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Petite chosePar M. :: 02/05/2008 à 15:45 :: Petites Choses egocentrees
Depuis quelques jours déjà, des jours qui me paraissent des semaines, je rétrécis. Ostensiblement. Le soleil brille plus fort et ma lumière décroit. Si toutefois j'en avais une.
Je suis comme une ombre, l'ombre d'une petite, toute petite chose. Invisible. Inaudible. Insipide. Je n'existe presque pas.
Les mots, qui semblent toujours s'offrir si facilement à moi, désormais me snobent, me boudent. Ils se refusent à mes lèvres, à mes doigts. Si bien que je ne peux dire, et dire est le pont entre les êtres, je me suis toujours dit.
Sans les mots comme des fils entre eux et moi, je ne tisse plus de toile, je m'éloigne, je me noie. Sans les mots comme des couleurs que je donne, je me désole, je les désole. Sans les mots, le silence s'installe, et se fait roi. D'abord autour, comme un mur, des remparts, je suis ceinte d'un silence glacial. Puis à l'intérieur. Là, dans mon ventre. Une boule de rien qui grandit et devient, petit à petit, néant.
Je me sens comme privée de moi.
J'avais rendez-vous cet après-midi. Il est finalement décalé. Comme j'étais dehors, j'ai voulu profiter de cette belle journée. Je me suis assise à une terrasse de café, j'ai sorti un bouquin, le Lucia Etxebarria que je lis en ce moment, j'ai allumé une cigarette. Comme je le faisais si souvent, presque tous les jours, l'été dernier. Je dévorais les pages au soleil, devant un café ou un coca frais. Avec 12 glaçons, je disais à Andrea, le serveur italien. J'étais bien, j'aimais bien.
Mais tout à l'heure, je n'ai pas retrouvé cette sensation. Être au coeur de la ville, du monde, de la vie, et être. Être fort, être bien. Être pour de vrai. Non, tout à l'heure je me suis sentie toute petite. Noyée par le flot des paroles et des rires échangés au quatre coins de la terrasse, écrasée par ces présences, hommes, femmes, enfants, tous ensemble en harmonie. Et moi à côté. Plus au milieu.
Alors j'ai bu mon café en trois gorgées et je suis rentrée.
Je me suis installée à l'abri dans ma petite cour, au soleil, mon ordinateur sur les genoux, ma musique et le chat qui mange l'herbe.
Je sais, j'ai choisi la pire solution. Je m'isole quand il faudrait que je me raisonne. Alors j'essaie de me raisonner isolée.
Je sais que je ne suis pas ça. Cette petite chose informe, morne, sans saveur ni intérêt. Mais je suis si dépendante des autres. Sans eux, je me meurs. S'ils n'ont pas besoin de moi, je n'ai pas besoin de moi non plus. Mon utilité aux autres légitime ma vie.
Je sais, ce ne sont qu'angoisses adolescentes, elles s'atténueront, et disparaitront, avec le temps. Je sais. Je sais, mais...
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé, il disait, et bien il en va de même du regard. Un seul regard vous manque et...
Regarde moi... S'il te plait, regarde moi.
Hier, un coup de fil. Quelques mots rapides, mais tellement justes. Tellement qui font du bien. Je m'inquiète pour toi, mais je sais que tu es forte. Merci de me le rappeler, je l'avais presque oublié. Tu as raison, je suis forte. Petite chose... Pas si petite. Non, pas si petite.
Suffit que je me déplie.
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Commentaires Le 02/05/2008 à 16:02, par Boby
Dire que cent fois j'ai eu envie de te téléphoner... Et chaque fois je me disais "Non, il ne faut pas que tu la déranges, elle a autre chose à penser que toi..."
Je m'en veux, je m'en veux... Je t'adore. Et tu es forte ! Bises. Complices. Le 02/05/2008 à 17:15, par Bougrenette
J'aimerais pouvoir te consoler, c'est dans ma nature, quand je devine la tristesse et la peine. J'ignore quoi faire, te dire que tu verras, ça passera et que ce qui te manque te reviendra, tu le retrouveras. Je t'embrasse. Val
Le 02/05/2008 à 19:02, par Dana
J'adore Lucia Etxebarria. C'est grâce à elle que j'ai découvert que j'étais une crabe ! Car " il n'y a que les crabes, les txangurros, carramarros, quel que soit le nom qu'on leur donne, qui osent se lancer la tête en première à travers les crevasses des rochers et les abîmes dont la profondeur équivaut à cent fois leur taille. "
En serais-tu une aussi ? Le 03/05/2008 à 13:40, par M.
@ Boby : tu n'as pas à t'en vouloir, voyons. Tu as téléphoné au bon moment, et tu as eu les bons mots. Merci encore. Je t'embrasse fort.
@ Val : Merci... C'est bon d'être consolée, merci. Je t'embrasse aussi. @ Dana : ce n'est pas impossible... En ce moment, je lis son "aime moi, por favor !", des histoires de femmes qui aiment... Le 04/05/2008 à 13:28, par Faits Divers
Comme souvent... plein de pareil
Aujourd'hui... Etre ça, une petite chose. Sans essence même, toute déchirée, effilochée. Une petite chose perdue, oubliée. Sans importance. Un rebord de fenêtre. Il y a le vent. Elle pourrait s'envoler. Se perdre, se mélanger à toutes les poussières. Celle des rues, piétinée par le monde, la foule; Celle de la nuit, au milieu de des grains d'étoiles, parfois plus lumineux mais peut-être déjà mort aussi; Celle des coeurs... C'est le destin des petites choses. Ne pas être LA grande chose. Ne pas être la majuscule. Être une petite minuscule. Et juste la voix de Lou Reed ... "I am tired, I am weary I could sleep for a thousand years A thousand dreams that would awake me Different colors made of tears" Le 04/05/2008 à 23:44, par M.
Tu n'es pas une grande chose, tu es une grande Fée ! La plus grande de toutes les fées, je n'en connais pas d'autre mais je le sais ;-)
Après la pluie... Guette le ciel, le soleil n'est jamais bien loin. Je t'embrasse bien fort ma jolie Fée Ajouter un commentaire |
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