Les Petites Choses

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Tomber sept fois... et l'imperfection

Par M. :: 04/05/2008 à 23:39 :: Petites Choses egocentrees
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Tomber sept fois, se relever huit
proverbe japonais
 
 
La première fois que j'ai lu ces mots, c'était sur la couverture d'un bouquin de Labro que ma mère m'avait offert. J'étais alors au novembre de ma vie, un novembre qui dura de longs mois.
Un fidèle ami de l'époque m'avait assuré que je sortirais plus forte de cette épreuve. J'avais peine à le croire, j'étais si fragile, si vulnérable, l'ombre de moi-même, je n'imaginais pas pouvoir reprendre consistance un jour. Mais cet ami était sage et ses paroles de raison. Je me suis relevée, plus grande et plus forte. Plus belle, peut-être, aussi.
 
J'ai alors placé foi et espoir dans ce proverbe désuet.
Sa vérité s'est toujours vérifiée.
 
Déjà, plus tôt, plus jeune, j'étais tombée bien bas. Sur une plage un soir d'été. De lune pleine. Un homme sombre m'avait jetée à terre, et j'avais cru y rester. Mais, d'abord assise, puis à genoux, j'avais fini par me relever. La gamine était tombée, mais la femme se tenait debout, prête pour la suite du parcours.
 
J'ai chuté à mon entrée dans ces remparts. Cette ville, aujourd'hui presque mienne, m'a accueillie à grands coups de pavés. Dans la gueule. De ceux que l'on attend pas, et qui font mal. J'en porte encore l'empreinte, sur ma joue.
J'ai pleuré deux jours, le corps cloué au sol, le coeur sur le carreau. Et le troisième jour j'étais debout, à apprivoiser ces rues pavées qui m'avaient vue tomber, à apprendre ce décors qui désormais me verrait évoluer. A oublier ma chute. Pas oublier, non, mais digérer. Guérir. Me remettre.
Et en arriver à cette conclusion : quelle que soit la tombée, simple glissement ou total effondrement, je me relèverai. Aucune ne me laissera à terre.
 
J'ai des bleus sur le coeur et des cicatrices sur les épaules. Des griffures sur les bras et des morsures sur les seins. Du sang a coulé sous mes pieds. Autant de souvenirs de mes blessures passées, toutes soignées, toutes guéries. Ou presque. L'homme a un instinct de survie incroyable. Et je suis un homme, version imparfaite.


Oui, je suis imparfaite. Des erreurs, j'en commets. Je dis des bêtises. Fais parfois un peu n'importe quoi. Mais je sais certaines choses.
Je sais que le parfum du café est un formidable réveil. Ça, et les baisers. Dans le cou, sur l'épaule. Des baisers qui tombent tout le long du corps. Je sais que la caresse du soleil réchauffe les coeurs, mêmes si glacés. Je sais le chant du vent dans mes cheveux, leur parfum qu'il emporte pour celui qui est tout près. Je sais les vagues dans mes yeux lorsqu'ils s'ouvrent sur un visage aimé. Et la force de ma main, lorsqu'elle se serre. Je sais que mes mots sont maladroits, hésitants, parfois mal choisis, parfois si chiants, mais pour, toujours pour, jamais contre, ou alors tout contre...
Et... je me suis égarée. Que disais-je ?
Ah, oui : je suis imparfaite. Très imparfaite. Mais il y a pire : je n'aspire pas au contraire. Je n'aime pas la perfection. Je ne pense pas qu'elle existe. Si ce n'est dans le tiramisu de Luca, le charmant vénitien du boulevard Louis Blanc, à Montpellier.


Voilà où j'en suis arrivée. Après une semaine de cogitations intensives, de meurtrissures cérébrales et de ravalement de façade de l'égo, me voilà imparfaite et prête à me relever. J'ai levé les yeux de mes complexes et autres hontes, pour croiser le regard des autres. Et il m'a sourit. J'ai écouté leurs mots, ils étaient chantés. Et puis, j'ai reçu de l'amour. Et je ne connais pas meilleur remède.



 

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