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Le largePar M. :: 10/05/2008 à 14:44 :: Petites Choses en Nota Bene
Tu es parti, il était presque midi. J'étais encore pleine de tes baisers, de tes caresses, de ta tendresse. Je t'ai regardé t'éloigner par la fenêtre. Tu as pris la petite rue de droite, et tu as disparu. J'ai versé une larme. Un rayon de soleil dans l'oeil. Et l'émotion, aussi. De l'émotion, pas de peine. Ce n'est pas un échec. Ce n'est pas un adieu. Mais tu vas me manquer.
J'ai pensé que nous n'aurions jamais dû. J'ai pensé que j'avais mal agi. Fauté. Quelque part. Obligé. Je me suis demandé pourquoi nous n'étions pas heureux.
Et puis, à la faveur d'une nuit d'ivresse, et de courage peut-être, tout est devenu si clair. Presque aveuglant.
Je t'ai dit : « Tu n'es pas bien, n'est ce pas ? Moi non plus, je ne suis pas bien. Et j'ai envie d'être bien. ». Mes mots t'ont soulagé, je crois. Tu les attendais depuis un temps déjà.
Comme il est difficile de quitter quelqu'un que l'on aime...
Comme il est difficile d'admettre que l'amour ne suffit pas toujours.
Je ne regrette rien. Et si c'était à réécrire, je ne changerais pas une ligne de notre histoire.
Je crois que nous avons eu raison d'aller au bout de ce chemin-là. Puisque nous avions envie de l'explorer. Et puis, tu sais, rien n'est cassé. Au contraire, c'est plus construit que jamais. Je te connais en entier, aujourd'hui. Je connais tes matins, tes soirs, tes nuits. Je connais le rythme de ta respiration quand tu dors. Je connais ton regard embrumé de sommeil. Ton corps qui se réveille. Je connais la force de tes reins, la douceur de tes mains. La saveur de tes lèvres. Ton désir, ton amour, ta tendresse, et ta colère, tes doutes, tes peurs. Ton coeur.
Je suis heureuse de te connaître.
Tout à l'heure, quand je suis sortie de la douche, un rayon de soleil a traversé les nuages et un oiseau s'est envolé du bord de la fenêtre. J'ai souri. J'ai pensé à toi, toi qui aurait pleuré, voyant par la fenêtre un oiseau voler. Private joke... Mais tu vois, un oiseau vole et je souris, je pense à toi. Voilà la morale de l'histoire. Il y a de quoi en être fier.
Tu sais, je crois qu'on était beau tous les deux.
J'étais fière à ton bras.
Tu vas me manquer. Tu me manques déjà. Le Lubéron, nos nuits torrides, nos accords et harmonies me manquent.
C'est drôle ce que je ressens, là.
Je t'écris, mais en vérité j'écris pour moi. A chaque touche que j'enfonce, je vois un instant partagé, comme un film qui se déroule à chaque caresse de mes doigts sur le clavier. J'écoute de la musique, fort, depuis que tu es parti. Je ne chante ni ne fredonne. J'écoute. Comme si c'était la première fois. J'ai appelé mes meilleurs amis, et ma mère. Ma majuscule aussi. J'avais envie d'entendre leur voix, et leurs dire que je les aime. Sous la douche, j'étais légère. Une plume. Mon corps portait encore ton empreinte, et ça lui allait bien. Tu vois ? Oui, je suis sûre que tu vois, et que tu ressens exactement la même chose, là, maintenant.
Un peu de soulagement. Un peu de satisfaction. La paix, enfin. Et une joie un peu triste, peut-être. Mais une joie. Et beaucoup d'amour. Parce que c'est par lui que nous avons été portés, que nous avons agi, et que nous nous sommes séparés.
Il ne fait pas très beau. Mais il fait bon.
J'ai laissé mes cheveux bouclés et j'ai mis des chaussures d'été.
J'ai un bon bouquin, la batterie de mon I-Pod chargée, je vais aller m'installer sur une terrasse de café. Profiter de la journée.
Parce que je te l'ai promis.
Mais avant, j'écoute cette chanson que tu aimes bien.
Il n'y a pas de hasard.
Peut-être un jour, je te verrai pleurer dans la cuisine parce que tu as vu un oiseau voler. Peut-être pas.
En attendant, mon cher, si cher marin, prend donc le large, mais sache que depuis la plage je te regarderai naviguer.
Je t'aime.
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Commentaires Le 11/05/2008 à 11:00, par Incompréhensions...
Après toi chez moi, me voici chez toi, et je découvre avec plaisir tes mots pleins de sensibilité qui, Fiso avait raison, font écho aux miens...
Je voulais trouver une balade en Avignon et je tombe là-dessus, sur la difficulté d'admettre que l'amour ne suffit pas toujours, sur cette volonté d'écrire pour soi... Je me retrouve dans ces mots... A très bientôt! Le 11/05/2008 à 12:34, par C.
Je garderai mes mots pour toi mais tu sais qu'ils sont là en cas de besoin.
Le 11/05/2008 à 19:29, par M.
Incompréhensions,
merci de ta visite et de tes quelques mots. Les premiers que tu lis de moi sont très...disons particuliers, le contexte, les évènements... Pour la balade en Avignon il faudra remonter un peu dans les archives je pense. Effectivement, il y a comme un écho... A très bientôt ! C., Je sais, oui. Merci... Tu sais combien ça compte à mes yeux. Je t'embrasse Le 11/05/2008 à 23:16, par Fiso
J'ai le coeur lourd ce soir en te lisant, et puis, léger aussi de tout cet amour que tu dis et donnes. Je suis fière de toi que tu prennes les choses avec tant de sagesse, c'est une attitude digne de toi.
Plein de bises fraternelles ma jolie luciole. Une petite luciole dans la nuit, c'est comme un phare dans le noir, quand le marin perdu au large cherche la terre ferme ... Le 11/05/2008 à 23:26, par M.
Si tu savais comme je voudrais t'embrasser, là...
Une grosse bise bien sonore et mouillée sur ta joue droite ;-) Merci, ma belle, j'ai le coeur encore plus léger de sentir le tien si prés. Le 12/05/2008 à 0:51, par Faits Divers
Parce que quand on a aimé, on aime encore.
Et puis, je ne sais pas... Encore une fois dans le ton, je sors de l'expo Sophie Calle. "Prenez soin de vous". La lettre de rupture. Peut-être décortiquer tous les mots pour en amoindrir le sens Peut-être donner les mots à d'autres pour qu'ils soient moins lourds à porter seul. Mais parfois, rien de tout cela. Juste l'évidence de la fin. Alors juste quelques larmes. Forcément. Alors le coeur un peu serré. Forcément. Prends soin de toi... Tu étais un peu avec nous aujourd'hui ;) Je cherche. La chanson. Mais elle est sans parole. Silencieuse. Parce que tout s'est dit. C'est elle, forcément... http://www.deezer.com/track/1900 Le 12/05/2008 à 15:16, par Bougrenette
Je confirme tu étais là ;-) je t'embrasse.
Le 12/05/2008 à 19:14, par Incompréhensions...
Je me doute que le contexte est particulier, et je vois aussi que tu as des soutiens autour de toi pour faire que ce moment se passe aussi bien qu'il le peut...
Plein de bonnes choses pour toi! Le 12/05/2008 à 20:11, par Dana
http://www.youtube.com/watch?v=XMCUg1J8nuI Tant de pensées qui me traversent l'esprit. Mais aussi la peur que mes mots ne soient comme du vinaigre sur des plaies. Alors je me tais sur cette pensée, " c'est à nous de rendre les histoires vraies " , belle M. Le 13/05/2008 à 9:23, par M.
Fée : merci, ma belle. Pour la chanson et tout le reste. Je prends soin de moi, tu prends soin de moi, vous prenez soin de moi, c'est incroyable et délicieux, merci, tellement...
Je t'embrasse bien fort B. : c'est très gentil, et ça me touche. Je crois avoir senti vos pensées me caresser l'âme, j'avais le sourire dimanche. Je t'embrasse Incompréhensions : merci ! En effet, des soutiens, qui me surprennent et qui font tellement de bien. Je suis seule, mais loin très loin de l'être... A bientôt ! Dana : merci... La chanson, je l'adore, ces paroles je les ai chantées des milliers de fois. J'aime aussi ta pensée, elle est si vrai, autant que mes histoires, tristes ou plus gaies. Merci de ton passage et de tes mots, je me permets une bise. A bientôt. Le 14/05/2008 à 12:33, par Oh!91
Bon. Je suis triste. Je commençais à m'y attendre un peu. Je voulais t'appeler, et puis le temps, ce fichu temps a filé... Ne te blâme jamais d'avoir voulu croire à l'impossible, la vraie sagesse n'est que là. Et quel mystère que t'arrives à écrire de telles choses... Je t'embrasse avec une infinie tendresse.
Le 14/05/2008 à 20:17, par M.
Merci mon jumeau... Si tu savais comme tu me manques...
Je t'embrasse avec une infinie tendresse, et même plus. Ajouter un commentaire |
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