Les Petites Choses

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M. "Les petites choses ont leur importance : c'est toujours par elles qu'on se perd." Fiodor Dostoïevski

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Par M. :: 15/09/2008 à 13:33 :: Petites Choses egocentrees

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Les Petites Choses ont un an aujourd'hui.
Youpi, youpi, vive la vie, sabrons le champagne et faisons péter les watt !!!

Plus sérieusement maintenant, les anniversaires sont souvent l'occasion de réflexions, conclusion, bilans, etc... Et celui-ci ne fait évidemment pas exception. Il m'a donc emmenée à réfléchir sur la raison d'être du blog, son utilité, son sens et sa place dans une vie.

J'ai ouvert les petites choses dans un élan de spontanéité que j'ai déjà abordé et sur lequel je ne reviendrai pas. Mais une chose est sûre : je ne pensais pas qu'elles seraient toujours actives un an après. Je ne me croyais pas capable d'une telle constance (voire persévérance), j'imaginais au contraire me lasser ou tout simplement abandonner, comme je le fais souvent. Mais un an après, me voilà toujours là... Je ne sais si je dois en être fière ou en avoir honte, probablement aucun des deux, bizarrement cet anniversaire me laisse indifférente.
Enfin pas tout à fait : j'ai fait tout à l'heure une constation qui m'a laissée...perplexe. Presque triste. J'explique : quand j'ai commencé, c'était pour parler de C. Pour dire enfin tout ce que j'avais sur le coeur, cet amour si fort, alimenté par mon désir seul, cette drôle de relation à sens presque unique, ces doutes et interrogations qui resteraient à jamais sans réponse. Je me souviens que nous en parlions avec C., il était flatté bien sûr, touché surtout, c'est sûrement la première fois que je l'ai senti ému. J'ai alors compris qu'il tenait à moi, à sa façon, bien différente des autres, mais tout de même. Un jour, il m'a dit que la majuscule, et sa rubrique, finiraient par disparaître, évidemment j'avais ri, criant jamais, au grand jamais.
Il avait raison. La majuscule n'a pas disparue, C. restera toujours C., personne n'est comme lui et, j'ose le dire (presque) sans rougir, personne ne lui arrive à la cheville (pas même au petit orteil) (à ma décharge, il est, je vous le promets, un être remarquable. Vraiment, vraiment remarquable), mais les petites choses avec un grand C. ne s'écrivent plus au présent. Et ça non plus, je ne l'aurais jamais cru.
Mais je m'éloigne de mon sujet initial : la blog attitude.

Si je reviens sur C. et les nombreux textes qui lui furent dédiés au début des petites choses, c'est parce que je crois que c'est par là que tout démarre : ce besoin de dire, d'écrire, ces choses que personne ne peut entendre. Parce qu'aussi bien entouré que l'on puisse être, il est toujours des sujets que l'on ne peut aborder avec ses proches. Ils nous supportent au quotidien, ils ne peuvent pas non plus tout entendre, ni tout comprendre. Alors on ouvre un blog et on déverse ce trop plein qui nous étouffe parfois. Souvent. Je pense que l'élan est là.
Derrière lui se cache un besoin d'amour insatisfait. Je parle là d'un amour de reconnaissance, grâce auquel on peut s'accorder une certaine valeur, trouver, ou retrouver, l'estime de soi. On m'aime donc je m'aime.
Ça me rappelle cette histoire de miroir déformant/reformant dont Olivier parlait souvent. On se présente nu, parfois dans un piteux état, fragile et tremblant et l'accueil est si chaleureux, les retours si positifs que l'on finit par se trouver beau. Ou presque. En ça, les blogs sont trompeurs. Car si nous on ne doit pas se sous-estimer, il est dangereux à l'inverse de se sur-estimer. A trop écouter les louanges, on pourrait finir par les croire. Et malheureusement, aucun de nous n'est Dieu, et personne n'est exceptionnel. Chacun est un exemplaire unique d'une espèce fragile qui joue depuis la nuit des temps aux géants. Mais c'est un autre sujet. En bref, ce que je voulais dire c'est que les compliments et les sentiments sont faciles dans le monde bloguesque, aussi faciles que factices. Et le succès ou la popularité très relatifs. Ils font autant de bien qu'ils peuvent faire de mal, j'y reviendrai.

Autre point important, je pense : l'identification. C'est rassurant de voir que les autres sont aussi fous que nous. Et par fou j'entends des millions de choses dont il est inutile que je livre le détail. Je me croyais un montre mais si toi aussi tu es un monstre alors je n'ai plus à en avoir honte. Sauf que je devrais peut-être, parfois. Pour prendre un exemple que je connais bien, à savoir le mien, cette monstruosité pourrait s'illustrer par les histoires de cul diverses et variées que je raconte parfois ici. Je sais à chaque fois qu'elles vont faire réagir, ou marrer, alors je les étale, j'en plaisante, mais au fond je n'ai pas vraiment le coeur à en rire. Oui, j'ai, je crois, une sexualité libérée, mais elle l'est parfois trop, trop pour moi en tous cas, et ces hommes avec lesquels je couche me font souvent sentir plus mal que bien. Parce que bien souvent la baise n'a aucun sens, et les choses qui n'ont pas de sens ne me ressemblent pas. Mais il n'est pas l'heure de mon analyse.

L'analyse, justement. C'est ce que firent les petites choses, mon analyse. Le meilleur des psys, j'avais dit. J'ai avoué et compris pas mal de zones d'ombre, je me suis libérée de certaines chaînes et j'ai chassé quelques démons. Y'a pas à dire, ça a du bon d'écrire, et surtout d'échanger.

Et de l'échange... il y a tant à dire. On fait de vraies rencontres, de belles découvertes dans le monde bloguesque. Certaines, d'après moi, prédestinées. On est tous liés. Et c'est le début des emmerdes. Parce qu'une relation de besoin se crée, on attend l'autre, on l'espère et quand il disparaît on est déçu, on lui en veut. Et là, je ne comprends pas. Comme le dit Fabien, un blog n'est qu'un blog, ce qui existe au-delà demeure après sa fermeture, non ? Et quand bien même, en veut-on à sa voisine si sympathique, qui nous fait des cookies tous les dimanches, d'un jour déménager ? C'est comme si on voulait glisser un peu de culpabilité dans le coeur de l'auteur qui ne veut plus être. Etrange.
Etrange car un blog est avant tout une entreprise égoiste. On ne le fait naitre et vivre que pour soi. Egoiste, et égocentrique, égocentrée. Sof m'a dit un jour qu'il fallait être narcissique pour tenir un blog. Je l'avais alors gentillement envoyée balader. Enfin, j'avais réfuté quoi, je m'étais défendue, normal. Mais elle avait raison. Il faut aimer se mettre face au miroir et parader. Se mettre en avant, dans la lumière, se montrer. Il faut aimer parler de soi. Elle, par exemple, est beaucoup plus discrète, voire secrète, jamais elle ne se raconterait comme je le fais. Ce n'est ni mieux ni pire, c'est.
Alors non, un blog n'est pas généreux, il n'est pas non plus la preuve de la générosité ni de la grandeur d'âme de son auteur, il est juste le signe manifeste de son narcissisme, et de son besoin d'être aimé. Reconnu. Peut-être pour s'aimer. Se reconnaître. ...

J'ai eu envie d'arrêter. Cet été, après ma drôle d'aventure, j'ai eu envie d'arrêter, mettre la clé sous la porte, céder le bail, faire mes valises et fuir. Je ne l'ai pas fait parce que j'avais peur des réactions, d'être taxée de déserteur comme d'autres l'ont été avant moi. Mais aussi, et surtout, parce que je ne voulais pas partir pour revenir, je n'aime pas faire ça. Sûrement mon côté théâtral, ou romantique, mais quand je tourne les talons et ferme la porte derrière moi, je ne reviens pas. Ce n'est pas une question de fierté, rien à voir, c'est juste pour la beauté du geste. Et puis, le mot adieu doit avoir un sens.
J'ai voulu prendre le temps de la réflexion.

Pourquoi continuer ? Les envies et besoins que je viens d'énumérer sont aujourd'hui atténués et du plaisir du blog ne reste que l'écriture. Ecrire avec ma chair, avec mon coeur, je crois qu'il est impossible d'écrire autrement, mais plus en me choisissant pour unique sujet. Plus en racontant les aventures de me, myself and I. Non, plus comme ça.
Alors je suis allée m'installer ailleurs, pour raconter d’autres histoires. Et ce n’est plus moi qui parle, c’est lui, ce n’est plus moi qui pleure, c’est elle, ce n’est plus moi qui vit mais eux. Donc aucune chance de décevoir, d’être à côté des espoirs et attentes puisque chaque histoire est unique, sans suite, ou si peu. Puisqu’il ne s’agit pas de moi, ou si peu. Puisque c’est si peu.

Quand j'ai pris conscience, hier, que les petites choses allaient fêter leur anniversaire, j'ai eu envie d'y mettre un terme, poser le point final. Mais au hasard (vraiment hasard ?) d'une balade bloguesque, je suis tombée sur un article traitant justement du sujet. Les commentaires étaient nombreux et pertinents, ils ont éclairé ma lanterne et soudain tout fût clair.
Ce malaise que je ressentais à faire évoluer mon blog selon mes propres mutations a disparu. Je sais maintenant que les petites choses peuvent avancer et grandir avec moi, elles ont perdu leur C., leur chronique du dimanche, elles sont restées sincères, jusque dans le silence, elles seront peut être moins impudiques, et peut-être pas, je ne fais pas de plan, je les laisse vivre, comme je me laisse vivre.
Aujourd'hui, c'est vrai, les histoires d'M. m'amusent bien plus, mais demain ? Les besoins que je n'ai plus peuvent réapparaitre. L'instrospection est une actualité permanente pour moi. Et puis, je les aime mes petites choses, elles sont mes premiers pas, mes premières fois, et beaucoup de mes souvenirs de l'année passée.
Donc : toutes ces lignes pour rien ?
Ben oui, en fait. Toutes ces lignes et toutes ces réflexions pour rien. Mais j'aime bien, parfois, enfoncer des portes ouvertes. Répéter ce qui fût dit un million de fois.
En réalité, le devenir de ce blog fût un tel dilemne ces derniers mois, je voulais en faire l'aveu. C'est donc fait.
 
 
Maintenant on peut sabrer le champagne, et faire péter les watt !
Merci pour ces 12 mois.
Et je souffle mille baisers sur vos yeux attentifs...
 
 
 

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