Les Petites Choses

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M. "Les petites choses ont leur importance : c'est toujours par elles qu'on se perd." Fiodor Dostoïevski

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Tout, et son contraire

Par M. :: 01/07/2008 à 19:53 :: Petites Choses en Nota Bene

Découvrez Radiohead!
 
 
 
En me levant ce matin, j’avais envie de faire quelques pas dans le jardin. Les pieds nus dans l’herbe encore humide de rosée. Mais voilà, je n’ai pas de jardin, et en guise de pelouse je n’ai que des pavés.
 
J’ai ouvert les yeux avec une irresistible envie de café. Un café corsé, à peine sucré, dont l’odeur viendrait me chatouiller les narines et me tirer hors des draps. Mais quand j’ai quitté mon lit pour la cuisine, le café ne m’attendait pas. Il était à faire, comme toujours, et j’avais la flemme.
 
Lorsque je suis sortie pour aller travailler, j’avais envie de sentir le gris des nuages au-dessus de ma tête, comme une casquette, et un voile de fraicheur sur mes épaules, comme une brise marine de printemps. Mais le soleil était de plomb, la chaleur suffocante et le ciel bleu, désespéremment bleu.
 
Dans l’après-midi, j’ai eu envie de me baigner. D’offrir mon corps à la caresse d’une eau salée, de la laisser me guider, me faire frémir, frissonner, soupirer. Mais la seule eau que j’ai trouvé fût celle de mes larmes. Salées, en effet.
 
Fin de journée. Envie d’une bière fraiche, d’un regard et d’un sourire. De mots en file indienne, de mots d’amour, de mots toujours, de mots en silence. Mais le silence, justement. Et je ne vois que l’écran de mon ordinateur, et son ronronnement est le seul que j’entende.
 
Ce soir, je le sais d’avance, j’aurai envie de toi. Je te chercherai dans les draps, le sommeil ne te remplacera pas. J’aurai envie de toi mais n’aurai que la morsure de ton absence, la douleur de ton silence, du coton mauve en lieu et place de ta peau, contre la mienne. Comme hier soir. Comme demain soir. Et dans un souffle le vent de nuit viendra me murmurer que tu n’es pas là où tu devrais.
 

Non, tu n’es pas là où tu devrais.  

 

Quelque part, du côté de Cuba

Par M. :: 29/06/2008 à 13:06 :: Petites Choses en Nota Bene

Découvrez Baden Powell!
 
 
 
Quelque part du côté de Cuba, il existe une plage pour toi et moi.
 
Une plage de musique.
Son sable est clair et fin, doux sous nos pieds, nous marchons vers le soleil couchant, la lumière est si belle, tu clignes des yeux, un peu. Nous marchons et je te chante ces airs d'amours déçues que j'ai si souvent fredonnés. Je te les chante avec une voix que je ne me connais pas, une voix juste pour toi. Et nous sourions de ces tristes amours parce qu'ensemble nous ne pouvons pas pleurer. Puis, sur ta guitare, tu joues un air de samba pour moi, et mes yeux se ferment de plaisir, et se réouvrent pour te voir, te regarder, et dans ton regard voyager. Encore plus loin que Cuba.
 
Une plage de mots.
Ceux que tu me chuchotes à l'oreille. Ceux que je te réponds dans un sourire. Ceux que tu as lus, aimés, et retenus pour moi. Ce que j'ai entendus et que je veux te chanter. Ceux que tu écris dans le ciel, du bout de ton doigt. Ceux que j'invente, parfois. Ceux que nous jetons à la mer, parce que c'est poétique. Ceux que nous murmure le vent, parce que nous savons l'entendre. Et tous les mots que nous voulons simplement partager, grands comme le monde, petits comme un secret, d'amour, d'or et de rosée, des mots sur nos lèvres et des mots sur nos doigts.
 
Une plage de douceur.
La douceur de la lumière, la douceur de l'air. La douceur de ta voix, tu sais que j'aime ta voix ? La douceur de ta main, quand elle se pose sur ma joue. Qu'elle remonte sur mon front. Dans mes cheveux. La douceur de mes lèvres dans ton cou. Et celle de ma peau, que tu me répètes. La douceur que nous voyons, que nous trouvons, sur cette plage comme partout, et toute la douceur que nous savons nous faire.
 
Une plage pour toi et moi. Du côté de Cuba. Ou même ailleurs, si tu préfères...
 
 

Gourmandise

Par M. :: 26/06/2008 à 19:26 :: Petites Choses en Nota Bene

Découvrez Jack Johnson!

 

 

 

Il a tout juste 20 ans.

D'ordinaire, je n'aime pas les hommes plus jeunes que moi, mais il n'y a pas de règle sans exception, n'est-ce pas ? En fait, il n'y a pas de règle tout court.

 

Il a un corps d'Apollon. Sculpté au scalpel. Un dos parfait, lisse et cambré, des épaules rondes, des pectoraux qui subtilement se dessinent sous son tee-shirt, les os des hanches saillants, comme j'aime, des cuisses fines et musclées, et des fesses à se pâmer. Peut-être les plus belles fesses que j'ai vues. Sa peau est douce comme la soie. Il est imberbe, complètement. Ses lèvres sont charnues comme une pêche. Délicieuses. Et ses yeux sont couleur océan.

Il est beau.

 

Je le regarde évoluer, son plateau à la main, évitant avec soin les tables et les chaises, parfois l'air si concentré, et d'autres fois simplement souriant. C'est mon petit spectacle à moi, je m'en amuse, je m'en régale, et je m'évade quelques instants, juste en le regardant travailler.

 

Depuis quelques semaines, il est mon amant infidèle et irrégulier. Nous avons passé trois bouts de nuit ensemble. Pas mémorables, mais agréables. Couvert de sueur, il se rhabille et il s'en va, et moi, nue et détendue, je m'endors dans les draps de nos ébats.

 

C'est facile comme un jeu, excitant comme une chasse.

Lorsque j'ai envie de lui, je sais où le trouver. Je connais ses repères, ses QG. Ses amis aussi, ça aide. Je me pointe, la jupe courte et le dos nu, les hanches comme des vagues de babord à tribord à babord... Je le laisse m'offrir un verre (je sais, je suis trop bonne) puis je lui tourne un peu autour. Parfois, il me fait danser.

Je le regarde, je lui souris. Il a ce regard qui me dit oui. Mais parce que je le veux bien. (veux, pas vaux, on est pas chez L'Oréal). On sait, lui et moi, comment la soirée se terminera.

 

Sans rien se dire, sans s'attraper la main, on prend le même chemin : celui de mon appartement.

Sauf mardi soir, où il m'a fait l'amour dans son lit pour la première fois. Et ce fût mon tour de me rhabiller, et de traverser la ville au beau milieu de la nuit. Seule, couverte de sueur et du souvenir de ses baisers. Un peu frêle, très fatiguée. Mais satisfaite.

 

Notre relation n'a rien de spirituel. Rien de profond. Elle est légère, comme une brise. Fraiche et sucrée, comme un fruit d'été. Facile, c'est ce qui me plaît. Sincère, aussi, nous ne nous mentons pas, nous ne trichons pas. Comme certains jouent au tennis le mardi soir, ou au bridge le samedi après-midi, nous faisons l'amour certains soirs, par goût et par plaisir. Sans autre implication.

Il me parle de ses maitresses, je lui raconte mes amants. On boit une bière, il m'offre une cigarette. Je lui dit qu'il a de jolies fesses. Il sourit, sans dire merci. Me nargue ensuite en se déhanchant. Voilà, c'est aussi facile que ça.

 

Il est mon amant de 20 ans. Ma gourmandise.

Un granité, parfum framboise, mon préféré.

 

 

Corsica, mon nouvel amour

Par M. :: 23/06/2008 à 12:47 :: Petites Choses en Nota Bene

Découvrez Bebo & Cigala!
 
 
 
       Il y avait un chèvrefeuille en bas de l'escalier.
Le soir, je sortais fumer une cigarette, assise sur les marches, et son parfum me revenait, porté par la brise marine. Je restais peut-être dix minutes ainsi, à écouter la nuit. Parfois, je buvais une bière. La Pietra, l'ambrée du pays. Le premier soir, le ciel était sans étoiles. Le second, je pouvais les voir. Si nombreuses, si minuscules. Comme des grains de sable au coeur d'une mer noire. Et comme si souvent, l'envie que l'instant dure une éternité, tout en sachant que c'est l'éphère qui en fait toute la beauté.
 
Derrière la maison, une grande table cernée de bancs de bois. J'aimais m'y installer, ma musique dans les oreilles, un verre de rosé glacé, E'Probe, un des meilleurs que j'ai bu, et mon carnet. J'écrivais à C. – une autre lettre jamais envoyée – les merveilles que je voyais. Parce que c'est toujours à lui que je pense lorsque le spectacle est beau.
J'étais émue de la beauté des pays       ages. Une beauté presque violente. Des montagnes aux dents pointues, qui bouffent l'espace à grands coups de dégradés de verts, plus peuplées d'arbres que Pékin de chinois. La roche en taches claires sur ces sommets verts. Elle s'arrête en falaises tranchantes pour laisser place à l'eau, l'eau de milles bleus qui viennent éblouir tes pauvres yeux bien peu habitués, finalement, à la couleur naturelle. Et au milieu des routes sinueuses, qui te soulèvent le coeur et s'amusent à te montrer un coup la mer, un coup la terre. Des plages sublimes aux noms qui chantent : la Palombaggia, la Rondinara, Santa Giulia, la Rocapina... Du sable épais et granuleux sur celle-ci, du sable gris sur celle-là, du sable plus fin et plus blanc que de la farine sur cette autre. Du sable et des pins, pour l'ombre.
 
Un soir, je faisais quelques pas sur le port de Porto Vecchio et j'ai demandé du feu à un vieil homme, assis sur un banc. Il fumait un cigarillo en regardant les bateaux, et les badaux. Il m'a demandé d'où je venais. Il connaissait Avignon, et son festival dont nous avons un peu parlé. Je lui ai ensuite demandé s'il était du coin. Il m'a répondu : j'habite à deux pas du Paradis. Comme il avait raison... C'est là que je me suis sentie toute la semaine : prés, si prés du Paradis.
 
Bien sûr, j'ai joué une de mes scènes favorites : sur la plage, le paréo sur la taille et les pieds dans l'eau, l'I-Pod dans une main, les écouteurs dans les oreilles et les solaires sur le nez, how deep is your love en regardant la mer, plus belle et plus bleue que jamais. Ma main libre serrait celle de C., à des kilomètres de distance.
La perfection n'est pas de ce monde, mais le bonheur...
 
Quand je suis partie, j'avais plusieurs choses en tête. L'impression de mettre ma vie entre parenthèses. Sensation agréable, mais légèrement teintée d'inquiètude.
A l'instant même où mes pieds, sur leurs plus hauts talons, foulèrent le sol de l'aéroport de Bastia, j'ai tout oublié. Même que j'avais une vie, sur le continent. La certitude du retour pousse à vivre chaque heure sachant qu'elles sont comptées. Que la dernière viendra, forcément. Et toujours trop tôt.
Le cerveau sur off tout le temps du surcis, les sens en éveil, et même en ébullition, l'envie pour seul guide et maître.
 
Le deuxième jour, j'avais chopé l'accent. Seule ma peau claire me trahissait. Et mon appareil photo. D'ailleurs, il faut que j'apprenne à en faire, les miennes sont ridicules de banalité. De vraies photos de touriste. Et ma peau claire est un calvaire à faire dorer. Une semaine d'exposition sous un soleil de plomb, et même d'or, n'y a rien fait. Je suis une fausse méditerranéenne.
 
J'étais partie avec l'idée de lire et d'écrire à n'en plus pouvoir. De revivre mon orgie de littérature et de musique de l'été dernier.
Je n'ai pas lu une ligne et n'en ai écrit qu'une poignée. Les mots me manquaient et je n'avais pas vraiment besoin de les trouver. Ils restaients accrochés au bout de ma langue, ou à la cime de mes cils, parfois même sur mes ongles, et ils n'y étaient pas si mal en fin de compte. Nulle envie de les déloger.
 
Le dernier soir, je me suis assise sous un ciel aux millions d'étoiles. Je distinguais Vénus, ignorais le nom des autres. La nuit était douce, l'air tiède. Quelques oiseaux nocturnes poussaient leurs cris.
Le lendemain, l'avion me rammènerait sur le continent. La semaine était passée si vite. Peut-être trop. Peut-être pas. L'éphémère fait la beauté des choses. Et les vacances en sont parce que ponctuelles.
 
Corsica, je suis tombée amoureuse de toi.
Je retiens tes noms, tes plages et tes villes, tes montagnes, tes roches blanches ou colorées, tes verts et tes bleus, tes oiseaux, tes poissons, tes fleurs terrestres et marines, tes paysages à couper le souffle, tes routes à filer la nausée, ta bonne bouffe et tes bons vins, ton accent délicieux que j'aime à copier, voire adopter, tes sourires, tes yeux bleus, tes nuits clames, tes soirs tièdes, tes journées torrides, ton soleil de plomb, ta mer d'huile ou bien tes vagues au chant ensorcelant, les bons moments vécus ensemble, les autres excellents, ou sublimes, ou magiques, les souvenirs que tu m'as offerts et que je raconterai, je te le promets, mais mieux de ma voix que de mes mains, c'est comme ça, il est des choses que je ne sais écrire.
 
 
 

Me voy !

Par M. :: 15/06/2008 à 10:48 :: Petites Choses en Nota Bene

Découvrez Sergent Garcia!
 
 
 
Installée dans mon nouveau décors, je gribouille quelques mots avant mon départ.
 
Mon nouveau décors...
Plus face à la fenêtre, face à la place, face aux pavés. Non. Plus.
Confortablement installée au fond de mon canapé, l'ordinateur sur les genoux, Ben Harper et son she's only happy in the sun, la lumière d'un lampadaire filtrée par mes voiles rouges aux fenêtres, et les rires de la rue, dilués par le vin que l'on sert pas loin. Le voilà mon nouveau décors. De l'espace, de la place, et moi au milieu. Bien. Et même vachement bien.
 
La journée, le magasin de musique au dessus duquel se situe mon appartement en diffuse allègrement. Et ses deux vendeurs sont craquants. Je sens que je vais me plaire ici. A vrai dire, je me plais déjà. J'ai hâte de recevoir les gens que j'aime.
J'y ai déjà reçu mon tout jeune amant. Je crois que l'endroit lui a plus, parce que notre tête à tête, enfin, si on peut dire, fût nettement meilleur que le premier. Et j'ai reçu mon prochain amant, enfin, je le suppose. Le gars qui est venu mettre en route ma chaudière (!!!). Il m'a réveillée à 8h mardi matin, j'avais oublié qu'il devait venir si tôt. Je lui ai ouvert décoiffée, pas maquillée, encore moins réveillée, il m'a souris, je l'ai déshabillé du regard puis offert un café. Je me serais crue dans un film de Marc Dorcel, sauf que le type était vraiment sexy. Il est reparti avec mon numéro de téléphone. Moins de deux heures plus tard, il m'appelait. Comme dit Ketty, je suis servie à domicile maintenant ! C'est drôle, la vie, parfois.
 
Moins drôle, j'ai dû revendre mes places pour Radiohead. C'était le concert ou la Corse, mon coeur a balancé, ma raison a tranché, j'ai besoin de prendre l'air. La mort dans l'âme, j'ai tendu mes billets à leur acquéreur Ebay. Puis je me suis consolée me disant que je les ai déjà vu trois fois, et les reverrai sûrement, Rock is not dead, neither is Radiohead !
 
J'ai croisé Gilles l'autre matin, à l'angle de ma nouvelle rue. On est encore plus voisin qu'avant, il habite vraiment à deux pas. Mais on ne se voit plus. C'est drôle, la vie, parfois.
 
Et (rien à voir, mais quand même) vendredi, en plein déménagement, j'ai reçu un appel de Magali. Elle avait essayé de me joindre plusieurs fois dans la semaine, je n'avais pas décroché, toujours occupée.
Magali, c'est mon amie d'enfance. On s'est connu à la maternelle et plus laché pendant presque 20 ans. Vraiment plus laché. Nos parents étaient voisins, nous passions nos soirées, week-ends, vacances, et un peu entre les trois aussi, ensemble. Elle était ma soeur de coeur. Je dis était parce qu'on ne se voit plus, et ne s'appelle plus guère, depuis trois ans ou presque. La vie, quoi. Nous la menons de façon très différente, parfois il suffit de peu pour se perdre, ou juste se mettre de côté. De côté, mais pas très loin, parce qu'elle a essayé de m'appeler plusieurs fois, donc, elle voulait vraiment me parler. Pas laisser un message sur mon répondeur, non, me parler, directement. Elle avait une grande nouvelle à m'annoncer : elle va être maman. Elle va être maman ! P... de b... de m..., Magali, ma Magoushka, que j'ai vue grandir de sa première dent perdue à sa première capote achetée, de ses cordes à sauter à ses croisières en voilier, mi Magalita va avoir un bébé ! C'est extraordinaire ! Magique ! Merveilleux ! Je suis si heureuse pour elle ! Si heureuse...
Et bien sûr j'ai une drôle de pensée, que je ne peux empêcher, j'aurais dû la prévoir : si l'été dernier... il aurait deux mois. Il ou elle. Mais avec des si, on mettrait Paris en bouteille, il paraît.
 
J'écoute cette superbe chanson du Gotan Project, celos, et j'ai envie de Buenos Aires, peut-être parce que nous avons un groupe d'Argentins à l'hôtel. Alors forcément, le troisième jour :
- Si, yo sé.
- Conoces Argentina ?
- No. Pero mi novio era argentino.
- Era ?
- Si era.
- Ha muerto ?
- No, pero no es mi novio tan poco.
Leur accent m'a rappelé celui de Maria Emilia, la maman de Benoît, ses conversations téléphoniques avec ses soeurs, à Barcelone, Palma ou Buenos Aires, et ses éclats de rire qui résonnaient dans toute la maison. Mes cours d'espagnols permanents lorsque nous lui rendions visite. Mon arrivée en Avignon.
 
Ça me fait penser que Magali m'a dit, quand je lui ai appris que je déménageait : alors tu t'installes à Avignon, finalement ? On dirait bien, je lui ai répondu.
On dirait bien. Une étape qui dure. Je suis du genre à faire durer le provisoire. Et puis, Avignon me plait bien. Pour le moment. Elle est très belle, sa lumière est douce et sa vie agréable. Elle est juste très mal peuplée si vous voulez mon avis, et même si vous ne le voulez pas, les avignonais ne méritent pas leur ville. Je sais, ça a l'air débile comme ça, mais c'est un fait, et je ne suis pas seule à le penser. Venez donc vivre par ici, vous comprendrez.
Heureusement, il y a le Cubanito. Et tous mes potes.
 
(Si tu savais comme je pense à toi en ce moment... C'est peut-être l'été, les souvenirs déménagés, l'appartement qui attend d'être par toi baptisé, ou ce n'est peut-être rien de tout cela, peut-être juste l'amour, la pensée vole vers ce qu'elle connaît de plus beau, parfois. Mais si tu savais comme je pense à toi... Comme tu es là...)
 
Dans un mois, le festival sera là. Je le vivrai avec plaisir, comme chaque année. Je profiterai de ses spectacles, je sortirai beaucoup, dormirai peu, et écrirai moins. Beaucoup moins. Parce que j'écris autre chose que les petites choses, et si le temps vient à me manquer, je sais que le choix sera vite fait. Chaque chose en son temps mais chaque chose a aussi son temps. Je prends toujours du plaisir ici, alors je reste, mais le besoin n'est plus, et mon dixième jour sans Internet me permet de me rendre compte que la Terre n'en tourne pas moins rond. Et je ne me sens pas plus mal.
 
J'ai fait un joli rêve la nuit dernière. J'étais sur une plage, sous la lune pleine, les pieds nus dans le sable et les épaules découvertes. Les vagues s'échouaient dans un mumure et un homme jouait de la guitare. Un doux air de samba. Une mélodie qui me caressait mieux que ses mains ne l'auraient fait. Et sa voix comme du miel récitait des mots que j'étais incapable de traduire mais que, pourtant, je comprenais. J'ai entendu rire, au loin. Puis sonner, plus près. Mon téléphone. Il était l'heure de me réveiller.
 
Depuis que je suis installée, je n'ai pas la télé. J'ai perdu le cable pour la brancher, je n'en ai pas racheté. Plus de télé, plus d'Internet, donc plus de musique. Beaucoup plus. Déjà que...
J'ai redécouvert mes CDs, je me fais un plaisir d'en selectionner quelques uns, selon l'heure et l'humeur de la journée, et d'écouter, juste écouter, et suivre le cours de mes pensées. C'est drôle, à suivre, une pensée. Quand on la laisse aller, sans bride ni interruption d'aucune sorte.
Voilà comment on en arrive là.
Magali enceinte, les Argentins à l'hôtel, Sébastien le spécialiste en chaudières, la rue, la ville, le festival, les chansons, les souvenirs et les rêves. Le joyeux bordel des petites choses. Aucun sujet, aucun thème en particulier, je ne parviens à m'y résoudre, il y a tellement qui m'appelle, il y a tellement que je veux, et si je laisse faire, aller, un peu, pour voir, hum ?
 
Pour l'heure, il suffit. J'ai assez laissé courir mes pensées, je ne suis pas si fière du n'importe quoi donné mais il reflète, après tout, mon esprit du moment. Tout est si facile, besoin de ne rien faire sauf se laisser porter, alors laissons nous, laisse moi, laisse toi, je me laisse, et toi ?
 
Tu te lasses ? Soit.
 
Il est temps. J'ai une valise à préparer, un I-Pod à recharger, un téléphone portable à couper, des idées, des envies, et des baisers que je laisse s'envoler par la fenêtre pour qui veut les attraper.
 
Es una linda manana, el sol alumbra la ciudad,
tranquila la gente del barrio se mueve en busca de la sombra.
Yo ya estoy listo para el viage, ya esta bien puesto mi equipaje,
hoy me marcho para siempre, el camino por delante...
Adonde vas ?
Hoy me voy !
 
Prenez soin de vous.
Et ne soyez pas sage.
 
Besos
 
M.
 
 
 

ça déménage !

Par M. :: 04/06/2008 à 19:28 :: Petites Choses en Nota Bene

Découvrez Cocoon!

 

Au sens propre, comme au figuré.
Exemples en image :
 
Part 1 : El Cubanito
Et son parfum d’été. Salsa, Mojitos et Stanislas sur la piste de danse, caliente y mas, plus chaud que la braise et son corps qui ondule comme une anguille et s’immisce au plus profond de mes fantasmes. A bientôt, M. Compte sur moi, Stan…
Et je danse, et danse encore, danse toujours à 6h du matin, dans une boîte dont j’ai oublié de le nom, j’ai même presque oublié le mien, de nom, le Mojito a un pouvoir incroyable. Je remue, je me frotte, contre Jo, qui danse comme un dieu, contre le jeune garçon, dont la copine attend, bien sage, sur la banquette, et je me fous de tout, de la pluie dehors, de la fatigue, du temps qui passe, je danse et j’oublie, je danse et je ris, une soirée volée, je m’envole, j’ai des ailes, je suis libre et presque belle.
 
Part 2 : l’été approche
Aujourd’hui, premier véritable soleil depuis des semaines. On ne l’attendait plus, le voilà pourtant. Et il n’est pas seul…
Les rencontres fleurissent comme les coquelicots au printemps, et Pedro, si jeune et si beau, et Harry, moins jeune pas moins beau, et d’autres, dont j’ai oublié le nom mais gardé le numéro. Est-ce la saison, est-ce la chance ou est-ce moi ? Je suis du miel et ils bourdonnent, je fanfaronne mais n’empêche tout ça m’étonne. Et si c’était vrai ? Quoi ? Ben que l’été s’annonce caliente ! A rafraichir à grands verres de Mojitos, quizas…
Quizas, quizas, quizas
 
Part 3 : cartons and co.
Retrouvailles émouvantes avec tout un tas d’objets que je croyais disparus, des lettres, des carnets, des CDs et des bouquins, perdus au fond d’un tiroir, abandonnés derrière une étagère, des petites choses, encore. Toujours. Je comprends peu à peu que je quitte un lieu chargé de mon histoire, quatre murs entre lesquels les souvenirs sont nés, et quelques amours, et quelques amitiés. Les cartons se remplissent et je me dis qu’il faut que j’écrive ce déménagement, autant celui des murs que celui qui s’opère en moi. Mais je n’ai pas le temps. Pas une minute, pas une seconde, ni pour penser ni pour écrire, je me lève, je nettoie, j’astique et je récure, j’empile et j’entasse, je porte, déplace, transporte, replace, bref je déménage, on le saura. Et je suis fatiguée. Mais c’est de la bonne fatigue, comme dirait l’autre, enfin, pour la bonne cause, quoi.
 
Part 4 : la paix
Comme après la guerre. Comme après l’orage. Tout rentre dans l’ordre, et même dans un meilleur ordre que l’initial. Je ne me souviens pas m’être sentie plus sereine qu’actuellement, comme si tout se passait selon mes souhaits, comme si mes pensées et mes actes étaient enfin en parfaite adéquation.
Je retrouve mes amis, et j’en rencontre de nouveaux.
J’ai revu le Marin, pour lui rendre les quelques affaires qu’il avait oublié chez moi, tee-shirt, caleçons, shampoing, bonne soirée ! Toi aussi !  et puis voilà.
J'ai écrit mon amour pour C., encore, et des coeurs se sont mis à battre en écho.
Et tant d'autres petites choses presque parfaites, tant que je n'ai pas le temps de toutes les dire.
 
Mais bientôt.
 
 

Une lettre

Par M. :: 28/05/2008 à 13:12 :: Petites Choses en Nota Bene
free music
 
 

Quelques mots jetés là comme une poignée de sable. Piquent les yeux. Font couler les larmes. Salées. Vagues à l'âme qui s'échouent au bord de mes yeux clairs.
Je pense à toi, et tu es là. Fantôme. Ta main sur mon épaule. Sur ma cuisse, plutôt. J'aimais ta main sur ma cuisse dans ce petit bistrot.
J'ai pris de la musique, mais je ne l'écoute pas. Je préfère le chant calme et monotone de la mer. Et j'entends ta voix, résonner au creux d'un rêve. D'un souvenir. Un souvenir en forme de rêve. Ai-je seulement vécu ce moment si parfait, ou l'ai-je juste voulu ?
J'imagine. J'espère. J'attends.
Et le vent dans mes cheveux. Et le parfum de l'air. Et l'envie de toi, encore. Si forte.
Mille points d'or sur la surface ridée de l'eau.
Je t'aime, je crois.
Tu me manques, je sais. Je sens.
J'ai dit « Tu es là. Fantôme. ». C'est vrai. La paume de ta main sur ma joue plus que le soleil. Ton souffle dans mon cou plus que l'air de la mer. Et l'espoir que je caresse : tu aimerais être là, près de moi, les pieds et les doigts dans le sable.

Une poignée de mots, quelques grains, jetés là parce que je pense à toi.
 
 

14/03/08
 
 
 

Le large

Par M. :: 10/05/2008 à 14:44 :: Petites Choses en Nota Bene
free music
 


Tu es parti, il était presque midi. J'étais encore pleine de tes baisers, de tes caresses, de ta tendresse. Je t'ai regardé t'éloigner par la fenêtre. Tu as pris la petite rue de droite, et tu as disparu. J'ai versé une larme. Un rayon de soleil dans l'oeil. Et l'émotion, aussi. De l'émotion, pas de peine. Ce n'est pas un échec. Ce n'est pas un adieu. Mais tu vas me manquer.

J'ai pensé que nous n'aurions jamais dû. J'ai pensé que j'avais mal agi. Fauté. Quelque part. Obligé. Je me suis demandé pourquoi nous n'étions pas heureux.
Et puis, à la faveur d'une nuit d'ivresse, et de courage peut-être, tout est devenu si clair. Presque aveuglant.

Je t'ai dit : « Tu n'es pas bien, n'est ce pas ? Moi non plus, je ne suis pas bien. Et j'ai envie d'être bien. ». Mes mots t'ont soulagé, je crois. Tu les attendais depuis un temps déjà.

Comme il est difficile de quitter quelqu'un que l'on aime...
Comme il est difficile d'admettre que l'amour ne suffit pas toujours.

Je ne regrette rien. Et si c'était à réécrire, je ne changerais pas une ligne de notre histoire.
Je crois que nous avons eu raison d'aller au bout de ce chemin-là. Puisque nous avions envie de l'explorer. Et puis, tu sais, rien n'est cassé. Au contraire, c'est plus construit que jamais. Je te connais en entier, aujourd'hui. Je connais tes matins, tes soirs, tes nuits. Je connais le rythme de ta respiration quand tu dors. Je connais ton regard embrumé de sommeil. Ton corps qui se réveille. Je connais la force de tes reins, la douceur de tes mains. La saveur de tes lèvres. Ton désir, ton amour, ta tendresse, et ta colère, tes doutes, tes peurs. Ton coeur.
Je suis heureuse de te connaître.

Tout à l'heure, quand je suis sortie de la douche, un rayon de soleil a traversé les nuages et un oiseau s'est envolé du bord de la fenêtre. J'ai souri. J'ai pensé à toi, toi qui aurait pleuré, voyant par la fenêtre un oiseau voler. Private joke... Mais tu vois, un oiseau vole et je souris, je pense à toi. Voilà la morale de l'histoire. Il y a de quoi en être fier.

Tu sais, je crois qu'on était beau tous les deux.
J'étais fière à ton bras.

Tu vas me manquer. Tu me manques déjà. Le Lubéron, nos nuits torrides, nos accords et harmonies me manquent.

C'est drôle ce que je ressens, là.
Je t'écris, mais en vérité j'écris pour moi. A chaque touche que j'enfonce, je vois un instant partagé, comme un film qui se déroule à chaque caresse de mes doigts sur le clavier. J'écoute de la musique, fort, depuis que tu es parti. Je ne chante ni ne fredonne. J'écoute. Comme si c'était la première fois. J'ai appelé mes meilleurs amis, et ma mère. Ma majuscule aussi. J'avais envie d'entendre leur voix, et leurs dire que je les aime. Sous la douche, j'étais légère. Une plume. Mon corps portait encore ton empreinte, et ça lui allait bien. Tu vois ? Oui, je suis sûre que tu vois, et que tu ressens exactement la même chose, là, maintenant.
Un peu de soulagement. Un peu de satisfaction. La paix, enfin. Et une joie un peu triste, peut-être. Mais une joie. Et beaucoup d'amour. Parce que c'est par lui que nous avons été portés, que nous avons agi, et que nous nous sommes séparés.

Il ne fait pas très beau. Mais il fait bon.
J'ai laissé mes cheveux bouclés et j'ai mis des chaussures d'été.
J'ai un bon bouquin, la batterie de mon I-Pod chargée, je vais aller m'installer sur une terrasse de café. Profiter de la journée.
Parce que je te l'ai promis.
Mais avant, j'écoute cette chanson que tu aimes bien.


Il n'y a pas de hasard.
Peut-être un jour, je te verrai pleurer dans la cuisine parce que tu as vu un oiseau voler. Peut-être pas.
En attendant, mon cher, si cher marin, prend donc le large, mais sache que depuis la plage je te regarderai naviguer.

Je t'aime.


Mademoiselle rêve

Par M. :: 20/04/2008 à 0:19 :: Petites Choses en Nota Bene
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Mademoiselle rêve qu’on la prenne, qu’on la saigne, et surtout qu’on l’aime, aux petites heures de la nuit elle se meurt d’ennui et, blasphème, elle écrit. Elle rit au nez de Dieu et le Diable peut bien l’emporter, le Diable ou bien le vent, tant qu’on l’emporte, rien d’autre ne lui importe. Son esprit fabule et son corps ondule, elle nage dans des bulles de pensées. Son désir de sombrer la déchire et elle sait qu’une petite mort l’attend, si seulement elle arrive à temps.

Elle porte sur sa poitrine les deux étendards de son envie d’étendre l’art sur son lit. Ses hanches suitent le sel de sa sempiternelle solitude, et sifflent telles des serpents aux milles langues de feu. Sentiers menant au sanctuaire, ses longues jambes longent les limbes. Plus haut, ses bras se déplient, ses doigts courent sur les plis des draps mauves qu’elle a choisis pour alcôve. Partout, sa peau blanche frissonne, et sa chair fredonne de vieux airs d’amour perdus. Jamais elle n’oublie.

 

Dans le sillon de ses nuits s’insinuent les regrets, ils s’amarent à son cœur et l’écoeurent. Grises sont ses heures. Rouge, son désir. Elle bouge, le ravive, il l’anime, et de ses abymes monte un souffle, comme un cri, elle souffre mais rien ne dit.

Elle se souvient qu’elle savait saler l’envie. Elle se souvient qu’elle sauvait sa fauve vie. Elle se souvient et s’en va, ou s’en vient, pourvu que ce soit loin.

 

Sa peau pleure. Ses leurres, ses heurts. Sa peau pleure et perle en rondes gouttes de sel. Elle voudrait y plonger. Elle voudrait s’y noyer. Elle voudrait, elle voudrait, s’asphyxier de désir, elle s’offusque de languir. Elle veut se jouer et jouir de la vie, de son corps, de son cœur, de ses heures de nuit.

 

Le silence soudain s’installe, mademoiselle de plaisir se pâme. Elle explose. Le blanc devient rose, le sans devient j’ose. Son volcan, violent, déborde et l’emporte. Enfin. Pas le vent, ni le Diable finalement, le volcan, dedans.

Mademoiselle rêve, sans trêve, danse, en transe, et donc explose.

Fin de sa prose. 

 

 

 

 

 

Ma meilleure

Par M. :: 16/04/2008 à 12:56 :: Petites Choses en Nota Bene
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Il en va des êtres comme des boîtes : chacun sa taille, sa profondeur, et sa serrure. Ouvertes, presque béantes. Fermées à clé, presque inviolables.
Je suis une boîte à demie ouverte. Couvercle juste posé, un peu décalé pour laisser entrer la lumière. Il s'en faut de peu pour m'ouvrir complètement. Des doigts agiles, un brin attentifs suffisent. J'ai connu une fille, une fois, une boîte ouverte en grand. On pouvait tout voir, y'avait rien à deviner. Elle était touchante, mais vide. Parce que tout entrait mais tout sortait aussi. Le vide est transparent, le transparent est vide. Enfin, elle était comme ça. Et je connais une fille aujourd'hui, une boîte fermée. A clé. Elle la porte autours de son cou, elle peut mordre si on s'en approche trop vite, trop brusquement. Il faut être calme, et doux. Patient. Attendre, rester là. Et un jour elle te tend la clé. D'une main discrète, en quelques mots tu sais que tu l'as. Alors tu ouvres. Lentement. Délicatement. Avec moult précautions. Tout aussi lentement, tu pousses le couvercle, pour dévoiler millimètre par millimètre, pas tout d'un coup, tu sais qu'ici, chaque chose est importante. Tu découvres. Tu ne dis rien, il ne faut rien dire. Mais plus tu vois, et plus tu as envie de voir. Pas plus loin, pas plus profond, pas forcément. Juste continuer à voir ce que tu as devant les yeux. Juste continuer d'avoir ce que tu as devant toi. Une boîte qui te montre ses secrets, ses trésors.
Sa confiance vaut de l'or. Son amitié plus encore. Jamais je n'ai eu moins peur de me confier, tout entière, à une femme. C'est une mère, c'est une fleur, une magic sister, je prends les mots d'Anis, qui sont d'amour, pour les lui offrir. Parce que je ne sais pas comment lui dire. Qu'elle est la meilleure, qu'elle est ma meilleure.

Elle fait partie de ces personnes pour qui je voudrais que le bonheur parfait existe, et même que Dieu existe, s'il est tout puissant et bienveillant. On va dire que c'est mon côté Amélie Poulain qui ressort en force, mais je voudrais lui contruire un monde de soleil et de ciel bleu, d'herbe verte et de fleurs jaunes, roses et violettes, elle en ferait des bouquets, elle les fait si bien... Et s'il se met à pleuvoir, alors je lui construirai une arche, comme celle de Noe, avec des tapis et des coussins confortables, pour qu'elle se sente chez elle. Je lui veux tellement de bien que j'en deviens ridicule.

Je garde une main libre pour elle, en permanence, même si elle ne la voit pas toujours, même si elle ne la veut pas toujours. Une main, et une oreille. Qu'elle sollicite peu, mais quand même. Je les garde, au cas où...

Je ne l'ai prise dans mes bras qu'une ou deux fois. Ce n'est pas son langage, et moi je m'adapte. Je ne lui ai jamais dit je t'aime. Mais je crois qu'elle le sait. Et si elle en doute, je le lui dirai en chanson. Celle-là, tout particulièrement...


You are my sister and I love you
May all your dreams come true
 
 
 

I feel it all

Par M. :: 29/03/2008 à 1:10 :: Petites Choses en Nota Bene
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J’écoute Feist. So sorry. J’aime le petit décroché de sa voix. Je le suis et m’envole un peu. Je décroche à mon tour.
 
22h. A l’hôtel. Une heure de plus ce soir, service rendu au veilleur de nuit. Une heure de plus, et ma tête n’y est déjà plus. Y-a-t-elle seulement été aujourd’hui ?
Je promène mon regard sur la place. Elle est vivante ce vendredi soir. Il faut dire qu’il fait bon. Les fumeurs discutent devant l’Opéra Café. La loi castratrice devient vecteur de socialisation : entre fumeurs, on se comprend, on compatit, on se parle, on est presque tous amis. Youpi. Les couples avec enfants prennent la direction du parking. Tiens, mon groupe de canadiens se réunit devant le théâtre. Vont-ils improviser un jeu ?
 
Je me souviens d’un soir, l’année dernière, au printemps il me semble, je buvais un verre en terrasse avec Sylvain. On parlait de Camille, de Ketty. On en parlait beaucoup, à l’époque. Notre noyau commençait à se dissoudre, nous étions un peu désamparés, prêts à tout pour le sauver. Idiotie. Mais ce n’est pas le sujet. Ce fameux soir, sur la grande place, un groupe d’étudiants italiens. Lycéens, je dirais. Ils jouaient à une sorte de ballon prisonnier sans ballon, et sans prisonnier non plus d’ailleurs, un foulard entre deux groupes et des numéros à chaque participant. Je n’ai pas vraiment saisi les règles de leur jeu mais qu’est ce qu’ils riaient. Et nous aussi, du coup. Le rire est la plus belle des contagions.
 
Retour à mes canadiens. Ils admirent une démo de skate et rollers. Les filles bavent devant les frenchy bad boys, les mecs, j’en suis sûre, se targuent de faire bien mieux chez eux. Dans 10 minutes, le curfew, le couvre-feu, quoi. Je vais tous les voir débouler comme un troupeau d’hippopotames. Non pas qu’ils soient gros, mais bruyants. Et tout sauf discrets.
Je décide de profiter de l’instant de répit qu’il me reste pour une griller une cigarette dans le calme de la cour intérieure de l’hôtel. Je grimpe les marches qui mènent au premier étage, Feist chante I feel it all, j’aime cette chanson, cette philosophie de tout sentir, tout ressentir, et je fredonne, et je marche en rythme, et même ma tête s’y met, elle se balance de droite à gauche, j'ai les yeux fermés, mes doigts claquent et… je me retrouve nez à nez avec un client. Monsieur Boaventura, un brésilien. Il rit et demande à écouter ce qui me fait danser ainsi, dans les escaliers. Il jette une oreille, sourit, et me dit en anglais que sa fille écoute cet album en boucle. Il ajoute qu’il ne danse pas avec moi mais que son cœur y est. Je lui souhaite une bonne soirée.
22h10 : je savoure ma cigarette.

Le groupe m'attend en bas. Je distribue les clés, les consignes de silence et note l'heure des réveils. Puis, je consulte mes mails. J'en trouve un qui m'interpelle. Des comptes à régler, semble-t-il. C'est fréquent, lorsque les choses changent. Je paie l'addition, clique sur envoyer. Je ne répondrai qu'une fois. Basta.
22h30 : je n'ai même plus hâte de rentrer chez moi.

Mon jumeau Oh m'a appelée aujourd'hui. Je lui ai parlé de mes dernières croisières, du marin et de sa mer de plus en plus calme. Je lui ai parlé de C., aussi. Des quelques mots qu'il m'a laissés ce matin. Je les ai reçus comme un baiser sur le front. Une tape sur les fesses et un go on ! chuchoté à l'oreille.
Des clients ont interrompu notre conversation. J'ai dû raccrocher avec précipitation. Avant d'avoir eu le temps de lui demander comment il allait. Mon jumeau...
La vie est folle. J'adore.

Quelques résas à checker et documents à classer pour les 15 dernières minutes. Et des passants à regarder. Plein. C'est une chance de travailler là. Je veux dire : à bosser dans un hôtel, enfermée à la réception, même si elle est une cage de verre (et une terre de fantasmes), autant avoir un spectacle à regarder. Et quel meilleur spectacle que celui de la vie d'une des places les plus animées d'Avignon ? Un microcosme, aussi écoeurant qu'amusant. J'aime bien en être spectatrice. Presque téléspectatrice, derrière ma vitre-écran. J'y reviendrai. Peut-être.
Non mais sérieux, c'est vraiment un job à la con, mais il est pas si dégueu. Faut avouer.
22h55. Le veilleur arrive.
Derniers documents classés, veste récupérés et mots sympas échangés, cinq minutes plus tard je suis dehors. Enfin.

Je ne saurais dire s'il fait frais ou bon. Mais je suis bien.
Je marche lentement jusque chez moi. Je pourrais compter mes pas. Mais j'ai mieux à faire, quand même.
L'album de Feist touche à sa fin. Je remets I feel it all, une belle énergie avant de rentrer, trois clic un clac et c'est en ligne, une douche, musique, mon marin arrive.



A marquer d'une pierre blanche

Par M. :: 22/03/2008 à 13:11 :: Petites Choses en Nota Bene
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Son sourire est un soleil, même en pleine nuit.
Ses yeux souriaient tellement que je ne pouvais voir leur couleur.
Sa voix est vraiment un calisson, très sucrée, un peu rugueuse.
Non, je ne décris pas l'homme de ma vie, l'être parfait, suprême, le cinquième élèment, mais les trois compagnons qui m'ont suivie hier sur les pavés.
C'est quand même dingue où les petites choses peuvent mener...
Des jours, des semaines, des mois à les lire et puis pouf ! Ils étaient là, comme par magie, ou presque. Une montée d'émotion plus intense encore qu'un pic d'hormones, une fucking bouffée d'amour en serrant mon jumeau dans mes bras.
Mais chut. Ce n'est que le début. Ce n'est toujours que le début.
Et comme l'a dit ma belle irlandaise à l'accent parisien, vivement le café du lundi de Pâques. Et la soirée juste avant.

 

 

Nous avons besoin d'un peu de temps

Par M. :: 21/03/2008 à 13:23 :: Petites Choses en Nota Bene
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Un mail à l'heure de Cendrillon. Un mail de vair ? De verres ?
Nous avons tous besoin d'un peu de temps, a-t-il écrit.
S'il le dit... Du temps, je veux bien. Du temps, j'en ai s'il en veut. Tiens, des bouquets de minutes. Des brassées d'heures. Des poignées de jours, aussi ?
Le temps, c'est bien la seule chose que nous sommes sûrs d'avoir. Et on lui accorde tant de vertus, je peux peut-être lui faire confiance. Après tout, Bob chantait time will tell.
C'est juste que je suis impatiente.

La tempête tout autour.
J'ai l'habitude des tempêtes, je suis une fille de bord de mer.
Mais en général, je suis au milieu, je la subis, l'endure. Là, j'ai aidé à souffler ses premiers vents.
Je suis de l'autre côté. La sorcière qui tend la pomme à Blanche Neige. En parlant de pomme... je pourrais aussi bien dire l'Eve qui tend la pomme à Adam... Je reproduis le péché originel. C'en devient presque drôle. Presque. La place d'Eve n'est pas plus confortable que celle de la sorcière.

Dois-je me réjouir ou m'en vouloir ? Rire ou pleurer ? Rêver ou bien regretter ?
Qu'il est difficile d'y voir clair au coeur de la tempête...
Il a raison. Le temps est certainement la meilleure arme.
La seule, surtout.

Hier, je ne suis pas sortie de la journée. Pas envie. Et peur un peu, aussi. Le vent soufflait fort, si fort. Peut-être a-t-il tout emporté, la douleur, la colère, les cris...?

Mais j'ai le coeur régulier. Moi aussi.
Flou, mais régulier. Pas bleu. Solide.
Et puis, le soleil fait une apparition entre deux nuages. Le vent s'est calmé. Ce sera peut-être une bonne journée.

Nous avons tous besoin d'un peu de temps.
Certainement. Et puis, j'ai confiance. Et même pas si peur.
 
 
 

Le bonheur et le cerf-volant

Par M. :: 14/03/2008 à 21:17 :: Petites Choses en Nota Bene
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Elle met son doigt dans sa bouche, puis le pointe vers le ciel. Elle fait un geste de la tête : elle acquiesce. Satisfaite.
Un signe de la main. A sa mère, je suppose. D'où je suis, je ne peux la voir.
Elle déroule soigneusement la bobine. (je l'admire, moi qui fait si souvent l'inverse)
Elle attrape son triangle coloré, rouge, vert, jaune, bleu, violet, le brandit vers le ciel avec toute l'insolence de sa jeunesse. L'autre main tient la ficelle. Et elle court. Droit vers la mer, elle court. Contre le vent, elle court. Et le cerf-volant s'envole. Mille couleurs dans le clair du ciel. Et son sourire comme un deuxième soleil. Son rire comme la mer, en éclats de lumière.
Il est un temps où l'envol d'un cerf-volant suffit au bonheur.
 
 
 
 

A bon port

Par M. :: 13/03/2008 à 17:26 :: Petites Choses en Nota Bene
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La musique, c'est pas pour les mots, cette fois. C'est pour le plaisir d'écouter. C'est important.  


 


Bien arrivée. Soleil. Sourires.
How deep is your love sur la plage.
Sable entre les orteils.
Vagues à la mer, pas à l'âme.
Bien.

Ne t'inquiète pas. Tu sais qu'il ne faut pas s'inquiéter pour moi.
Je reviendrai avec le sourire. Je ne peux que revenir, et qu'avec le sourire.

J'ai écrit deux chansons hier soir.

Je pars avec mon carnet sur la plage. Mon carnet, et un autre, à lire celui-là. L'air sent bon, ici. Le vent est caresse. La mer éblouit, un peu. Rien d'extraordinaire, juste mon havre. Mon petit, tout petit havre. Pas vraiment de paix, mais pas si loin.

We'll cross the seas, and we will brave the storms
in a paper boat


 
 

semaines du 01 au 29 février

Par M. :: 02/03/2008 à 19:58 :: Petites Choses en Nota Bene
Lu : toujours des blogs… J’en lis beaucoup trop. Mais j’en ai découvert de nouveaux, qui me plaisent beaucoup, d’autres fenêtres sur le monde, c’est chouette comme dirait l’autre.
Les jolies choses de Virginie Despentes, que Sof m’a offert. J’avais vu le film, j’avais aimé. La seule chose qui manque au livre c’est Marion Cotillard, elle était définitivement parfaite pour ce rôle.
Des mails… Des mails d’amour, des mails d’amitié, des mails d’humour, des mails coquins, des mails toujours… L’avantage avec les mails, c’est que contrairement aux lettres on ne les perd jamais.
 
 
Vu : je ne vais plus au ciné. J’en fais la grève. Je me suis promise de ne plus y foutre les pieds tant que j’aurais pas de mec pour m’y accompagner (je déteste pleurer, rire, trembler seule dans l’obscurité. J’ai besoin d’un bras à tenir, à serrer)
Mais comme il n’y a pas que des films à voir… j’ai vu :
La mer, hier. Ça faisait un bail… Elle m’avait manqué.
La Civette après travaux : superbe. Classe et toujours aussi accueillant, comme quoi un cadre agréable n’implique pas forcément une ambiance lounge fashion dégueulasse.
Les jours se rallonger.
Des bloggeurs en vrai (chut chut, pas de marque ;-) )
 
 
Entendu : en vrac parce qu’il y en a eu un paquet : Al Green, Anthony Hamilton, Van Morrison, Maxwell, Kravitz, Marion Cotillard les jolies choses, Marcia Griffith et The Viceroys pour une envie de reggae, Ernest Ranglin, Lantoine (hummm), le flamenco de Mahdi qui m’a presque fait pleurer, la B.O. de Vengo naci en alamo, Cocoon, Coltrane et Brubeck, toujours.
Whatever, il me dit de ces choses et mes autres textes en musique.
Ma voix chanter Lhasa dans la voiture.
Le président de la République lâcher un scandaleux casse toi pauvre con. Scandaleux, d’autant plus pour moi qui pour un salaire de merde et du haut de mes 26 pommes sait fermer ma gueule quand un client m’insulte parce que c’est le b a ba du métier, des métiers de contact et de relationnel, parce que je m’estime plus intelligente que celui qui m’insulte, en tous cas bien trop pour entrer dans son jeu, et qu’on ne vienne pas me dire que Monsieur n’est qu’un homme et qu’il a eu une réaction d’homme, parce qu’un homme est aussi capable de réfléchir et de se contenir. Se maîtriser il disait, l’autre, lors du débat de l’entre deux tours, vous vous souvenez ? un président de la République doit savoir garder son sang froid…mwahahahahaha. Je ris mais non, je ne ris pas, cela ne me fait pas rire du tout, alors ça passera comme une lettre à la poste, tout le monde finira par penser que le casse toi pauvre con n’était pas si grave, pour moi il l’est.
Au Etats-Unis le Président n’a pas le droit de se faire sucer par sa secretaire, en France, le Président à le droit d’insulter les citoyens. Voilà, entre autres, ce que je retiens. Un si bel exemple… (et les cours de politesse à l’école, c’est toujours d’actualité ?)
En plus, quand j’en parle je m’énerve, et je déteste m’énerver.
Merde !
 
 
Bu : entre mille autres que je ne citerai pas (nul besoin d’asseoir ma réputation) ma première bouteille de rosé frais de l’année. Et oui, on a eu un avant-goût de printemps, plus de 20°, du soleil, les arbres fruitiers qui bourgeonnent (les cons ! ils se font avoir chaque année)… Et donc rosé bien frais à l’apéro. On retrouve avec plaisir les bonnes habitudes de l’été.
 
 
Su : qu’il y a toujours deux poids, deux mesures.
Que les choses bizarres peuvent être magiques.
Que les fenêtres ouvertes facilitent les courants d’airs mais aussi les visites de voyageurs.
Que finalement je suis peut-être plus douée pour la vie que je ne le pensais.
Qu’il fallait que j’arrête de me déprécier, comme il dit.
 
 
Autres U ? :
Vécu : un mois de février délicieux, ensoleillé, tendre, complice, drôle, plein d’amour et de moments magiques, simples mais si beaux.
Eu : envie de vivre encore ainsi.
Perdu : une vieille honte. Un ami, aussi.
 
 
Addiction du mois : l’Amélie Poulain style.
Je n’y peux rien, je déteste ça, mais je crois que c’est en moi.
Enfin, Amélie, en plus sexy quand même (j’espère !).
 
 
Et lui, il dit quoi ?
« La peau de l’être humain a besoin d’un grand nombre de baisers par jour. » F. Beigbeder
« el alma prende fuego cuando deja de amar » Lhasa, el desierto
 
 

Reviens quand tu veux

Par M. :: 02/03/2008 à 17:14 :: Petites Choses en Nota Bene
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Samedi matin, 8h. Réveil sans difficulté. Ciel voilé qui tend à s'éclaircir.

 

Attente. Douce, un peu nerveuse peut-être.

Assise sur la place du Palais. Le soleil est sorti pour l'accueillir avec moi.

11 petites minutes de retard.

 

Café sur la Place Pie. Mots. Regards. Timide découverte.  

Quelques pas sur les pavés. Voilà où je travaille, voilà où je vis.

On y va ?

On prend la voiture, direction la mer.

 

La mer.

Les Saintes Maries.

La vierge noire, Sarah. Les gitanes et leurs médailles. Un steack de taureau. Du vin rouge. Puis le vent iodé qui fait boucler mes cheveux. Ses bras autours de ma taille. Nos regards loin sur la mer. Les vagues. L'écume. Son souffle sur ma nuque. Mes mains dans les siennes. Les talons qui s'enfoncent dans le sable. Puis la portière se referme et plus rien : plus de vent, plus d'iode, plus d'écume.

 

La route. La musique. Jack Johnson, Raul Midon, Lhasa de Sela.

Aigues Mortes, une autre ville à remparts, on boit un café ? , il faut que tu goûtes leur fougasse. Le sourire qui ne me quitte plus.

 

Autoroute. Retour Avignon.

Mes jambes croisées, sa main sur ma cuisse. Ma main sur sa nuque, à la naissance de ses cheveux. Quelques regards tendres, des soupirs. Je m'endors, un peu. Me réveille et pose ma tête sur son épaule. C'est pas prudent, je sais. Mais on s'en fout.

 

Un sourire aux gars de la circulation. S'il vous plait... Le short court aidant, ils nous laissent passer. Une place rue de la Balance, tout à côté. Les sacs sortis du coffre. Des pavés, encore. La petite rue tortueuse qui grimpe jusqu'à la place.

Chez moi.

Fromages, charcuteries, vin rosé et rouge, et musique, évidemment. Les siennes, les miennes. Partage. Plaisir.

Puis un sourire, un vrai, de lui. Je suis bien. Il l'a dit. Enfin.

 

La nuit.

 

Le réveil.

 

Le petit-dejeuner du dimanche matin, le soleil dehors, quelques rayons dedans, le café, la confiture, la musique, les restes de sommeil que l'on s'enlève l'un l'autre. Pas envie de quitter le lit. Pas envie d'aller travailler. Pas envie de le quitter lui.