Les Petites Choses

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M. "Les petites choses ont leur importance : c'est toujours par elles qu'on se perd." Fiodor Dostoïevski

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Dis-moi comment taire

Par M. :: 20/02/2010 à 22:36 :: Petites Choses Amoureuses
 

Photo : Emilie Gadel


 
- Hier, tu me disais que j'étais belle.
- Tu es belle.
- Tu ne me le dis plus.
- Parce que maintenant je le sais.
- Mais tu me dis toujours je t'aime ?
- Parce que c'est un miracle chaque jour renouvelé.
- Un miracle ?
- Oui, et un choix aussi.
- Embrasse-moi ?
- Je n'ai jamais eu besoin de te le dire...
- C'est vrai... J'ai envie de toi ?
- Dès que je te regarde.
- Et mon amour ?
- Dès que je te parle.
- Tu me manques ?
- Ça, non. Parce que ça m'énerve.
- Que je te manque ?
- Que tu ne sois pas là.
- Tu tais ce qui t'énerve ?
- Je tais ce que je dois.
- Pudeur ?
- Oui. Et envie que tu devines, je crois...
- Par miracle ?
- Oui... Mais toi ?
- Moi ?
- Toi, tu me dis tout.
- Parce que je sais que tu as déjà tout deviné.



La douce incertitude

Par M. :: 23/12/2009 à 19:13 :: Petites Choses Amoureuses



Immédiatement. Oui, je peux dire que je l'ai aimé immédiatement. Lorsque ses longues jambes avalèrent en quelques pas la distance entre ma porte d'entrée et mon canapé. Lorsque je découvris ses mots, sa voix, tout ce qu'elle dit que ses lèvres ne prononcent pas. Ses grands yeux ouverts sur le monde, qui butinent d'un arbre à un homme, d'une fourmi à un nuage. Lorsque devant eux je me déshabillai pour la première fois, je l'aimais déjà.
Je l'ai suivi. Hors des pistes, des voies banalisées, je l'ai suivi. Avec, chaque jour, vingt-quatre heures pour inventer une suite à notre improbable périple.
Improbable... Je me souviens que certains riaient. Sans doute rient-il toujours, un peu plus jaune... Je me souviens comme ils guettaient la chute. Ils guettent encore : un faux pas, dérapage, menant droit au chagrin d'amour. Un indice qui attesterait de mon erreur, de leur raison. Oscar Wilde disait : N'importe qui peut sympathiser avec les souffrances d'un ami. Sympathiser avec ses succès exige une nature très délicate. Il disait aussi : on devrait toujours être légèrement improbable. Plus personne ne se souvient de Wilde, sauf lui, et moi, lorsque de nos baisers silencieux nous labourons la brume.
L'incertitude. La douce incertitude, celle qui vous affole et vous effraie à la fois, vous permet d'aller plus loin tout en vous empêchant d'aller trop vite. Voilà un joli pseudonyme. Face à lui, avec lui, contre lui, je n'ai jamais rien su. Le doute n'a cessé de couvrir de son voile fragile chacun de nos lendemains, et même parfois quelques heures d'aujourd'hui. Face à lui, avec lui, contre lui, ma seule certitude fût celle de l'aimer. Et c'est à sa lumière que j'avançai.
Que j'avance. Et qu'il avance aussi, je crois. Nous construisons ensemble une pente douce vers le progrès. C'est infime, minuscule et essentiel. Précieux. C'est la teinte qu'a pris mon regard et toutes ces choses que désormais je vois. C'est demain que j'ignore et attends sans trembler. C'est hier, au souvenir duquel je souris. Et c'est aujourd'hui, quand il me serre, quand il me manque, quand je lui écris, parle, raconte, et quand je n'ai besoin de rien dire. C'est aujourd'hui quand, mes joues rosies de pudeur, mes yeux humides regardent mes mains écrire.  

Autour de mes nuits

Par M. :: 09/09/2009 à 22:59 :: Petites Choses Amoureuses

 

Photo : Blog-Trotter

 

Dans le sillon de minuit
Je me glisse
embrasse un souvenir
qui s'amarre à mon coeur
vue sur l'hiver pavé de douceurs
sur la plaine de ta peau
qui se pâme sous mes paumes
en secret
les draps bruissent
sous l'assaut de mes hanches
elles suitent le sel
dont la fleur se cueille à la langue
tu dégantes la nuit
diplomes mes fesses
mieux que le vent tes lèvres baisent mes seins
je respire, enfin, à la source de ta bouche
mes doigts dans tes cheveux brodent
quelques histoires sans fin
je rêve de voir revenir la froidure 
et la fièvre
ton regard et tes bras
notre intimité sans entraves
lovée
encore
dans l'alcôve de l'hiver




Murmures

Par M. :: 25/07/2009 à 22:38 :: Petites Choses Amoureuses


J'ai murmuré à l'oreille du vent
quelques mots qu'il viendra bientôt souffler sur ta nuit.
Il sera doux et frais, comme un baiser déposé sur ta nuque,
lorsque ma main relève tendrement tes cheveux.
Discret : les mots d'amours jamais ne se crient.
Il baissera ensuite les yeux et posera sa tête sur ta poitrine,
priant, sans mot dire,
que tes bras le serrent, le pardonnent ;
que le sel de l'écume des jours ne sèche pas tes lèvres ;
que ton coeur désespère sans jamais déclarer forfait.
Oui, le vent viendra cette nuit me remplacer,
puisses-tu entendre mon chant à travers le sien...
- Je l'entends. 
 
 

 

La promise

Par M. :: 06/07/2009 à 9:04 :: Petites Choses Amoureuses

Ô mon amour, mon amant
Vous demeurez ignorant
De mon grand, si grand tourment
Alors que le parfum de votre peau
Sur mes lèvres s'attarde
Et que les draps se froissent
En vagues sur nos sels
Je peux lire sur mes hanches
L'empreinte de vos doigts
Un sanscrit amoureux
Echo de la bataille
Que nous livrions ce matin
Tandis que le jour,
Jeune et innocent
Nous offrait ses premières lueurs
Ô mon amour, mon amant
Votre langue fouetta ma pudeur
Et vos mains rompirent ma chair
Pour mieux l'offrir à nos désirs
Si je vous tournai le dos
Ce ne fût que pour vous suivre
Sur ces allées de soupirs et de râles
Où vos reins guidèrent les miens
Votre souffle, tel le Levant
Balaya ma nuque de son humide tièdeur
Annonçant l'été
Sinon meutrier
Brûlant
Ô mon amour, mon amant
Sachez que je n'aurai de cesse
De lire sur ma peau
votre victoire sur ma chair
Tel sera mon châtiment
Pour l'ardent péché
Qu'ici je confesse


Pour connaître un homme

Par M. :: 20/06/2009 à 9:38 :: Petites Choses Amoureuses
 

Pour connaître un homme, il faut marcher plusieurs lunes dans ses chaussures, dit-on. J'ajouterais qu'il faut le voir jardiner. Les gestes exécutés, leur précision et leur intention, sont autant de discours sur sa perception du monde et la valeur qu'il accorde aux petites choses qui le composent.
L'état de semi-abandon dans lequel je rencontrai le jardin me dit les occupations, et préoccupations, qui s'étaient acharnées à retenir l'homme loin de sa terre. La précipitation avec laquelle il se mit au travail m'avoua son regret d'être ainsi tenu éloigné, son refus de renoncer. Son amour toujours aussi vivant pour ce jardin plus convivial que secret.
Je savais ses mains capables d'oeuvrer avec finesse et subtilité. Je les découvris braves face aux ronces, fortes face aux racines tenaces, fermement décidées autour des divers outils dont elles usaient. Sans crainte ni retenue, elles plongeaient dans la terre, les herbes et les haies, les ronces même, ne voyant que le travail, pas la douleur qui en résulterait. Car c'est un combat qui se tenait là : pour rétablir l'ordre, affimer l'identitité du maître des lieux. Il taillait, tondait et j'entendais ses gestes à la nature clamer : je vis toujours ici. Je ne te laisserai pas t'étendre jusqu'à l'oubli.
Son regard couvrait la surface à soigner, allant d'un détail à l'autre, son corps robuste et obstiné suivant de prés : il désherbait les allées, se levait soudain pour couper la branche malade d'un arbre, dirigeait ensuite le sécateur vers un laurier un peu trop zélé, l'abandonnait pour veiller ses roses, leur sauvegarde assurée par une petite armée de coccinelles. Il savait exactement que faire, où et quand. Ne négligeait aucune tâche, quelle que fût son ampleur. Râlait, parfois, de voir le temps filer trop vite.
A la nuit tombée, il se décidait à rentrer. Assoiffé, affamé. Jamais éreinté. Oh, il devait l'être : son dos, ses bras et ses mains n'ayant pas été épargnés. Mais il ne s'en plaignait pas. Ces douleurs devaient avoir le parfum du travail accompli, la fatigue ressembler à de la satisfaction.
Je l'observais. Tâchant de me faire discrête. Derrière un mur, un tas de bois. Faisant semblant de lire, assise sur les marches de pierre. Là, j'appris. L'importance qu'il donnait à chaque chose, la hiérarchie tendre mais ferme qu'il avait conçue, la mémoire qu'il cultivait avec soin, les essentiels d'une vie d'homme. Une famille, une maison, un jardin, une bonne connaissance de ces trois et de l'amour comme unique lien.
Et je sourais de me voir si chanceuse : quand je m'approchais de lui, il s'arrêtait un instant pour m'expliquer, me raconter. Me transmettre.
Ainsi, j'appris à l'aimer plus beau et plus fort. En l'apprenant lui.
 
 
 

Sur ses pas

Par M. :: 17/06/2009 à 9:24 :: Petites Choses Amoureuses
 

 
 
Il marchait un pas devant moi, toujours, pour me montrer le chemin, et pour me laisser le choix. Derrière lui, donc, j'allais, libre de le suivre dans ce qu'il connaissait de beau, de m'éloigner vers les ombres séduisantes des hêtres si haut, ou m'arrêter quelques secondes pour prendre la mesure du temps. Ce que je fis souvent.
Certains jours pèsent plus de vingt-quatre heures tant ils se gravent dans les mémoires. Chacun passé dans cette maison fût de ceux-là. Le mardi sous la couette à écouter la pluie tomber. Le mercredi à genoux dans l'herbe à observer les petites vies qui s'y cachaient. Le jeudi à découvrir Bergounioux et évoquer mon grand-père...
Le plus souvent, je ne disais rien. Je l'écoutais. Recueillais ses confidences. Petits cailloux blancs et bleus et noirs qui traçaient sa piste. Parfois, je regardais une larme se former au coin de son oeil et m'empêchais de l'essuyer d'un baiser, car certains souvenirs doivent être pleurés.
C'est l'histoire d'un pays, d'une terre, d'une famille et d'un homme que j'appris lentement. Dans les couloirs d'un passé sans fin, d'une maison sans fard. Où les murs disent leur âge, les arbres les aventures dont ils furent témoins ; les meubles se livrent avec discrétion : la table raconte la convivialité des dîners, le bureau confie la difficulté du travail, les draps chuchotent les mots doux des ébats. Et le reste se devine dans le relief des silences.

Ainsi, je posai mes pas à la suite des siens et de ceux de ses ancêtres, parents amis, qui un jour, comme moi, s'étaient assis sur les marches de cette maison en pensant : il n'y a nul autre endroit où je voudrais être en cet instant.
 
 
 
 


 

Voyage au centre de sa terre

Par M. :: 07/06/2009 à 20:44 :: Petites Choses Amoureuses
 

Heureuse comme Ulysse, à l'approche de son grand voyage.
Excitée comme Alice, aux frontières de son pays des merveilles.
Demain, je suivrai le lapin blanc dans un TGV qui quittera la gare d'Avignon à onze heures précises. Mes valises sont prêtes, j'ai fait de la place dans ma tête pour de nouveaux souvenirs. Et toutes les nuits je rêve de ces beaux jours à venir.

C'était l'automne, je me souviens, lorsque je décidai d'aller avant l'été découvrir ce pays. L'hiver, intermède, me prépara minutieusement au voyage. L'histoire me fût contée, les paysages décrits, le parfum des roses dans la brise du soir rapporté. Ainsi, je passai les glaciales soirées du début d'année dans un jardin paisible et luxuriant, guidée par une voix chaude et grave.
C'est cette voix, tout autant que les terres qui lui sont chères, que je m'en vais découvrir. Et si je sais me taire et ouvrir grands mes yeux et mon coeur, j'apprendrai alors les secrets de ses tremblements par le bruissement de son herbe, la force de ses emportements par le chant des eaux de ses rivières, trouverai les clés de ses silences gravés dans ses sols granitiques. Je prendrai l’exacte mesure de sa géographie intime en apprenant celle qui le vit grandir. Comprendrai alors, peut-être, la formation des reliefs anciens qui composent cet homme. Le sable de sa voix n'est pas le fruit de la seule cigarette...

Certains voyages comptent plus que d'autres. Leur destination est bien plus qu'un point sur une carte. L'année dernière, en Corse avec mes parents et ma soeur adorée, je le comprenais. Cette année, le sentiment se confirme.
Entre mon départ et mon retour, du temps, des kilomètres, et bien plus encore. De l'amour. Et peut-être un peu de cette moelle de la vie dont parlait Thoreau.

 

Avant de partir, ces quelques vers de Walt Whitman en guise de photographie :


My foothold is tenon'd and mortis'd in granite  
I laugh at what you call dissolution
And I know the amplitude of time
*
Mon pied est fixé à tenon et mortaise dans le granit
Je ris de ce que vous appelez dissolution
Et je sais l'amplitude du temps
 

 


Ardente patiente

Par M. :: 15/04/2009 à 17:46 :: Petites Choses Amoureuses
 

 
 
J'ai demandé à ma main
De retenir mes mots
A mes draps
De ne plus taire ma peau
Dévêtue de mes habitudes
Et du confort factice de mes certitudes
Pour toi j'invente
Un autre langage
Mon regard devient le colporteur
De cet urgent message :
Je serai, comme toujours,
légèrement en avance
sur le lit de nos amours
Plus nue que nue
J'espèrerai en silence
L'instant divin
Où, enfin,
Tu viendras me prendre
Me surprendre
Et t'éprendre
Signé :
Ton ardente patiente
 
 
 
 

Dans les eaux brûlantes du souvenir

Par M. :: 13/03/2009 à 11:36 :: Petites Choses Amoureuses

 

Travail photo by Ben



chaque soir, sans toi
je m'enlise dans le souvenir
de tes mains qui me saisissent
souvenir océan
les rêves déferlent
je mesure de mes doigts
la richesse de ta géographie
trace de ma langue
les routes de l'infini
mon sommeil ondule
de ne s'échouer sur ta peau
le duende trépigne de ses talons hauts
cambre mes reins
balance mes hanches
le vent de la Mancha
souffle sous mes jupes
sais-tu qu'il rend fou ?
et tu ris
Amour, tu ris
de me voir si ardente
lorsqu'à tes pieds
nue
je danse
 
 

 

Le miel de l'inexpliqué, le sel de l'inespéré

Par M. :: 27/02/2009 à 12:43 :: Petites Choses Amoureuses

 

Le miel de l'inexpliqué
Se glisse sur le soufre des histoires anciennes
Et vient donner leçon.
Sa saveur s'attarde sur la langue qui sait le goûter
Subtilement change l'étrange en lumineuse destinée
Lorsque s'étale l'évidence
Que viennent en rondes danses
Espoirs et excès se mêler
Le calme d'après la tempête s'installe en son milieu
Et nulle promesse, nul aveu
Nul poème au monde ne saurait
Mieux que tes lèvres sur les miennes exprimer
Le miel de l'inexpliqué
Le sel de l'inespéré
 
 

Patiemment vôtre

Par M. :: 01/02/2009 à 14:21 :: Petites Choses Amoureuses

Découvrez Antonio Vivaldi!

 

Ah, Monsieur, je suis si lasse de vous attendre !
Voilà des semaines maintenant que je vous espère jours et nuits. Je connais chaque détail de la grande allée, pour avoir longuement guetté votre éventuelle arrivée. Je sais les secrets les mieux cachés des jardins, le parfum de chaque rose et le chant de tous les oiseaux, pour avoir cherché à perdre dans ces dédales verts mes pensées obsessionnellement tournées vers vous. Rien n'y fit. Les parties de cartes avec mes bonnes cousines échouèrent à me distraire. Les leçons de philosophie du vieux Monsieur Jacques ne parvinrent à détourner mon esprit de l'objet de son tumulte. Et le temps qui passe m'apprend que je suis vôtre, Monsieur. Corps et âme, je vous appartiens.
Mon âme, je viens de dire comment, vous réclame. Mon corps également : ma peau brûle de l'absence de la vôtre à la couvrir ; les mains trainent sous mes robes, déçues de n'avoir votre visage à caresser ; la fatigue pèse sur mes épaules car j'ai laissé mon sommeil dans vos bras ; et mes yeux pleurent de ne pouvoir vous contempler. Je me sens comme à l'aube d'un jour de fête. Une aube qui traîne, s'éternise. Je me lamente. Trépigne. Blasphème, parfois. Le soleil persiste à mimposer l'interminable attente de son lever. Me voilà doucement torturée. Par votre absence. Mon impatience. Est-ce un caprice ? Un supplice ? Que dois-je comprendre de ces sentiments violents qui m'animent ? Savoir que vous êtes apaise mon coeur, rassuré de bientôt vous retrouver. Et savoir que vous êtes me blesse car je me sens privée de vous. Cette étrange lutte m'interroge. Je me découvre à travers elle.
Je suis jalouse. Jalouse de ces draps qui vous enveloppent toutes les nuits. Jalouse de cette terre que vos pieds tant aimés foulent. Jalouse des mets qui ont l'honneur de se coucher sur votre langue. Et de ces courtisanes que j'imagine battre des cils et des jupons devant vous. Je suis jalouse, Monsieur, et je déteste cet état. La déraison qui s'empare de moi. Me privant de toute l'intelligence et la sagesse dont je sais, en d'autres circonstances, faire usage. Je voudrais être partout. Je voudrais être tout. Tout près de vous.
Vous n'êtes sans savoir que selon l'enseignement d'Epicure, j'appris à me satisfaire de peu. Longtemps, je vécus sans amour, et non sans bonheur. Voilà que ces deux semblent à présent inséparables. L'amour implique-t-il une tendre condamnation à sa dépendance ? Je ne peux m'y résoudre. Pourtant...
Avant de vous connaître, Monsieur, je n'attendais rien. Le soleil se levait chaque matin, se couchait chaque soir. Entre ces deux instants, les évènements se succèdaient. Mon corps et mon esprit s'affairaient, ignorant le manque et l'ennui. Aujourd'hui... aujourd'hui ils savent, je sais, la saveur d'un autre bonheur. La douceur de vos bras, la tendresse de votre regard, le parfum de votre souffle.
L'attente est merveilleuse car elle annonce les retrouvailles, me disiez-vous. Je ne peux que vous donner raison. C'est au creux de cette idée que je vais me réfugier lorsque le vide me donne le vertige. J'imagine alors ce temps qui nous sépare comme une route enchantée. Qui, lentement, me mène à vous. Me prépare à vous. Je marche, regardez-moi. Attendez-moi.
Mes baisers me précèdent.

Patiemment vôtre,

 

Il Uomo Mio

Par M. :: 09/01/2009 à 19:36 :: Petites Choses Amoureuses

Découvrez Adriano Celentano!
 
 



Sa voix gronde comme le tonnerre
c'est elle, d'abord, qui m'a séduite
je rêvais alors de sa main perdue dans le brun de mes cheveux
ses mots survolant ma couche
ses lèvres douces frôlant mon front brûlant
Plus tard, j'ai rêvé de son corps
chevauchant le mien
pour conquérir les ciels qui surplombent mon lit
J'ai marché en tenant sa main
pour comprendre sa quête
du beau et du vrai
j'ai regardé ses gestes
pour suivre son combat
contre le mensonge et le leurre
j'ai écouté ses silences
pour entendre ses aveux
des musiques douces
qu'il me joue en chambre
lorsque je veille son sommeil
Il fait de mes monts des merveilles
de ses mots des modèles
d'humour et d'amour
Son feu n'est pas prêt de s'éteindre
il brûle, tranquille, dans le calme de son jardin d'hiver
invitant les pélerins à venir s'y chauffer les mains
et le coeur
au printemps il fleurira des roses
qu'il apprivoisera
Il m'a appris
de mes épines
à broder un bonheur neuf
et à peindre le bleu de l'espoir
sur mes pavés gris
 
 
 
 
 


A tempo

Par M. :: 27/12/2008 à 12:20 :: Petites Choses Amoureuses
 



Avant toi, j'étais satisfaite du chemin parcouru, et j'avais peur de la distance restante. Inconditionnellement conjuguée au futur, ma vie s'amusait cependant parfois à jouer les équilibristes, un pied dans le passé, l'autre dans l'avenir. Je ne savais pas prévoir mais j'aimais imaginer, rêver, et aussi me souvenir. Si je n'ai jamais eu peur de la mort, la mienne en tous cas, le temps m'effraie depuis toujours. Parce qu'il m'échappe. Parce qu'il a cette constance dont je suis dépourvue. Parce qu'il reste calme quand je m'affole et accélère quand je m'endors. Parce qu'il est la règle à accepter, sans aucune exception.
Avant toi je savourais le soulagement d'être sortie saine (à peu près) et sauve des tumultes de l'adolescence, et je tremblais déjà de me voir perdre cette jeunesse qui sied si bien à mes traits, et aux regards des autres. Comme une robe de bal dans laquelle je voudrais toujours rentrer. Ou les couleurs d'une aube parfaite que je voudrais retrouver chaque matin. Je m'asseyais souvent sur un banc de pierre pour trouver le calme qui manquait à mes pas. J'entretenais sans le vouloir ce léger contretemps et ainsi le sentiment d'être en avance ou en retard, rarement dans le souffle du vent.
Et puis tu as pris ma main. Et près de toi j'apprends à marcher a tempo. Juste ce qu'il faut. Je ne me presse plus, je ne m'arrête pas non plus. Je sens le passé dans mon dos, à sa place, et l'avenir devant, flou mais certain. Je ne tremble plus à l'idée de voir s'imprimer le temps sur ma peau. Et je rêve parfois de regarder les jours blanchir tes cheveux.
 
 
 
 
 

L'être anonyme

Par M. :: 15/12/2008 à 1:52 :: Petites Choses Amoureuses



Le ciel pleure depuis hier soir. Ses larmes ont coulé sans interruption, un gros chagrin apparemment. Il me semble que le jour ne s'est pas levé depuis une éternité... Que ne donnerai-je pour un peu de lumière, un rayon de soleil ! Hélas, je ne peux qu'imiter le ciel et me résigner à cette solitude que le temps nous impose. Je me demande combien, comme moi, regardent la pluie tomber le nez collé à la fenêtre. Je me demande si, comme moi, tu pries pour que ces rues et ces chemins devenus rivières emportent tes pensées jusqu'à leur destinée...
Ô, destiné, tendre amour, si cher toi, tu me manques tant !
Hier nuit, les battements de la pluie sur les volets m'ont rappelé ceux de ton coeur, lorsque ma tête, tranquille, y repose. Et les grondements de l'orage me faisaient penser à tes ronflements terribles, dont je souris à présent (qui l'eût cru ??!). Et ce soir, le vin rouge coule dans ma gorge d'une délicieuse façon.
T'ai-je déjà avoué combien j'aime faire l'amour lorsque dehors il pleut ? J'écoute ce sublime album de D. Brubeck, Jazz Impressions Of Japan, et me voilà Geisha. Dans un peignoir de soie, les cheveux tirés et le regard plein de promesses, je m'imagine venir vers toi à petits pas silencieux, te bander les yeux tandis que tu bandes le reste... Ah ! Cher toi, si tu savais quel spectacle se joue loin de tes yeux gourmands, tu vendrais ton âme au Diable sur le champs pour venir me rejoindre... Mais peut-être l'as-tu déjà fait ? Car il faut être fou pour m'aimer. Pour oser s'approcher du volcan caché derrière les voiles d'argent, poser les pieds sur ces terres vibrantes sans cesse en mouvement, pour se faire proie des tendres crocs de mes sentiments... J'applaudis ta bravoure, et je loue tes efforts. Je ne me prosterne pas non plus, je sais chacun de tes gestes généreusement récompensés car, tu l'avoueras sans peine, j'ai la langue habile et le corps coeur souple, ainsi mes mots et mes gestes savent traduire la grande douceur qui par ailleurs ma bite m'habite.
Je pense à cet homme qui écrivait il pleut sur mon coeur comme il pleut sur la ville, te souviens-tu de son nom ? Si son nom m'échappe, son talent ne fait aucun doute, et je parierais sur son grand succès prochain car ses descriptions des douleurs amoureuses, par l'absence causées, troublent les coeurs qui se lamentent. Il pleut sur mon coeur comme il pleut sur la ville, t'a-t-il aimé comme je t'aime pour écrire de la sorte ? La pluie ne cesse de tomber sur les pavés, elle les lave de leurs pêchés. Je devrais peut-être sortir nue pour, comme les pierres, me voir purifiée ? Car je ne veux qu'être pure et nue pour toi, libre de mes souillures passées, sans suie ni cicatrice à lécher. Je me veux vierge italienne pour maculer tes rêves de fantasmes ardents.
Et alors que mon voeu se formule, mes doigts cherchent ton souvenir sur ma peau. Je bascule ma tête en arrière pour mieux te retrouver, et me perdre...
Le ciel sombre masque le temps qui passe mais il est déjà tard, et je sens le sommeil, à défaut d'autre chose, lentement s'emparer de moi. Avant de m'abandonner à lui, à défaut toujours, je voudrais que tu me fasses une promesse : lorsque la pluie cessera, prépares ton plus fidèle destrier et chevauche le jusqu'à moi. Le reste du voyage, nous le ferons ensemble dans les eaux de nos draps. En clair : s'il te plait, baise-moi...
 
 
 
 

Our way

Par M. :: 05/12/2008 à 23:13 :: Petites Choses Amoureuses

Découvrez Émilie Simon!
 


« La nuit vient de tomber sur la ville. Dans l'appartement déserté, j'erre en traînant les pieds. J'ai froid. Je regarde par la fenêtre comme si je t'attendais. Mais je ne t'attends pas. Tu viens de partir. Tu n'es plus là. Et mon coeur est lourd de ton absence, mes yeux se noient, ma vie n'a plus de sens... »

J'aurais pu la jouer comme ça. Le pathétique amour... Mais non.
Ça ne nous ressemble pas.

« Ton souvenir flotte dans le salon, je le vois me sourire, me dire que le temps fût bon, et doux, et tendre. Un exil amoureux loin des tumultes du monde, une parenthèse enchantée, enchanteresse. Une immersion clandestine dans les fonds du Lac des Rêves, nos peaux se frôlaient et nos coeurs s'aimaient, qu'il me fût bon, amour, de te garder un peu près de moi ! Je ferme les yeux pour mieux te dessiner, je ferme les bras pour mieux te sentir, je... »

... te montre mes grandes dents pour mieux te manger ??! Nan.
Ce n'est toujours pas nous.

« Attendre. Espérer. Croire. Croiser les doigts. Et puis un jour, sentir... Sentir que tu es là, toi, mon amour, mon rêve, toi entre mes bras, entre mes draps, entre mes... »

... cuisses ??! Oui, mais non.
Pourquoi faire semblant ? Pourquoi déguiser ? L'histoire d'un homme et d'une femme n'est rien de plus. Ni rien de moins.



Je t'attendais. A l'heure au rendez-vous, tu me pris dans tes bras et l'hiver s'adoucit. Je ne sentais pas le froid, pas plus la pluie, j'aimais marcher près de toi dans la ville couverte de gris, capturer ses dernières couleurs, écouter ses silences. J'apprenais à supporter Noël et ses décorations, je me pris même à rêver d'un White Christmas comme le chantait Sinatra, saupoudré de bonheur et de poussière d'or. Je riais dans ces rues où l'année dernière, à la même époque, je pleurais. Et je souriais quand tu me disais je t'aime.
Je souriais comme je souris maintenant. Je souris depuis que tu es parti.
Je souris pour ces jours de joie légère, nous préférons le rire au drame, le fin au lourd, l'amour au rêve. Je souris parce que nous préférons la vie, nous préférons le monde, nous ne courrons pas après quelques sombres ou lumineux desseins mais nous allons à pas lents pour ne rater aucun instant. Et partout le beau s'étale. S'installe. Je souris parce que le bonheur n'est pas dans l'impossible mais sur tes lèvres, l'amour n'est pas dans la tragédie mais au creux de mes reins.
Je souris depuis que je te connais, amour.
 
 
 

Des histoires, des instants

Par M. :: 15/11/2008 à 0:05 :: Petites Choses Amoureuses
 
 
 


Certains instants portent en eux la Vérité. L'essence absolue, la moëlle secrète des choses. Leurs secondes sont éternelles et elles s'allongent jusque dans les souvenirs car elles ne supportent pas l'oubli.
De là nait notre savoir, ce sable dont nous construisons nos maisons, nos châteaux, nos empires. De cela sont faits nos jours et nos gestes, lorsque je t'ouvre les bras, lorsque je te tends les lèvres. Ou même lorsque lentement ma porte se ferme.
Certains instants nous résument mieux que ne le feraient cent livres. Parce qu'on a su leurs donner notre chair et notre âme, parce que la peau n'a pas suffi. Parce qu'ils disent tout ce que l'on s'acharne à taire, ce que l'on devine à peine, ce que l'on rêve.
Bien sûr viendront les tempêtes, les tornades et toutes les destructions. Bien sûr passera le temps et avec lui la distance, le froid, la colère parfois. Mais à la fin de toute histoire, il est toujours deux lignes que l'on retient : ce sont elles dont je parle.
Ainsi, tu te souviendras de ce soir-là dans la baignoire, mes mains lavaient tes cheveux tout en veillant à protéger tes yeux fragiles de la mousse, et mes jambes t'encerclaient, tes amarres, mon amour.
Je ne t'ai jamais mieux dit je t'aime que cette fois.
 
 
 
 
 

A l'orée du chemin

Par M. :: 09/11/2008 à 22:55 :: Petites Choses Amoureuses

 



Et nous voilà à l'orée du chemin.
Le sourire aux lèvres, les bras grands ouverts, le coeur et le corps à nus. Nous ne nous regardons pas, nous fixons l'horizon que la lumière caresse, nous avons bien retenu la leçon de Saint Ex'.

Et nous voilà à l'orée du chemin. C'est là que je pose mes valises. J'ai des paysages à te décrire, des histoires à te raconter et de l'amour à te faire, je ne veux rien emporter de plus. Tu n'as pas à porter mes bagages, à vider mes chaussures des cailloux qui s'y sont glissés. Je veux marcher près de toi vierge et légère, je veux être neuve et sage pour mieux t'aimer.
Bien sûr, je me suis souvent perdue sur mes routes passées, je me suis foulée les chevilles, griffée les mollets dans les ronces, j'ai laissé quelques de mes illusions aux pieds des murs trop hauts et mon coeur a saigné de ses échecs. Tout comme le tien. Nous sommes identiques dans nos blessures, différents de nos expériences et ensemble à l'orée du chemin. C'est tout ce que je retiens. Je n'oublie rien mais je n'emporte que l'essentiel. Et l'essentiel est là, entre nos bras. Entre nos lèvres qui se parlent sans pudeur ni secret, nos lèvres qui ont fait la promesse de ne jamais laisser s'exprimer les fantômes du passé. Car ce qui nous lie n'est pas dans cet avant que nous portons un peu malgré nous, mais dans cet après que nous devinons tout juste et qui déjà nous autorise à rêver.

Et nous voilà à l'orée du chemin.
Le sourire aux lèvres, les bras grands ouverts, les corps nus et les coeurs vieux mais pas encore pleins. Avec, devant nous, l'horizon que caresse la lumière, et toutes les couleurs que nous voudrons lui donner.
Nos mains se joignent, nos doigts se mêlent, allons, Amour, allons...
 
 
 
 
 
 

 

Entre nos bras

Par M. :: 02/11/2008 à 23:45 :: Petites Choses Amoureuses

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Il existe un monde entre nos bras, des terres vertes, et bleues, et or, sur lesquelles souffle une brise légère en été comme en hiver. Là-bas, la tendresse et le rire sont les seules lois. Aucun mot n'est prononcé qui ne soit drôle ou doux, chaque phrase est une vérité du ventre, chaque chant un cri de paix. Les maisons sont simples et confortables, meublées du nécessaire, il n'est point de place pour le superflu. Et dans les jardins nous allons nus. Pourquoi nous vêtir ? Nos corps sont beaux de l'amour que nous faisons, nos peaux luisent de notre joie. Sur les sentiers, nous marchons main dans la main, les yeux ouverts car nous voulons tout voir, la tête haute car nous ignorons la peur. Même à l'orée des sombres forêts, nous ne craignons aucune attaque, les animaux savent reconnaître les leurs. Et nous sommes des bêtes d'amour...
De nos doigts naissent de vastes paysages, riches de reliefs et de couleurs, nous inventons à chaque seconde par nos regards et nos gestes. A la frontière de ce qui existe déjà, nous nous tenons et nous savourons de toutes nos lèvres, de tous nos pores, cet état de grâce que nous seuls savons créer. Ce n'est pas moi, ce n'est pas toi, c'est ce nous qui grandit et porte en lui la substance de cette chose maladroitement nommée bonheur. A nous deux, nous réunissons l'innocence du nouveau-né et la sagesse du vieillard, à nous deux nous sommes, comme le dit Erri De Luca, le contraire de un.
Il existe un monde entre nos bras, et si nous pouvions l'étendre aux coeurs de tous les hommes chacun saurait enfin où il est, et pourquoi.
Alors cette Terre changerait de nom : nous l'appellerions Harmonie.
 
 
 
 

Vous & Tu

Par M. :: 28/10/2008 à 12:05 :: Petites Choses Amoureuses
 
 

 

Je pense à vous. Vous dont je tutoie le corps, et vouvoie l'esprit. Car ta peau épouse la mienne comme le ciel épouse la mer sur la ligne de l'horizon. Car mon âme se couche dans l'ombre de la vôtre pour mieux la regarder et la craindre. Je pense à vous. Tu me manques.
Vos mots m'ensorcellent, ils sont un charme puissant dont nul ne peut sortir vraiment vivant. Ton regard est un ciel profond et je pourrais m'y noyer si seulement le monde n'était pas à l'envers. Vos silences sont bruyants et vastes, à l'image de ces champs survolés par des hordes d'oiseaux noirs aux cris affamés. Tes pensées illustrées sont des bras qui me bercent et dans leurs mouvements mes songes m'apparaissent comme seules vérités.
Je vous ai construit un royaume au centre de mon coeur, dont personne ne passera plus la porte désormais car je vous ai donné l'unique clé. Je t'ai rêvé hier encore, et ma nuit fût douce et tiède comme ces souvenirs que tu m'as laissés.
Je vous admire, Monsieur. Ce n'est ni une découverte ni une première pour vous, mais vous êtes grand, et je suis toute petite. Je t'aime. Tu le devines mais tu l'ignores, alors je te le répète.
Je pense à vous. Tu me manques.
Tout le temps.





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