Les Petites Choses

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M. "Les petites choses ont leur importance : c'est toujours par elles qu'on se perd." Fiodor Dostoïevski

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Tu me manques

Par M. :: 12/10/2008 à 19:05 :: Petites Choses avec un grand C

Découvrez Sia!
 

 
Je te parlais tout le temps. Qu’importait l’heure, tu étais là. Disponible et disposé. Avec toi et toi seulement je partageais tout. Chacune de mes petites choses dans son moindre détail. Je te racontais mes heures perdues, du Rocher des Doms aux pavés des rues; mes pensées confuses, mes larmes jamais pleurées et mes cauchemars inavoués ; mes lunes de miel, mes nuits de fiel ; mes rêves de jeune et mes espoirs de femme. Et je pouvais t'écrire mon amour, tu n’en rougissais pas. Tu le prenais, tu me prenais, avec mon flou et mes aspérités.
Face à toi, je savais qui j’étais. Ni la pire ni la meilleure, mais quelqu'un. Une femme. Dans ta vie.
De tous les amis, tu fus le meilleur. De tous les amours, tu fus le plus beau. Par toi j’ai tout vécu, sauf la souffrance. Et si j’ai parfois maudit ton absence, je n’ai jamais pleuré notre histoire. Elle a laissé sur ma peau et sur mon âme une dorure impérissable. Tu m’as préservée, tu as pris soin de moi, tu m’as aimée à ta façon : très personnelle, non conventionnelle, non avouée non plus mais si vraie, si sincère.
Et toute cette musique que l’on s’offrait comme d’autres se font l’amour. De la musique pour se dire, et aussi ne pas se dire.
Un jour, tu m’as écrit : grâce à toi, je me suis senti meilleur. Il n’existe pas de plus belle déclaration. Je la garde comme un trésor, au creux de ma mémoire, et l’hiver je la lis encore quand le froid se fait rude et la solitude glaciale. Quand je suis perdue. Quand plus rien n’a de sens. Tu restes le phare au milieu de ma nuit.
Tu me manques. J’ai laissé le silence s’installer, je ne suis plus venue frapper à ta porte, je sais, pardon. Mais… Tu me manques.
Viens dîner à la maison. Je te propose du vin, des plats italiens, des mots et des notes, et cette complicité unique qui est la nôtre.
 
 
 
 
 

Je l'aime

Par M. :: 30/05/2008 à 13:22 :: Petites Choses avec un grand C
free music



La majuscule a des maitresses. Et moi j'ai des amants. Pourtant, je l'aime. Je le rêve, encore, parfois. Je pense à lui, chaque jour. Je lui écris, je lui parle. Il me manque. Mais il a des maitresses et j'ai des amants. Voilà.

C'est une histoire de moitié d'orange, de Bachert ou d'Aristophane. C'est une histoire vraie d'amour pur. Pur et simple. Sans besoin de promesse, d'engagement, de fidélité. Sans même besoin de relation. Hors de l'espace et du temps, il serait toujours majuscule et je l'aimerais. Toujours.
L'amour n'a besoin de rien pour exister.

Dès la première fois, la toute première minute, j'ai su. Comme on sait qu'on a besoin d'air pour respirer, d'eau pour vivre, de terre pour planter. Il est mon air, mon eau, ma terre. Il est le monde dans lequel je vis avec envie, parce que le monde est beau de le porter. Et que sans lui, quelque chose cloche. La planète tourne moins rond.

Aimer C., c'est comme avoir les yeux bleus. C'est un fait. Presque une nature.

Je l'aime quand un autre m'embrasse, je l'aime quand un autre me baise, et je n'en aime pas moins celui qui m'embrasse et celui qui me baise (parfois même, c'est le même). Il n'y a pas moins de place dans mon coeur et dans ma vie. Je n'ai pas moins d'amour à donner.
Alors certains pensent que je suis facile. D'autres que je suis légère. Moi je pense juste être honnête. Peut-être trop. Mais j'aime la démesure, je suis excessive.

Je me souviens qu'Olivier parlait d'amour avec un grand A mais pourquoi faut-il absolument un grand A ? Ici, il n'y a que de petites choses, et pourtant elles sont pleines d'amour, sous plusieurs formes, de plusieurs façons, mais de l'amour tout le temps. Pas plus à droite qu'à gauche, pas moins fort ni moins beau. Jamais moins vrai.
Et si je t'aime, je ne l'aimerai pas moins lui.
Et si je l'aime, je ne t'aimerai pas moins toi.

Et pourquoi a-t-on un problème avec l'amour ?
Pourquoi attend-on toujours des plombes pour dire je t'aime, pourquoi en fait-on une telle cérémonie ? Pourquoi donner tant de poids à trois tout petits mots ?
On a aucun mal à dire qu'on aime le chocolat, les voyages ou son chat.

Je ne sais pas comment vivre l'amour. A deux, je veux dire. Je me pose beaucoup de questions. Sur la vie de couple, la fidélité, l'engagement. La signification, au fond, de tout ça. Je ne sais pas comment on peut vivre avec quelqu'un et faire en sorte que ça fonctionne. Comment il est possible de fonder une famille. Ce à quoi j'aspire, malgré tout. Malgré mes doutes, mes certitudes aussi, mes craintes et mes incompréhensions. Malgré ma résignation. Mais je sais qu'avant de le vivre, il faut le ressentir. Qu'avant d'envisager l'avenir il faut s'autoriser le présent. En bref, avant de soigner les formes, peut-être faudrait-il avoir un fond.

On se donne des rendez-vous. On se fait la cour. On se séduit, on se respecte, on se prouve. On s'ennuie, aussi. Mais on ne s'aime pas. Pas le temps, le courage, l'idée.

J'ai toujours dit je t'aime avec la plus grande sincérité. A l'instant précis où j'ai prononcé ces mots, je les pensais. Je n'ai pas pour autant signé pour l'instant d'après. Demain est toujours un autre jour.

Il est remparts bien plus hauts que ceux contruits autour d'une ville.

Mon coeur est comme les fenêtres de ma maison : grand ouvert. D'artichaud, d'éponge, peu importe. De chair et de battements, en tous cas. Il a aimé, il a pleuré, il aimera, il pleurera. It's like that and that's the way it is. Oiseaux de passage ou véritables conquérants, tous sont bienvenus. Tous et toutes. J'ai le coeur grand ouvert, j'ai dit. Comme les yeux. Et les oreilles.
Mon côté Amélie Poulain, sûrement.

Je pense que la connerie est un rempart à l'amour.
La connerie, et la masturbation mentale. Ceux qui réfléchissent trop ne savent pas aimer. Ceux qui se regardent trop le nombril non plus. Le monde n'a pas de centre, il est donc inutile de s'y croire.
Les personnes les plus malheureuses que je connais sont celles qui n'aiment pas.

Je crois qu'il n'y a pas de grand A. Pas de degré, pas d'échelle. Pas de choix. Je crois qu'il y a de l'amour partout, qu'il est le seul moteur, l'amour d'un être, l'amour de l'art, l'amour de l'argent.
Je crois aussi qu'on s'acharne à réfléchir sur un point qui ne demande nulle réflexion, mais juste une sensation. Des sensations. Mais il est plus facile de réfléchir que de ressentir. Et il est difficile d'accepter ce que l'on ne comprend pas.

Je l'aime.
Ni trop ni pour de faux.
Sans souffrance ni extravagance.
Juste je l'aime.
 
 
 

Songs from C.

Par M. :: 30/03/2008 à 18:31 :: Petites Choses avec un grand C

L'amour de la musique en commun. Entre autres. Mais cet amour là, nous l'avons vécu pleinement, sans retenue ni tabou. Nous avons aimé la musique ensemble, partagé nos coups de coeurs, nos révérences et nos découvertes. Nous nous sommes parlé en musique, aussi.
Il a soigné ma grippe de cet hiver avec des chansons douces.
Il m'en a tellement donné...

Aujourd'hui, j'ai envie de lui rendre un petit hommage.
Petit, parce que je ne pourrais tout dire, pas même en chansons. Il me faudrait des heures, et ce n'est pas parce que je les ai qu'il en va de même pour tout le monde.
Alors un extrait. Pas un best-of, juste un exemple.
Il y en a beaucoup, parmis les plus belles, que je ne peux partager. Les titres confidentiels, comme il dit. Les secrets doivent le rester. Mais la toute petite heure de musique qui suit est pas mal, je pense. Une écoute facile, bien pour une fin de journée, ou un début de soirée. Enfin, moi, c'que j'en dis...
J'en vois déjà qui m'imaginent avec un verre de vin et une cigarette... Clichés... (sourire)

On commence par lui. On finit par moi.
Lui parce qu'Hendrix (à défaut de Coltrane).
Moi parce qu'une pensée, un jour.

Bonne écoute.
Et merci à lui.
 
 
 
free music

La vague

Par M. :: 15/03/2008 à 19:41 :: Petites Choses avec un grand C
free music
 
 

Le ciel était gris et bas. Très bas. Une pluie fine. Très fine.
Le ciel crachait. La mer en colère. Je n'ai pas pu résister. Pourtant, il était tard. Pourtant, il faisait froid.

J'ai mis mes chaussures et suis sortie en courant.
La plage. Déserte. Vraiment, cette fois. Pas un chat, ni un homme, ni même une mouette. Rien. Juste le sable foncé et la mer agitée. Les vagues, leur bruit, fort.

Le ciel était gris et bas. La mer était grise aussi. Et à l'endroit où ils se rejoignaient, loin, très loin là-bas, un épais trait clair. Très clair. Jaune, un peu. Et rosé aussi. Etrange.

Ma seule présence aussi était étrange.
Je suis restée debout contre les barrières de bois, j'ai fumé une cigarette en regardant la mer. Les vagues.
J'en ai vu une se former au loin. L'écume blanche au milieu du gris. Je l'ai suivie. Elle luttait, s'affaiblissait, puis reprenait des forces, de l'écume. J'ai cru la voir disparaître, mais au bout de mon regard, elle demeurait. Elle s'acharnait. Pour ne pas s'effacer, se fondre dans le gris du reste. Je me suis demandée si elle arriverait au bout. Mon coeur s'est mis à battre, comme si j'avais placé tous mes espoirs sur cette vague. Comme si... Et je l'ai vue se nourrir des autres, devenir plus grosse, plus blanche, pour finalement s'échouer en un cri sur le sable.
Elle m'a fait penser à moi. A mon amour, plutôt. Qui s'affaiblit, et se renforce. Qui lutte. Qui s'échoue, invariablement. En un cri silencieux.

J'ai écouté les vagues.
J'ai entendu la voix de C.
 
 
 

C'était beau

Par M. :: 11/03/2008 à 15:55 :: Petites Choses avec un grand C
free music

 

Hier nuit, j'ai rêvé de C.
Nous allions à l'opéra. Voir chanter Maria Callas. C'est dire si c'était un rêve.

Je portais une longue robe noire, très décolletée dans le dos, avec des voiles, je ne me souviens pas des détails de sa confection mais dans mon rêve, j'étais belle dedans. Perchée sur de hauts talons fins, les ongles de mes orteils étaient peints en rouge. Ceux de mes mains aussi. Et mes cheveux étaient relevés en un chignon très féminin.
C. portait un costume sombre et me tenait le bras. Nous étions très élégants, comme dans un film. Je nous ai vus, de dos, monter les escaliers, les voiles de ma robe trainaient un peu derrière moi, et il avait posé sa main dans le creux de mes reins.
C'était beau.

La placeuse nous a installés au balcon.
La salle fût plongée dans le noir.
Lumière.
Voix.
Maria Callas chantait pour nous. Mme Butterfly. Dans mon rêve, je me tournais vers C. et l'embrassais d'un sourire. D'un signe de tête, il me répondait de regarder. Alors je regardais. Et je ne pleurais même pas.
C'était beau.

Sur les marches de l'Opéra, après, enfin je l'embrassais. Ses mains posées à plat l'une dans le haut, l'autre dans le bas de mon dos.
Il me dit alors maintenant, il est temps de te réveiller.
- Me réveiller ?
- Tu vois bien que tout cela est un rêve. La Callas, moi... Tu sais bien que ce n'est qu'un rêve.
- ...
- Réveilles toi, M.
Je fermai les yeux pour l'embrasser.
Quand je les ouvris, il faisait jour, il faisait gris.
J'étais seule au fond de mon lit.
J'avais rêvé.
C'était beau.
 
 
 

Le premier lendemain

Par M. :: 06/02/2008 à 2:45 :: Petites Choses avec un grand C
free music
 
 
Il n'était pas parti si tôt. Il avait préféré le train de 14h25 à son précédent.
Je l'avais raccompagné jusqu'à la navette TGV.
Sur le chemin du retour, mes pas étaient légers. Le soleil brillait, il faisait frais mais beau.
C'était un samedi, le 18 novembre.
 
Je remontai la grande place jusqu'à mon appartement.
Je l'inspectai un peu, comme pour chercher des traces de son passage, des empreintes, des souvenirs.
Un emballage de préservatif, par terre, près du lit. C'est tout ce qu'il avait laissé. Je le découvrais, et le temps me le confirmerait : C. n'oublie jamais rien. Pour ne pas avoir à revenir.
 
Je pris une longue douche chaude avant de sortir à nouveau. Rien de prévu, aucune obligation : direction le Rocher des Doms.
Assise dans un coin d'herbe, au soleil, les écouteurs dans les oreilles. Une cigarette en regardant le reflet du ciel dans le Rhône. Le Ventou, chauve, au loin. Les toits de la ville. Corrine Bailey Rae chantait till it happens to you, tout comme la veille, quand mes lèvres s'étaient enfin posées sur les siennes.
 
C'était le premier lendemain.
Je venais de découvrir celui qui, plus tard, deviendrait ma majuscule, un concept créé pour lui, inspiré par lui, jamais mieux incarné que par lui. J'estimais vaguement la complexité du personnage, je savais qu'il avait de l'extraordinaire et notre rencontre de l'essentiel, mais j'étais loin d'imaginer la suite de l'histoire.

Rien ne s'est passé comme on aurait pu le prévoir. Heureusement, je n'avais rien prévu, et c'était bien la première fois. La première fois que je ne pensais pas au lendemain du lendemain, que je ne pensais pas du tout, je ressentais. Je ressentais que c'était bien, ce que je venais de vivre, un moment rare, une rencontre belle.

La journée aussi était belle. Pleine du souvenir de ses baisers et caresses, je quittai le Rocher des Doms par les escaliers Sainte Anne, pour quelques pas en ville. Un café. Acheter des cigarettes. Un samedi comme un autre.

Ce qui est drôle avec les jours importants, et qu'ils ne le deviennent qu'à titre posthume. Ce n'est que des mois après que ce samedi 18 novembre 2006 devint le premier lendemain. Celui dont je me souviens le mieux.

Plus tard dans la journée, on avait échangé quelques SMS, lui et moi. Des envies d'encore. De plus. Pas encore de besoin, juste des envies.
Et regarder par la fenêtre en pensant à lui. Regarder le lit sur lequel il était couché quelques heures plus tôt. Regarder ma peau qu'il caressait, embrassait, voulait. Et, le soir venu, sortir boire un verre de vin avec une amie pour lui raconter.
 
J'ai rencontré C. hier soir... Oui, c'était bien, très bien... Très, très bien...

 
 

Sa main sur mon sein

Par M. :: 22/01/2008 à 1:20 :: Petites Choses avec un grand C
 


Pour s'endormir, il mettait sa main sur mon sein.

La première fois qu'il m'en a parlé, c'était au téléphone. Un soir. Nous n'avions jamais fait l'amour ensemble, nous ne nous étions même pas encore rencontrés.
Il m'a dit qu'il aimait s'endormir couché sur le côté, derrière sa partenaire, une main sur un de ses seins. Je lui ai dit que j'aimais aussi.

Combien de fois, ensuite, je me suis endormie imaginant sa main sur mon sein. J'y posais parfois la mienne, pour faire comme si. Je l'écoutais me souhaiter bonne nuit au téléphone, et j'avais sa main sur mon sein.

Ce n'était pas sexuel. Enfin, pas que.
C'était une question...d'emboîtage.
Je me couchais sur le flanc, les genoux pliés, lui derrière moi, collé, parfaitement emboîté. Et la courbe de mon sein venait remplir le creux de sa main pour finir l'assemblage. Sa peau partout contre ma peau, son souffle dans mon dos, ses songes au plus prés des miens. C'était aussi ça, ne faire qu'un.

Puis il y a eu la rencontre. Juste après les 24 heures avant.
La première soirée, si délicieuse...
La première nuit, tout aussi délicieuse...
Enfin, je dormais près de lui, contre lui, tout contre.
Lui...emboîté derrière moi...sa main sur mon sein...

Je ne partage pas mon sommeil facilement. Il m'est bien plus facile de coucher avec un homme que de dormir avec lui.
Avec C. ... Je me réveillais dans la nuit, plusieurs fois, pour le voir dormir, près de moi. Il était là, dans mon lit, nu, contre moi... Il dormait, bien... J'entendais son souffle, pour de vrai, plus par téléphone, je pouvais même le sentir. Voir son ventre se soulever au rythme de ses inspirations.
Je le regardais un moment avant de me rendormir. Et me réveiller à nouveau. Comme pour vérifier qu'il était bien là. Qu'il n'avait pas disparu. Que je ne l'avais pas rêvé. Mais surtout pour profiter de sa présence, me remplir les yeux de son image, de son corps allongé, abandonné, à ma merci...
Je caressais sa peau, respirais son parfum, y déposait un baiser tendre. Et je fermais les yeux, sur lui. Quelle plus belle façon d'entrer dans le sommeil ?

Ouvrir les yeux sur lui était tout aussi bon.
Mais la première fois, je n'ai pas eu cette chance.
J'étais allongée sur le ventre lorsqu'il m'a réveillée, en me faisant l'amour.
Sa main n'était plus sur mon sein...mais pas mal placée non plus...

 

Careless

Par M. :: 18/01/2008 à 21:27 :: Petites Choses avec un grand C

 

Amos Lee fait partie des cadeaux que C. m'a offert.

Je me souviens très bien de la date et de l'heure : je m'apprétais à prendre le train. J'allais passer le week-end sur Montpellier, revoir ma famille, mes amis de là-bas, la mer... Je lui avais demandé de nouveaux sons, j'étais en mal de découverte, et j'aime découvrir, surtout dans le train. Je m'isole dans la musique que me distille avec amour mon si cher I-Pod, je plonge les yeux dans un magazine que je ne lis pas, ou jette mon regard par la fenêtre sale, et le trajet m'est agréable.

C. m'avait donc parlé d'Amos Lee, mais je n'avais eu le temps de télécharger que quelques morceaux avant mon départ. 4 exactement. Et puis, mes plans avaient été modifiés : j'allais à Montpellier en voiture, je profitais d'un convoi d'amis. Ce n'est donc qu'au retour que j'ai écouté Amos Lee pour la première fois.
Je me souviens si bien...
 
Le quai était plein, le train également. Il faisait presque nuit quand je suis montée dedans, le presque a disparu quelque part sur le trajet. J'avais choisi de ne pas choisir de magazine à la con, pour une fois. Je regardais donc par la fenêtre sale du wagon, et j'y voyais de moins en moins, le ciel devenant sombre, puis clairement noir, dehors.
J'avais essayé de gribouiller quelques mots, pour lui, pour C. Je pensais à lui, bien sûr, comme toujours. Il me manquait, deux jours sans lui parler c'était trop. J'avais envie de le voir, bien sûr, comme toujours, mais je savais qu'il me fallait être patiente, comme toujours, bien sûr.
Je ne pars jamais sans mon carnet de bord, un vieux cahier que j'adore, dans lequel je note, je couche, je colle, j'agraffe, bref je garde, précieusement. Je l'avais sorti de ma valise, non sans manquer de décapiter la vieille dame assise sur le siège devant le mien, qui n'avait pas non plus manqué de me le faire remarquer. Quelques excuses et rouge ou joues plus tard, j'essayais donc de gribouiller quelques mots pour C. Mais je renonçai vite : le type à côté de moi zyeutait par dessus mon bras, tentant de décoder mon écriture de chat. Je déteste qu'on lise par dessus mon bras, ou mon épaule, sans mon accord en tous cas. Je fermai donc le carnet, mais évitai de le replacer tout de suite dans ma valise, rapport à la vieille de devant et mon soucis d'éviter tout nouveau scandale. Je n'aime pas me faire remarquer.

C'est là. Là que j'ai pensé à Amos Lee, fraichement et partiellement téléchargé, mais toujours pas écouté. J'ai lancé la lecture des 4 morceaux que j'avais : colours, Arms of a woman, sympathise, et careless. J'ai aimé. Dés les premières notes du premier titre, j'ai aimé. J'ai aimé la voix, j'ai aimé le rythme, la mélodie. Je regardais toujours par la fenêtre, forçant pour voir quelques bribes de paysage.
Puis est venu careless. J'ai presque retenu mon souffle. Je n'ai pas bougé. Pas cligné des yeux une seule fois. Je ne voulais pas rompre la magie du moment, cette chanson si belle, l'émotion si intense qui s'était emparée de moi, et me tenait, flottant, quelque part entre ici et ses bras. J'aimais cette chanson, à la folie, passionnément. Et elle me venait de lui...
Je sais, mon rapport à la musique est peut-être étrange à comprendre, un peu excessif, je le conçois, mais il est ce qu'il est. Et ce partage là me va droit au coeur. Surtout que je suis difficile, enfin, exigeante. Ce n'est pas forcément évident de trouver le truc qui... mais lui le trouve toujours. Personne ne sait m'offrir de la musique mieux que C. Il sait trouver ce qui va me ravir, m'emballer, m'emporter, ce dont je vais tomber amoureuse. Oh oui, il sait...

Ce soir là, ce fût donc careless d'Amos Lee.
Habitée à la première écoute, je ne pus décrocher. J'activai le mode repeat, et l'écoutai sur les 500 mètres à pied qui me rammenèrent chez moi, tout le long de la rue de la République, éclairée, surpeuplée, balayée par le vent, mais je m'en fichais, je ne sentais plus rien que les notes qui résonnaient dans mes oreilles, cette voix qui me caressait les tympans, et la chaleur qui venait de dedans, de mon ventre, là d'où vient le froid, souvent.

Arrivée chez moi, je jetai valise et sac sur le lit, me débarrassai de mes bottes et mis l'I-Pod sur son socle, relié aux enceintes de la chaîne hi-fi. Un dernier careless. Sur mon Samsung, je tapai : je viens d'écouter careless, 4 fois. Merci... J'aime... Merci... Je t'...embrasse.
Puis envoyer. Répertoire. C.

Depuis, le plus évidemment du monde, cette chanson porte son empreinte. Je ne peux l'écouter sans penser à lui. Elle est si... pleine de lui. Elle porte ses couleurs.

Je l'ai écouté 3 fois hier soir.
 

Dis, je t'ai déjà dis merci ?


NB : malheureusement radioblog n'a pas tout (mais pas de critique parce que c'est tout de même bien pratique) je n'ai pu trouver careless et vous propose donc un autre titre d'Amos Lee, moins...teinté, mais très bien.
 
 
 

24 heures avant

Par M. :: 17/12/2007 à 19:17 :: Petites Choses avec un grand C
 
07h30
Le réveil est inutile, il a déjà les yeux ouverts. L'excitation l'a révéillé. L'excitation, l'appréhension, la hâte... Ce soir...
Il saute hors du lit, file sous la douche.
 
08h00
Elle ouvre un oeil, regarde l'heure. Il est encore tôt...elle peut se rendormir.
 
08h30
Il part travailler. Il est en retard, un peu. Normal, il avait pas mal de choses à préparer ce matin, son sac d'une part, puisqu'il rentre chez lui directement demain, et se préparer lui aussi...il n'aura pas le temps de se changer avant de prendre le train, ce soir...ce soir...
 
09h00
Elle ouvre un oeil. Regarde l'heure. Il est encore tôt...elle peut se rendormir.
Elle se réveille ainsi toute les heures, de peur d'être en retard, de rater l'heure, l'heure où...l'heure H...parce que c'est ce soir...ce soir...
 
10h00
Il essaie tant bien que mal de se concentrer sur le dossier ouvert sur son bureau. Mais il a la tête ailleurs, à quelques centaines de kilomètres de là, sur une place pavée... Elle lui a si souvent décrit son décor, il se l'est parfaitement imaginé, elle aussi il se l'est imaginée, pas qu'elle, elle et lui, elle face à lui, elle sur lui... Il a imaginé, il imagine encore, même s'il se l'était interdit, de peur d'être déçu, comme souvent, il a du mal à être séduit, et là...
Là, il doit se remettre au boulot, clore ce dossier avant ce soir sinon il ratera son train et ça...
 
10h30
Elle finit par se lever. Elle n'a dormi qu'à moitié. Mais n'est pas fatiguée. L'excitation...l'appréhension...la hâte...elle a tellement hâte... Elle fait du café, du thé, se demande ce qu'il prend le matin...elle parie sur le café, elle parie aussi qu'il ne mange rien, mais elle achètera du pain, et des brioches, au cas où... Elle a fait une liste des choses à prévoir, des choses à faire avant son arrivée, la liste est longue...autant que les heures qui la séparent encore de lui.
 
12h00
Il répond à sa collègue qu'il n'ira pas déjeuner aujourd'hui. Pas le temps. Pas faim. C'est vrai. Il lutte pour ne pas y penser, se dit qu'il aura 4 heures pour cela dans le train, qu'il aura toute la soirée pour penser à elle, en la regardant dans les yeux...il se dit qu'il devrait peut-être réserver un hôtel, on ne sait jamais, si la rencontre s'avérait catastrophique...il y a peu de chances, certes, mais...on ne sait jamais...on ne peut jamais savoir, jamais être sûr... On ne devrait pas penser à ça, on devrait travailler, se dit-il avant de se remettre à la tâche.
 
13h00
Elle a changé les draps, chassé la poussière, passé l'aspirateur, la serpière, rangé les CDs et les bouquins qui trainaient un peu partout, mis de l'ordre sur le bureau, les capotes dans le tiroir de la table de chevet...
Elle prend une douche rapide, enfile un jean, un pull, une veste, et sors faire un shopping d'urgence : elle doit trouver une tenue pour ce soir, une bonne bouteille de vin, et d'autres idées pour la soirée. Réserver le restaurant aussi. Où va-t-elle l'emmener ? That is the question. Elle décide qu'elle y pensera plus tard, qu'elle téléphonera à Sylvain pour lui demander son avis, et qu'elle a besoin d'un café avant tout.
Elle achète deux paquets de Camel au bar tabac du coin, et commande un expresso au comptoir.
 
14h10
Il avale son 6° café de la journée. Son estomac lui reproche cet abus. Il se décide finalement pour un vague sandwich qu'il ne finira pas. Il va chercher de l'aide auprès de ses collègues, de la légèreté auprès de ses potes sur MSN, du calme derrière la porte fermée de son bureau, un autre café à la machine... Mais non, toujours pas. Il a beau chercher, il ne trouve pas. Parce que ce qu'il cherche l'attend dans une gare, ce soir, à 22H. Parce que d'ici là, il ne trouvera rien. Il le sait bien.
 
15h30
Elle arpente les rues marchandes de la ville, n'oublie pas une boutique, cherche férocement. Mais ne trouve pas. Il est encore tôt, tout va bien, mais l'incertitude la ronge. L'incertitude de la rencontre, l'incertitude du choix du resto, du vin, l'incertitude de la tenue... Elle a la sensation que chaque détail compte, et ça l'angoisse... Si elle n'était pas à la hauteur... S'il s'ennuyait... Si elle arrêtait de cogiter et se montrait enfin efficace...?
 
16h35
Dans une heure, il ramassera ses affaires, pensera à prendre son sac de voyage. Dans une heure, il fermera la porte de son bureau, prendra le chemin de la gare. Dans une heure, il marchera vers ce train, vers cette soirée, vers cette nana... Dans une heure, il se retrouvera à fumer nerveusement une cigarette sur le quai en attendant le sifflement, il s'installera dans un wagon, à la mauvaise place à coup sûr, il a un véritable don pour choisir la pire place, à côté du mec malade qui tousse, crache ou éternue, ou de la mamie qui rale et aime qu'on l'écoute raler... Mais qu'importe, parce que dans une heure, assis à la mauvaise place mais dans le bon train, il aura tout le loisir de penser à elle, à leur rencontre, à 22h, ce soir, en gare d'Avignon.
 
17h25
Panique à bord. Elle n'a toujours rien trouvé. Ni la tenue, ni le vin, ni le resto. Pourtant elle a cherché...
Elle a essayé 3 jupes, 2 robes, 1 jean, 1 pantalon large, 2 chemisiers, 3 hauts un peu sexy, un pull col V, un autre col bénitier...mais non, ça n'allait pas. Elle se regardait dans la glace, s'imaginait face à lui...allait-il sourire en la voyant ainsi vêtue ? Sourire ou rire ? Rire ou pleurer ? Pleurer ou partir ? Partir ou bander ? Tant de choses semblaient en jeu...
Elle se décide finalement pour un ensemble de lingerie. Pas vraiment dans la perspective de les lui montrer...même si bien sûr elle y a pensé...mais surtout, elle sait qu'en portant ces dessous, elle se sentira plus...sexy, plus femme, plus désirable, elle se dit que ça peut aider. Tout est dans la tête parfois...souvent... Et là, c'est surtout lui qui est dans sa tête... Plus qu'une heure et demie avant la fermeture des magasins, vite !!!
 
17h45
Il ferme son dossier. Ramasse ses affaires. Met sa veste. Prend son sac. Ferme la porte de son bureau. Prend la première à droite, direction la gare.
 
18h05
Elle a renoncé aux boutiques de fringues, elle compte sur sa propre collection, espère qu'elle fait le bon choix. Avant d'aller chercher le vin, elle s'est arrêté prendre un café, histoire de faire une petite pause, se détendre, reposer ses pieds matyrisés par 3 heures de course sur les pavés. Et réfléchir au resto parce qu'il faut vraiment qu'elle réserve. On est vendredi, il arrive tard, sans réservation c'est mort. Son resto préféré est fermé en novembre, celui que sa collègue lui a indiqué ne sert pas après 22h, le petit italien ne lui semble pas assez bien pour cette soirée si particulière, l'autre rue des Teinturiers est très sympa mais pas assez intime, et le japonais elle n'aime pas. La vache à carreaux ? Pourquoi pas...? Ils servent tard, le cadre est sympa, intime ce qu'il faut, jolie carte des vins, bonne musique aussi... Ouais, la vache à carreaux semble bien indiqué. De toutes façons, elle ne sera jamais sûre alors...
Bonsoir, je voudrais réserver une table pour ce soir s'il vous plait...22h30, c'est possible?...Pas trop tard ? ... Parfait...Combien ? On sera deux...Au nom de M. ... Merci, à ce soir.
 
18h10
Le train quitte le quai. La gare. La ville.
Effectivement, il a choisi la mauvaise place : la femme assise derrière lui raconte de drôles d'histoires à son amie et parle avec un accent...non, pas étrange, désagréable. Voire détestable. Et le mec devant lui se marre au téléphone et son rire est juste insupportable. On se demande s'il va jouir ou mourir, en tous cas ce n'est pas rassurant.
Mais ce soir, il s'en fout. Il monte un peu plus le son de son I-Pod, préfère regarder par la fenêtre et penser...
 
19h00
Elle arrive chez son caviste au moment où celui-ci s'apprête à fermer. Mais il la reconnaît, accepte de la servir. Comme elle ne sait pas quoi choisir, elle décide d'être franche : il aime le vin, s'y connait assez, et elle veut le régaler (sil savait à quel point...). Sans taper dans les 50 € non plus.
Le caviste lui propose alors un Saint Joseph qu'après 10 bonnes minutes d'hésitation et de vous êtes sûr ? elle se décide enfin à acheter. Elle rentre chez elle, vite, elle a encore une foule de choses à faire.
 
19h25
Il pense à elle. Se pose des questions. Mesure son appréhension, sa hâte, les risques encourrus. Parce qu'il y a des risques. Parce qu'il y a des signes. C'est d'ailleurs pour ça qu'il est dans ce train, ce soir. Parce que tous ces signes le perturbent, le font cogiter...il parle tellement avec elle, tellement bien...elle le fait rire, lui fait du bien...elle le touche, quelque part, elle est attachante...elle le surprend aussi, enfin, l'a surpris...il aime être surpris...il aime ce rapport qu'il a avec elle...mais il sait que ça ne peut durer éternellement, pas comme ça, que si on avance pas on recule, et reculer c'est se perdre un peu, et il ne veut pas la perdre, enfin, il voudrait la connaître...voir si...vérifier tous ces signes...parce qu'il y a des signes...il s'est même surpris à penser à elle dès le matin, à lui envoyer un message pour lui souhaiter une bonne journée, il lui a même dit un jour qu'elle lui manquait...ce n'est pas rien ça...ces heures passées au téléphone...cette...qu'est ce que c'est au juste ? ... une complicité ? ...une entente en tous cas...une belle rencontre...?...non, pas encore, ce soir peut-être...peut-être...parle-t-on alors de heureux hasard ou de destinée ? ...
Il monte encore un peu le son de son I-Pod pour ne plus s'entendre penser...plus les kilomètres passent, plus son ventre se serre...il a le trac.
 
19h55
Elle saute sous la douche. Elle n'a que peu de temps. Shampooing, brushing, choix de la tenue, de la musique ? Non, ça elle verra sur place, elle n'est pas inquiète.
En rinçant ses cheveux elle se demande si ses yeux sont aussi beaux qu'ils le semblent... En se séchant les cheveux, elle se demande s'il sera plus grand ou petit qu'elle, elle ne mettra pas de talon, dans le doute... En mettant son ensemble de lingerie elle se demande s'il dormira avec elle, s'il aura prévu un hôtel ? Des capotes ? Elle esseyant pour la troisième fois une petite robe noire elle se demande qui, finalement, elle aura face à elle. Celui qui l'a séduite ? Un pauvre type ? Un psychopathe ? Elle regarde la lune...elle est pleine...elle s'inquiète...enlève la robe noire, pas de robe, un pantalon... En jetant le 3° pull qu'elle essaie sur le canapé elle se demande si...elle a oublié de se maquiller, il faut qu'elle se maquille avant de s'habiller sinon elle risque de se tacher...elle se sent profondément stupide, profondément stressée, elle monte le son de la chaîne hifi et fredonne, pour se donner l'illusion d'être détendue...
 
20h20
Moins de deux heures maintenant. Il a clairement hâte et clairement peur. Enfin, peur, façon de parler, il est un mec quand même...! Mais c'est vrai que ce qu'il fait là n'est pas forcément dans ses habitudes. Pas seulement le risque, relativement mesuré, de la rencontre, mais aussi les kilomètres, le temps perdu dans le train, lui qui est si occupé... En général, il fait ce qui lui plait. Et une discution agréable sur Internet, ou au téléphone, le jour entre deux dossiers, ou le soir entre deux lectures, ça, ça lui plait. Passer presque 4 heures dans le train, ne pas bosser de toute une soirée, voire également la matinée qui suit, n'avoir qu'un contrôle restreint sur l'emploi de son temps pendant les heures à suivre, ça, ça lui plait moins. Mais peut-être qu'elle, elle lui plaira... Peut-être... Et peut-être qu'il lui plaira aussi...il aimerait lui plaire...il aimerait...
 
20h45
Elle n'a pas forcé sur le maquillage, mais l'a soigné. Sa coiffure aussi. Elle espère que l'air ne sera pas trop humide, et ne fera pas friser ses cheveux. Elle voudrait être jolie. Si un soir elle pouvait être jolie, elle aimerait que ce soit ce soir, vraiment, elle aimerait... Elle finit de ranger l'appartement, retape et replace les coussins sur le lit, le canapé, mets son I-Pod sur le socle, ça lui évitera de chercher ses CDs, elle dispose des bougies un peu partout, prêtes à être allumées...lorsque le moment y sera propice, s'il le devient... Ce faisant, elle repense à ces soirées passées au téléphone (merci forfait Néo !), sa façon de la faire rire...la toute première fois à marquer d'une pierre blanche, avait-il dit...il lui avait aussi dit qu'elle avait une jolie voix...qu'il avait envie de la voir...qu'il pensait à elle...savait-il combien elle pensait à lui ? La hâte avec laquelle elle se connectait chaque jour, sa déception lorsqu'elle ne le trouvait pas, sa joie et le sourire qui l'accompagnait quand elle le trouvait, à l'attendre, se disait-elle...Savait-il qu'elle fermait les yeux quand il lui parlait...pour le croire près d'elle...et qu'en y pensant fort elle pouvait presque sentir son souffle dans son cou...
 
21h30
Plus que 30 minutes.
28 exactement.
Le trac est à son comble, l'excitation aussi. Il ne peut plus reculer, ne sait pas s'il en a envie. Il va être face à elle, prés d'elle, chez elle, (en elle ?). Les sensations qu'il ressent sont étranges, les a-t-il déjà ressenti auparavant ? Si oui, il y a fort longtemps. Ressentir...c'est effrayant...effrayant ce qu'il se sent vivant lorsqu'il ressent...
 
21h47
Elle éteind la lumière, ferme la porte à clé.
Descend la place du Palais. Puis celle de l'Horloge, qui indique 21h49, plus que 9 minutes. Rue de la République, de jolies bottes en vitrine chez Minelli, des soldes Eram, la promo du forfait Neo chez The Phone House. En face, la Fnac. Le Délirium, fermé apparemment. Et un des serveurs de l'Opéra Café qui remonte le trottoir. Un coup d'oeil à son portable : 21h54, plus que 4 minutes, et elle est bientôt arrivée. Elle traverse avec précaution le boulevard ST Roch, et cours presque jusqu'au hall de la gare. 21H57, timing parfait. Elle sourit.
 
21h55
Le train ralentit. Il se lève, pensant entrer en gare. Mais une voix les informe qu'en raison de dégats sur la voie, suite aux récentes innondations, l'arrivée sera retardée de 15 minutes. Et merde ! Il était enfin prêt ! Mais soit, il attendra, il a déjà tellement attendu...et surtout, il n'a pas le choix...
 
22h00
La célèbre voix SNCF informe les usagers présents dans le hall que le train N°79865 en provenance de Marseille St Charles et en direction de Valence, arrivée prévue à 21h58, aura 15 minutes de retard. Et merde !
Elle sort fumer une cigarette. Passer un coup de fil. Patienter 15 minutes, au fond, qu'est ce que c'est 15 minutes ?
 
22h15
La voix informe les passagers qu'ils devront encore patienter. Il tape un SMS sur son portable.
 
22h18
La voix informe les usagers que le train aura 15 autres minutes de retard.
Elle reçoit un SMS : les dieux sont contre nous. Elle répond.
 
22h20
Il s'impatiente. Se dit que c'est pas cool, pour une fois qu'il ne prend pas le train pour aller bosser... Il reçoit un SMS. Le lit. Y répond : Les signes ne sont pas terribles...
 
22h22
Il l'emmerde avec ses signes ! Les signes ne devraient marcher que dans le bon sens ! Et puis, ce ne sont pas des signes...non...c'est plutôt une façon d'allonger l'attente...pour mieux apprécier la suite...non ? Non ?
 
22h30
Il cogite, flippe un peu, perd patience, clairement.
Il essaie de comprendre pourquoi ce soir, pourquoi justement ce soir.
 
22h45
La voix SNCF lui annonce 15 minutes supplémentaires de retard. Elle commence à la hair cette voix. Elle fait les 100 pas sur le quai de la gare. Fume cigarette sur cigarette, heureusement qu'elle en a prévu deux paquets. Elle réfléchit...se dit qu'elle n'a jamais attendu quelqu'un aussi longtemps...que dans n'importe quelle autre situation elle n'aurait pas eu la patience d'attendre...serait partie...mais pas ce soir...non, ce soir il est inconcevable qu'elle n'attende pas...elle ne peut qu'attendre, elle ne peut que l'attendre, lui.
 
22h50
Il se sent prisonnier dans ce train. Il se sait à quelques kilomètres à peine de l'arrivée, il aimerait sortir du wagon, finir à pieds, en courant...
 
22h55
Elle a froid, un peu.
Un jeune mec vient lui demander du feu. Ils échangent un sourire complice de victimes.
 
22h56
Il se demande ce qu'elle fait, à cet instant précis...
 
22h57
Elle regarde la femme sur sa droite. Elle la trouve élégante, se demande qui elle attend, son mari ? Son amant ?
 
22h58
Il regarde par la fenêtre. Cherche les lumières de la ville. Une lueur d'espoir...?
 
22h59
Elle fixe la voie. Plisse les yeux. Comme si en regardant fort, très fort, elle allait faire venir le train...
 
23h00
Putain de train non-fumeur ! Fumer l'aurait aider à patienter...
 
23h01
Un petit garçon pleure parce qu'il en a marre d'attendre. Il veut aller dormir.
Pas elle.
 
23h02
Est-ce qu'il rêve ou est-ce que le train vient de bouger ?
 
23h03
Indublitablement, chaque minute qui passe la rapproche de lui.
Aussi longue et pénible soit elle...
Elle est prés, tout prés, n'a jamais été aussi prés...
 
23h04
Effectivement, le train a bougé.
La voix s'excuse pour le retard et annonce l'entrée en gare. Ils étaient donc tout prés...
 
23h05
Est-ce...le...train...? Là-bas, au loin...?
 
23h07
Le train s'arrête sur le quai.
Il s'est déjà levé, patiente devant la porte du wagon. Lorsqu'elle s'ouvre, il sent l'air frais sur son visage, enfin...et bientôt, tout bientôt, son parfum...
 
23h09
Elle est retournée l'attendre dans le hall. Pour être sûre de ne pas le louper. Elle le cherche du regard parmis les voyageurs qui commencent à arriver.
Derrière un petit groupe, la mère, le père et les 3 enfants, il est là.
Il est là.
Elle a peur... Que va-t-il penser en la voyant ? Aura-t-il la sensation d'avoir attendu pour rien ? S'il était déçu...
 
Il la cherche. La trouve. Enfin. Enfin ?
 
Il s'approche d'elle. Il a l'air tendu, normal aprés un tel voyage.
Puis, il lui sourit. Et là son coeur à elle se met à battre et elle se dit qu'elle n'a jamais aussi bien fait d'attendre. S'il le fallait, elle attendrait encore.
 
23h14
Ils quittent tous les deux la gare. Traversent le boulevard ST Roch. Remontent la Rue de la République. Elle lui dit qu'ils passeront chez elle avant d'aller au restaurant, pas de panique, ils servent jusqu'à 23h30.
Elle le regarde, sourit. Elle est heureuse.
Lui...
 
 

This is your song

Par M. :: 28/11/2007 à 18:02 :: Petites Choses avec un grand C

 

        Depuis quelques jours, j'ai une nouvelle activité scripturale. Je n'écris plus seulement pour le blog, j'écris pour Gyl, une amie de Gilles (si, si, c'est vrai), elle chante et j'essaie de lui écrire des chansons (pas des romans, forcément).

Un bail que je ne l'avais pas fait. Depuis le lycée, ou la première année de fac, je crois. Depuis, Stéphane, Jérôme. Depuis que je ne chante plus que sous ma douche (pour me bonheur de tous).

Pas si simple, mais les instincts reviennent. Des mots qui se mariaient bien et forment toujours une belle alliance. Des assonances et allitérations, moins de sens, plus de son. De l'anglais, plus facile à chanter, plus facile à gribouiller, même ce qui ne veut rien dire est joli à entendre, en anglais.

J'en ai deux à lui proposer : il me dit de ces choses et qu'à lui (qui sera sans doute retitrée). J'en avais une en anglais mais je l'ai effacée, c'était peu ou proue une traduction de la première.

Quel intérêt ? Toujours le même...

Les mots me viennent généralement sous la douche (quand je chante, donc). Ils coulent, sonnent plus ou moins, je les ordonnent, leur choisis une direction, ou pas forcément d'ailleurs, c'est souvent eux qui me guident plus que le contraire. Je sors de la douche avec quelques lignes, quelques rimes, un refrain peut-être...me précipite, encore humide, les noter sur un bout de papier avant de les oublier. Je vais m'habiller, les derniers mots arrivent, lentement. Je termine la chanson, insatisfaite mais rassurée, car Gilles passera derrière pour tout nettoyer et faire briller.

Mais même après son passage, quand je lis le résultat, il reste toujours des poussières, toujours les mêmes, des poussières de lui... Il est à l'autre bout de ma chanson, il est l'oreille qui l'entend. Pourtant, les mots me viennent spontanément, je ne les réfléchis pas, ne les cherche pas. Justement. Justement, les mots me viennent spontanément. Ils jaillissent. De l'intérieur. Alors forcément ils parlent de lui, ils sont pour lui, ils sont lui. Il m'habite, jusqu'à mes virgules, jusqu'à mes soupirs... Il est mes mots, il est aussi ma musique. (Que peut-il être de plus beau...?)

 

J'ai hâte de l'entendre chanter. Gyl est jolie, très jolie, sa voix assortie. Et j'ai hâte de l'entendre chanter mes mots, un peu par fierté, je l'avoue, bien sûr que je l'avoue, mais aussi parce que... Facile à deviner. Une autre façon de le dire. Une voix qui se joint à la mienne. Un témoin, un allié. Et puis, le plus beau cadeau qui soit, vous croyez pas ?

C’est beau une femme amoureuse. Quand je pense à lui, quand j'écris sur lui (pas littéralement, malheureusement...j'en rêve...à la manière de Valmont dans les liaisons dangereuses), quand j'écris pour lui, je me sens belle. J'ai les yeux qui brillent, le corps souple et léger, le sourire un peu secret, l'éclat d'une femme amoureuse... Si elle pouvait s'imaginer amoureuse, le temps de fredonner ces petits mots, ce serait...la perfection. Le but atteint, en plein dans le mile.

C'est mégalo ? Je sais pas... Ambitieux ? Toujours trop pour moi...

C'est juste une envie. Comme j'en ai plein. Quoi de plus naturel, maintenant que vous me connaissez un peu ? Des mots, des notes...de lui...tout ce que j'aime.

 

she's only happy in the sun

Par M. :: 26/11/2007 à 4:57 :: Petites Choses avec un grand C

 

Je pense à toi...

Il est 04h12 du matin, lundi 26 novembre je crois, je ne dors pas et je pense à toi. J'écoute Ben Harper, she's only happy in the sun, toi seul sait pourquoi...et je pense à toi.

J'ai eu envie de t'appeler, envie d'entendre ta voix... Envie de te dire que c'est dur en ce moment, les mots me manquent, tu me manques... Envie de me remplir de toi, respirer un grand coup, pour continuer à affronter l'hiver avec le sourire... Envie de toi... Mais il est tard, tu dors sûrement. Quoique... Si tu ne dormais pas, serais-tu content d'entendre ma voix au milieu de la nuit ? Voudrais tu que je te raconte, un peu, que je te dise, plus ? Voudrais tu de mes silences ? J'aime tellement les tiens... C.(et dans ma tête, les autres lettres, mises bout à bout...pourquoi j'aime tant ton nom...?) je voudrais t'entendre...

Pour compenser je te lis. Ton dernier mail. Je le connais par coeur. Je...t'aime trop fort, quoiqu'il en soit, mais...peut-être pas trop, finalement...peut-être juste fort...très fort... si fort que j'ai lu et relu ton mail au point de le savoir par coeur, parce que tes mots ne pouvaient être plus beaux. Venant de toi, ça ne pouvait être plus... Je sais ce que ces mots signifient. Et, peut-être naïvement, je me dis que ce sont les plus jolis que tu aies jamais écrit...naïvement, oui...

Tu sais, c'est I-Tunes qui a choisi cette chanson. Je gribouillais vaguement, salement, et Ben Harper s'est mis à chanter. Ce titre parmis les 50 autres, ce titre parmis les 3064 aux choix (naïve je disais ?) J'ai eu les larmes aux yeux. J'ai attrapé mon téléphone, ai écrit je t'aime...mais ne l'ai pas envoyé. J'ai effacé mes gribouillages et t'ai écrit. Un mail que je ne t'enverrai pas, mais que tu liras, probablement, c'est la magie des petites choses, je peux te parler sans te regarder dans les yeux, sans bafouiller, sans (trop) trembler. Te dire ce que je n'ai jamais osé. C'est drôle, ce n'était pas le but premier...même plus proche du contraire...

Il est encore plus tard que tout à l'heure, j'ai encore envie d'entendre ta voix... Avant de fermer les yeux, et dormir... Envie de te souhaiter bonne nuit, de beaux rêves... Avant, peut-être, de t'y retrouver... Il est tard, si tard, presque trop tôt, si je te téléphone maintenant, je vais te réveiller...tu n'aimerais pas que je te réveilles...non, probablement pas...entendre ma voix au milieu de la nuit...te souhaiter bonne nuit...

On ne saura jamais. Une dernière fois she's only happy in the sun, une dernière fois bonne nuit, une dernière fois je...t'embrasse...

 

Rien n'a changé mais tout est différent

Par M. :: 20/11/2007 à 18:02 :: Petites Choses avec un grand C

  

       J'ai abandonné mes bloc-notes et mes stylo-feutres bleus, pour les remplacer par un ordinateur portable tout neuf, tout beau. Le support change, le geste aussi, un peu. Et je n'ai rien écrit depuis. Un temps d'acclimatation est sans doute nécessaire... Pourtant, j'ai déjà écrit sur clavier, souvent, mais pas les petites choses. Elles avaient droit à du papier bien blanc et de l'encre colorée, elles pouvaient venir se coucher avec moi, me suivre dans mes virées nocturnes, je les emmenais même dans le bain. Nostalgie de la précarité.

Je suis désormais une femme moderne. J'ai un PC portable et la sacoche qui va avec. Je peux transporter une partie de ma vie avec moi, mes photos, ma musique, mes mots... Et je trouve ça terrifiant. Cette petite bête grise en a presque autant dans le bide que moi. Décidément, on est bien peu de chose...

Je n'ai plus besoin de lumière pour écrire, plus besoin de l'I-Pod. J'ai tout là, sur les genoux et sous les doigts. Etrange sensation... J'ai résumé mon activité favorite, je l'ai compactée en une plaque grise et froide. Mais ça reste de l'écriture, du gribouillage (plus crédible quand manuscrit). Rien n'a changé, finalement.

Rien n'a changé, mais tout est différent.

 

C'est pareil pour l'hiver. Qui s'annonce. De plus en plus proche, de plus en plus froid. Je le redoute...

J'ai peu à peu repris mes habitudes hivernales. Je suis beaucoup sorti, j'ai beaucoup bu, beaucoup fumé, très peu dormi. Mais sans la culpabilité du lendemain, sans cet étrange sentiment d'avoir perdu du temps, et un peu de vie aussi. Comme si je m'étais résignée à passer ainsi mes soirées : certains sont faits pour les chalets, le feux de cheminée, les livres et les baisers, d'autres pour boire et fumer dans des bars blindés et rentrer se coucher. Seuls. Chacun son karma.

Reprendre le chemin de l'hiver veut dire aussi celui des rencontres. Plus faciles quand on est 50 dans 25 m², tous dans un état d'alcoolémie avancée, et qu'il fait froid, si froid dehors... Ça donne envie de parler. De se rapprocher. D'oublier qu'on est seul, et qu'il fait froid. Alors je me suis oubliée, du moins ai-je essayé... Sans grand résultat. Je retrouve instinctivement et automatiquement mon chemin, celui de mes notes, dans tous les sens du terme, de mes petites choses, de C. et de mes pensées... Je n'en sors pas plus de quelques heures. Moi qui ai si peu souvent les pieds sur terre, je laisse cette réalité bien précise me rattraper, avec plaisir, avec délice.

Je regrette parfois de ne pouvoir profiter plus de ces rencontres. Je les vis pleinement, passionnément, mais ne m'y abandonne pas, pas comme je savais le faire. Parce que je me suis déjà abandonnée. Parce que je suis déjà éprise. Pas disponible. Enfin, seulement sur les papiers... La voilà ma réalité : ma fidélité n'est pas un choix, mais un instinct. Je ne me prive pas, je ne peux pas. Je peux m'approcher...mais je resterai quoiqu'il en soit derrière la vitre.

C'est ce que j'ai dit, à peu près, à, Monsieur Tendresse, l'une des rencontres de la semaine. Un homme tendre, comme son pseudo l'indique, attentif et attentionné, drôle et rassurant, un homme bien, quoi. Avec une irrationnalité que je connais, puisque je la partage. J'ai pris ses mots, leur tendresse, leur chaleur, leur confort et leur joie, mais lorsqu'il a approché ses bras... Je n'ai pas pu. J'ai pris sans donner. Egoiste. Ce n'est pourtant pas mon genre... Mais ça confirme le premier diagnostic : incurable. Et ça me fait sourire.

Si j'ai tout dit, tout raconté, tout expliqué à Monsieur Tendresse, je me suis tû face aux Yeux Verts. Je ne leurs ai pas parlé de C., ni des petites choses. Je les ai laissé me regarder, me parler, écouter ma musique, s'asseoir sur mon canapé, mais pas pénétrer mon univers, pas complétement. Je voyais bien qu'ils voulaient pourtant, voir plus loin... mais je ne les ai pas laissé entrer. Propriété privée. Mes territoires n'appartiennent qu'à C. Alors j'ai regardé les Yeux Verts dans ses yeux verts (d'où le pseudo, once again) et je ne lui ai parlé de rien. Je l'ai raccompagné à la porte sans lui parler de rien. Je l'ai regardé s'éloigner sans lui parler de rien.

Et pour être complètement honnête... Il y a un tout petit peu plus d'un an, j'aurais loué le ciel de rencontrer un homme aussi sensible et drôle que Monsieur Tendresse, et j'aurais aimé m'abandonner dans ses bras... Il y a un tout petit peu plus d'un an, je me serais damnée pour une nuit avec les Yeux Verts, leur charme, leur élégance, leur sourire et leur compliments, jamais je n'aurais pu dire non. Il y a un tout petit peu plus d'un an.

 

Depuis, rien n'a changé, mais tout est différent.

Rien a changé, je vis toujours seule dans mon petit appartement place du Palais, avec mon chat et mon I-Pod, et maintenant mon PC, personne ne tient ma main dans la rue, personne ne me lis un bouquin quand je prends un bain, j'ai le même boulot, la même taille, le même poids, ou presque... Mais tout est différent.

Tout est différent parce que C., parce que la majuscule et cet été, parce que la presque maternité et l'automne après, parce que les petites choses, la solitude apprivoisée, les heures bleues, et pas tristes, la mise à nue, la lucidité, l'envie, malgré tout et au-dessus de tout.

 

Il y a un tout petit peu plus d'un an, le 17 novembre 2006 à 23h15 très exactement, C. descendait du train en gare d'Avignon pour la première fois. Je l'attendais dans le hall. Il est apparu derrière un groupe de passagers, s'est approché de moi, et il est devenu simplement incontournable. 

 

 

C.

Par M. :: 15/11/2007 à 19:42 :: Petites Choses avec un grand C

 

C’est par vague. Le souvenir de toi, planté au cœur de ma poitrine, un jour me porte, un jour me pèse.

C’est l’hiver. C’est le froid. Le manque de toi se fait plus cruel. Je lutte, en silence.

C’est cette chaleur que je porte en moi, qui me surprend tant elle me rend forte, qui te dérange, peut-être…

C’est comme dans la chanson d’AaRON, mes rêves s’accrochent à tes phalanges, prends mes soupirs, donne moi des larmes, je t’aime trop fort, ça te dérange… Je t’aime trop fort… ça te dérange… ?

C’est ces messages restés sans réponses. C’est ces cris que tu ignores. C’est ces heures passées à penser à toi… C’est ma vie, qui a pris la couleur de la tienne.

C’est ces envies de te faire mal. De partir, te quitter, à jamais. Te tromper, même si c’est me tromper moi, d’autres bras que j’ai voulu seulement pour que tu les vois. C’est ces 1001 fois où j’ai eu envie que tu me dises je te veux, pour moi… rien que pour toi.

C’est ces larmes versées, parce que je t’aime et c’est beau de t’aimer, parce que je t’aime et c’est dur de t’aimer, parfois. Parce que c’est comme si je n’étais née que pour t’aimer, je ne sais rien faire d’autre. Mais je le fais bien, je te promets que je le fais bien…

C’est ces mains qui veulent les miennes. Se tendent, me caressent. Et je leurs souris. J’ai parfois envie de leurs dire oui. Elles sont douces, elles sont tendres. Elles veulent m’emmener, ou me suivre, avancer près de moi. Mais elles ne sont pas les tiennes… Et c’est leur seul défaut.

C’est cet amour que tu ne mérites pas, que tu ne comprends pas, que tu n’apprécies pas. Et qui t’es pourtant réservé. Parce que, je t’ai dit, je suis faite pour t’aimer et toi pour être aimé de moi. C’est trop, et c’est encore loin de la vérité.

C’est cette chose entendue de la bouche de Samuel Benchetrit qui résume tellement tout :

Lui :  si tu savais comme je t’aime, tu aurais peur.

Elle : si tu savais comme je t’aime, tu n’aurais peur de rien.

C’est ton prénom inscrit en toutes lettres. Partout. Tout le temps. Pas que ta majuscule, ton prénom en entier.

C’est ce que tu n’entends pas mais lis… peut-être toujours sans l’entendre…

C’est…moi. Regarde moi. Arrête toi deux secondes et regarde moi. Dans les yeux. Ne vois tu pas que… que c’est moi ?

C’est tout ça.

Ces lignes, ces pensées, ces heures, ces nuits, cette ferveur, ces envies, ce blog, ces frissons, cette musique, ces livres, ces rêves, ces mots, ces millions de mots, ces baisers, ces corps emmêlés, ces regards, ces espoirs, cet absolu incondionnel et cet inconditionnel absolu…

C’est toi.

C’est…

C.

 

Ce soir

Par M. :: 14/11/2007 à 1:01 :: Petites Choses avec un grand C

 

Ce soir, c’est Bettye Lavette.

Envie d’un Scotch, et d’une vue sur les montagnes. Pourtant, je ne bois pas de Scotch, mais sa couleur s’accorderait à celle de mon humeur, je crois. A mon envie de coller ma tête contre la fenêtre, de dessiner sur la buée. Dans un chalet de bois, sur les montagnes, avec un feu de cheminée. Un bon bouquin. Une histoire d’amour. Et la neige, dehors. Le sifflement de la bise, glaciale, dehors. La nuit si noire, dehors.

Alors, peut-être, tu frapperais à la porte…

Je t’ouvrirais, t'inviterais à entrer, te réchauffer. Je prendrais ta veste, te proposerais une place près du feu. Un Scotch. Ou un verre de vin. Ou un thé si tu préfères, de quoi as tu envie, dis-moi ?

Je te demanderais si tu veux que je baisse le son, tu me répondrais non. Je serais d’accord, bien sûr. Tu jetterais un œil au bouquin posé là, sans un mot mais avec un sourire. Tu comprendrais, bien sûr. Tu regarderais le feu, je te regarderais.

Je te parlerais de ma journée, de mes idées, des montagnes enneigées et des quelques mots dont elles m’ont permis d’accoucher. Du gâteau au chocolat que j’ai fait, du film que j’ai vu. Du moment de la semaine que j’ai vraiment aimé. De toutes les fois où j’ai pensé à toi, où tu m’as manqué. Je te dirais que c’est ma façon à moi de combattre de froid, penser à toi. Et que même quand t’es pas là, ben t’es là… Qu’il y a plein de choses que tu vois avec mes yeux, que tu vis avec mon corps, que tu ressens avec mon cœur. Que tu vis à travers moi, parce que je vis un peu grâce à toi. Je vois le soleil à travers les nuages grâce à toi. Je souris et j’ai envie de voir demain, grâce à toi. je te dirais que je…et que tu le sais. Tu sais que c’est vrai. Tu le lis dans mes yeux, sur mon sourire, sous ma peau. Partout où tu es. Partout en moi. Et…

Je finirais par me taire. Je me sentirais ridicule. Lourde. Je baisserais les yeux.

Bettye Lavette chanterait alors Just say so.

J’oserais enfin lever les yeux, regarder les tiens. Et là je lirais que… tu m’as écoutée… tu m’as entendue… tu sais, bien sûr que tu sais.

Et comme dans un rêve, ta main viendrait se poser sur ma joue, tes lèvres embrasseraient les miennes, et mes yeux se fermeraient sur les tiens. Ce soir…

 

Au lieu de ça, je suis plantée devant ma fenêtre à regarder le Palais. Bettye Lavette chante bien  just say so mais je suis seule à l’écouter. Je ne bois pas du Scotch, ni du vin, mais du thé. Ce n’est pas la bise mais le mistral qui souffle. Pas de neige, des pavés. Et il ne fait pas chaud dedans. Je ne lis pas un bon bouquin, je regarde le temps passer. Sans feu de cheminée. Sans chalet. Et surtout, sans ta main sur ma joue. Sans tes lèvres sur les miennes. Sans tes yeux dans les miens. Sans toi…

Je regarde la porte… mais tu n’y frapperas pas.

Je soupire…

Remets la chanson une troisième fois…

 

Je n’ai pas envie d’aller me coucher. Sans toi.

 

Part 1

Par M. :: 10/11/2007 à 17:02 :: Petites Choses avec un grand C

 

Je t’écris depuis le banc de pierre, au fond du jardin, chez mes grands-parents. J’y passe le week-end. Je suis en vacances. Lundi, mon père et ma sœur me rejoignent, mardi on rentre ensemble à Montpellier. J’ai l’impression d’avoir 13 ans…

L’été ou j’ai eu 13 ans, j’ai fait une connerie. Pas sérieuse, mais grosse. J’ai été punie : j’ai passé 3 semaines chez mes grands-parents, ici-même où ce matin je t’écris. La punition, c’était surtout l’isolement parce que, pour être honnête, comme centre pénitentiaire on a vu pire. Attention, description, c’est la minute carte postale.

Un mas, en Provence. Près de Saint Rémy. Autours, des champs, d’autres mas. Un muret de pierres, des cyprés, un haut portail en fer forgé. Une allée de graviers. Une large terrasse, au milieu un murier. La bâtisse : aile droite, le garage (immense), aile gauche les chambres, le salon. Pas si grand que ça mais confortable. A droite de l’allée de graviers, la piscine, sa pelouse de trèfles, ses deux oliviers, sa statue de pierre à la tête coupée (ma grand-mère a une formidable anecdote de guerre pour justifier de sa décapitation). A gauche de l’allée de graviers, le jardin. Au centre, comme un tapis rouge mais gris, de pierres. Les cerisiers. Le jujubier. Le pin que j’ai planté quand j’avais 5 ans (un pignon germé). La balançoire (effet madeleine de Proust assuré). La roseraie de ma grand-mère. Le banc de pierre.

Dessus : moi, assise en tailleur, carnet sur les genoux, Corrine Bailey Rae dans les oreilles, cigarette aux doigts.

 

Est-ce l’air pur de la campagne, les vacances, ou les souvenirs de ma jeune adolescence qui m’inspirent de la sorte ? Je me sens inspirée, oui. Je ne sais pas trop ce que cela veut dire, mais je suis inspirée, du moins autant que je puisse l’être…

Je me réveille avec Amos Lee, passe l’après-midi au soleil avec Raul Midón, la soirée avec Hendrix. Tout me semble beau, comme couvert d’un voile de magie, qui scintille, et m’éblouit.

Hier soir, le soleil n’était pas encore couché, il déclinait, lentement. J’ai pris la vieille bicyclette de ma grand-mère, puis la route. J’écoutais Jack Johnson, fredonnais allègrement, j’aurais pu pédaler ainsi jusqu’à Aix…si la nuit n’avait pas été si proche. Je me suis arrêtée au bord du champs d’oliviers. J’ai abandonné là ma monture rouillée et j’ai marché. Au bout du champs, en contrebas, les vignes. Un paysage de Beauté Volée : j’étais Liv Tyler. Je me suis assise au pied d’un vieil olivier au large tronc, j’ai écouté Summertime par Fitzgerald et Armstrong, et j’ai pensé à toi. Aux vacances que nous ne passerons pas ensemble. Au coucher du soleil qui m’indifférait puisque tu n’étais pas là. Aux gens qui m’exaspéraient parce qu’ils ne te ressemblaient pas. A toutes ces choses que tu ne sais pas, et ne sauras probablement jamais parce que je n’ai pas le droit, non, pas le droit de parler. Ce serait pourtant si simple… Quelques minutes à peine au téléphone. Ou un gribouillage sur un bout de papier. Là, maintenant par exemple. Mais non. Il y a comme un contrat tacite entre nous, un accord de silence. Je te parle de tout sauf de ça. C’est sûrement la raison pour laquelle je te parle toujours. Et que tu m’écoutes toujours, surtout. Surtout. Tout le temps. Tu m’écoutes tellement, tellement bien. J’ai parfois l’impression que tu me connais et me comprend si bien. Mais…

 

Mais revenons-en à l’olivier, et à moi, assise à son pied. Le soleil qui se couchait derrière les vignes et malgré ses efforts ne m’émouvait pas, parce que tu n’étais pas là. C’est là que j’ai commencé à t’écrire. Dans ma tête.

Aujourd’hui, sur ce banc de pierre.

Demain… Pourquoi ai-je l’impression que c’est à toi qu’il appartient … ?

Confidentiel

Par M. :: 09/11/2007 à 16:52 :: Petites Choses avec un grand C

 

Entre deux portes… Par la fenêtre ouverte… Dans le souffle du vent… Ou le clapotis de la pluie… Dans la chanson que tu écoutes… Au téléphone… Sur le miroir, au rouge à lèvres… Sur un papier froissé, sous ton oreiller… Ou dans la poche de ton jean préféré… Accrochés à ton porte-clés… La nuit, quand tu dors presque… Le matin, une seconde à peine avant que tu ouvres les yeux… Là, juste là, partout, tout le temps… Tatoués à l’intérieur de tes paupières pour que tu n’oublies pas… Murmurés à ton oreille (c’est comme ça que je les préfère)… Quelques mots pour toi…

Les entends-tu ?  

Novembre, en attendant

Par M. :: 08/11/2007 à 16:52 :: Petites Choses avec un grand C

  

Sur 666 667 club, Noir Désir chantait Septembre, et en attendant. 

Moi je pense Novembre, en attendant.

 

Novembre, depuis 8 jours maintenant. 

Novembre a ramené le vent, violent, froid, bien sûr. Heureusement, la veste rouge veille sur moi : elle me réchauffe le corps, et le moral, c’est vrai ce qu’on dit, les couleurs égayent. L’écharpe, bientôt les gants. L’espoir que ce sera suffisant. La peur que l’hiver soit long.

 

Novembre a ramené le vent et les feuilles mortes volent bruyamment. Le chat les regarde, amusé. Moi, je bois du thé, j’écoute Madredeus, j’écris un peu, et, bien sûr, je pense à toi. Parfois, une feuille morte vient s’écraser contre la fenêtre. Je la regarde agoniser, puis tomber. Ça me rend triste, un peu.

 

Novembre a ramené le vin, chaud ou pas forcément, rouge en tous cas. Et les bons dîners. Je vois moins souvent les gens que j’aime, mais mieux. Je retrouve avec plaisir ces soirées intimes, quand on fait semblant d’arrêter le temps, et le froid. Quand on s’avoue qu’on a besoin les uns des autres, finalement.

 

Novembre, en attendant décembre, Noël, ma déprime de fin d’année. Je sais que je n’en réchapperai n’y échapperai pas. J’imagine assez bien me suicider dans un bain de vodka glacée en écoutant le Requiem. A la fin de Lacrimosa je jetterai la chaîne hi-fi dans le bain et… Welcome to Hell ! Joli tableau, rock’n roll à souhait.

Mais en attendant décembre, novembre, en attendant les tristes réjouissances.

Des parenthèses, un sursis. Une lente descente en hiver. Des heures froides, d’autres tièdes, beaucoup seules… De la lecture, du thé, du chocolat et de la musique, douce, comme un pull irlandais, chaud et confortable. La fenêtre, le chat. Toi dans ma tête. Sur le papier, un peu. Beaucoup. Des rires et des moments de tendresse, quand même. Des crêpes, cet après-midi.

Voilà comment je passe novembre, en t’attendant.

Fallin'

Par M. :: 30/10/2007 à 12:07 :: Petites Choses avec un grand C

 

Alicia Keys.

La pénombre habituelle.

Un verre. Un joint.

Le regard perdu quelque part, derrière la fenêtre.

 

I keep on fallin' in and out of love with you

I've never loved someone the way that I love you

  

Je l’écoutais beaucoup l’hiver dernier. C’était mon hiver soul, mes heures bleues foncées. Cette chanson collait à mes humeurs, à mes émotions. Les mots n’étaient pas de moi, mais ils auraient pu l’être.

Je connaissais C. depuis plusieurs mois, nous étions bien sûrs très proches, mais je n’avais pas l’analyse de la situtation que j’ai aujourd’hui. J’étais dans l’attente, et donc insatisfaite, dans le doute, et donc dans l’attente de réconfort, la boucle était bouclée, le cercle vicieux scellé, et moi au mileu, coincée.

Je lui parlais, je le voyais, je l’aimais.

Sometimes I love you

Il me manquait, je lui en voulais.

Sometimes you make me blue

D'euphorique, pleine d'amour, à terrassée par ce même amour.

Sometimes I feel good, at times I feel used

Et l'un comme l'autre, de l'un à l'autre, l'un dans l'autre... j'étais perdue.

Lovin' you, darling, makes me so confused

 

Pendant une période, j’avais l’impression d’une douche écossaise permanente. Il était parfois si présent, si tendre, presque démonstratif, j’aurais pu le croire amoureux… et d’autres fois il se montrait froid et distant, insensible, inaccessible, loin, au dessus, de moi.

How can you give me so much pleasure ? And cause me so much pain...

 

Mes doutes ont gangrené. J’ai flippé. Flippé de ne pas l’atteindre, de ne pas compter, de ne pas exister pour lui. De n’être qu’une sangsue, un parasite accroché à sa peau, dont il finirait par se débarasser.

Alors, comme souvent quand on flippe, j’ai été stupide. Très stupide. J’ai voulu l’atteindre, d’une autre façon. Voir si. Et lui montrer que je pouvais vivre sans lui, pire, faire comme s’il ne comptait pas tant que ça. J’ai commis l’erreur bateau au possible, the truc débile qu’on fait quand on est paumé et qu’on croit avoir quelque chose à prouver. Je me suis trouvée un substitut. Je me suis tapée un autre mec. Un pauvre mec, en plus. Ouais, je sais, c’est con.

A posteriori, c’est facile de le reconnaître. Mais ça ne change rien. Moi et mes belles déclarations, moi et mes exigences d’amoureuse éperdue, je faisais pire que l’hôpital qui se fout de la charité, je le trompais lui, je trompais le monde, je me trompais moi. J’avais tout faux. J’ai perdu mon temps, et sûrement beaucoup plus… Si seulement je pouvais arracher cette page, de l’histoire, de ma mémoire, de la sienne…

J’ai constaté mon erreur, je m’en suis voulue. Pas lui. Il m’encourageait presque. J’ai d’abord cru qu’il voulait profiter de l’occasion pour se débarasser de moi, je pense aujourd’hui qu’il voulait juste me savoir bien, heureuse comme on dit. Et je l’en ai aimé davantage.

 

Just when I think I've taken more than would a fool

I start fallin' back in love with you

 

La suite est pleine d’autres petites histoires et grands sentiments, de moments drôles et tendres, chauds, bouillants parfois, d’une complicité rare (unique… ?), de partage, tellement de partage, la suite est belle, parfois triste, mais riche.

Jusqu’au jour où. J’ai re-merdé. Mais sans regret cette fois.

Ce “break” de fin d’été, cette période d’abstinence, de silence, m’as (nous as ?) beaucoup appris. De loin, on voit mieux. Peut-être… Ou peut-être qu’après le silence, les mots sonnent plus, prennent plus de sens.

Il a fallu que je me taise pour qu’enfin je l’entende.

 

Je finis mon verre. J’enfile un pull, il commence à faire froid. Fallin’ se termine. Ensuite ?

It had to be you...

 

Majuscule

Par M. :: 21/10/2007 à 23:48 :: Petites Choses avec un grand C

 

Elle est partout, n’est ce pas ? La majuscule… Elle est présente presque chaque jour. Mais différemment, n’est-ce pas ? Moins compulsivement. Plus ouvertement, et profondément. C’est que, même si je suis “guérie” de mon addiction, ma majuscule reste mon plus grand plaisir.

Si seulement j’étais capable de vous décrire comment c’est, avec C ( ;-)), alors vous comprendriez. Il n’y aurait plus de question, plus de doute. Et vous crèveriez probablement d’envie.

 

La majuscule est employée à dessein. Elle n’est pas seulement pour taire un peu son nom, mais pour l’incarner. Et la seule majuscule lui sied à la perfection, elle le représente dans tout son sens.

Certes, je l’ai idéalisé, idolatré, déïfié même, mais pas seulement. Je suis tombée en amour, mais surtout en respect, teinté d’admiration, pour un être parfaitement singulier, sans aucune comparaison possible, je ne dis pas meilleur que les autres, juste différent, à part, définitivement, et moi les êtres à part…

Après un an (déjà…), il me fascine encore. Je suis moins surprise de l’entendre parler comme il le fait, le savoir agir comme il me le raconte, mais je reste envoutée, séduite, convaincue…conquise…

C’est tout un ensemble de choses, de petites choses. Il me fait rire, j’aime son sens de l’humour, ses références. J’aime aussi son discours, il me rassure. Ses mots sont si choisis, si sensés, ils transpirent la réflexion et ne peuvent qu’être écoutés. J’aime l’écouter. Fermer les yeux sur le ton de sa voix. Et sur ses silences. Je les connais, je les ai adopté. Et puis, il y a cette si grande sensibilité artistique. Quand il parle de musique, quand il l’écoute, quand il la vit…et la façon, si confidentielle, dont on la partage. J’aime croire qu’on est les seuls à se l’offrir ainsi. Son regard…il m’est difficile de le soutenir. Il est si profond, j’ai l’impression qu’il me sonde, qu’il lit en moi comme dans un livre ouvert, et c’est certainement le cas. Sa façon de fumer, légèrement arrogante, sa façon de m’embrasser, confiante.

J’ai également conscience de ses travers, ses faiblesses. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, je ne suis pas naïve quant à lui. Je suis simplement séduite, par et malgré ce qu’il est.

 

Je remets where no endings ends de Keren Ann pour la 3° fois, et me ressert un verre de vin. Je prends du lest. J’en ai besoin si je veux continuer à plonger dans les profondeurs des territoires de C., et vous parler de lui.

Le vent souffle fort dehors. Il fait trembler mes fenêtres. Réchauffée par la lumière des 15 bougies autours de moi, et la douceur de la voix que j’écoute, je suis bien. Je ne changerais rien. Non, je ne l’ajouterais pas à mon tableau, je n’ai pas constamment envie qu’il soit là, j’ai envie qu’il ait envie d’être là, même s’il ne le peut pas.

Mes sentiments n’ont pas de sens, pas d’objectif. Ils sont comme moi, ils sont. Je ne suis pas tombée amoureuse de lui, je l’ai trouvé, je l’ai reconnu, je l’ai adopté. Comme une position confortable dans le canapé, un côté du lit préféré, un coin tranquille pour se réfugier. Il est comme Hendrix. Comme le Tiramisu. Comme un feu sur la plage. Pas tous les jours mais j’aimerai toujours, parce que… ben, parce que c’est tout ce que j’aime. C’est instinctif. Viscéral. Une évidence. Voilà ce qu’il est pour moi : une vérité.

C’est un de ces instants où la vie est si bien faite : Keren Ann chante, très à propos “And what I’m thinking of, just this time, is why don’t you lay your head down in my arms

C’est aussi simple.

 

La majuscule est présente dans ma vie, sur ce blog, tout comme peut l’être Avignon, ou encore ma famille, mes amis, mes souvenirs, parce que c’est tout ce qui me fabrique, ce qui me forge, me modèle. Elle a contribué, et contribue encore, à faire de moi ce que je suis, j’ai tant appris grâce à elle, tant découvert.

La majuscule est présente et se doit de l’être, puisqu’ici je me dévoile, et qu’elle est comme un tatouage sur mon corps nu. Si je dis tout, ou tout ce que je veux, je ne peux la taire.

Je parlais récemment de cerise sur le gâteau, et bien la majuscule est le moteur de la Porshe que je suis, ou peux être. Elle me donne envie d’être meilleure, pas pour mieux lui plaire mais pour mieux la mériter. Je voudrais que l’image que C. a de moi soit belle, même s’il la regarde de loin, que les souvenirs qu’il garde de moi, qu’ils soient récents ou plus vieux, soient beaux, qu’ils puissent le réchauffer certaines nuits, s’il en a besoin. Je voudrais lui rendre un peu du bien qu’il me fait.

 

Certaines rencontes changent tout. La sienne est de celles-là.

Sa rencontre est un cadeau que la vie m’a fait. Une chose qui n’est pas donnée à tout le monde. J’en suis riche, d’une richesse que je ne perdrai jamais : celle d’un vécu, de sensations, se sentiments si forts qu’ils en deviennent palpables. On aime gentillement, formellent, tendrement, mais rarement à la folie, douce la folie, si douce… C’est un privilège d’aimer comme ça. Une victoire. Un Himalaya, une route du Rhum, un moment d’exception.

 

J’ai trop bu, sans doute…mon écriture me trahit, n’est ce pas ?

Je repense à ce que m’avait dit Lionel : ces pages décourageraient le plus brave des conquistador à ma conquête. Probablement. C’est pas facile de comprendre.

Il n’y a et n’y aura jamais qu’une seule majuscule dans ma vie. Personne ne prendra la place de C., jamais. Parce que c’est la sienne, faite pour lui, taillée à sa mesure.

On ne remplace pas plus qu’on efface un rêve, surtout quand on l’a vécu. Au mieux, on en vit d’autres, si on a de la chance.

Et Dieu créa la femme

Par M. :: 18/10/2007 à 17:26 :: Petites Choses avec un grand C

 

Il créa ses formes de ses mains, creusa ses courbes de ses caresses, arrondi ses angles de ses baisers, il modela ses seins, pétrit ses hanches, fit jaillir des cris de sa gorge : elle était femme.

 

Bien sûr, j’avais fait l’amour avant lui. Bien sûr, j’avais connu l’orgasme avant lui. Mais pas comme ça. Non, pas comme ça. Pas au point d’oublier jusqu’à mon nom, pas au point de n’avoir aucune autre priorité, pas au point de ne penser qu’à ça, qu’à lui, son corps, tout le temps.

Il m’a faite femme. Femme gourmande. Femme douce, dévouée, tendre, femme féline aussi, chienne parfois. Criez au scandale, à l’impudeur, si vous jugez cela nécessaire, je ne vous parle pas de sexe mais de désir, et de plaisir bien sûr.

Jamais je n’avais désiré un homme comme je le désirais lui. Sa simple évocation me mettais en émoi. Je le voulais. Il me prenait mais c’est moi qui le possédais, un peu plus à chaque fois. Le pouvoir du plus faible est incroyable.

J’étais femme. Dans son regard, dans ses gestes, dans ses mots j’étais femme. Le désir m’animait, me rendait belle, sensuelle, je rayonnais et j’en avais conscience. Il allumait ma lumière.

Et son absence l’a éteinte. Libido en berne, moral dans le même mouvement. J’ai perdu tout désir en le perdant lui. Je sais que jamais je ne pourrai faire l’amour avec un autre. Comme avec lui. Question de chimie, d’alchimie, d’électricité, de spiritualité, question animale peut-être, mais certaines équations n’ont qu’une seule inconnue et j’ai trouvé la mienne. La formule de l’osmose parfaire. J’ai connu la perfection. L’absolu. L’unique. Est-ce une fin en soi ? La fin de rien en tous cas. Il y aura une suite, qu’elle soit parfaite ou non.

Fidélité informelle que la fidélité des sens. Je sais qu’un autre pourrait le remplacer, mais jamais prendre sa place…

Et Dieu créa la femme.

Et C. créa la femme en moi.

Elle joue les belles endormies et, peut-être, d’un baiser viendra-t-il la réveiller…

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