Les Petites Choses

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M. "Les petites choses ont leur importance : c'est toujours par elles qu'on se perd." Fiodor Dostoïevski

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Par M. :: 10/05/2008 à 14:44 :: Petites Choses en Nota Bene
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Tu es parti, il était presque midi. J'étais encore pleine de tes baisers, de tes caresses, de ta tendresse. Je t'ai regardé t'éloigner par la fenêtre. Tu as pris la petite rue de droite, et tu as disparu. J'ai versé une larme. Un rayon de soleil dans l'oeil. Et l'émotion, aussi. De l'émotion, pas de peine. Ce n'est pas un échec. Ce n'est pas un adieu. Mais tu vas me manquer.

J'ai pensé que nous n'aurions jamais dû. J'ai pensé que j'avais mal agi. Fauté. Quelque part. Obligé. Je me suis demandé pourquoi nous n'étions pas heureux.
Et puis, à la faveur d'une nuit d'ivresse, et de courage peut-être, tout est devenu si clair. Presque aveuglant.

Je t'ai dit : « Tu n'es pas bien, n'est ce pas ? Moi non plus, je ne suis pas bien. Et j'ai envie d'être bien. ». Mes mots t'ont soulagé, je crois. Tu les attendais depuis un temps déjà.

Comme il est difficile de quitter quelqu'un que l'on aime...
Comme il est difficile d'admettre que l'amour ne suffit pas toujours.

Je ne regrette rien. Et si c'était à réécrire, je ne changerais pas une ligne de notre histoire.
Je crois que nous avons eu raison d'aller au bout de ce chemin-là. Puisque nous avions envie de l'explorer. Et puis, tu sais, rien n'est cassé. Au contraire, c'est plus construit que jamais. Je te connais en entier, aujourd'hui. Je connais tes matins, tes soirs, tes nuits. Je connais le rythme de ta respiration quand tu dors. Je connais ton regard embrumé de sommeil. Ton corps qui se réveille. Je connais la force de tes reins, la douceur de tes mains. La saveur de tes lèvres. Ton désir, ton amour, ta tendresse, et ta colère, tes doutes, tes peurs. Ton coeur.
Je suis heureuse de te connaître.

Tout à l'heure, quand je suis sortie de la douche, un rayon de soleil a traversé les nuages et un oiseau s'est envolé du bord de la fenêtre. J'ai souri. J'ai pensé à toi, toi qui aurait pleuré, voyant par la fenêtre un oiseau voler. Private joke... Mais tu vois, un oiseau vole et je souris, je pense à toi. Voilà la morale de l'histoire. Il y a de quoi en être fier.

Tu sais, je crois qu'on était beau tous les deux.
J'étais fière à ton bras.

Tu vas me manquer. Tu me manques déjà. Le Lubéron, nos nuits torrides, nos accords et harmonies me manquent.

C'est drôle ce que je ressens, là.
Je t'écris, mais en vérité j'écris pour moi. A chaque touche que j'enfonce, je vois un instant partagé, comme un film qui se déroule à chaque caresse de mes doigts sur le clavier. J'écoute de la musique, fort, depuis que tu es parti. Je ne chante ni ne fredonne. J'écoute. Comme si c'était la première fois. J'ai appelé mes meilleurs amis, et ma mère. Ma majuscule aussi. J'avais envie d'entendre leur voix, et leurs dire que je les aime. Sous la douche, j'étais légère. Une plume. Mon corps portait encore ton empreinte, et ça lui allait bien. Tu vois ? Oui, je suis sûre que tu vois, et que tu ressens exactement la même chose, là, maintenant.
Un peu de soulagement. Un peu de satisfaction. La paix, enfin. Et une joie un peu triste, peut-être. Mais une joie. Et beaucoup d'amour. Parce que c'est par lui que nous avons été portés, que nous avons agi, et que nous nous sommes séparés.

Il ne fait pas très beau. Mais il fait bon.
J'ai laissé mes cheveux bouclés et j'ai mis des chaussures d'été.
J'ai un bon bouquin, la batterie de mon I-Pod chargée, je vais aller m'installer sur une terrasse de café. Profiter de la journée.
Parce que je te l'ai promis.
Mais avant, j'écoute cette chanson que tu aimes bien.


Il n'y a pas de hasard.
Peut-être un jour, je te verrai pleurer dans la cuisine parce que tu as vu un oiseau voler. Peut-être pas.
En attendant, mon cher, si cher marin, prend donc le large, mais sache que depuis la plage je te regarderai naviguer.

Je t'aime.


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