Les Petites Choses

http://lespetiteschoses.zeblog.com/

Calendrier

« Avril 2017
LunMarMerJeuVenSamDim
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930

M.

M. "Les petites choses ont leur importance : c'est toujours par elles qu'on se perd." Fiodor Dostoïevski

Blog

Catégories

Derniers billets

Pages

Compteurs

Liens

Fils RSS

Entre chien et loup

Par M. :: 09/12/2009 à 22:34 :: Petites Choses en Nota Bene

 


La photo est de moi, le chien est le sien. Il s'appelle Charles et aime à galoper à grandes foulées, jouer les bêtes malheureuses pour glâner une friandise, poser sa tête sur les genoux des dames. Comme son maître.
La photo est de moi, le rocher est le sien. Son fauteuil préféré. Parce qu'il voit tout sans être vu. Parce qu'il domine calmement. Parce qu'il est pile au milieu. Pour y accéder, il faut emprunter les passages des sangliers, farfouiller l’archéologie des traces. Longer une belle propriété, derrière les chênes et les pins d’Alep. Garder le souffle. Ne pas poser de question. Si le silence est suffisant, beau et vrai, alors il vous laisse partager son trône, et tout son paysage à contempler. Il observe du coin de l'oeil chacune de vos réactions. Comme son chien.
Je me souviens bien de ce jour-là. Profitant de la clémence de novembre, nous avions marché le long de la forêt, trouvé quelques champignons. J'avais appris l'âge des hêtres, l’irrigation complexe de la tourne, passé au peigne fin les bordures du lac éphémère. Approché le concept de territoire, toutes les subtilités qu'il regroupe. Suivi les échanges du maître et ses bêtes, senti leurs instincts premiers et découvert les signes qu’ils échangent pour communiquer.
La photo est de moi, le langage est le leur. À cet instant précis, de ce regard commun, intense, ils m'interrogèrent :
- Tu comprends, maintenant ?
- Oui, bien sûr, je comprends.
Je comprends que ce regard n'est pas simplement tourné vers l'objectif. Que la capture est ici bilatérale. Je les fige comme ils me sondent.
Dans ce regard, il y a l'examen attentif de ma capacité à percevoir, à partager. De ma sensibilité. Il y a une porte entrouverte, qu'il faut pousser avec précaution. Il y a les questionnements fondamentaux : que faisons-nous là ? Veux-tu nous suivre, encore ? Peux-tu nous suivre, encore ?
Dans ce regard, il y a toute la place qu'ils me firent, ce jour-là, dans leur décor.   
 
 

 

Trackbacks

Pour faire un trackback sur ce billet : http://lespetiteschoses.zeblog.com/trackback.php?e_id=423183

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire

Nom ou pseudo :


Email (facultatif) :


Site Web (facultatif) :


Commentaire :


 
Copyright © Les Petites Choses - Blog créé avec ZeBlog