Les Petites Choses

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Bientôt l'été

Par M. :: 06/05/2008 à 11:59 :: Petites Choses egocentrees
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Bientôt l'été. Pas encore, je sais, mais il n'est pas si loin, il est même tout proche, à bien y regarder...
Bras et jambes se dénudent, les orteils prennent l'air. Les décolletés se veulent plongeants et les peau se dorent sagement. On range le parapluie et sort l'ombrelle. Les terrasses de cafés s'étalent sur les pavés et l'on boit des demi-pêche après la nuit tombée. L'été est bientôt là.
Un an aura passé depuis l'année dernière.


Un été meutrier.
De meurtrissures. Le monde à travers des meutrières. Une prison de silence. De l'air venu de la mer, une chanson, toujours la même, how deep is your love sur la plage et des souvenirs à la pelle, pour se blottir dedans. Un été avec une folle idée, une idée à accoucher, qui meurt et disparaît quand approche la rentrée. Quelques gouttes de sang et tout s'arrête, l'espoir, la peur, et le reste. Un retour aux remparts désertés, le mois d'août est cruel en Avignon. Et puis la chaleur passe, les feuilles tombent, l'été laisse place à l'automne.

Un automne de rencontes, de dates, de chiffres et de comptes, et bien sûr de petites choses. Les premières, le 14 de septembre, à marquer d'une pierre blanche, ou pas. Des petites choses avec une grande majuscule, moi sur l'estrade à chanter mon amour. Il m'est revenu comme en écho. Avec des mots appris par coeur depuis, répétés tous les soirs, comme une prière. Lus et relus à m'en faire pleurer les yeux, s'ils pleurent c'est qu'ils ont vu juste. Des nuits à peindre un grand C. sur les murs de mes lignes, et trouver l'apaisement, et même la paix, simplement, dans une nudité absolue. Le 17 de novembre, cela faisait un an de lui.

L'hiver. Ses maudites fêtes, leur maudite dictature de la joie, sous de maudites illuminations. Les gamins qui braillent, les amoureux qui aiment. Moi qui fait beurk ! Et le froid partout, jusque dans mon ventre. Les petites choses qui murissent, leurs fruits aussi improbables qu'inattendus tombent dans mes mains ouvertes. Parce que je marche toujours les mains ouvertes. Pour ne pas qu'elles gèlent.
Quand l'année meurt, vive l'année ! J'ai survécu une fois de plus. De fausses nouvelles chances s'offrent, je les saisirai, peut-être, je me suis dit à l'époque.
L'hiver a duré. D'une drôle de façon. Un bal de nuits torrides dans les premiers jours, puis une solitude glacée parcimonieusement semée, comme un jus de citron sur une plaie. Des lignes encore. Des envies toujours. Des décisions enfin.
Une croisière, peut-être...

Le printemps s'est fait attendre cette année. Languir, désirer.
Tant et si bien qu'il décevrait presque mes attentes. A trop prier la chaleur, on n'ose plus y croire quand enfin elle s'installe. Elle a gagné l'air, demeure juste une petite boule froide entre mon ventre et mes reins. Elle fond, je sens ses gouttes couler dans mes labyrinthes. Bientôt plus rien. Ou alors un soleil, qui brille de l'intérieur.
L'été, quoi.
 

L'été, c'est ma saison. Celle des lions et des folles déraisons. Des nuits chaudes qui ne finissent pas. De la plage et autres histoires.
Festival, melon, rosé glacé ; peaux moites, baisers abricots et cafés serrés. Sous le soleil exactement.

Un an aura passé, depuis l'été dernier.
Un an, quelques évènements.
Les petites choses, quoi.

 
 

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Commentaires

Le 06/05/2008 à 14:54, par Faits divers
Mais heu.... J'en ai marre de mes larmes au bord des yeux (euphémisme... de mes larmes sur le clavier) depuis tes deux dernières notes.

C'est marrant finalement. Lire chez l'autre des mots qu'on ressent si fort qu'on aurait pu les écrire, mais que, va savoir pourquoi, on n'écrit pas.


C'est l'automne aussi de mes pas en avant, de mes doutes et de mes peurs. Mais de mon joli cadeau. De mes importants aussi. Tous plus beaux et grands les uns que les autres.

C'est l'hiver de mon coeur fendu. En mille milliers de morceaux tombés à cause de mille milliers de poignards. Les larmes coulent et coulent encore. La tête et le coeur jamais asséchés de ce sang transparent et salé.

C'est le printemps des peut-êtres. Des incroyables. Des attentes.

Et l'été. Sera ou ne sera pas.
Mais une chose est sûre, il sera le temps des déraisons. Le temps des rugissements ...


Merci ...

Et puis purée de b... de Zut ... How my love is deep... (et merde, encore une qui vient de rouler et de s'éventrer entre mon petit crayon de bois, ma tasse de thé et mon papier tout tâché)...


"And I find it kind of funny
I find it kind of sad
The dreams in which I'm dying are the best I've ever had"
Le 06/05/2008 à 22:49, par M.
La belle saison approche, jolie Fée, just focus on that.
Summertime, the living is easy...
Le 08/05/2008 à 3:58, par Fabien
Le 08/05/2008 à 22:03, par Oh!91, dans la peau du mendiant
C'est difficile à dire. J'aurais surtout à mendier. A mon tour. Je viens de faire ma revue d'inventaire parmi tes états d'âme, tes époques, tes voyages petits et grands dans le temps et les sentiments, tes lieux matériels et immatériels, tes vertiges, tes secrets à peine dissimulés, tes mots toujours beaux, parce que tu sais toujours les trouver. Comme les musiques qui vont avec.
J'ai été le retour du déserteur, à la faveur d'un temps calme à la maison. Au milieu du tunel. Je me suis fait le lecteur indélicat, le revenant du bout de la nuit. Je me suis vu dans les effondrements d'où l'on renaît. Plus fort si l'on y survit, disait un autre proverbe japonais.
Tout est vrai dans ce que tu écris, jusqu'à tes insupportables imperfections. Peut-être même que tu n'as aucun mérite à les revendiquer. Quand je l'ai fait moi-même, on m'a dit à raison qu'il y avait de la perversion narcissique dans cette façon de se complaire. Tout est vrai jusqu'à ce coeur qui sait se mettre à sec pour parfois se protéger. Tout, jusqu'à la lassitude, jusqu'aux doutes... Putain, comme ça me manque de pas te voir et de pas t'embrasser. Tout est vrai, sauf une chose, et c'est ça que je mendie : s'il te plaît ne le dis plus jamais que t'es pas quelqu'un de bien.
Le 08/05/2008 à 22:32, par M.
Fabien, merci mais le lien ne marche pas...

Oh,
Oh, Oh, Oh... comme tu m'as manqué, et comme tu me manques encore. Tout le temps. Je voudrais reproduire cet instant où tu m'as serrée fort dans le bureau, à l'abri des regards, la tête dans mes cheveux... Tu me manques.
Tu sais, je ne me complais pas dans mes imperfections, personne n'est parfait, non, personne, et je ne suis sûrement pas pire qu'un autre, enfin, disons que j'en connais des pires, je crois. Mais... Tu sais mon problème, je ne vis que dans le regard des autres, et en l'absence de regard je ne vis pas. Je me suis sentie si insipide, inexistante... Mais la souffrance réveille, et je suis réveillée à présent. Et tu sais quoi ? C'est le printemps ! La saison des amours dit-on... J'ai décidé que "on" avait raison. Parce que je n'ai rien à donner, rien à part moi, toute entière, et qui sait ? Peut-être, oui peut-être que ça peut plaire...
Merci d'être là, bon courage jusqu'à la fin du mois. Je pense fort à toi, et t'embrasse encore plus fort.
Le 08/05/2008 à 23:16, par Fabien
Pas de quoi mais si (mais c'est vrai que MediaMax pue du cul bouché).
Pas grave.

En fait, juste, l'idée du truc c'est qu'un été ça passe vite. Trop vite. Hop.
Le 09/05/2008 à 0:24, par M.
Pas grave, s'tu l'dis. Mais sois polie je te prie ;-)
Je sais que l'été passe vite, nul besoin de me le rappeler. En attendant, quand il est là... Je dois avoir des genes de cigales, j'ai la géographie pour circonstances atténuante.
Bises, et bonnes vacances.
Le 09/05/2008 à 2:12, par Fabien
J'avais un pote qui porte le patronyme Poli. Il m'a appris plein de gros mots italiens.

Pour ma part, je laisse la poli(te)sse aux culs des babouins. Le rugueux, ça accroche mieux, non ?

http://www.mediamax.com/unpeumoins/Hosted/Summertime.mp3
Et là ? ça marche toujours pas ?

(ch'uis pas parti, finalement : pour me faire encore de meilleures vacances ici, en fait; merci !)
[t'façon, les vacances, si c'est pour s'emmerder…]

Bise septentrionale (de fourmi ?).
Le 09/05/2008 à 17:54, par M.
Si le rugueux ça accroche mieux ? Sais pas, sûrement, suis pas des plus adeptes en fait.
Sinon, le lien ne marche toujours pas, et je te souhaite malgré tout de bonnes vacances chez toi.
Bises

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