Les Petites Choses

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M. "Les petites choses ont leur importance : c'est toujours par elles qu'on se perd." Fiodor Dostoïevski

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Par M. :: 11/09/2009 à 22:41 :: Petites Choses egocentrees
 
Si j'ai souvent brodé l'ennui, je ne sais pas tisser les costumes de personnages qui à leur tour viendront tricoter des histoires aux coutures impeccables. Plus mouton que berger, je manque cruellement d'imagination, et peut-être aussi d'esprit de manipulation. Je souffre déjà à la pensée que je pourrais, d'une scène, d'une phrase, tuer un homme que j'aurais mis au monde quelques pages auparavant.
Je ne suis pas non plus une initiée, une faiseuse. J'ignore comment prendre un verbe, un temps, un bruit et tourner autour tel un derviche de l'expression, avec des mots choisis, élus mêmes, de ceux que l'on conserve dans une malle en acajou pour les soirs de bal, en ville.
Enfin, et hélas, mes idées ne portent pas le bonnet phrygien. Ni le béret de l'instructeur en atelier d'écriture. Trop jeunes et trop frêles pour les envoyer au combat, elles nécessitent encore les soins d'un placenta.
Ma poche droite est donc vide comme un verre triste.
Dans la gauche, je cache des sens aiguisés et un indéfectible appétit.

Si je fais dans l'intime, ce n'est pas par choix mais sous la contrainte d'une dissidence innée. Puisqu'il n'y a pas d'amour heureux. Pas de sentiments sans distorsion. Aimer est une fragilité, une chose à taire. Puisqu'il faut rester flou pour demeurer beau. Puisque le nu, le jus, sont vulgaires. Et le port du costume requis si l'on veut conserver son droit d'entrée au grand dîner de têtes. Mes cheveux étaient trop noirs et bouclés, ma langue trop sale et mes mains trop blanches, j'étais promise d'avance au rôle d'Esmeralda. Et bien oui, je mange avec mes doigts. Je baille et j'hurle quand j'ai faim. Mes pieds sur les pavés dansent à découvert, mes pas larges envolent mes jupes, dévoilent mes cuisses, mes épaules roulent sous les regards, et je ne rougis pas. Vous pensez voir ma peau quand j'expose sa seule sensation. Et d'un souffle réveille vos souvenirs. Vous sentez alors le voile glisser sur votre jambe, la dentelle se froisser sous vos doigts, la sueur naître au creux de vos reins.
Mangez, ceci est votre corps. Dans les gestes du mien.  

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