Les Petites Choses

http://lespetiteschoses.zeblog.com/

Calendrier

« Septembre 2008
LunMarMerJeuVenSamDim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930 

M.

M. "Les petites choses ont leur importance : c'est toujours par elles qu'on se perd." Fiodor Dostoïevski

Blog

Catégories

Derniers commentaires

Derniers billets

Pages

Compteurs

Liens

Fils RSS

I feel it all

Par M. :: 29/03/2008 à 1:10 :: Petites Choses en Nota Bene
free music
 
 


J’écoute Feist. So sorry. J’aime le petit décroché de sa voix. Je le suis et m’envole un peu. Je décroche à mon tour.
 
22h. A l’hôtel. Une heure de plus ce soir, service rendu au veilleur de nuit. Une heure de plus, et ma tête n’y est déjà plus. Y-a-t-elle seulement été aujourd’hui ?
Je promène mon regard sur la place. Elle est vivante ce vendredi soir. Il faut dire qu’il fait bon. Les fumeurs discutent devant l’Opéra Café. La loi castratrice devient vecteur de socialisation : entre fumeurs, on se comprend, on compatit, on se parle, on est presque tous amis. Youpi. Les couples avec enfants prennent la direction du parking. Tiens, mon groupe de canadiens se réunit devant le théâtre. Vont-ils improviser un jeu ?
 
Je me souviens d’un soir, l’année dernière, au printemps il me semble, je buvais un verre en terrasse avec Sylvain. On parlait de Camille, de Ketty. On en parlait beaucoup, à l’époque. Notre noyau commençait à se dissoudre, nous étions un peu désamparés, prêts à tout pour le sauver. Idiotie. Mais ce n’est pas le sujet. Ce fameux soir, sur la grande place, un groupe d’étudiants italiens. Lycéens, je dirais. Ils jouaient à une sorte de ballon prisonnier sans ballon, et sans prisonnier non plus d’ailleurs, un foulard entre deux groupes et des numéros à chaque participant. Je n’ai pas vraiment saisi les règles de leur jeu mais qu’est ce qu’ils riaient. Et nous aussi, du coup. Le rire est la plus belle des contagions.
 
Retour à mes canadiens. Ils admirent une démo de skate et rollers. Les filles bavent devant les frenchy bad boys, les mecs, j’en suis sûre, se targuent de faire bien mieux chez eux. Dans 10 minutes, le curfew, le couvre-feu, quoi. Je vais tous les voir débouler comme un troupeau d’hippopotames. Non pas qu’ils soient gros, mais bruyants. Et tout sauf discrets.
Je décide de profiter de l’instant de répit qu’il me reste pour une griller une cigarette dans le calme de la cour intérieure de l’hôtel. Je grimpe les marches qui mènent au premier étage, Feist chante I feel it all, j’aime cette chanson, cette philosophie de tout sentir, tout ressentir, et je fredonne, et je marche en rythme, et même ma tête s’y met, elle se balance de droite à gauche, j'ai les yeux fermés, mes doigts claquent et… je me retrouve nez à nez avec un client. Monsieur Boaventura, un brésilien. Il rit et demande à écouter ce qui me fait danser ainsi, dans les escaliers. Il jette une oreille, sourit, et me dit en anglais que sa fille écoute cet album en boucle. Il ajoute qu’il ne danse pas avec moi mais que son cœur y est. Je lui souhaite une bonne soirée.
22h10 : je savoure ma cigarette.

Le groupe m'attend en bas. Je distribue les clés, les consignes de silence et note l'heure des réveils. Puis, je consulte mes mails. J'en trouve un qui m'interpelle. Des comptes à régler, semble-t-il. C'est fréquent, lorsque les choses changent. Je paie l'addition, clique sur envoyer. Je ne répondrai qu'une fois. Basta.
22h30 : je n'ai même plus hâte de rentrer chez moi.

Mon jumeau Oh m'a appelée aujourd'hui. Je lui ai parlé de mes dernières croisières, du marin et de sa mer de plus en plus calme. Je lui ai parlé de C., aussi. Des quelques mots qu'il m'a laissés ce matin. Je les ai reçus comme un baiser sur le front. Une tape sur les fesses et un go on ! chuchoté à l'oreille.
Des clients ont interrompu notre conversation. J'ai dû raccrocher avec précipitation. Avant d'avoir eu le temps de lui demander comment il allait. Mon jumeau...
La vie est folle. J'adore.

Quelques résas à checker et documents à classer pour les 15 dernières minutes. Et des passants à regarder. Plein. C'est une chance de travailler là. Je veux dire : à bosser dans un hôtel, enfermée à la réception, même si elle est une cage de verre (et une terre de fantasmes), autant avoir un spectacle à regarder. Et quel meilleur spectacle que celui de la vie d'une des places les plus animées d'Avignon ? Un microcosme, aussi écoeurant qu'amusant. J'aime bien en être spectatrice. Presque téléspectatrice, derrière ma vitre-écran. J'y reviendrai. Peut-être.
Non mais sérieux, c'est vraiment un job à la con, mais il est pas si dégueu. Faut avouer.
22h55. Le veilleur arrive.
Derniers documents classés, veste récupérés et mots sympas échangés, cinq minutes plus tard je suis dehors. Enfin.

Je ne saurais dire s'il fait frais ou bon. Mais je suis bien.
Je marche lentement jusque chez moi. Je pourrais compter mes pas. Mais j'ai mieux à faire, quand même.
L'album de Feist touche à sa fin. Je remets I feel it all, une belle énergie avant de rentrer, trois clic un clac et c'est en ligne, une douche, musique, mon marin arrive.



Trackbacks

Pour faire un trackback sur ce billet : http://lespetiteschoses.zeblog.com/trackback.php?e_id=307380

Commentaires

Le 29/03/2008 à 14:54, par Etinc'Elle
Oui..la vie est folle, et j'adore aussi, tout comme toi..
Je ne retiendrai que le : " je suis bien"...

tendres pensées..
Le 29/03/2008 à 15:57, par Oh!91
Moué, ton job il serait surtout bien si y'avait pas des clients indélicats. Bon, c'est juste pour rire, évidemment, je m'autoriserait à te déranger à nouveau. La vie est folle et je suis bien aussi...
Le 29/03/2008 à 19:11, par M.
Tu as raison, Etinc'Elle, c'est tout ce qu'il faut retenir. Bises

Je sais que tu es bien, mon jumeau... Je le vois, je le sens, je suis heureuse pour toi, pour moi, pour nous quoi ;-)
Le 30/03/2008 à 15:32, par martin cadeau
Bonjour,

Je vous découvre à travers ces quelques billets que je viens de lire. Comment vous dire... que... bon, je vais faire simple : j'adore, tranquillement. Tout cela me touche.
Merci, bon dimanche
Martin
Le 30/03/2008 à 16:44, par M.
Merci à vous, à qui j'ai envie de dire "tu".
Je m'en vais de ce pas vers chez toi, donc.
Et merci à toi. Bon dimanche aussi.
Le 31/03/2008 à 13:26, par marion
Que j'aime les lire, tes journées :)
Le 31/03/2008 à 16:54, par M.
Merci !
Tu sais où me trouver si tu veux les vivre ;-)

Ajouter un commentaire

Nom ou pseudo :


Email (facultatif) :


Site Web (facultatif) :


Commentaire :


Anti-Spam :
Recopiez le code dans le champ ci-dessus.

 
Copyright © Les Petites Choses - Blog créé avec ZeBlog