Les Petites Choses

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M. "Les petites choses ont leur importance : c'est toujours par elles qu'on se perd." Fiodor Dostoïevski

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Je l'aime

Par M. :: 30/05/2008 à 13:22 :: Petites Choses avec un grand C
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La majuscule a des maitresses. Et moi j'ai des amants. Pourtant, je l'aime. Je le rêve, encore, parfois. Je pense à lui, chaque jour. Je lui écris, je lui parle. Il me manque. Mais il a des maitresses et j'ai des amants. Voilà.

C'est une histoire de moitié d'orange, de Bachert ou d'Aristophane. C'est une histoire vraie d'amour pur. Pur et simple. Sans besoin de promesse, d'engagement, de fidélité. Sans même besoin de relation. Hors de l'espace et du temps, il serait toujours majuscule et je l'aimerais. Toujours.
L'amour n'a besoin de rien pour exister.

Dès la première fois, la toute première minute, j'ai su. Comme on sait qu'on a besoin d'air pour respirer, d'eau pour vivre, de terre pour planter. Il est mon air, mon eau, ma terre. Il est le monde dans lequel je vis avec envie, parce que le monde est beau de le porter. Et que sans lui, quelque chose cloche. La planète tourne moins rond.

Aimer C., c'est comme avoir les yeux bleus. C'est un fait. Presque une nature.

Je l'aime quand un autre m'embrasse, je l'aime quand un autre me baise, et je n'en aime pas moins celui qui m'embrasse et celui qui me baise (parfois même, c'est le même). Il n'y a pas moins de place dans mon coeur et dans ma vie. Je n'ai pas moins d'amour à donner.
Alors certains pensent que je suis facile. D'autres que je suis légère. Moi je pense juste être honnête. Peut-être trop. Mais j'aime la démesure, je suis excessive.

Je me souviens qu'Olivier parlait d'amour avec un grand A mais pourquoi faut-il absolument un grand A ? Ici, il n'y a que de petites choses, et pourtant elles sont pleines d'amour, sous plusieurs formes, de plusieurs façons, mais de l'amour tout le temps. Pas plus à droite qu'à gauche, pas moins fort ni moins beau. Jamais moins vrai.
Et si je t'aime, je ne l'aimerai pas moins lui.
Et si je l'aime, je ne t'aimerai pas moins toi.

Et pourquoi a-t-on un problème avec l'amour ?
Pourquoi attend-on toujours des plombes pour dire je t'aime, pourquoi en fait-on une telle cérémonie ? Pourquoi donner tant de poids à trois tout petits mots ?
On a aucun mal à dire qu'on aime le chocolat, les voyages ou son chat.

Je ne sais pas comment vivre l'amour. A deux, je veux dire. Je me pose beaucoup de questions. Sur la vie de couple, la fidélité, l'engagement. La signification, au fond, de tout ça. Je ne sais pas comment on peut vivre avec quelqu'un et faire en sorte que ça fonctionne. Comment il est possible de fonder une famille. Ce à quoi j'aspire, malgré tout. Malgré mes doutes, mes certitudes aussi, mes craintes et mes incompréhensions. Malgré ma résignation. Mais je sais qu'avant de le vivre, il faut le ressentir. Qu'avant d'envisager l'avenir il faut s'autoriser le présent. En bref, avant de soigner les formes, peut-être faudrait-il avoir un fond.

On se donne des rendez-vous. On se fait la cour. On se séduit, on se respecte, on se prouve. On s'ennuie, aussi. Mais on ne s'aime pas. Pas le temps, le courage, l'idée.

J'ai toujours dit je t'aime avec la plus grande sincérité. A l'instant précis où j'ai prononcé ces mots, je les pensais. Je n'ai pas pour autant signé pour l'instant d'après. Demain est toujours un autre jour.

Il est remparts bien plus hauts que ceux contruits autour d'une ville.

Mon coeur est comme les fenêtres de ma maison : grand ouvert. D'artichaud, d'éponge, peu importe. De chair et de battements, en tous cas. Il a aimé, il a pleuré, il aimera, il pleurera. It's like that and that's the way it is. Oiseaux de passage ou véritables conquérants, tous sont bienvenus. Tous et toutes. J'ai le coeur grand ouvert, j'ai dit. Comme les yeux. Et les oreilles.
Mon côté Amélie Poulain, sûrement.

Je pense que la connerie est un rempart à l'amour.
La connerie, et la masturbation mentale. Ceux qui réfléchissent trop ne savent pas aimer. Ceux qui se regardent trop le nombril non plus. Le monde n'a pas de centre, il est donc inutile de s'y croire.
Les personnes les plus malheureuses que je connais sont celles qui n'aiment pas.

Je crois qu'il n'y a pas de grand A. Pas de degré, pas d'échelle. Pas de choix. Je crois qu'il y a de l'amour partout, qu'il est le seul moteur, l'amour d'un être, l'amour de l'art, l'amour de l'argent.
Je crois aussi qu'on s'acharne à réfléchir sur un point qui ne demande nulle réflexion, mais juste une sensation. Des sensations. Mais il est plus facile de réfléchir que de ressentir. Et il est difficile d'accepter ce que l'on ne comprend pas.

Je l'aime.
Ni trop ni pour de faux.
Sans souffrance ni extravagance.
Juste je l'aime.
 
 
 

Gérard Chesneau

Par M. :: 30/05/2008 à 13:21 :: Petites Choses empruntees

Une lettre

Par M. :: 28/05/2008 à 13:12 :: Petites Choses en Nota Bene
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Quelques mots jetés là comme une poignée de sable. Piquent les yeux. Font couler les larmes. Salées. Vagues à l'âme qui s'échouent au bord de mes yeux clairs.
Je pense à toi, et tu es là. Fantôme. Ta main sur mon épaule. Sur ma cuisse, plutôt. J'aimais ta main sur ma cuisse dans ce petit bistrot.
J'ai pris de la musique, mais je ne l'écoute pas. Je préfère le chant calme et monotone de la mer. Et j'entends ta voix, résonner au creux d'un rêve. D'un souvenir. Un souvenir en forme de rêve. Ai-je seulement vécu ce moment si parfait, ou l'ai-je juste voulu ?
J'imagine. J'espère. J'attends.
Et le vent dans mes cheveux. Et le parfum de l'air. Et l'envie de toi, encore. Si forte.
Mille points d'or sur la surface ridée de l'eau.
Je t'aime, je crois.
Tu me manques, je sais. Je sens.
J'ai dit « Tu es là. Fantôme. ». C'est vrai. La paume de ta main sur ma joue plus que le soleil. Ton souffle dans mon cou plus que l'air de la mer. Et l'espoir que je caresse : tu aimerais être là, près de moi, les pieds et les doigts dans le sable.

Une poignée de mots, quelques grains, jetés là parce que je pense à toi.
 
 

14/03/08
 
 
 

Douze pensées

Par M. :: 25/05/2008 à 21:03 :: Petites Choses egocentrees
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Que fais-tu ce soir ? Je me le demande. Quinze jours sans nouvelle, c'est la première fois. Je ne comprends pas, alors j'essaie de ne pas y penser. Et puis la Terre ne cesse pas de tourner parce que tu cesses de m'appeler. Alors je travaille, je m'amuse, je déménage. Et parfois, je me demande.

Sylvain était drôle l'autre soir. Ça fait du bien de le revoir. Il est de plus en plus sexy. Comme quoi, la rupture a du bon, parfois. Elle est salutaire. Ecrite, surtout. Rien de sert de lutter, certaines choses ne naissent que pour mourir.

Il pleut. Et c'est dimanche. C'est con. Mais pour une fois, je m'en fous. De la pluie et du dimanche. Du bordel à venir. Des choses que je n'ai pas encore faites, et qui urgent. Des silences que je laisse s'installer. Des petites déceptions. De l'inutile. Du en trop.
Rien n'est jamais dramatique.
Avant, j'aimais les drames.
Plus maintenant. Non.
Plus maintenant.

Je me boirais bien un Mojito, là. Celui de vendredi était bon. Frais. Et Jonathan amoureux. Ses yeux comme deux fins traits bleus. L'alcool, sûrement. C'est vrai qu'il est mignon, son Julien. J'avais envie de danser. Comme la semaine dernière. Un air de salsa endiablée, un corps à corps à la limite de l'indécence, les hanches qui se balancent, droite gauche, droite gauche, et les mains qui frôlent, les peaux qui moites, les souffles qui se mélangent. Puis les langues. J'avais envie de sexe. Mais j'avais plus encore besoin de dormir. Alors je suis rentrée. Et j'ai rêvé.

J'ai envie de faire une crémaillère. Je n'ai jamais fait de crémaillère à moi. A mon retour de Corse. J'ai hâte d'aller en Corse.

C. est connecté sur MSN. J'ai envie de lui parler. J'ai hâte de le revoir. Encore plus que d'aller en Corse.

Est-ce que je garde un narrateur extérieur pour ma scène d'adieu ou est-ce que je rentre dans la tête des personnages ? Je ne sais qu'en faire, de ce truc. J'ai pourtant envie d'en faire quelque chose. J'ai l'impression d'avoir de la glaise plein les mains, sans savoir comment la modeler. Je devrais prendre du recul, y revenir dans quelques temps. De toutes façons, entre le déménagement et les vacances, je ne vais pas avoir le choix.
J'aime bien disparaître, de temps en temps.

Ça fait longtemps que je n'ai pas écouté Cat Power.

J'ai reçu un mail des Yeux Verts, cette semaine. Touchée... Il était si beau, les Yeux Verts, et son sourire... Je suis contente qu'il pense toujours à moi. Peut-être que c'est ça, l'immortalité.

Je commence à faire le tri, un peu. Jeter des choses. Visualiser les cartons, avant de les faire. J'ai retrouvé des fringues qui ne m'appartiennent pas. Avec elles, des souvenirs. J'ai hésité. Le temps d'une cigarette. Et puis j'ai préparé un sac. Et une enveloppe. Je les ai lavées (les fringues, pas le sac et l'enveloppe, bien sûr), séchées, et rangées (dans le sac et l'enveloppe, cette fois). Les souvenirs sont dans ma tête, et mes cartons sont assez pleins. J'ai peur d'attaquer le tri de mes CDs. Et bouquins.
C'est le côté chiant du déménagement. Les cartons, et les souvenirs qui traînent.

C'est une des dernières fois que je suis là, assise à mon bureau, face à la fenêtre, face au Palais. Un verre de vin et une cigarette, j'ai une image à cultiver, une musique venue d'Amérique, quelques mots sur le clavier. Je regarde les passants passer, sur la place. La nuit sera bientôt tombée, elle l'est déjà dans mon appartement. Je devrais allumer la lumière. La vue va me manquer. Je devrais l'écrire. Je vais l'écrire. Ah, ils viennent d'allumer les spots sur le Palais. Merde, c'est moins joli maintenant.

J'ai un coup de fil à passer.
 
 

D'un jour à l'autre

Par M. :: 21/05/2008 à 21:39 :: Petites Choses egocentrees
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Mercredi
Ai visité des apparts. Cinq. Neuf avec ceux d'hier. En ai peut-être trouvé un. Problème de financement à résoudre. Appelle mon banquier. Rendez-vous samedi.
Bois l'apéro avec Ketty, en terrasse. Rosé. Puis m'en vais avec elle, chez son frère. Un barbecue. Bonne soirée. Je passe la nuit là-bas. Je dors bien.

Jeudi
Me lève pas tard. Profite du jardin, du calme. Le chant des oiseaux et celui de la fontaine. Puis prends le petit-déjeuner avec Sylvain, sur sa terrasse. Il me parle de choses que je ne suis pas sûre de comprendre, mais c'est agréable. Je me dis que je pourrais acheter ce bouquin dont il me parle tout le temps. Et puis il me raccompagne.
Je passe l'après midi à me balader, je fais bien, il pleuvra le lendemain.

Vendredi
Ciel gris. Bas. Me lève tôt, ai rendez-vous pour visiter un appart'. Encore. Bien, mais moins que celui de mercredi. Je vais attendre l'entretien avec le banquier pour me décider.
Vais travailler à 14h. Journée atroce. Ma chef hystérique, comme d'hab. Migraine qui nait à 14H30, s'installe à 15h, persiste à 18h. Rien ne se passe comme je le voudrais. Je râle. Heureusement, un vieil ami au téléphone dans la soirée. Il me fait rire, beaucoup. Me promet de venir bientôt, peut-être cet été.
22h, je sors. Croise des potes. C'est l'anniversaire de l'un d'eux, alors on boit des Mojitos. Et des shooters de... Tequila, je crois, je ne sais plus. Un jeune garçon me drague, je bats des cils et roule des hanches. J'ai chaud. J'ai trop bu. On danse beaucoup, on parle peu. Je suis ivre. Il me raccompagne et me baise sur mon canapé. Puis il s'endort. Moi aussi.

Samedi
Me lève tôt, vire le jeune garçon, prends une douche et vais voir mon banquier. Suis encore ivre, un peu. Sais plus ce que je lui dit, mais ça fonctionne. Il me prête l'argent sans frais. Je vais pouvoir déménager. Je sors de là épuisée – mais ce n'est pas de sa faute – et contente – là, il y est pour quelque chose. Je ne déjeune presque pas et vais travailler.
La chef plus calme. Ça tombe bien. J'ai envie d'un café mais j'ai mal à l'estomac. Je me demande si je vais tenir jusqu'à 22h sans m'endormir.
Je tiens. Je rentre (avec difficulté, cf comment Michel Drucker m'a empêchée de rentrer chez moi). Je dors.

Dimanche
Boulot à 8h. Le dimanche, à cette heure, la place est déserte. Elle se réveille plus tard que moi. Lentement. J'aime la voir. Les livreurs, les joggers, les joueurs de tiercé. Je bois un café devant l'hôtel avec Arnaud. Je lui raconte mon week-end, on rit.
16h : je quitte. Je bois une bière avec Jo. Je constate que j'ai bu (au moins un verre) tous les jours depuis 15. L'été a commencé pour moi, malgré le temps pourri. Le vent s'est levé dans la matinée.
Je rentre chez moi et lis.
Le soir, je me fais couler un bain, avec des bougies, un verre de vin et ma liste de lecture créée pour : smooth jazz for bath. Un jour, peut-être, j'en parlerai. Ça me plairait de la partager.
Je sors de l'eau et m'endors sans me sécher.

Lundi
Suis de matinée toute la semaine. Ai pas l'habitude, suis dévariée. Quelques clients rigolent de mes yeux gonflés. Alors j'en rigole aussi. Je suis fatiguée.
Je passe à l'agence en sortant du boulot. Je remplis le dossier, cette fois, sauf catastrophe, c'est sûr : je déménage. Et j'ai hâte. Je rentre chez moi et réalise que je vis mes derniers jours dans ces 25 m². Un peu de nostalgie, je comprends que les murs vont me parler, me raconter mes histoires, chaque soir jusqu'à mon départ. Je n'ai pas souvent déménagé dans ma vie.
J'annonce la nouvelle à la majuscule. L'invite à venir visiter mon nouveau nid douillet durant l'été, lui faire l'amour et la cuisine. Il sourit. Moi aussi. Je suis contente. Je sais, je l'ai déjà dit, je le dis tout le temps. Peut-être parce que c'est vrai.
C'est assez drôle comme je me sens bien depuis quelques jours.

Mardi
Boulot. Bière. Bouquin. Je m'habitue à mon nouveau rythme.
Je suis invitée à dîner. Un client, je l'aime beaucoup. Il pourrait presque être mon père, d'ailleurs il lui ressemble un peu. Bien sûr, notre rencard n'a aucune fin sexuelle. C'est rare, j'apprécie. C'est reposant.
On dîne dans un de mes restaurants préférés, sur les pavés, devant la petite église dont les cloches sonnent si fort à midi. Il me parle de lui, sa vie, les multiples "casquettes" qu'il porte. Il est pluriel, j'aime. Il est fascinant, dans son genre. Il me parle de son association, et de son action au Niger. Mon coeur bat, mes yeux brillent, il le voit. Si un jour... il m'emmènera. Je me souviens que j'en rêvais quand j'avais 15 ans. Ai-je changé ?
Le vin me détend, je ne sens presque plus le vent. La place se vide, nous la quittons. Mes talons incertains sur les pavés. Je lui dit que ça fait bientôt 4 ans que je m'entraîne à ne pas tomber, il sourit. Il me dit qu'il a passé une bonne soirée, je lui dis que moi aussi. A remettre, on est d'accord. Il me raccompagne et me colle un gros baiser sur la joue. Il m'appelle ma belle. Je suis émue.
J'essaie d'écrire un peu avant de me coucher, mais j'ai trop bu.

Mercredi
Me lève tôt, encore. Vais travailler, encore. Suis fatiguée, encore. Et encore 3 jours à tenir.
J'essaie d'organiser mon déménagement. Je stresse et crise un peu. J'envoie valser ma mère et ma soeur. J'abuse.
Je me calme avec l'arrivée de ma collègue de boulot. Elle me fait marrer, c'est cool. Elle a un don pour réveiller ma part conne, enfin, drôle. On rit beaucoup. Travaille peu. La chef n'est pas là, on en profite. Je n'ai pas particulièrement envie de rentrer chez moi. J'ai mille choses à faire, mais pas le moindre courage pour.
Je finis chez moi à lire. Et je m'endors sur mon bouquin.
19h : je me réveille. Je ne sais plus où j'habite. Prémonition ?
Des coups de fil à passer. Un verre de rosé, une cigarette. Envie d'écrire. Vais reprendre ce truc sur lequel je "travaille". Essayer d'en faire quelque chose, pour une fois. Ecoute Ali Farka Touré. Fume un joint. Et jette quelques petites choses sur l'écran avant d'écrire vraiment.
 
 
 

Comment Michel Drucker m'a empêchée de rentrer chez moi

Par M. :: 18/05/2008 à 11:37 :: Petites Choses pour petits sourires
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Samedi soir, Michel Drucker m'a empêchée de rentrer chez moi.
Il faisait son émission à la con télévisée Tenue de Soirée en Avignon, donc.
 
La scène était installée place du Palais, c'est à dire devant chez moi.
10 jours de montage, d'allées et venues, de camions, voitures, piétons avec talkie-walkie, et autres bordels. La nuit, de préférence. Ben oui, quand je dors, c'est mieux. Ben oui.
Une partie de la production était logée à l'hôtel. Les techniciens étaient plutôt sympas. Toujours à la bourre, mais sympas. Petite préférence pour celui de la 37, attaché de presse, je crois. Bref. Le reste de l'équipe, imbuvable. Inutile de leurs dire bonjour, ils ne répondaient pas. J'apprends vite. Je réservais donc ma voix et mes sourires aux autres de mes clients.
Pour leur décharge, le montage de la structure fût un véritable enfer. En effet, sous les pavés de la place, non pas la plage mais le parking sous-terrain du Palais des Papes, impossible donc de monter le plateau habituel, la charge de béton nécessitée étant trop importante. Solutions d'urgence, plan B, plan C, plan D. J'ignore à quel plan ils se sont arrêtés.
 
Mercredi, je reçus une lettre de la mairie, m'indiquant que la place serait interdite à la circulation des voitures vendredi et samedi, ainsi que des piétons samedi entre 18h et minuit. Je n'ai pas de voiture. Mais j'ai un boulot qui se termine tard et qui commence tôt le lendemain, donc un impératif besoin de rentrer chez moi.
Surtout que vendredi je fûs prise dans un guet-apens, et pas seulement, dont je ne suis sortie que tard dans la nuit, ou plutôt tôt dans la matinée, et pas complètement indemne. Ah, la jeunesse.
Je devais retirer un badge d'accès à la Mairie, vous savez, ces rectangles en plastique avec votre nom dessus, qui vous donnent un petit côté VIP juste détestable. Mais les horaires de la Mairie... Et puis, je m'étais dit qu'en présentant ma carte d'identité, sur laquelle figure mon adresse, je pourrais rentrer chez moi. Naïve que je suis.

 
Samedi soir, donc.
Je quitte à 22h, plutôt 22h30, le temps de discuter un peu avec Arnaud.
Le gars de la 37 me propose de venir boire un verre avec lui et l'équipe, après le tournage, mais je suis épuisée, rassasiée, encore sous les effets de ma dernière nuit, je décline donc son offre, avec un sourire bien sûr. Et un peu de regret, aussi.
J'arrive au bas de la place, premier cordon de sécurité. Facile. Il me laisse avancer jusqu'au deuxième. Qui me renvoie sur le côté de la place, rue de la Monnaie. Ok. Rue de la Monnaie, donc.
Là-bas, deux flics me stoppent.
- On ne peut pas vous laisser passer.
- Attendez, je vous montre ma carte d'identité. J'habite là.
- Vous n'avez pas votre badge ?
- Ben non, j'ai pas mon badge.
- Et pourquoi vous n'avez pas votre badge, Madame ?
- Parce que j'ai un métier à la con, qui ne me permets pas de respecter les horaires de la mairie, Monsieur. Je travaille dans l'hôtellerie...
- D'accord, mais sans votre badge...
- Vous voulez dire que je ne peux pas rentrer chez moi ?
- Pas avant la fin de l'émission. Et le départ des invités. Vers une heure trente, deux heures du matin.
- Vous plaisantez ?
- Pas du tout. Essayez par l'autre rue, un peu plus loin, mais ils ne vous laisseront pas passer non plus.

J'ai envie de pleurer.
Je tente l'autre rue. Même barrière, mêmes explications. Même véto.
Et là, je mérite la palme d'or de la meilleure actrice. Montée des marches, attends moi ! J'ai joué le numéro de la pauvre jeune femme épuisée, désespérée, la voix basse, suppliante mais digne, arguments bétons à la clé, main sur la nuque pour prouver que je suis vraiment fatiguée, et recoiffage discret parce que ça fait toujours son effet, et parce que mes bras relevés font grimper ma robe sur les bas. Un s'il vous plait... Escortez moi, si vous voulez. Vous verrez que j'habite bien là, que je veux juste rentrer chez moi... J'aurais dû employer ces mots dès le début. Escortez moi. Ils me laissent passer. Pas la peine de m'escorter (ni de quitter son poste douillet dans sa caisse à tchatcher foot avec son pote).
Je peux enfin rentrer chez moi.

Malgré tout, j'ai eu de la chance. J'ai évité Mireille Mathieu. Mais pas Garou, ni born to be alive (ça fait combien d'années qu'il fait du playback ce mec ?) (le mec qui a fait une chanson dans sa vie. Comme Loana, du Loft). Bref. J'ai quand même entendu, en direct live, Thomas Dutronc. Les images à la télé, le son à côté, y'a un décalage, ça fait bizarre. Comme s'ils étaient à la bourre, dans leurs gestes. Bizarre. Ce qui ne l'empêche pas d'être super mignon, au p'tit Dutronc. Le fils de son père, quoi.
Bref.
 
Tout ça pour dire que depuis 10 jours c'est le bordel devant chez moi, qu'hier c'était juste l'enfer (et encore, je le répète, j'ai évité Mireille), que j'ai bien cru devoir dormir sous un pont (le comble, pour une réceptionniste en hôtellerie), et que j'ai finalement eu droit à deux heures de sommeil tout au plus, rapport au démontage, bruit, et tutti quanti. Tout ça, à cause de Michel Drucker, et son émission que je ne regarde même pas (et pour cause).
Alors merci, Michel ! Et surtout, bon retour !
 
(Euh...Michel ? T'aurais pas le numéro de Dutronc, par hasard...?)

 

Une poignée de petites choses

Par M. :: 15/05/2008 à 22:07 :: Petites Choses en general et en particulier
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La journée s'achève. Le soleil vient de disparaître derrière le Conservatoire, un peu de sa lumière subsite encore, mais pas pour longtemps. Tout comme moi, elle se fatigue, et prendra bientôt un peu de repos. Jusqu'à demain.

Je retrouve mon traditionnel verre de vin rouge face à la fenêtre, la place peuplée et la musique tout autour. Ce soir, c'est Bach. C'est la première soirée que je passe seule depuis que j'ai quitté la mer. Je fus très occupée.

Le week-end, que j'appréhendais, s'est formidablement déroulé. Une longue et belle balade en décapotable sous le soleil de mai, un dîner sous les étoiles, du vin rouge et des rires en cascade, mais surtout une tendresse aussi naturelle que spontanée. Bienvenue. Profondément appréciée. Comme un bain chaud après une rude journée. Un week-end en forme de très belle surprise. Comme un don du ciel. Un petit miracle, quoi.

Ensuite, grâce à l'aide de la Sainte Mère (je plaisante, mais elle mérite plus que mille fois ce qualificatif), j'ai presque certainement trouvé mon prochain petit nid douillet. Pas si petit que ça. Mais douillet, et mignon. Et depuis je n'arrête pas de me dire que si j'arrive à changer ça, je pourrais changer n'importe quoi. Ma vie toute entière, même. C'est con, l'espoir, mais qu'est ce que ça fait du bien.

Hier, quand ma mère est partie, gros coup de blues.
L'angoisse de rester seule, sûrement. Je suis sortie boire un verre, au petit café habituel, histoire de voir des visages connus et de claquer quelques bises, ça réconforte. Et comme le hasard fait toujours bien les choses (ça va devenir mon credo), ma meilleure m'a rejoint, un, deux rosés, le soleil qui se couche quelque part, la nuit qui s'installe ici, et le rosé se transforme en rouge, avec un barbecue dans le jardin d'une maison, à la campagne.
Réveillée par un rayon de soleil. Le carrelage frais sous mes pieds nus, pas un bruit dans la maison. Le silence est rare dans ma vie, je l'entends mieux que n'importe quel autre bruit. Un jus de fruits. Il dormait encore.
J'en ai profité pour fumer ma première cigarette sur la terrasse. Le chant des oiseaux. La vue des arbres et de la fontaîne qu'il a construite de ses mains. C'est dingue, ce que des mains peuvent faire. Le vent qui se lève lentement. Puis lui. J'entends la porte de sa chambre s'ouvrir, je me retourne, il me propose un café.
Je ne me souviens plus de notre dernier matin commun. Mais j'ai l'impression que celui-ci était meilleur encore. Un tour dans le village, un croissant, un pain au chocolat, et une longue conversation sous le parasol, nous avons profité de la seule heure de soleil de la journée.
Il faut l'écouter parler. L'entendre, aussi. Sa parole est une intra-veineuse de sérénité. Sa voix est si calme, posée. Sûre. Comme un baton sur lequel on peut s'appuyer, pour marcher. Apaisante comme le bruit de l'eau. Elle s'inflitre jusqu'au cerveau, et lui impose un peu de repos. C'est bien de sentir, aussi, d'écouter son instinct plus que sa raison. Il faut que j'apprenne à me faire confiance. Que je retienne certaines choses. Comme cette phrase, dans le bouquin de cet après-midi.

Il m'a rammené en milieu de journée. J'ai pris une douche, me suis coiffée, maquillée, et suis allée faire un tour en ville. Pas d'arrêt au café, pas besoin de claquer des bises aujourd'hui. Ou alors au sens figuré. Je suis allée chercher ce livre dont il m'a tant parlé. Et des patisseries orientales, rue Carnot. Décidément, le gars est adorable, il m'a encore offert un makrout.
Je me suis assise dans le parc pour lire. La moitié du bouquin. Jusqu'à cette phrase. Je me suis arrêtée le temps d'écrire. De comprendre un peu, peut-être. De me servir un verre de vin et d'écouter du Bach. J'ai acheté le dernier Portishead, mais je l'écouterai plus tard.

Quoiqu'il arrive, n'en fais pas une affaire personnelle.
C'est con, comme phrase. Mais peut-être pas tant que ça.
Plus je me la répète, plus je me dis que j'aurais pu l'entendre de la voix de la majuscule. Ça fait deux grands sages dans ma vie. J'en ai de la chance.

J'en ai tellement, que quand je suis rentrée chez moi, trois petits gars chantaient sur la place. Je dis trois petits, mais ils ne l'étaient pas, doués en revanche, c'est indéniable. A capella, une espèce de gospel swingué, qui donne envie de remuer le bas des reins, et de sourire surtout. Je les avais vus la semaine dernière. Je buvais une bière en terrasse avec Sylvain, on avait trouvé ça chouette. Je m'étais dit que dans d'autres circonstances, je serais allée leurs parler. Ou du moins essayer. See what I mean ? Ben ouais, ce soir les circonstances étaient autres, alors...
Alors ils sont très sympas. J'ai passé un bon moment.

Et voilà.
Ce soir je suis seule, et c'est bien. Je gribouille un peu, j'écoute de la musique, j'ai des idées qui naissent, des phrases qui se contruisent, d'autres qui se détruisent, se déforment, se reforment, et je tape, je joue, sur les touches noires et blanches de mon clavier qui pourrait être un piano tant il sonne bien.
 
 

 
 
 

Le large

Par M. :: 10/05/2008 à 14:44 :: Petites Choses en Nota Bene
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Tu es parti, il était presque midi. J'étais encore pleine de tes baisers, de tes caresses, de ta tendresse. Je t'ai regardé t'éloigner par la fenêtre. Tu as pris la petite rue de droite, et tu as disparu. J'ai versé une larme. Un rayon de soleil dans l'oeil. Et l'émotion, aussi. De l'émotion, pas de peine. Ce n'est pas un échec. Ce n'est pas un adieu. Mais tu vas me manquer.

J'ai pensé que nous n'aurions jamais dû. J'ai pensé que j'avais mal agi. Fauté. Quelque part. Obligé. Je me suis demandé pourquoi nous n'étions pas heureux.
Et puis, à la faveur d'une nuit d'ivresse, et de courage peut-être, tout est devenu si clair. Presque aveuglant.

Je t'ai dit : « Tu n'es pas bien, n'est ce pas ? Moi non plus, je ne suis pas bien. Et j'ai envie d'être bien. ». Mes mots t'ont soulagé, je crois. Tu les attendais depuis un temps déjà.

Comme il est difficile de quitter quelqu'un que l'on aime...
Comme il est difficile d'admettre que l'amour ne suffit pas toujours.

Je ne regrette rien. Et si c'était à réécrire, je ne changerais pas une ligne de notre histoire.
Je crois que nous avons eu raison d'aller au bout de ce chemin-là. Puisque nous avions envie de l'explorer. Et puis, tu sais, rien n'est cassé. Au contraire, c'est plus construit que jamais. Je te connais en entier, aujourd'hui. Je connais tes matins, tes soirs, tes nuits. Je connais le rythme de ta respiration quand tu dors. Je connais ton regard embrumé de sommeil. Ton corps qui se réveille. Je connais la force de tes reins, la douceur de tes mains. La saveur de tes lèvres. Ton désir, ton amour, ta tendresse, et ta colère, tes doutes, tes peurs. Ton coeur.
Je suis heureuse de te connaître.

Tout à l'heure, quand je suis sortie de la douche, un rayon de soleil a traversé les nuages et un oiseau s'est envolé du bord de la fenêtre. J'ai souri. J'ai pensé à toi, toi qui aurait pleuré, voyant par la fenêtre un oiseau voler. Private joke... Mais tu vois, un oiseau vole et je souris, je pense à toi. Voilà la morale de l'histoire. Il y a de quoi en être fier.

Tu sais, je crois qu'on était beau tous les deux.
J'étais fière à ton bras.

Tu vas me manquer. Tu me manques déjà. Le Lubéron, nos nuits torrides, nos accords et harmonies me manquent.

C'est drôle ce que je ressens, là.
Je t'écris, mais en vérité j'écris pour moi. A chaque touche que j'enfonce, je vois un instant partagé, comme un film qui se déroule à chaque caresse de mes doigts sur le clavier. J'écoute de la musique, fort, depuis que tu es parti. Je ne chante ni ne fredonne. J'écoute. Comme si c'était la première fois. J'ai appelé mes meilleurs amis, et ma mère. Ma majuscule aussi. J'avais envie d'entendre leur voix, et leurs dire que je les aime. Sous la douche, j'étais légère. Une plume. Mon corps portait encore ton empreinte, et ça lui allait bien. Tu vois ? Oui, je suis sûre que tu vois, et que tu ressens exactement la même chose, là, maintenant.
Un peu de soulagement. Un peu de satisfaction. La paix, enfin. Et une joie un peu triste, peut-être. Mais une joie. Et beaucoup d'amour. Parce que c'est par lui que nous avons été portés, que nous avons agi, et que nous nous sommes séparés.

Il ne fait pas très beau. Mais il fait bon.
J'ai laissé mes cheveux bouclés et j'ai mis des chaussures d'été.
J'ai un bon bouquin, la batterie de mon I-Pod chargée, je vais aller m'installer sur une terrasse de café. Profiter de la journée.
Parce que je te l'ai promis.
Mais avant, j'écoute cette chanson que tu aimes bien.


Il n'y a pas de hasard.
Peut-être un jour, je te verrai pleurer dans la cuisine parce que tu as vu un oiseau voler. Peut-être pas.
En attendant, mon cher, si cher marin, prend donc le large, mais sache que depuis la plage je te regarderai naviguer.

Je t'aime.


Mais avant, le printemps

Par M. :: 09/05/2008 à 1:26 :: Petites Choses egocentrees
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Un seul regard vous manque, et tout est dépeuplé, j'écrivais il y a quelques jours. C'est vrai, trop vrai, en ce qui me concerne. C'est vrai, et c'est moche que ce soit vrai. C'est moche que j'en arrive à me sentir si nulle quand on ne me voit pas.

La semaine dernière, le moral dans les baskets, je me noyais dans mes larmes et me perdais dans mes idées noires. Je n'étais qu'une petite chose, insipide, invisible, rien, quoi. J'aurais troqué mon coeur contre une pierre si j'avais pu, si j'avais su qu'ainsi la douleur se tairait. Et puis un matin... Ou plutôt un soir, j'ai eu mal à en crever. Mais ce n'était pas l'heure. De crever, je veux dire. Alors j'ai sorti la lame de mon coeur d'éponge, puisque non de pierre, et je me suis levée de mon lit. Avec ces phrases à la con : tomber sept fois, se relever huit ; ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Il n'y avait pourtant pas de quoi me tuer. Mais quand on tape là où ça fait mal, deux solutions : se coucher, abdiquer, ou se lever, et rester digne. Je ne suis pas de celles qui se couchent. Sauf à des fins orgasmiques, bien sûr. Donc.
Donc je me suis levée, et me voilà debout, très immodestement plus sexy que jamais, plus en vie (et envie) que la semaine dernière en tous cas.
Je suis toujours plus belle après la guerre.

J'écoute en boucle mad world de Gary Jules, et des mots me reviennent : tu es forte... Bien sûr. Ne dis pas que tu n'es pas quelqu'un de bien... Alors je ne le dirai point. Je n'hésiterais (conditionnel) pas une seconde... Tu sais que je t'aime ?

Le blog est une thérapie.
Je l'ai lu chez d'autres, je l'ai souvent, si souvent pensé. Pas dans tous les cas, c'est certain, mais la façon dont je l'utilise... Le blog est mon thérapeute. Parce qu'ici je n'écris pas de jolis mots. Quand ils sont jolis, c'est par accident, ou par goût, je l'avoue, j'ai un faible pour les jolies choses, et les mots par dessus tout. Mais ici, je n'écris pas de jolis mots, dans le sens où je ne les veux pas jolis, je ne les travaille ni ne les recherche. Mes exercices, et plaisirs, sont ailleurs.

Et tout à l'heure Jésus (parce que je le connais) m'a dit : si on dit la vérité on est sûr, un jour ou l'autre, d'être découvert. Celui qui le peut le fait, celui qui ne le peut pas l'enseigne. Je me balade nue sur ces pages depuis le début, je crois que j'ai choisi mon camps. Mon espace, ma liberté. Puisque ce monde nous veut vêtu, coiffé, soigné, ici je serai nue, entière et vraie.
Tout ça pour dire que le fait de tout dire, justement, sur ces pages, mêmes si virtuelles, m'aide, si ne me soigne. Me voir ainsi à poil m'apprend à ne plus me considérer comme un monstre, d'égoisme et autres défauts. M'apprend à grandir, sans doute, j'espère ne jamais arrêter, parce que, je crois, si on ne grandit plus on rapetisse. J'économise 40 € par semaine, et les oreilles de mes amis. Je deviens autodictacte. Sujet d'étude : moi, mes névroses et mon nombril. Me, myself and I.

Et dans les labyrinthes de mes méandres, je me perds. Once again.

Une semaine sans regard, et je suis presque morte.
Mais, parce qu'il y a toujours un mais, certains qui dérangent, d'autres qui arrangent, celui-ci ne fait pas partie des premiers, mais, donc, le vent a tourné, comme ça finit toujours par arriver, le vent ou la roue, peu importe, tant que ça tourne.
Je me suis levée lundi avec une pêche incroyable qui, cahin caha, ne me quitte pas depuis. Mes amis ne furent qu'amour, dans leurs mots j'ai réssuscité. La vie fût tiède et facile, merci à elle et son hasard, qui fait toujours pas trop mal les choses. Et des regards sont arrivés, se sont posés sur mon dos dénudé, sur mes hanches, sur ma nuque, sur mes lèvres aussi, il me semble l'avoir vu.
Et me voilà vivante, vive et charmante, le sourire aux lèvres voulues, le rythme dans les hanches réveillées, la vie et l'envie dans chaque membre capable de remuer. Tout ça grâce au regard. Et au soleil, bien sûr. Les effets du printemps, probablement.

Je parlais d'été, mais la saison d'avant, celle des amours, l'ami Printemps, s'installe confortablement. Il suffit de lui faire une place.
Entre ma thérapie virtuallo-scripturale, les regards, et le reste, je devrais y arriver. Sans trop de difficulté.
D'ailleurs, on dirait que c'est déjà fait.
 
 
Un clin d'oeil pour la Fée, à qui je dédicace la chanson.

Bientôt l'été

Par M. :: 06/05/2008 à 11:59 :: Petites Choses egocentrees
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Bientôt l'été. Pas encore, je sais, mais il n'est pas si loin, il est même tout proche, à bien y regarder...
Bras et jambes se dénudent, les orteils prennent l'air. Les décolletés se veulent plongeants et les peau se dorent sagement. On range le parapluie et sort l'ombrelle. Les terrasses de cafés s'étalent sur les pavés et l'on boit des demi-pêche après la nuit tombée. L'été est bientôt là.
Un an aura passé depuis l'année dernière.


Un été meutrier.
De meurtrissures. Le monde à travers des meutrières. Une prison de silence. De l'air venu de la mer, une chanson, toujours la même, how deep is your love sur la plage et des souvenirs à la pelle, pour se blottir dedans. Un été avec une folle idée, une idée à accoucher, qui meurt et disparaît quand approche la rentrée. Quelques gouttes de sang et tout s'arrête, l'espoir, la peur, et le reste. Un retour aux remparts désertés, le mois d'août est cruel en Avignon. Et puis la chaleur passe, les feuilles tombent, l'été laisse place à l'automne.

Un automne de rencontes, de dates, de chiffres et de comptes, et bien sûr de petites choses. Les premières, le 14 de septembre, à marquer d'une pierre blanche, ou pas. Des petites choses avec une grande majuscule, moi sur l'estrade à chanter mon amour. Il m'est revenu comme en écho. Avec des mots appris par coeur depuis, répétés tous les soirs, comme une prière. Lus et relus à m'en faire pleurer les yeux, s'ils pleurent c'est qu'ils ont vu juste. Des nuits à peindre un grand C. sur les murs de mes lignes, et trouver l'apaisement, et même la paix, simplement, dans une nudité absolue. Le 17 de novembre, cela faisait un an de lui.

L'hiver. Ses maudites fêtes, leur maudite dictature de la joie, sous de maudites illuminations. Les gamins qui braillent, les amoureux qui aiment. Moi qui fait beurk ! Et le froid partout, jusque dans mon ventre. Les petites choses qui murissent, leurs fruits aussi improbables qu'inattendus tombent dans mes mains ouvertes. Parce que je marche toujours les mains ouvertes. Pour ne pas qu'elles gèlent.
Quand l'année meurt, vive l'année ! J'ai survécu une fois de plus. De fausses nouvelles chances s'offrent, je les saisirai, peut-être, je me suis dit à l'époque.
L'hiver a duré. D'une drôle de façon. Un bal de nuits torrides dans les premiers jours, puis une solitude glacée parcimonieusement semée, comme un jus de citron sur une plaie. Des lignes encore. Des envies toujours. Des décisions enfin.
Une croisière, peut-être...

Le printemps s'est fait attendre cette année. Languir, désirer.
Tant et si bien qu'il décevrait presque mes attentes. A trop prier la chaleur, on n'ose plus y croire quand enfin elle s'installe. Elle a gagné l'air, demeure juste une petite boule froide entre mon ventre et mes reins. Elle fond, je sens ses gouttes couler dans mes labyrinthes. Bientôt plus rien. Ou alors un soleil, qui brille de l'intérieur.
L'été, quoi.
 

L'été, c'est ma saison. Celle des lions et des folles déraisons. Des nuits chaudes qui ne finissent pas. De la plage et autres histoires.
Festival, melon, rosé glacé ; peaux moites, baisers abricots et cafés serrés. Sous le soleil exactement.

Un an aura passé, depuis l'été dernier.
Un an, quelques évènements.
Les petites choses, quoi.

 
 

Tomber sept fois... et l'imperfection

Par M. :: 04/05/2008 à 23:39 :: Petites Choses egocentrees
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Tomber sept fois, se relever huit
proverbe japonais
 
 
La première fois que j'ai lu ces mots, c'était sur la couverture d'un bouquin de Labro que ma mère m'avait offert. J'étais alors au novembre de ma vie, un novembre qui dura de longs mois.
Un fidèle ami de l'époque m'avait assuré que je sortirais plus forte de cette épreuve. J'avais peine à le croire, j'étais si fragile, si vulnérable, l'ombre de moi-même, je n'imaginais pas pouvoir reprendre consistance un jour. Mais cet ami était sage et ses paroles de raison. Je me suis relevée, plus grande et plus forte. Plus belle, peut-être, aussi.
 
J'ai alors placé foi et espoir dans ce proverbe désuet.
Sa vérité s'est toujours vérifiée.
 
Déjà, plus tôt, plus jeune, j'étais tombée bien bas. Sur une plage un soir d'été. De lune pleine. Un homme sombre m'avait jetée à terre, et j'avais cru y rester. Mais, d'abord assise, puis à genoux, j'avais fini par me relever. La gamine était tombée, mais la femme se tenait debout, prête pour la suite du parcours.
 
J'ai chuté à mon entrée dans ces remparts. Cette ville, aujourd'hui presque mienne, m'a accueillie à grands coups de pavés. Dans la gueule. De ceux que l'on attend pas, et qui font mal. J'en porte encore l'empreinte, sur ma joue.
J'ai pleuré deux jours, le corps cloué au sol, le coeur sur le carreau. Et le troisième jour j'étais debout, à apprivoiser ces rues pavées qui m'avaient vue tomber, à apprendre ce décors qui désormais me verrait évoluer. A oublier ma chute. Pas oublier, non, mais digérer. Guérir. Me remettre.
Et en arriver à cette conclusion : quelle que soit la tombée, simple glissement ou total effondrement, je me relèverai. Aucune ne me laissera à terre.
 
J'ai des bleus sur le coeur et des cicatrices sur les épaules. Des griffures sur les bras et des morsures sur les seins. Du sang a coulé sous mes pieds. Autant de souvenirs de mes blessures passées, toutes soignées, toutes guéries. Ou presque. L'homme a un instinct de survie incroyable. Et je suis un homme, version imparfaite.


Oui, je suis imparfaite. Des erreurs, j'en commets. Je dis des bêtises. Fais parfois un peu n'importe quoi. Mais je sais certaines choses.
Je sais que le parfum du café est un formidable réveil. Ça, et les baisers. Dans le cou, sur l'épaule. Des baisers qui tombent tout le long du corps. Je sais que la caresse du soleil réchauffe les coeurs, mêmes si glacés. Je sais le chant du vent dans mes cheveux, leur parfum qu'il emporte pour celui qui est tout près. Je sais les vagues dans mes yeux lorsqu'ils s'ouvrent sur un visage aimé. Et la force de ma main, lorsqu'elle se serre. Je sais que mes mots sont maladroits, hésitants, parfois mal choisis, parfois si chiants, mais pour, toujours pour, jamais contre, ou alors tout contre...
Et... je me suis égarée. Que disais-je ?
Ah, oui : je suis imparfaite. Très imparfaite. Mais il y a pire : je n'aspire pas au contraire. Je n'aime pas la perfection. Je ne pense pas qu'elle existe. Si ce n'est dans le tiramisu de Luca, le charmant vénitien du boulevard Louis Blanc, à Montpellier.


Voilà où j'en suis arrivée. Après une semaine de cogitations intensives, de meurtrissures cérébrales et de ravalement de façade de l'égo, me voilà imparfaite et prête à me relever. J'ai levé les yeux de mes complexes et autres hontes, pour croiser le regard des autres. Et il m'a sourit. J'ai écouté leurs mots, ils étaient chantés. Et puis, j'ai reçu de l'amour. Et je ne connais pas meilleur remède.



 

Petite chose

Par M. :: 02/05/2008 à 15:45 :: Petites Choses egocentrees
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Depuis quelques jours déjà, des jours qui me paraissent des semaines, je rétrécis. Ostensiblement. Le soleil brille plus fort et ma lumière décroit. Si toutefois j'en avais une.
Je suis comme une ombre, l'ombre d'une petite, toute petite chose. Invisible. Inaudible. Insipide. Je n'existe presque pas.

Les mots, qui semblent toujours s'offrir si facilement à moi, désormais me snobent, me boudent. Ils se refusent à mes lèvres, à mes doigts. Si bien que je ne peux dire, et dire est le pont entre les êtres, je me suis toujours dit.
Sans les mots comme des fils entre eux et moi, je ne tisse plus de toile, je m'éloigne, je me noie. Sans les mots comme des couleurs que je donne, je me désole, je les désole. Sans les mots, le silence s'installe, et se fait roi. D'abord autour, comme un mur, des remparts, je suis ceinte d'un silence glacial. Puis à l'intérieur. Là, dans mon ventre. Une boule de rien qui grandit et devient, petit à petit, néant.
Je me sens comme privée de moi.


J'avais rendez-vous cet après-midi. Il est finalement décalé. Comme j'étais dehors, j'ai voulu profiter de cette belle journée. Je me suis assise à une terrasse de café, j'ai sorti un bouquin, le Lucia Etxebarria que je lis en ce moment, j'ai allumé une cigarette. Comme je le faisais si souvent, presque tous les jours, l'été dernier. Je dévorais les pages au soleil, devant un café ou un coca frais. Avec 12 glaçons, je disais à Andrea, le serveur italien. J'étais bien, j'aimais bien.
Mais tout à l'heure, je n'ai pas retrouvé cette sensation. Être au coeur de la ville, du monde, de la vie, et être. Être fort, être bien. Être pour de vrai. Non, tout à l'heure je me suis sentie toute petite. Noyée par le flot des paroles et des rires échangés au quatre coins de la terrasse, écrasée par ces présences, hommes, femmes, enfants, tous ensemble en harmonie. Et moi à côté. Plus au milieu.
Alors j'ai bu mon café en trois gorgées et je suis rentrée.
Je me suis installée à l'abri dans ma petite cour, au soleil, mon ordinateur sur les genoux, ma musique et le chat qui mange l'herbe.
Je sais, j'ai choisi la pire solution. Je m'isole quand il faudrait que je me raisonne. Alors j'essaie de me raisonner isolée.

Je sais que je ne suis pas ça. Cette petite chose informe, morne, sans saveur ni intérêt. Mais je suis si dépendante des autres. Sans eux, je me meurs. S'ils n'ont pas besoin de moi, je n'ai pas besoin de moi non plus. Mon utilité aux autres légitime ma vie.
Je sais, ce ne sont qu'angoisses adolescentes, elles s'atténueront, et disparaitront, avec le temps. Je sais. Je sais, mais...

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé, il disait, et bien il en va de même du regard. Un seul regard vous manque et...

Regarde moi... S'il te plait, regarde moi.



Hier, un coup de fil. Quelques mots rapides, mais tellement justes. Tellement qui font du bien. Je m'inquiète pour toi, mais je sais que tu es forte. Merci de me le rappeler, je l'avais presque oublié. Tu as raison, je suis forte. Petite chose... Pas si petite. Non, pas si petite.
Suffit que je me déplie.
 
 
 
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