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Si ça, c'est pas d'l'amour !Par M. :: 19/02/2008 à 19:56 :: Petites Choses en general et en particulier
J'en avais vaguement parlé. Fais quelques allusions. Mais je ne pouvais en dire plus, secret oblige, et superstition, un peu, sûrement. Mais maintenant que c'est vécu, je peux vous raconter.
Samedi c'était l'anniversaire de David. Il fêtait ses 30 ans. Une journée très, très particulière que je m'en vais vous conter, au présent s'il vous plaît :
David se réveille relativement tard dans la matinée. Gilles est parti chercher des croissants et lui a demandé de se lever.
Il se rend dans la salle de bain : dans la baignoire, une bouteille flotte. Dedans, un message : David se lève tard. Il se rend dans la salle de bain. Son regard encore plein de sommeil se pose alors sur la bouteille qui flotte dans la baignoire. Une journée extraordinaire se prépare. Dans 45 minutes, tout va commencer.
Sur la table du salon, il trouve un sac d'aventurier, garni de divers accessoires, qu'un deuxième message lui recommande de ne pas oublier. Il l'informe également que les dieux l'ont investi d'une mission, une quête plutôt, celle de retrouver un artiste légèrement égaré.
Puis l'interphone : une voix, inconnue : vous avez du courrier.
Calligraphiée, une lettre de Mnémé (oui, oui, la mémoire elle-même)le mène à son premier lieu de rendez-vous : Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! ...
David se rend au Cid, le café. C'est effectivement la première étape de son parcours. Il y en aura 13.
Il ira au cinéma Utopia, au jardin des Doms, sur la Place du Palais, il rencontrera Mona Lisa (Ah. Té voilà enfin. Tou dois té demander cé qué yé fais ici. C'est siiiimplé : cella qui est au Louvrrrre est una copie. Oun sosie, si tou prrréférrres. Yé souis l'orrriginale. Y'en avais marrre dé tous ces yaponais et autrrres amérrricains. Moi, yé pas demandé à êtrrrre célébrrrre, tou crrrois peut-êtrrre qué c'est amousant dé rrrrester assise les brrrras crrrroisés et né pouvoirrrr rrrien fairrre ?), avant de recevoir un message d'Hermès, qui, dans un élan de bonté divine, lui enverra son char le plus rapide (un Vélocité, sorte de pousse-pousse amélioré), il croisera Dionysos faisant du stop au bord du chemin et se verra ainsi offrir une coupe de champagne, puis il remettra une phrase dans l'ordre, s'amusera de quelques palindromes, plus tard, à cours d'idée, il fera appel à la hot line prévue pour, Allô Musettes (rôle tenue par votre serviteuse), participera à un parcours olfactif chez un parfumeur très particulier, parcoura en long et en large les places et les rues pavées, prendra du rêve et du magique plein la tête, à en devenir fou...
Je n’ai pas touché terre de la journée, répétait-il. Il était plein d’amour, de tendresse, de reconnaissance, il nous regardait comme s’il nous voyait pour la première fois, comme un aveugle à qui on rendrait soudain la vue, et nous étions tous si beaux dans son regard, si uniques et irremplaçables.
Lorsque Gilles m’avait présenté l’idée, j’avais souri. Elle me paraissait originale et drôle, mais tellement romantique, Amélie Poulain au possible, presque puérile si je veux être honnête. Mais il s’agissait de Gilles, et j’ai une confiance aveugle en ses idées. Alors je l’ai aidé, à ma modeste mesure, en jouant les secretaires, sténo ou autres miroir à inspiration.
Nous avons passé deux soirées par semaine, 4 semaines d’affilée, à préparer cette journée. Le scénario, les lieux, les acteurs, les accessoires, les énygmes, les textes, les dialogues, les cadeaux, les jokers et les difficultés, tout ceci sur une chronologie ultra précise cela va sans dire, ce n’est plus de l’Amélie Poulain, c’est du travail d’orfèvre. Et lorsque le tout est orchestré par l’esprit et la plume de Gilles, ça devient de l’art.
Je vous promets qu’il faut être un peu fou pour élaborer un tel projet, et fou pour se laisser embarquer.
Fou, samedi, nous l’avons tous été.
Mais le regard de David… Le regard de David…
Il disait je t’aime avec une sincérité si entière et vraie que j’en aurais pleuré. D’ailleurs, j’en ai pleuré, en rentrant chez moi. Parce que c’était si beau. Et j’arrêtais pas de me répéter merde, ça fait faire des jolies choses, l’amour, quand même… merde, ça peut être beau, l’amour, quand même…
Parce que l’amour avait transpiré de l’idée de Gilles pour nous toucher tous, sans exception. Nous étions peut-être une quinzaine présents samedi jour, à différents moments du parcours, et samedi nuit, pour célébrer les 30 ans de notre ami, tous plein d’amour, et même ceux d’ordinaire plus froids ou réservés, nos yeux étaient humides, nos sourires ancrés profond sur nos visages, nos mains jointes les unes aux autres. Moi qui n’ai jamais eu l’esprit de groupe, je me suis sentie en faire partie, et j’ai aimé ça. Je n'étais pas noyée au milieu mais clé de voute de son architecture, tout comme chacun des autres.
Ce qui était dingue aussi, c'est que d'un je t'aime sont nés mille autres. D'un amour, une toile de tendresse s'est tissée. Elle nous a enveloppés et bercés quelques heures durant, et je ne crois pas trop m'avancer en disant que chacun de nous en gardera un souvenir tout particulier.
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Commentaires Le 19/02/2008 à 20:59, par Fiso
Pfffouh !
J'ai fini de lire ce billet avec une agréable chaleur qui me montait le long des flancs. J'imaginais tes yeux brillants d'émotion dans cet océan d'amour. Tu es une petite luciole aux cheveux longs bouleversante. J'adhère rarement à ce genre de jeu. Peut-être parce que j'aurais du mal à retenir mes larmes, coeur d'artichaut que je suis. Je n'aime pas pleurer en public. Le 19/02/2008 à 21:15, par M.
Pareil pour moi. D'ailleurs, tu as vu, je n'ai pleuré que chez moi. Les coeurs d'artichaud se cachent pour pleurer...
Et tu aurais été parfaite dans un tel parcours, je t'imagine en Aphrodite... (petite luciole aux cheveux longs bouleversantes...je la garde celle-là, elle est...je la garde. Merci) Le 19/02/2008 à 23:50, par sof
Il en a une chance ce David !!!!!
Non, parce que y'a pas à dire, même moi qui suis pas romantique et qu'Amélie Poulain ne touche pas, je trouve ça tellement beau. Le 20/02/2008 à 7:26, par M.
Oui, David a beaucoup de chance. C'est tellement beau, comme tu dis, et si tu savais le temps et l'investissement...
Si ça, c'est pas d'l'amour... Le 23/02/2008 à 16:04, par Oh!91
Holàlà ! je ne lis ce récit que ce matin, j'ai plein de retard, mais quelle belle chose ! ça me paraît si incroyable de s'investir autant pour bâtir un message, un grand et simple message. C'est si vertigineux. Oh! oui, que dit comme ça, fait comme ça, l'amour, c'est beau. Bravo d'en avoir été complice et miroir.
Le 23/02/2008 à 17:38, par M.
Ce n'est pas à moi qu'il faut dire bravo (et oui, t'avais du retard dis donc !!! ;-)), j'ai juste une chance incroyable d'avoir des amis si inspirés et si généreux.
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