Les Petites Choses

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M. "Les petites choses ont leur importance : c'est toujours par elles qu'on se perd." Fiodor Dostoïevski

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Une poignée de petites choses

Par M. :: 15/05/2008 à 22:07 :: Petites Choses en general et en particulier
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La journée s'achève. Le soleil vient de disparaître derrière le Conservatoire, un peu de sa lumière subsite encore, mais pas pour longtemps. Tout comme moi, elle se fatigue, et prendra bientôt un peu de repos. Jusqu'à demain.

Je retrouve mon traditionnel verre de vin rouge face à la fenêtre, la place peuplée et la musique tout autour. Ce soir, c'est Bach. C'est la première soirée que je passe seule depuis que j'ai quitté la mer. Je fus très occupée.

Le week-end, que j'appréhendais, s'est formidablement déroulé. Une longue et belle balade en décapotable sous le soleil de mai, un dîner sous les étoiles, du vin rouge et des rires en cascade, mais surtout une tendresse aussi naturelle que spontanée. Bienvenue. Profondément appréciée. Comme un bain chaud après une rude journée. Un week-end en forme de très belle surprise. Comme un don du ciel. Un petit miracle, quoi.

Ensuite, grâce à l'aide de la Sainte Mère (je plaisante, mais elle mérite plus que mille fois ce qualificatif), j'ai presque certainement trouvé mon prochain petit nid douillet. Pas si petit que ça. Mais douillet, et mignon. Et depuis je n'arrête pas de me dire que si j'arrive à changer ça, je pourrais changer n'importe quoi. Ma vie toute entière, même. C'est con, l'espoir, mais qu'est ce que ça fait du bien.

Hier, quand ma mère est partie, gros coup de blues.
L'angoisse de rester seule, sûrement. Je suis sortie boire un verre, au petit café habituel, histoire de voir des visages connus et de claquer quelques bises, ça réconforte. Et comme le hasard fait toujours bien les choses (ça va devenir mon credo), ma meilleure m'a rejoint, un, deux rosés, le soleil qui se couche quelque part, la nuit qui s'installe ici, et le rosé se transforme en rouge, avec un barbecue dans le jardin d'une maison, à la campagne.
Réveillée par un rayon de soleil. Le carrelage frais sous mes pieds nus, pas un bruit dans la maison. Le silence est rare dans ma vie, je l'entends mieux que n'importe quel autre bruit. Un jus de fruits. Il dormait encore.
J'en ai profité pour fumer ma première cigarette sur la terrasse. Le chant des oiseaux. La vue des arbres et de la fontaîne qu'il a construite de ses mains. C'est dingue, ce que des mains peuvent faire. Le vent qui se lève lentement. Puis lui. J'entends la porte de sa chambre s'ouvrir, je me retourne, il me propose un café.
Je ne me souviens plus de notre dernier matin commun. Mais j'ai l'impression que celui-ci était meilleur encore. Un tour dans le village, un croissant, un pain au chocolat, et une longue conversation sous le parasol, nous avons profité de la seule heure de soleil de la journée.
Il faut l'écouter parler. L'entendre, aussi. Sa parole est une intra-veineuse de sérénité. Sa voix est si calme, posée. Sûre. Comme un baton sur lequel on peut s'appuyer, pour marcher. Apaisante comme le bruit de l'eau. Elle s'inflitre jusqu'au cerveau, et lui impose un peu de repos. C'est bien de sentir, aussi, d'écouter son instinct plus que sa raison. Il faut que j'apprenne à me faire confiance. Que je retienne certaines choses. Comme cette phrase, dans le bouquin de cet après-midi.

Il m'a rammené en milieu de journée. J'ai pris une douche, me suis coiffée, maquillée, et suis allée faire un tour en ville. Pas d'arrêt au café, pas besoin de claquer des bises aujourd'hui. Ou alors au sens figuré. Je suis allée chercher ce livre dont il m'a tant parlé. Et des patisseries orientales, rue Carnot. Décidément, le gars est adorable, il m'a encore offert un makrout.
Je me suis assise dans le parc pour lire. La moitié du bouquin. Jusqu'à cette phrase. Je me suis arrêtée le temps d'écrire. De comprendre un peu, peut-être. De me servir un verre de vin et d'écouter du Bach. J'ai acheté le dernier Portishead, mais je l'écouterai plus tard.

Quoiqu'il arrive, n'en fais pas une affaire personnelle.
C'est con, comme phrase. Mais peut-être pas tant que ça.
Plus je me la répète, plus je me dis que j'aurais pu l'entendre de la voix de la majuscule. Ça fait deux grands sages dans ma vie. J'en ai de la chance.

J'en ai tellement, que quand je suis rentrée chez moi, trois petits gars chantaient sur la place. Je dis trois petits, mais ils ne l'étaient pas, doués en revanche, c'est indéniable. A capella, une espèce de gospel swingué, qui donne envie de remuer le bas des reins, et de sourire surtout. Je les avais vus la semaine dernière. Je buvais une bière en terrasse avec Sylvain, on avait trouvé ça chouette. Je m'étais dit que dans d'autres circonstances, je serais allée leurs parler. Ou du moins essayer. See what I mean ? Ben ouais, ce soir les circonstances étaient autres, alors...
Alors ils sont très sympas. J'ai passé un bon moment.

Et voilà.
Ce soir je suis seule, et c'est bien. Je gribouille un peu, j'écoute de la musique, j'ai des idées qui naissent, des phrases qui se contruisent, d'autres qui se détruisent, se déforment, se reforment, et je tape, je joue, sur les touches noires et blanches de mon clavier qui pourrait être un piano tant il sonne bien.
 
 

 
 
 

Un fil, vite fait

Par M. :: 29/04/2008 à 18:52 :: Petites Choses en general et en particulier
free music

 

Le temps passe à une vitesse...
Avril se meurt déjà, je ne l'ai pas vu vivre. Mai approche à grands pas, demain, non, le jour d'après, déjà... Puis viendra juin, la Corse, et très vite juillet, le festival. Je n'ai même pas hâte. Pourtant chaque année je l'attends en trépignant, mais là... Je sais qu'il va venir, il n'y a pas de suspens, pas d'impatience.
Le festival, donc, puis août, d'autres vacances, et mon anniversaire au milieu. 27 ans, toujours pas de suspens et encore moins d'impatience.
Ensuite la rentrée, l'automne, l'hiver, les fêtes de fin d'année et la grosse dépression qui va avec. Chouette.

Le temps passe à une vitesse...
Et en attendant j'en profite, de ce temps, plutôt joli d'ailleurs, on atteint les 25° au soleil, le panaché bien frais fait son grand retour, les apéros s'éternisent puisque les journées n'ont presque plus de fin, les nuits sont tièdes et moins calmes. Des lignes à lire en terrasses de cafés, d'autres à écrire dans le silence de ma cours. Des musiques d'ailleurs pour ajouter à la saveur du printemps tant attendu, enfin venu. Et des salades.

Je profite de ce temps et j'en fais des choses. Moins de petites, c'est vrai... Parce que le besoin est moins grand, il est presque mort, seule l'envie demeure, et j'en reste maîtresse. Parce que la vie prend beaucoup de temps. Parce qu'il fait beau et que je suis mieux dehors que dedans, devant mon écran. Et parce que j'ai d'autres projets.
Bien sûr, je pense chaque jour à toutes les petites choses que je n'ai pas écrites. Aux dernières que j'ai données, me disant que j'aurais pu, dû, faire mieux. Mais l'instant d'après je pense au reste, et il me plait beaucoup. Et puis, mes doigts continuent de s'agiter, sur un clavier ou bien une feuille de papier, mes gribouillages se poursuivent, ils nécessitent concentration. Une chose à la fois. Je suis bien trop entière pour être ici et ailleurs. Alors les silences durent un peu plus. Mais ils ne sont que pauses. Parenthèses.

Je fais des choses, mais en dis peu. Je commence à m'en apercevoir. Je cultive un secret très rare chez moi. Je tais beaucoup. Je parle, mais ne dis rien. Peut-être parce que je ne saurais trouver les mots. Peut-être parce qu'on ne saurait les entendre. Peut-être parce que je suis stupide, un peu, beaucoup, parfois. Moi qui confie d'ordinaire tant, j'ai aujourd'hui les poches pleines. Il faut que je les vide un peu. Mon gourou me l'a dit dimanche : il faut prendre le temps et la peine d'exprimer ses sentiments, ses sensations, ses avis. Je le ferai, promis. Mais pour dire, et tout dire, encore faut-il savoir que dire... Alors je goûte au silence, y trempe les lèvres, la moitié du coeur, les bords de l'âme, et ensuite, ensuite seulement, je parlerai. Les mots écloront de ma bouche comme les pétales du bouton. Je serai moi aussi une fleur de printemps. Coquelicot. Ou lila.
J'aime l'odeur du lila.

J'aime l'odeur du lila parce que c'est la fleur préférée de ma mère. Elle me rappelle cette époque où je sillonnais le quartier des villas avec ma copine Magali dans le but d'en trouver quelques branches accessibles. Alors, la nuit tombée nous revenions, et je rammenais un beau bouquet qui faisait fleurir un sourire sur le visage de celle qui m'en a offert tant.

Tant et si bien qu'une nouvelle poignée de lignes voilà écrite. Sans même m'en apercevoir. Et d'autres m'attendent.
Mais avant de partir quelques mots sur AaRON, revus vendredi, quelle chance ! Toujours un plaisir, un bonheur même. Toujours si magiques, si particuliers. Si intimes, si prés, tout prés... Au coeur. C'est là qu'ils sont. Et dans la tête des mots d'eux little love et compagnie, sometimes I do wonder / all my nights felt like days ... just blink an eye / did your eyes peacefully finally dive into the sea / even though we went too far you're my most beautiful scar / you're a porn soul / don't care what people say I'm dreaming louder every day / I drink your lies with some corona / I still hear you late at night / regarde, il gèle...
Avant de partir, encore, rappeler que je suis comme le soleil (quelle prétention !) : tôt ou tard, je reviens (pas trop mal rattrapé...).
Et avant de partir, vraiment cette fois, un signe de la main. J'aime bien.
Mieux : un baiser sur mes doigts, je souffle...
 
 
 

Tu vois, le Lubéron...

Par M. :: 13/04/2008 à 20:38 :: Petites Choses en general et en particulier
free music
 
 
 
 
On a pris la route en fin d'après midi. Le sourire aux lèvres et la musique fort dans la voiture. Des regards plein d'envie, et déjà presque satisfaits.
Autoroute direction Aix, puis suivre Pertuis.
 
La route était belle, et plus nous approchions, plus nous étions ravis. Des collines, des verts, des nuages accrochés aux montagnes, au loin, et parfois comme une chantilly grise qui coulerait des sommets. J'ai pris quelques photos, façon code de la route comme il dit, je préfère penser façon Petit Poucet.
Avant Villelaure, à gauche au rond-point.
 
Je n'arrêtais pas de répéter : tu vois ? Le Lubéron... Parce que c'est si beau, si simple. Parce que ça semble être si facile, là-bas, d'être si simple et si beau. Et parce que j'ai des idées en tête, parfois, comme des envies...
Ansouis. Parking à proximité. Escaliers en pierre à gauche.
 
Le sosie de Laurent Voulzy nous a accueillis. Bien. La chambre était la plus haute de l'établissement, vue sur toute la vallée, c'était superbe. Il a testé le lit, puis souri. M’a prise dans ses bras. Et m'a embrassée comme pour la première fois.
Nous sommes allés dîner. Un super petit resto d’ailleurs, dont j’ai gardé l’adresse, just in case…
 
Dans des draps de coton blancs, l’amour a dépassé mes craintes et je me suis donnée entièrement. Je me suis endormie satisfaite, le sourire aux lèvres, encore, dans la tendresse de ses bras.
La nuit fût belle.
 
Le soleil nous a réveillés de sa tiède caresse. Le clocher a sonné sa joie de nous trouver ainsi lovés, au petit matin. Un petit-déjeuner délicieux, et la route encore.
Lourmarin. Bonnieux. Apt.
 
Dans les rues de la ville, animées en ce jour de grand marché, j’étais fière d’avancer accrochée à son bras. Je me sentais bien, plus que bien, et tout ça grâce à lui. Grâce à son bras plié auquel je pouvais m’accrocher. Grâce à sa veste de velours noir dans laquelle il est si élégant. Grâce à son sourire, qu’il sait me transmettre. Ou bien est-ce l’inverse…
 
Les dernières heures ensemble, j’aurais voulu les étirer à l’infini.
Je ne voulais pas rentrer. Plus jamais. Parce que tu vois ? Le Lubéron…
Parce que si j’avais eu une baguette magique ce jour-là, je nous aurais construit une belle maison en pierre, avec un jardin à l’herbe bien verte pour nos pieds nus, une balançoire pour nos rires et une cheminée pour nos hivers de lecture. J’aurais envoyé valser tous les autres de nos rêves pour ne garder que celui-là, le plus simple, le plus bête, mais en l’instant le plus beau. Parce que dans cette maison en pierre que je rêve depuis si longtemps, avec son jardin à l’herbe verte, sa balançoire, ses champs de lavande ou d’oliviers tout autour, et ses collines au loin, je pouvais l’imaginer, lui, près de moi.
 
Avignon se rapprochait, les paysages nous devenaient plus familiers. Alors une dernière fois, je lui ai dit tu vois ? Le Lubéron… Il a répondu oui, je vois…, m’a souri, et a attrapé ma main pour y déposer un baiser.
 
 
 

Simplement fermer les yeux

Par M. :: 06/04/2008 à 22:55 :: Petites Choses en general et en particulier
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La tête qui tourne. Non, elle ne tourne plus en fait. Elle est lourde. Très lourde. Trop pleine ? Sûrement…
 
Week-end terminé. 
Fantastiquement arrosé. Trop. Trop peu de sommeil aussi.
Vendredi soir, jazz. Des heures et des heures de jazz. Quelques accords gratouillés sur une guitare électrique unplugged, quelques voix, des souvenirs. Des regards. Des battements de cœur. Et quelques pleurs, aussi.
Samedi matin. Il faisait beau. Le vent s’était calmé, le soleil brillait fort.
Petit-déjeuner anglais pour les trois, pour moi café-clope-soleil. Et mots. En espagnol. Un essai, une envie. 
Je voulais aller au marché d’Uzès avec mon marin. Manger des falafels, avec un ballon de rouge. Ou de rosé. Acheter de la verveine fraiche, et de la valériane pour Pablo. Puis me balader, ma main dans la sienne. Peut-être même faire l’amour en pleine campagne. Parler des heures. Tout lui dire. Prendre le temps de trouver les mots, et enfin tout lui dire.
Mais c’était compter sans James Bond. Et on ne peut compter sans James Bond. A partir de là, j’avais le choix : penser et penser encore à la journée que j’avais attendue et rêvée toute la semaine. Maudire celui qui. Ou go on with the flow. J’ai opté pour la dernière alternative. J’ai donc suivi mon marin, lui-même guidé par James Bond.
Un déjeuner à St Rémy, le soleil sur ma nuque, ma tête qui tourne et bourdonne un peu, après le café. Puis des mojitos au Vallon de Valrugues, un très bel hôtel. 15h. Sur la terrasse, ombragée. Pas un bruit, juste nos rires. Et la glace pilée qui craque sous nos dents.
La musique fort dans la voiture. Aretha.
Retour sur Avignon. Parce qu’il le faut bien.
Boire jusqu’à la tombée de la nuit.
Boire jusqu’au coma. Enfin, presque. Trop en tous cas.
Je me suis endormie.
Réveillée par le soleil. Oublié de tirer les rideaux. Tôt. Trop tôt. L’un ronfle, l’autre dort, paisible. Et moi j’angoisse. Stupide.
Mille choses dans la tête. Je n’arrive pas à faire le tri. A mettre de l’ordre. A chasser l’angoisse, latente, mais bien présente. Je voudrais pourtant…
 
Je voudrais m’abandonner. Je voudrais me laisser aimer. Je voudrais accepter. Mais… Mais il n’y a pas de mais. Il y a un avril qui débute, je voudrais qu’il me voit me découvrir de tous mes fils. Pour en mai, faire ce qui me plait, ce qui te plait, ce qui lui plait. Ce qui lui plait, surtout.
 
Deux courants de pensée. Deux impressions. Deux perceptions.
La première parle de mon nouveau bonheur. Celui qui fait plaisir à voir, à entendre, à lire. Du bien. La seconde me demande comment je vais, et me parle d’une angoisse, bien planquée entre mes lignes.
Et tout est vrai. Tout le monde a gagné. Moi, au milieu, je me noies un peu, mais c’est pas grave : tout le monde a gagné, c’est le débat. Je n’ai pas à me débattre.
 
Mon marin sait lire toutes mes lignes. Toutes.
Celles des petites choses, mais aussi les autres, les cachées, les secrètes, les tues. Les musicales. Il sait aussi lire les lignes de mon visage. Celles de mon regard inquiet. De mon esprit perturbé. Des questions non posées. De ma tête ailleurs. De mon oui, oui, ça va menteur. Les lignes de ma voix. Calme et posée. Ou pas. Les lignes de mon corps. Qui s’abandonne. Ou pas. Les lignes que je lance, à la mer, ou au lac, là où il n’y a jamais le feu.. Et même les lignes que je ne vois pas, il sait les lire.
Il lit en moi comme dans un livre ouvert. L’expression n’a jamais été si juste.
 
Les seules lignes qu’il ne lit pas, ce sont celles de la main. J’aurais aimé, pourtant.
 
Je suis fatiguée. La journée touche à sa fin. Je vais bientôt m’étendre sur mon lit. Enfin. Poser ma tête si lourde sur l’oreiller. Enfin. Dormir. Enfin. Ne plus penser ? Ce serait bien...
Simplement fermer les yeux.
 
 
 

Silence

Par M. :: 04/04/2008 à 14:34 :: Petites Choses en general et en particulier
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Ça tourne ?
Oh oui, ça tourne. Ça tourne vite, ça tourne fort. Un carroussel ? Une toupie ? Des montagnes russes ?
A chaque fin de tour, la tête dans tous les sens, je fixe un point, au loin, pour retrouver mon équilibre, mes repères. Un peu de calme. Et ça repart...

Le bonheur fout la trouille. L'engagement fout la trouille. L'absence de prétexte à l'échec fout la trouille.
J'ai la trouille. Pas le mal de mer, juste l'appréhension de la traversée.
L'avantage, c'est que j'ai un très bon marin à mes côtés. Il connait mes peurs, il sait les entendre. Il sait les accepter, comme il m'accepte moi. C'est vrai. Je le réalise soudain : c'est moi entière qu'il prend. Moi, mes cheveux qui m'obsèdent, mes yeux bleus qui brillent ou se noient, mes petits seins et mes rondeurs ailleurs, mes tenues noires et mes jean-baskets, mes rires et mes mauvaises humeurs, mes conneries, ma tête ailleurs, mes petites choses et leur majuscule, mes angoisses, mes cauchemars, mes rêves, mes trèves, la liste est longue, banale mais infinie, la liste c'est moi et il a signé tout en bas.
J'ai de la chance. Je m'en rends compte.
Et un matin j'aurais perdu cette sensation de vivre la vie d'une autre.

C'est une dynamique.
Ce qui m'arrive, ce qui nous arrive, en découle. Peut-être la partie ascendante de la vie. Peut-être avant la prochaine descente, alors montons haut, vite, profitons-en.
On va faire de la musique. Pour de vrai. Bientôt, vous nous écouterez. Et, au diable la modestie ! : bientôt, vous ne serez pas les seuls à nous écouter. Je dis nous écouter. Maintenant, je me sens part du projet. Je sais que ma pierre figure à l'édifice. Comme si j'avais donné à Gyl les couleurs pour peindre. Ce n'est pas la toile, mais ça compte un peu quand même, les couleurs. Même James Bond a trouvé qu'il s'en dégageait une atmosphère très particulière. Y'a quelque chose à en faire. Y'a de la matière. De la glaise ? Je souris, là. Une pensée qui fait du bien.
Je vais avoir des enfants avant l'heure. Et je souris encore.

Hier soir, mon marin a cuisiné pour Gyl, James Bond et moi. De la musique, un coin de cheminée, du saumon et du bon vin. J'ai dormi dans de beaux bras, dans une très belle maison, ouvert les yeux sur un magnifique jardin et bu un bon café. Au soleil. S'il n'y avait pas eu tant de vent, la piscine m'aurait sérieusement tentée... Une belle matinée.
Je suis rentrée pour la séance rangement-ménage du premier jour de repos, aussi impérative que peu enthousiasmante, mais j'ai bien dormi, je suis en forme.
Seulement... L'ordinateur m'a fait de l'oeil. A peine la porte passée... Je suis addict. Je suis foutue.
Je l'ai ouvert, non, je me suis jetée dessus, et j'ai tapé, tapé jusqu'en avoir mal au doigts.
Un peu de ma musique. Ne pas oublier que la musique est un cadeau. Un peu de mon Palais. Un peu de mon chat, qui dort au soleil, sur le bureau. Un peu de mon silence habité.
Puis quelques lignes pour ici. Parce que je suis addict aussi.
J'ai l'addiction dans le sang. Mais je crois l'avoir toujours dit.


Le flamboiement des cheminées

Par M. :: 02/04/2008 à 13:23 :: Petites Choses en general et en particulier
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J'avais trouvé le titre un peu ridicule. Mais j'avais aimé l'intention. Et puis, le cahier en lui même était très beau. Beige et bordeaux. Le titre joliement caligraphiée par les blanches mains de ma si chère amie, Magali. Son dos était turquoise, pour un peu de gaité, j'en avais besoin, elle me connaissait bien.
Sur la première page, une dédicace. De très jolis mots, une belle déclaration d'amour. Et une carte postale, collée. Une de trainspotting, on avait tant aimé le film à l'époque, et ce choose life en grosses lettres oranges.
Je relis... et m'aperçois que les voeux de Magali n'ont pas été exhaucés : ...et j'espère que tu demeureras à mes côtés encore une éternité. C'était pour moi une évidence. Mais la vie a fait son travail.

Je me souviens parfaitement du soir où elle me l'a offert : mon 21eme anniversaire. Elle m'avait invitée à dîner chez l'indien. C'était bon. Elle m'avait offert cette montre que je porte toujours, et ce cahier, Le Flamboiement des Cheminées. Son devoir était de me suivre partout. Mon devoir était de lui offrir une belle vie, des pages bien remplies. Je ne suis pas sûre d'avoir réussi.

Je ne l'ouvre plus très souvent. Avec une légère appréhension, hier soir. Des mois qu'il était resté fermé. Enfermé. Dans le grand tiroir du bureau.

Première page : 20 août 2002. Des promesses. Non tenues, évidemment.
Puis les souvenirs de mon premier festival d'Avignon, je n'y vivais pas encore. Et ceux des soirées bateau, meilleur concept de soirée que je connaisse, et dont je reparlerai sûrement. Quelques essais d'écriture. Sans talent mais avec vérité : ... Je ne suis devenue ni maîtresse, ni infirmière, ni bergère, ni rien de ce que j'avais imaginé. Je suis devenue une étudiante en langues qui ne sait pas ce qu'elle va devenir. Alors j'écris. Pour passer le temps, l'ennui, le chagrin aussi, parfois. ... Ouais.
J'y raconte aussi mon premier week-end avec Benoît. Toutes ces choses que j'ai vécu avec lui. Ma rencontre avec l'Océan, Paris 2003, Banon, St André, Madredeus, les livres et la cheminée, les concerts de Radiohead, DJ Krush ou encore Jorane.
La mort de mon grand-père. Avec très peu de mots. Et celle de David Dumas, le fils spirituel de mon père, comme il disait. Mon frère de coeur. C'était en juillet 2004, et ça fait toujours aussi mal. Ça fait déjà quatre ans... Comme le temps passe vite... Comme j'aimerais, parfois, le ralentir...
Ah... J'ai aussi noté quand Benoît m'a quittée. Et quelques uns des amants qui m'ont consolée. Mes rencontres. Mes festivals d'Avignon, vécus intra-muros ceux-là, toujours si riches. La recette du Blue M. Fizz, un cocktail crée par Julien, un cocktail comme un poème. La déclaration la plus originale que l'on m'ait jamais faite.
Quelques photos. Mes solitudes. Mes larmes. Mon besoin d'amour. Londres. Mes musiques. Des bouts de moi. Un blog avant l'heure. Un blog secret.

Les derniers mots que j'y ai couché sont sur C.

Hier soir, j'avais envie d'écrire. Mais aucune petite chose en tête.
Alors j'ai raconté ce moment jamais vécu. Cette plage de Cuba que j'ai rêvée un million de fois, les guitares de mon imagination, le rhum tiède et ma tête qui tourne. Les rires en cascades, les miens que je ne retiens plus. Le sable frais entre mes orteils. La nuit, et les vagues. Le feu. Un grand feu. Les cheminées qui flamboient, enfin.


Le bonheur et le café

Par M. :: 19/03/2008 à 11:23 :: Petites Choses en general et en particulier
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Il y a celui du matin. Partagé ou non. Meilleur partagé, quand même.
Celui qui embaume la cuisine, et, si on a de la chance, le reste de l'appartement. Le café qui réveille d'abord par les narines, puis par les papilles.
Après une nuit d'amour, c'est bien. Un café et une petite musique. Une cigarette et ses volutes de fumée pour savourer ce qui reste de nos rêves passés. Pour en sortir, tout doucement. Habillés d'un drap, ou de rien. Ou de baisers café. Parfumés. Délicieux.

Il y a celui du matin, bu dehors. Dans une petite ruelle. Un café du Guatemala pour moi, pour lui... J'ai honte d'avouer que je ne m'en souviens pas. Mais je me souviens de l'endroit, de l'heure, du soleil et de l'air frais. De la chemise Kenzo et de la photo volée comme un baiser.
Le café du matin bu dehors, quand chaque passant croisé peut lire dans nos yeux le plaisir éprouvé quelques minutes plus tôt.

Il y a celui bu ailleurs, loin. Dans un autre pays.
Le Starbucks sur Oxford Street. Le café solo commandé sur la Plaza Real. L'espresso jamais bu à Florence.

Et puis il y a celui sur la grande place, quelques minutes avant d'aller travailler. Un retour de vacances. Des retrouvailles avec les lieux, et leurs habitants. Et puis là, au milieu du soleil, un visage connu, aimé, souriant qui s'avance. Un baiser sur la joue, une main dans le dos. Un regard tendre, des mots complices.
Et deux cafés.
 
 
 

Je verrai bien

Par M. :: 12/03/2008 à 16:54 :: Petites Choses en general et en particulier
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J'ai quelques mots qui me trottent dans la tête, comme un air. Un secret que mes lèvres n'osent prononcer. Elles se serrent, je les mords, et les mots résonnent plus fort dans ma tête.

Le ciel est entre deux, aujourd'hui. Entre gris clair et gris foncé. Le soleil fait quelques percées, comme pour me donner raison.

Je suis en vacances depuis lundi. Jusqu'à dimanche.
J'ai beaucoup dormi. J'étais très fatiguée. Et puis, la nuit porte conseil dit-on, et j'en avais besoin.
J'ai passé beaucoup de temps à regarder le Palais. Quelques musiques et quelques mots. Je me sens tellement bien, comme dans une bulle, un cocon de soie.
J'écoute les gymnopédies d'Eric Satie et mes pensées s'envolent par la fenêtre, au dessus des tours, au dessus des murs, loin. Je sais que ce n'est qu'une pause, bientôt le temps va reprendre sa course folle, il me faudra lui faire face. Mais en attendant... En attendant, je vole un peu. Je suis bien.

La lumière est vraiment fantastique sur cette ville. Ou bien ce sont mes yeux qui voient mieux. Je ne sais. Mais que j'aime cette lumière ! C'est la même, je crois, qui brille sur ma vie depuis que je suis ici. Douce et chaude, entre le doré et le rose. Comme une bulle.

Hier, Ketty a dormi à la maison. Entre tard la nuit et tôt le matin, nous sommes sorties sur la place boire un verre de vin et fumer un joint. L'endroit était désert. Nous avions le Palais pour nous seules.
Nous l'avons longtemps regardé. Nous avons dit combien nous aimons ces pierres. Même si nous ne comprenons pas pourquoi. L'aura...
Nous avons beaucoup parlé, dans le calme de la place. Il y avait peu d'étoiles. Le bruit des voitures, pas si loin. Et nos mots résonnaient sur les pierres, alors nous parlions doucement. Elle est sympa, ta terrasse, m'a dit Ketty en souriant.
Nous aurions dormi là, si nous avions pu.
Je vis beaucoup de moments parfaits, en ce moment.

Et j'apprends à aimer la pluie.
Comme hier, une bière quand Gilles est sorti du boulot. En terrasse. Sous un parasol-parapluie. Je n'avais pas froid. Je souriais bêtement. L'alcool, sûrement. La place des Corps Saints est vraiment très jolie. Je n'y viens pas assez souvent. Les murs du cloitre des Célestins captent très bien la lumière. J'aurais voulu que la fin de journée dure toujours.
Mais la nuit finit par tomber. Il fallait s'y attendre.

Tout à l'heure, comme hier et comme lundi, je sortirai boire un café. Je marcherai un peu dans les rues piétonnes. Je m'offrirai une gourmandise, sablé chocolat ou navette à la fleur d'oranger. Une petite musique en tête. Et j'attendrai que quelque chose se passe. Il se passe toujours quelque chose.

Demain, je m'en vais retrouver mon petit village du bord de mer. Mes parents, ma soeur. Ma plage.
J'ai hâte de marcher seule dans le sable, les yeux perdus dans le bleu des vagues. M'éloigner un peu pour mieux revenir.

C'est un peu flou, dans ma tête. Les pensées s'enmêlent. Mais bizarement, elles ne m'étouffent pas. Je suis floue, mais pas perdue. Etonnament calme. Je suppose que j'ai le temps de mettre de l'ordre et de la lumière.

Quand je serai à Carnon, je... Non.
Je verrai bien.
 
 
 

In the mood

Par M. :: 09/03/2008 à 21:54 :: Petites Choses en general et en particulier
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La temps était à l'anglaise, aujourd'hui. Le ciel gris et bas. Quelques gouttes de pluie, fines, tombées avec parcimonie sur les pavés de la ville. La ville. Elle est belle dans le gris, autant que dans la lumière. Mais sous ce ciel si bas, qui la couvre comme un manteau, elle révèle toute son aura. Et cet après midi, elle m'a enveloppée, et je flottais allègrement à quelques centimètres des pavés. Je n'ai pas senti le froid. Mes cheveux n'ont pas frisé malgré l'humidité. J'étais protégée.

J'ai marché la tête en l'air, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas fait. J'ai vu de grandes fenêtres, des intérieurs éclairés, de jolies décorations et des terrasses sur les toîts, pour rêver sous le ciel d'été.
J'ai flané devant les vitrines des magasins, prenant le temps de les regarder. Les livres pour enfants de l'eau vive. Ceux pour adultes de la mémoire du monde. Les théières rue des Fourbisseurs. Et j'ai souri devant les propositions de voyages organisés d'une petite agence, rue des trois faucons. Je n'aime pas les voyages organisés.

Place du change, un homme assis par terre jouait de l'accordéon. Gilles a dit que j'étais Amélie. J'ai souri. Lui aussi. Puis il m'a raccompagnée, je lui ai fait un café que nous avons bu en regardant le Palais. Et en écoutant Bach. Un moment parfait.
Quand il est parti, je suis restée un instant à la porte, ouverte, à regarder les gens courir sur la grande place. Le ciel pleurait de nouveau, fort cette fois.

Quand il fait gris, j'écoute du classique. Et le temps n'est plus mauvais mais il a du cachet. Comme d'un coup de baguette magique. Drôlement magique, avant, les jours de pluie, je pleurais. Pour imiter le ciel, je crois. Défaut de personnalité.
J'ai écouté le Stabat Mater de Pergolesi et j'ai écrit un peu.
J'ai pensé à Judd, cet américain ami de Gilles que j'ai rencontré chez Gyl, vendredi soir. Une très belle soirée. Un bon dîner, une atmosphère chaleureuse, et deux autres de mes textes mis en musique. Décidément, j'aime ce qu'elle fait de mes mots.
Judd m'a fait penser à Jack London. Peut-être à cause de son chalet dans les montagnes du Nouveau Mexique et de son chien loup. Peut-être parce qu'il écrit. Ou peut-être que ce n'est que dans ma tête. J'ai aimé voir Gilles heureux de la présence de son ami, il en était fort, il en était beau. Ce soir là, il irradiait, et j'étais fière d'être à ses côtés.
La soirée s'est terminée chez moi, au lever du jour. Un dernier verre de vin et Judd a lu quelques unes de mes lignes, j'étais si génée... Nous l'avons aidé à traduire, à comprendre. What comes is better than what came before avait une jolie couleur dans ses yeux.
J'ai aimé parler avec lui, de son pays, des élections à venir, de sa vision du monde, lui qui a tant voyagé.
Ma nuit a commencé au petit matin, ivre de vin et de tendresse.

Je me suis sentie ivre toute la journée qui a suivi.

Mais ce matin, ça allait mieux.
Je me suis levée d'un bond, malgré l'heure matinale d'ordinaire si pénible pour moi. Je suis allée travailler avec le sourire, sans (trop de) fatigue. J'ai bu un café avec Arnaud sur la place encore endormie. Le soleil n'a brillé que sur les premières heures du jour, et j'étais là pour le voir.

Maintenant, j'hésite.
Un film ?
Quelques lignes ? J'ai envie de finir cette histoire inventée, celle de Louise... En suis-je seulement à la hauteur ? Suis-je capable de parler de quelqu'un d'autre que moi ?
Ou un bain. Des bougies, du vin, et Mozart.
J'hésite.

La pluie tombe toujours, dehors. Je la regarde par la fenêtre.
La place est déserte, elle luit dans la lumière des réverbères.
La musique résonne dans mon petit appartement. Le chat ronronne, couché sur le bureau. Et moi, mon verre de vin à la main, je regarde par la fenêtre la pluie tomber sur les pavés et je pense à cette chanson de Jeff Buckley looking by the door I see the rain...
C'est bien comme ça. Je ne vais rien changer.
 
 
 
 

29, rue de Charenton

Par M. :: 08/03/2008 à 23:34 :: Petites Choses en general et en particulier
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NB : le texte de Fersen est un régal... Pour ceux qui ont envie d'entendre une autre histoire...

 

C'est au numéro 29 de la rue de Charenton.

Dans la cour intérieure, la première entrée à gauche. Les escaliers, jusqu'au 5 étage. Haut, oui. Epuisant. La porte de gauche.
Attention à la valise, en rentrant, le couloir est étroit. Je l'ai préparée hier, pour être sûre de ne rien oublier.
De suite, à droite, la salle de bain. Elle est tout en bois, c'est joli. Les sols, les murs, l'encadrement de la baignoire. Hier soir, on a pris un bain, c'est drôle de se dire que c'était notre dernier ici.
Je suis là, face à la fenêtre, derrière le bar. Je fais la vaisselle, en attendant le café. Continue, un peu plus loin, sur la table, il y a le bouquin et les CDs que j'ai prévu pour le voyage : Trois chevaux, d'Erri de Luca (il vient de me l'offrir), le dernier Radiohead, hail to the thief (dire que le concert, c'était y'a même pas 3 semaines), le Triplex de Thomas Fersen et l'Ernest Ranglin qu'il m'a gravé. Mes lunettes de soleil, pour pouvoir pleurer discrètement en regardant à travers le hublot.
Il faut que je pense à récupérer le soutien gorge que j'ai laissé sur la mezzanine. Quoique...je devrais peut-être le laisser...

J'enfile un jean, un débardeur, mes gazelles, et me sers une tasse de café. Il est 10h, j'ai encore le temps.
Je le broies bois le noir en fumant une cigarette, les pieds sur le rebord de la fenêtre, comme j'ai aimé le faire pendant ces deux mois. J'entends les bruits de la rue qui m'ont empêchée de dormir toutes ces nuits, et je réalise soudain qu'ils vont me manquer. S'ils étaient les seuls...

Je mets toutes mes affaires qui trainent encore dans mon sac, mes clopes, mon portable, je vérifie 3 fois que j'ai bien mon billet, ma carte d'identité, ma carte orange... Tout est bon. Let's go...

Un dernier coup d'oeil à l'appartement, à la fenêtre, ma meilleure amie de l'été, à mes souvenirs... Pourquoi je pars, au fait ? Je devrais peut-être rester... Je devrais peut-être...


Je ferme la porte à clé, descends les 5 étages en manquant de me tuer 3 fois, remets les clés au concierge il passera les récupérer entre 18h30 et 19h, j'ouvre la grande porte du N° 29... Ciao, cours intérieure de nos apéros d'été...
Je remonte la rue de Charenton jusqu'à la station Dugommier. A Denfer, je changerai pour le RER B, puis l'Orlyval. Ciao rue de Charenton, Monoprix et tabac de nuit, ciao quartier de mon été...



C'était la fin de mon été parisien. Mon premier été Benoît.
J'avais vraiment appris à aimer cette vie là. Malgré des débuts difficiles et douloureux, j'avais fini par adopter Paris, son rythme, ses gens, et je crois que Paris m'avait adoptée aussi. Elle a su taire mes crises, de larmes et de nerfs, aussi violentes furent-elles, et elle a porté mes sourires, mes yeux grands ouverts, émerveillés si souvent parce que putain qu'elle est belle ! J'avais tant de temps pour la parcourir, à pieds ou en décapotable (j'avais de bonnes relations), arpenter ses rues, traverser ses places, ne pas entrer dans ses églises et manger ses glaces.


30 juin 2003, 01h34
La rumeur de la ville ne semble pas perturber son sommeil. Il dort, tranquille, allongé sur le côté. Il dort sans savoir le temps que je passe à le regarder. Sur des notes de violoncelles.
Il est beau quand il dort. Autant que quand il ne dort pas.
Il est beau quand il dort et moi j'écris dans la pénombre... Quelle idiote !
J'ai beaucoup écrit, à Paris. Dans le carnet offert par Magali.
J'ai fumé le cigare aussi, un soir. Et j'ai bu mon premier Château Margaux.


C'était après Banon et avant Avignon. Entre le début et la fin.
C'était Paris, c'était l'été, et c'était bien.





 

The wind cries

Par M. :: 07/03/2008 à 0:50 :: Petites Choses en general et en particulier
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Le vent s'est remis à souffler. Il a repris sa course folle, du Ventou à la mer bleue, à 120 km/h. Je marche courbée, pour ne pas m'envoler. Il m'oblige à me prosterner devant sa grandeur, et sa force. Il aura le dessus, et le dernier mot.
Il a envolé les restes de mon week-end ensoleillé. Je lui en veux, un peu.

Le vent me tient compagnie, la nuit. Quand la musique s'arrête, il prend sa suite. Ne me laisse pas dans le silence. Il remplace le souffle qui me berçait il y a quelques jours encore. Et puis, il me raconte des histoires... Je l'écoute et il me dit les têtes qu'il a décoiffées, les chapeaux qu'il a envolés, les pollens dont il a fait des nuages, et les voiles qu'il a gonflées, pour voir les navires avancer.
J'aime les histoires du vent.

Le vent souffle sur la ville comme il souffle sur mon coeur.
Je ne suis pas triste, je suis ventée. Comme ma maison, dont toutes les fenêtres sont ouvertes. D'ailleurs, des feuilles de papier se sont envolées du bureau. Elles jouent les feuilles mortes, sur le parquet du salon. Je leurs marche dessus, mais elle ne crissent pas. J'ai voulu fermer une fenêtre, le temps de ramasser, et d'être un peu tranquille, mais... ce ne serait plus ma maison, si je fermais une fenêtre. Les voyageurs ne la reconnaitraient pas.

Je voudrais que le vent emporte mes baisers, et les vole jusqu'à toi.

Le vent rend fou. Le vent énerve. Le vent perturbe.
Je le préfère à la pluie, qui fait bêtement friser mes cheveux.
Je le préfère parce qu'il m'offre un ciel bleu.
Je le préfère parce qu'il amène, et il chasse.
Le vent mélange.
Je l'aime parce qu'il est vivant.

La porte claque, dans le couloir.
Ma voisine noctambule ne sortira pas ce soir, elle est trop légère, trop frêle. Petite coquille de noix. Demain, j'irai lui apporter du thé. Peut-être.

Wild is the wind, je l'ai déjà fait. Alors chut. Mais quand même...

Si le vent ne soufflait pas, la nuit serait silencieuse.
Je ne veux pas de silence, ce soir. Je ne veux pas de bruit non plus. Je veux un chant, long et monotone. Je veux une présence, fut-elle celle du vent.

Le mistral est revenu quand tu es parti. Il soufflera jusqu'à ton retour. Il soufflera fort, très fort, si fort qu'il te rammènera à moi.
Tu verras.



Matins

Par M. :: 27/02/2008 à 20:27 :: Petites Choses en general et en particulier
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Je déteste les matins. Enfin, je déteste avoir à me lever le matin. J'ai du sang de marmotte dans les veines...
En réalité, je ne vis que très peu de matinées. Je travaille tard dans la soirée, me couche donc tard, et me lève...tard aussi, bravo. Rarement avant 10h.
10h, le temps d'émerger lentement sous la couette, préparer un vague p'tit déj', prendre une douche and co... Il est midi. Deux courses, déjeuner, je me maquille, m'habille et file travailler.
Quand je ne travaille pas, je me lève tard aussi. Y'a pas de raison. Et ma journée commence à 15h (j'entends par là que je mets le nez dehors à 15h, mais je me lève un peu plus tôt, quand même...).
Ce rythme particulier est dû à mes horaires tout aussi particuliers (boulot de merde!) mais aussi, il me faut bien l'avouer, à ma nature non moins particulière. Je n'ai jamais été du matin. Me lever a toujours été une épreuve pour moi. Et dès l'entrée à la fac, j'ai choisi des cours l'aprés-midi, 12h au plus tôt. Oui, je sais, c'est pas terrible, je sais, la journée appartient à ceux qui se lèvent tôt (et la nuit à ceux qui se couchent tard !), je sais tout ça.
Je sais aussi que ça peut être très bien, un matin...

Quand j'étais avec Benoît, les matins étaient fabuleux.
Déjà, se réveiller et faire l'amour, voire être réveillée ainsi, hum...y'a pas à dire, ça fait une nette différence. Il n'était pas plus matinal que moi, mais de temps en temps il faisait l'effort, et par conséquent moi aussi. L'hiver, les matins étaient tendres, et chaud. Il préparait tout, comme toujours quand il était question de cuisine : les tartines grillées (de pain frais, attention), le beurre, le miel, et les 3 sortes de confitures (au moins), le thé, le café, le jus d'oranges pressées...et la musique, bien sûr. Pas un réveil sans musique, avec Benoît. Sigur Ros, pour un réveil tout en douceur, Ali Farka Touré pour un réveil doux, mais plus assuré, ou encore Aretha pour un réveil plus..groové ? L'été, les matins étaient latins. Brésiliens avec Vinicius de Moraes, péruvien avec Susana Baca, ou encore espagnols avec Paco de Lucia. Sur la terrasse, sous la pergola. A peine vêtus. Souriants. On prenait le temps. C'était bien. En ce temps là, j'aimais les matins.

J'ai aussi aimé les matins couleur majuscule.
Pas aussi gourmants, quoique...une autre forme de gourmandise. Un orgasme avant le café c'est...oups, je mégare ! Désolée, tous ces souvenirs me font perdre le fil (et la tête...). On sortait ensuite boire un café en ville. Mes yeux trahissaient le plaisir que j'avais eu quelques minutes plus tôt, son sourire en coin n'en disait pas moins, qu'est ce que j'étais bien, à son bras...

J'ai connu des matins en camaïeu, de bruns, de blonds, des matins soupir et des matins à fuir, des matins café-vite-fait et d'autres p'tits déj' complets, des matins où il dort encore quand je ferme la porte, ou bien le contraire...

Il y a des matins, simples, presque sans rien, dont je me souviens bien, aussi.
Quand j'habitais chez mes grands-parents, après que Benoît m'ait larguée et que je me sois retrouvée seule en Avignon, sans mec, sans toît, etc... Un matin, j'ai ouvert les yeux et le soleil était incroyable. Il faisait froid, c'était l'hiver, mais le ciel était d'un bleu aveuglant. J'étais seule dans la maison. J'ai pris mon petit déjeuner dans le salon d'été, face aux baies vitrées, le soleil en pleine poire et le thé bien parfumé. Puis j'étais sortie fumer une cigarette, avant d'aller nourrir la famille de chats des champs (y'a pas tant de gouttières, là-bas...) qui avait élu domicile près des cerisiers des voisins. C'était tout con, comme matin, mais qu'est ce que c'était bien.

Et puis celui-là : cet été, j'étais en vacances chez mes parents. Il n'était même pas si tôt et pourtant la plage était déserte. Le soleil était franc mais pas encore violent, sa lumière juste superbe sur la mer qui ne clignait l'oeil, et moi j'étais peut-être un peu triste quelques secondes avant mais lorsque j'ai lancé la lecture de cette chanson, cette chanson là... j'ai souri et me suis dit que ce matin valait 3 milliards.
 
 
 

Just perfect

Par M. :: 21/02/2008 à 8:03 :: Petites Choses en general et en particulier
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Son premier geste fût de mettre une fleur à ma boutonnière. Et dans cette attention, simple et originale, j'aurais pu lire tout l'avenir de notre belle relation.
Parce que Gilles et moi avons une belle, une très belle relation. Elle s'est construite simplement, naturellement, au fil du temps. Elle se renforce à chacune de nos entrevues, du moins en ai-je l'impression. Mais laissez moi vous raconter l'histoire de Gilles et M. (bien plus soft que celle de Bonnie et Clyde !).

C'était un jeudi soir. D'improvisations en inattendus, je me suis retrouvée à la Compagnie des Comptoirs. Je déteste cet endroit. Certes, le cadre est beau et très agréable, mais la fréquentation... Disons que c'est un peu le QG de la jet set avignonaise sauf qu'en Avignon, ben y'a pas de jet set. Mais y'a la vendeuse de la boutique Gucci, le coiffeur du salon Jean-Louis David, rue des Marchands, et les serveurs de l'Opéra Café. Nos stars à nous. Enfin, leurs stars à eux. C'est dire la joie que je ressentais à être en ces lieux. Qui plus est, mon escorte de la soirée était sympathique, mais ivre, et avait donc tendance à m'oublier un peu. Je ne lui en voulais pas, je me serais oubliée aussi si j'avais pu. Il m'a quand même offert un verre de rosé glacé, charmante attention que j'appréciai. Et c'est sur ces entrefaites que Gilles fit son entrée.

Son premier geste fût donc de mettre une fleur à ma boutonnière. Puis il a passé son bras sous le mien, et m'a entraînée vers le bar. Un autre rosé glacé. Une cigarette. Et une conversation sur Montpellier. Nous avions ceci en commun, d'y avoir vécu. Moi pendant plus de 20 ans, avant Avignon, lui juste un an, entre Sidney et Avignon. Sidney ?? Oui, Sidney. Et Gilles me raconta l'Australie.
Je me souviens qu'au moment où je lui ai dit que j'allais rentrer, il m'a tendu sa carte : Je sais que ça fait prétencieux de te sortir ma carte comme ça, mais ça me ferait plaisir que tu m'appelles.

J'ai hésité 7 jours. Le huitième, je lui ai envoyé un SMS. Je craignais qu'il ne se souvienne pas de moi.
Le lendemain, nous allions boire un café.
Et deux semaines plus tard, un verre. Puis deux, trois, quatre...
Et peu à peu sortir de notre réserve, s'affranchir de cette crainte de n'être pas à la hauteur, et parler. Parler vraiment, avec le coeur.
D'abord, je m'en souviens bien, de Wilde, Dorian Gray bien sûr. Il l'avait vu joué à Sidney, dans une adaptation contemporaine qu'il me décrivait si bien qu'en fermant les yeux, j'y étais presque. Puis de l'écriture, Gilles et moi avons le même virus... Il m'a raconté ses ateliers d'écriture, ses carnets et histoires. Mais je ne l'ai lu que des mois plus tard.
Assez vite, je lui ai parlé de C. Et il a compris, immédiatement. Il a toujours très bien compris mes sentiments, j'avais parfois l'impression qu'il les éprouvait quand je les lui racontais. C'était facile...

Tout est toujours facile avec Gilles. Je lui parle, il comprend. Il commence, j'enchaîne. Je lance, il rebondit. Pas besoin de mille mots, un parfois suffit pour que nous voyions les mêmes couleurs sur la toile blanche. On est connecté.

Puis il y a eu cette soirée à l'Opéra. Just perfect...
Je crois que c'est là, ou pas loin, que les dernières réserves se sont effacées. Je dis réserves, mais il s'agissait plutôt de pudeurs (oui, je peux en faire preuve, aussi étonnant que cela puisse paraître). Nous nous sommes découverts lentement, progressivement, nous n'avons rien brusqué, rien cherché, nos bras se sont ouverts naturellement l'un à l'autre.
En parlant de bras... Je me souviens parfaitement de la toute première fois que Gilles m'a prise dans ses bras. C'était à l'hôtel, il était passé avec Ketty, me dire bonjour. Et là, sans que je sache vraiment pourquoi, il m'a enlacée et a posé sa tête contre la mienne. C'était beau...

Depuis, il y a eu beaucoup d'autres moments.
J'ai lu ses lignes...et j'ai aimé, tellement, il a tellement de talent.
On a écrit des chansons ensemble.
On a parlé littérature, on a écouté de la musique.
On a bu du vin, fumé des cigarettes, avec poésie.
Avec simplicité, toujours.
On a beaucoup ri, aussi.
Et on a parlé, tant parlé.
Il fait partie de ces si rares personnes auxquelles je peux tout montrer, cette image pour laquelle je travaille si dur et qui a certainement trop d'importance à mes yeux, et ce qu'elle cache, moins glorieux, ce que je déroule ligne à ligne ici depuis plusieurs mois. Et si je peux tout lui montrer, c'est parce que, lentement, il s'est dévoilé aussi. M'a dit ce qu'on ne dit pas à tout le monde.
C'est ça, en fait : à chaque pas de l'un, l'autre suivait, toujours lentement, un peu timidement, vraiment pas à pas, ainsi on s'est retrouvé dans la même toute petite pièce, celle qu'on ferme à clé pour que personne n'entre, parce qu'elle n'est jamais rangée.

Et puis, Gilles est vraiment une belle personne.
Tout est beau, chez lui et avec lui. Il sait mettre de la beauté, de la poésie, dans les vies, regardez ce qu'il fait pour un anniversaire... Il est d'une telle générosité. Et sa boîte à idées est inépuisable... Pour toutes ces raisons, le métier qu'il a choisi lui va si bien. Il organise des mariages et autres évènements. Et c'est une chance de voir sa journée importante orchestrée par Gilles, parce qu'à n'en pas douter elle sera just perfect.

Il est de belles rencontres. Et il en est d'indispensables.
Je ne le lui ai jamais dit, mais je crois qu'il le sait. Je l'ai écrit plus haut : on a pas besoin de parler, lui et moi. Si on parle, c'est pour le plaisir des mots. Doux, beaux, crus, violents. Et pour le plaisir de l'autre, aussi. Surtout.


Je souris, là.
 
 
 

Si ça, c'est pas d'l'amour !

Par M. :: 19/02/2008 à 19:56 :: Petites Choses en general et en particulier
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J'en avais vaguement parlé. Fais quelques allusions. Mais je ne pouvais en dire plus, secret oblige, et superstition, un peu, sûrement. Mais maintenant que c'est vécu, je peux vous raconter.

Samedi c'était l'anniversaire de David. Il fêtait ses 30 ans. Une journée très, très particulière que je m'en vais vous conter, au présent s'il vous plaît :
 

David se réveille relativement tard dans la matinée. Gilles est parti chercher des croissants et lui a demandé de se lever.
Il se rend dans la salle de bain : dans la baignoire, une bouteille flotte. Dedans, un message : David se lève tard. Il se rend dans la salle de bain. Son regard encore plein de sommeil se pose alors sur la bouteille qui flotte dans la baignoire. Une journée extraordinaire se prépare. Dans 45 minutes, tout va commencer.
Sur la table du salon, il trouve un sac d'aventurier, garni de divers accessoires, qu'un deuxième message lui recommande de ne pas oublier. Il l'informe également que les dieux l'ont investi d'une mission, une quête plutôt, celle de retrouver un artiste légèrement égaré.
Puis l'interphone : une voix, inconnue : vous avez du courrier.
Calligraphiée, une lettre de Mnémé (oui, oui, la mémoire elle-même)le mène à son premier lieu de rendez-vous : Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! ...
David se rend au Cid, le café. C'est effectivement la première étape de son parcours. Il y en aura 13.

Il ira au cinéma Utopia, au jardin des Doms, sur la Place du Palais, il rencontrera Mona Lisa (Ah. Té voilà enfin. Tou dois té demander cé qué yé fais ici. C'est siiiimplé : cella qui est au Louvrrrre est una copie. Oun sosie, si tou prrréférrres. Yé souis l'orrriginale. Y'en avais marrre dé tous ces yaponais et autrrres amérrricains. Moi, yé pas demandé à êtrrrre célébrrrre, tou crrrois peut-êtrrre qué c'est amousant dé rrrrester assise les brrrras crrrroisés et né pouvoirrrr rrrien fairrre ?), avant de recevoir un message d'Hermès, qui, dans un élan de bonté divine, lui enverra son char le plus rapide (un Vélocité, sorte de pousse-pousse amélioré), il croisera Dionysos faisant du stop au bord du chemin et se verra ainsi offrir une coupe de champagne, puis il remettra une phrase dans l'ordre, s'amusera de quelques palindromes, plus tard, à cours d'idée, il fera appel à la hot line prévue pour, Allô Musettes (rôle tenue par votre serviteuse), participera à un parcours olfactif chez un parfumeur très particulier, parcoura en long et en large les places et les rues pavées, prendra du rêve et du magique plein la tête, à en devenir fou...


Je n’ai pas touché terre de la journée, répétait-il. Il était plein d’amour, de tendresse, de reconnaissance, il nous regardait comme s’il nous voyait pour la première fois, comme un aveugle à qui on rendrait soudain la vue, et nous étions tous si beaux dans son regard, si uniques et irremplaçables.
 
Lorsque Gilles m’avait présenté l’idée, j’avais souri. Elle me paraissait originale et drôle, mais tellement romantique, Amélie Poulain au possible, presque puérile si je veux être honnête. Mais il s’agissait de Gilles, et j’ai une confiance aveugle en ses idées. Alors je l’ai aidé, à ma modeste mesure, en jouant les secretaires, sténo ou autres miroir à inspiration.
Nous avons passé deux soirées par semaine, 4 semaines d’affilée, à préparer cette journée. Le scénario, les lieux, les acteurs, les accessoires, les énygmes, les textes, les dialogues, les cadeaux, les jokers et les difficultés, tout ceci sur une chronologie ultra précise cela va sans dire, ce n’est plus de l’Amélie Poulain, c’est du travail d’orfèvre. Et lorsque le tout est orchestré par l’esprit et la plume de Gilles, ça devient de l’art.
Je vous promets qu’il faut être un peu fou pour élaborer un tel projet, et fou pour se laisser embarquer.
Fou, samedi, nous l’avons tous été.
 
Mais le regard de David… Le regard de David…
Il disait je t’aime avec une sincérité si entière et vraie que j’en aurais pleuré. D’ailleurs, j’en ai pleuré, en rentrant chez moi. Parce que c’était si beau. Et j’arrêtais pas de me répéter merde, ça fait faire des jolies choses, l’amour, quand même… merde, ça peut être beau, l’amour, quand même…
Parce que l’amour avait transpiré de l’idée de Gilles pour nous toucher tous, sans exception. Nous étions peut-être une quinzaine présents samedi jour, à différents moments du parcours, et samedi nuit, pour célébrer les 30 ans de notre ami, tous plein d’amour, et même ceux d’ordinaire plus froids ou réservés, nos yeux étaient humides, nos sourires ancrés profond sur nos visages, nos mains jointes les unes aux autres. Moi qui n’ai jamais eu l’esprit de groupe, je me suis sentie en faire partie, et j’ai aimé ça. Je n'étais pas noyée au milieu mais clé de voute de son architecture, tout comme chacun des autres.

Ce qui était dingue aussi, c'est que d'un je t'aime sont nés mille autres. D'un amour, une toile de tendresse s'est tissée. Elle nous a enveloppés et bercés quelques heures durant, et je ne crois pas trop m'avancer en disant que chacun de nous en gardera un souvenir tout particulier.
 
 
 
 

Le carnet, la discution et les mails

Par M. :: 11/02/2008 à 2:32 :: Petites Choses en general et en particulier