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Par M. :: 21/02/2008 à 8:03 :: Petites Choses en general et en particulier
free music
 

Son premier geste fût de mettre une fleur à ma boutonnière. Et dans cette attention, simple et originale, j'aurais pu lire tout l'avenir de notre belle relation.
Parce que Gilles et moi avons une belle, une très belle relation. Elle s'est construite simplement, naturellement, au fil du temps. Elle se renforce à chacune de nos entrevues, du moins en ai-je l'impression. Mais laissez moi vous raconter l'histoire de Gilles et M. (bien plus soft que celle de Bonnie et Clyde !).

C'était un jeudi soir. D'improvisations en inattendus, je me suis retrouvée à la Compagnie des Comptoirs. Je déteste cet endroit. Certes, le cadre est beau et très agréable, mais la fréquentation... Disons que c'est un peu le QG de la jet set avignonaise sauf qu'en Avignon, ben y'a pas de jet set. Mais y'a la vendeuse de la boutique Gucci, le coiffeur du salon Jean-Louis David, rue des Marchands, et les serveurs de l'Opéra Café. Nos stars à nous. Enfin, leurs stars à eux. C'est dire la joie que je ressentais à être en ces lieux. Qui plus est, mon escorte de la soirée était sympathique, mais ivre, et avait donc tendance à m'oublier un peu. Je ne lui en voulais pas, je me serais oubliée aussi si j'avais pu. Il m'a quand même offert un verre de rosé glacé, charmante attention que j'appréciai. Et c'est sur ces entrefaites que Gilles fit son entrée.

Son premier geste fût donc de mettre une fleur à ma boutonnière. Puis il a passé son bras sous le mien, et m'a entraînée vers le bar. Un autre rosé glacé. Une cigarette. Et une conversation sur Montpellier. Nous avions ceci en commun, d'y avoir vécu. Moi pendant plus de 20 ans, avant Avignon, lui juste un an, entre Sidney et Avignon. Sidney ?? Oui, Sidney. Et Gilles me raconta l'Australie.
Je me souviens qu'au moment où je lui ai dit que j'allais rentrer, il m'a tendu sa carte : Je sais que ça fait prétencieux de te sortir ma carte comme ça, mais ça me ferait plaisir que tu m'appelles.

J'ai hésité 7 jours. Le huitième, je lui ai envoyé un SMS. Je craignais qu'il ne se souvienne pas de moi.
Le lendemain, nous allions boire un café.
Et deux semaines plus tard, un verre. Puis deux, trois, quatre...
Et peu à peu sortir de notre réserve, s'affranchir de cette crainte de n'être pas à la hauteur, et parler. Parler vraiment, avec le coeur.
D'abord, je m'en souviens bien, de Wilde, Dorian Gray bien sûr. Il l'avait vu joué à Sidney, dans une adaptation contemporaine qu'il me décrivait si bien qu'en fermant les yeux, j'y étais presque. Puis de l'écriture, Gilles et moi avons le même virus... Il m'a raconté ses ateliers d'écriture, ses carnets et histoires. Mais je ne l'ai lu que des mois plus tard.
Assez vite, je lui ai parlé de C. Et il a compris, immédiatement. Il a toujours très bien compris mes sentiments, j'avais parfois l'impression qu'il les éprouvait quand je les lui racontais. C'était facile...

Tout est toujours facile avec Gilles. Je lui parle, il comprend. Il commence, j'enchaîne. Je lance, il rebondit. Pas besoin de mille mots, un parfois suffit pour que nous voyions les mêmes couleurs sur la toile blanche. On est connecté.

Puis il y a eu cette soirée à l'Opéra. Just perfect...
Je crois que c'est là, ou pas loin, que les dernières réserves se sont effacées. Je dis réserves, mais il s'agissait plutôt de pudeurs (oui, je peux en faire preuve, aussi étonnant que cela puisse paraître). Nous nous sommes découverts lentement, progressivement, nous n'avons rien brusqué, rien cherché, nos bras se sont ouverts naturellement l'un à l'autre.
En parlant de bras... Je me souviens parfaitement de la toute première fois que Gilles m'a prise dans ses bras. C'était à l'hôtel, il était passé avec Ketty, me dire bonjour. Et là, sans que je sache vraiment pourquoi, il m'a enlacée et a posé sa tête contre la mienne. C'était beau...

Depuis, il y a eu beaucoup d'autres moments.
J'ai lu ses lignes...et j'ai aimé, tellement, il a tellement de talent.
On a écrit des chansons ensemble.
On a parlé littérature, on a écouté de la musique.
On a bu du vin, fumé des cigarettes, avec poésie.
Avec simplicité, toujours.
On a beaucoup ri, aussi.
Et on a parlé, tant parlé.
Il fait partie de ces si rares personnes auxquelles je peux tout montrer, cette image pour laquelle je travaille si dur et qui a certainement trop d'importance à mes yeux, et ce qu'elle cache, moins glorieux, ce que je déroule ligne à ligne ici depuis plusieurs mois. Et si je peux tout lui montrer, c'est parce que, lentement, il s'est dévoilé aussi. M'a dit ce qu'on ne dit pas à tout le monde.
C'est ça, en fait : à chaque pas de l'un, l'autre suivait, toujours lentement, un peu timidement, vraiment pas à pas, ainsi on s'est retrouvé dans la même toute petite pièce, celle qu'on ferme à clé pour que personne n'entre, parce qu'elle n'est jamais rangée.

Et puis, Gilles est vraiment une belle personne.
Tout est beau, chez lui et avec lui. Il sait mettre de la beauté, de la poésie, dans les vies, regardez ce qu'il fait pour un anniversaire... Il est d'une telle générosité. Et sa boîte à idées est inépuisable... Pour toutes ces raisons, le métier qu'il a choisi lui va si bien. Il organise des mariages et autres évènements. Et c'est une chance de voir sa journée importante orchestrée par Gilles, parce qu'à n'en pas douter elle sera just perfect.

Il est de belles rencontres. Et il en est d'indispensables.
Je ne le lui ai jamais dit, mais je crois qu'il le sait. Je l'ai écrit plus haut : on a pas besoin de parler, lui et moi. Si on parle, c'est pour le plaisir des mots. Doux, beaux, crus, violents. Et pour le plaisir de l'autre, aussi. Surtout.


Je souris, là.
 
 
 

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Commentaires

Le 21/02/2008 à 20:58, par Etinc'Elle
La beauté est souvent cachée..la découvrir est quelque chose d'intense..
Etre en présence de quelqu'un qui vous comprends et vous devines..c'est à la fois éffrayant et attirant..
L'essentiel c'est le bien etre ensemble et ça...sourire , rien n'est plus important..
s'enrichire ...se dévoiler..s'avouver..des instants...

tendres pensées...
Le 21/02/2008 à 23:05, par Fiso
Moi aussi, je sourirs !
J'en ai un comme ça.
Il faut en prendre soin de ces hommes qui nous aiment comme nous sommes :)
Le 22/02/2008 à 1:11, par M.
@ Etinc'Elle : être bien ensemble, l'essentiel, oui. Merci pour les tendres pensées, tu en as toujours, et elles me touchent.

@ Fiso : Je sais que tu en as un comme ça ! D'ailleurs, j'ai parfois l'impression qu'ils se ressemblent, nos hommes... ;-)
Ils nous aiment comme nous sommes, tu as raison, et j'ajouterai qu'il est bon d'être femme face à eux.
Le 22/02/2008 à 1:58, par Aïn
Il est beau ce Gilles, quand on le voit à travers ses yeux. Je te l'ai déjà dit, tu as vraiment un grand coeur.
Le 22/02/2008 à 1:59, par Aïn
à travers tes yeux, je voulais dire
Le 22/02/2008 à 2:06, par M.
J'avais compris.
Mon coeur n'est pas grand, il est juste merveilleusement habité.
Le 23/02/2008 à 16:20, par Oh!91
Silence, sourire aussi, et une petite touche d'humidité au coin de l'oeil.
Le 23/02/2008 à 17:43, par M.
Le tout partagé.

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