arche, comme celle de Noe, avec des tapis et des coussins confortables, pour qu'elle se sente chez elle. Je lui veux tellement de bien que j'en deviens ridicule.

Je garde une main libre pour elle, en permanence, même si elle ne la voit pas toujours, même si elle ne la veut pas toujours. Une main, et une oreille. Qu'elle sollicite peu, mais quand même. Je les garde, au cas où...

Je ne l'ai prise dans mes bras qu'une ou deux fois. Ce n'est pas son langage, et moi je m'adapte. Je ne lui ai jamais dit je t'aime. Mais je crois qu'elle le sait. Et si elle en doute, je le lui dirai en chanson. Celle-là,