Les Petites Choses

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M. "Les petites choses ont leur importance : c'est toujours par elles qu'on se perd." Fiodor Dostoïevski

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Par M. :: 10/10/2009 à 21:03 :: Petites Choses en Nota Bene
 

 

Hospitalité. Convivialité. Jacques Derrida. Puzzle.

Je me souviens de la première définition qu'il m'en donna. Dont je ne sus saisir toute l'ampleur, et la subtilité. Je me souviens m'être longuement interrogée sur ses mots. Leur sens qui un peu m'échappait, pour ne l'avoir jamais éprouvé. Je me souviens enfin, et surtout, de cette première rencontre. La hâte dans le train. L'ardeur à l'annonce du dernier kilomètre. Sur l'horizon se tenait la maison. Droite dans ses bottes aux montagnes de questions, et de réponses.

Les arbres. Les racines. Ancêtres. Héritage. Transmission.

Il y a quatre marches pour entrer.
Quatre.
Le grand-père, la mère, l'héritier et son fils.
Les quatre saisons. D'une année, d'une vie, d'un siècle. Avant la construction de la salle de bain. L'arrivée du téléphone. Les hivers d'écriture. Les printemps de jardinage. Maintenant, c'est lui qui se souvient. Qui te raconte. Parce qu'il est comme sa maison. Partage les mêmes archives, la même porte ouverte. Et le balcon avec vue sur le monde. Ensemble, ils te peignent les époques, les évènements. Les visages, parfois froissés du souvenir. Ils abordent, négligemment, quelques enseignements fondamentaux. Ne te proposent, et n'exigent, que l'essentiel.

Le toit. L'abri. L'amour.

J'ignorais qu'hier pouvait tendre la plume à demain.
Souvent, assise au coin du feu, ou bien sur l'une des quatres marches qui forment le perron, je contemplais l'espace. Celui qui appelle à la voix, aux rires. A la vie. Qui n'a besoin de rien dire pour s'offrir. Je me demandais comment tous ces meubles, lampes, bouquins, arbres et fleurs pouvaient laisser tant de place aux corps, aux nouveaux gestes. La force et l'envie d'accueillir encore. Comme si ces gardiens de l'Histoire n'étaient là que pour mieux t'inviter à y poursuivre la tienne. Un vase jamais plein où communiquent les âges.
 



Saurai-je un jour écrire ce qui me lia immédiatement, et définitivement, à cette maison ? Pourquoi je l'aime ? Pourquoi nous tous – nous, ses heureux pélerins – l'aimons ? Tant, que nous venons sous ses tuiles abriter nos bonheurs, célébrer nos évènements. Nos joyeuses réunions. Vacances. Anniversaires. Mariages. Et autres symphonies...
Peut-être pour le vaste équilibre qui règne entre cette demeure d'été et son double le bois du fourneau. Qui gagne les coeurs sincères même lorsqu'il gèle à pierre fendre. Et discrètement suggère le meilleur.
Invitation permanente à poser tes bagages.

C’est une maison qui imprime avec patience les marques du temps. Un hâvre de paix depuis plus de deux cents ans. Elle a pris racine sur une terre féconde, argileuse et calcaire juste comme il convient. Elle fume depuis sa naissance, sauf l’été. Offre l’odeur têtue du chêne, du charme et de l’acacia : la règle de trois des foyers bourguignons.
 
 

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