Les Petites Choseshttp://lespetiteschoses.zeblog.com/ |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Calendrier
M.
BlogCatégoriesDerniers commentairesDerniers billetsCompteursLiensFils RSS |
Comment Michel Drucker m'a empêchée de rentrer chez moiPar M. :: 18/05/2008 à 11:37 :: Petites Choses pour petits sourires
Samedi soir, Michel Drucker m'a empêchée de rentrer chez moi.
Il faisait son émission
La scène était installée place du Palais, c'est à dire devant chez moi.
10 jours de montage, d'allées et venues, de camions, voitures, piétons avec talkie-walkie, et autres bordels. La nuit, de préférence. Ben oui, quand je dors, c'est mieux. Ben oui.
Une partie de la production était logée à l'hôtel. Les techniciens étaient plutôt sympas. Toujours à la bourre, mais sympas. Petite préférence pour celui de la 37, attaché de presse, je crois. Bref. Le reste de l'équipe, imbuvable. Inutile de leurs dire bonjour, ils ne répondaient pas. J'apprends vite. Je réservais donc ma voix et mes sourires aux autres de mes clients.
Pour leur décharge, le montage de la structure fût un véritable enfer. En effet, sous les pavés de la place, non pas la plage mais le parking sous-terrain du Palais des Papes, impossible donc de monter le plateau habituel, la charge de béton nécessitée étant trop importante. Solutions d'urgence, plan B, plan C, plan D. J'ignore à quel plan ils se sont arrêtés.
Mercredi, je reçus une lettre de la mairie, m'indiquant que la place serait interdite à la circulation des voitures vendredi et samedi, ainsi que des piétons samedi entre 18h et minuit. Je n'ai pas de voiture. Mais j'ai un boulot qui se termine tard et qui commence tôt le lendemain, donc un impératif besoin de rentrer chez moi.
Surtout que vendredi je fûs prise dans un guet-apens, et pas seulement, dont je ne suis sortie que tard dans la nuit, ou plutôt tôt dans la matinée, et pas complètement indemne. Ah, la jeunesse.
Je devais retirer un badge d'accès à la Mairie, vous savez, ces rectangles en plastique avec votre nom dessus, qui vous donnent un petit côté VIP juste détestable. Mais les horaires de la Mairie... Et puis, je m'étais dit qu'en présentant ma carte d'identité, sur laquelle figure mon adresse, je pourrais rentrer chez moi. Naïve que je suis.
Samedi soir, donc.
Je quitte à 22h, plutôt 22h30, le temps de discuter un peu avec Arnaud.
Le gars de la 37 me propose de venir boire un verre avec lui et l'équipe, après le tournage, mais je suis épuisée, rassasiée, encore sous les effets de ma dernière nuit, je décline donc son offre, avec un sourire bien sûr. Et un peu de regret, aussi.
J'arrive au bas de la place, premier cordon de sécurité. Facile. Il me laisse avancer jusqu'au deuxième. Qui me renvoie sur le côté de la place, rue de la Monnaie. Ok. Rue de la Monnaie, donc.
Là-bas, deux flics me stoppent.
- On ne peut pas vous laisser passer.
- Attendez, je vous montre ma carte d'identité. J'habite là.
- Vous n'avez pas votre badge ?
- Ben non, j'ai pas mon badge.
- Et pourquoi vous n'avez pas votre badge, Madame ?
- Parce que j'ai un métier à la con, qui ne me permets pas de respecter les horaires de la mairie, Monsieur. Je travaille dans l'hôtellerie...
- D'accord, mais sans votre badge...
- Vous voulez dire que je ne peux pas rentrer chez moi ?
- Pas avant la fin de l'émission. Et le départ des invités. Vers une heure trente, deux heures du matin.
- Vous plaisantez ?
- Pas du tout. Essayez par l'autre rue, un peu plus loin, mais ils ne vous laisseront pas passer non plus.
J'ai envie de pleurer.
Je tente l'autre rue. Même barrière, mêmes explications. Même véto.
Et là, je mérite la palme d'or de la meilleure actrice. Montée des marches, attends moi ! J'ai joué le numéro de la pauvre jeune femme épuisée, désespérée, la voix basse, suppliante mais digne, arguments bétons à la clé, main sur la nuque pour prouver que je suis vraiment fatiguée, et recoiffage discret parce que ça fait toujours son effet, et parce que mes bras relevés font grimper ma robe sur les bas. Un s'il vous plait... Escortez moi, si vous voulez. Vous verrez que j'habite bien là, que je veux juste rentrer chez moi... J'aurais dû employer ces mots dès le début. Escortez moi. Ils me laissent passer. Pas la peine de m'escorter (ni de quitter son poste douillet dans sa caisse à tchatcher foot avec son pote).
Je peux enfin rentrer chez moi.
Malgré tout, j'ai eu de la chance. J'ai évité Mireille Mathieu. Mais pas Garou, ni born to be alive (ça fait combien d'années qu'il fait du playback ce mec ?) (le mec qui a fait une chanson dans sa vie. Comme Loana, du Loft). Bref. J'ai quand même entendu, en direct live, Thomas Dutronc. Les images à la télé, le son à côté, y'a un décalage, ça fait bizarre. Comme s'ils étaient à la bourre, dans leurs gestes. Bizarre. Ce qui ne l'empêche pas d'être super mignon, au p'tit Dutronc. Le fils de son père, quoi.
Bref.
Tout ça pour dire que depuis 10 jours c'est le bordel devant chez moi, qu'hier c'était juste l'enfer (et encore, je le répète, j'ai évité Mireille), que j'ai bien cru devoir dormir sous un pont (le comble, pour une réceptionniste en hôtellerie), et que j'ai finalement eu droit à deux heures de sommeil tout au plus, rapport au démontage, bruit, et tutti quanti. Tout ça, à cause de Michel Drucker, et son émission que je ne regarde même pas (et pour cause).
Alors merci, Michel ! Et surtout, bon retour !
(Euh...Michel ? T'aurais pas le numéro de Dutronc, par hasard...?)
Le bon samaritainPar M. :: 07/01/2008 à 10:30 :: Petites Choses pour petits sourires
Jour de pluie. Troisième. Jour de grippe. Quatrième. Retour au boulot. Huit heures. L'enfer porte un nom, il s'appelle l'hôtel ZZZZZZ.
Je meurs peu à peu, minute à minute, goutte de sueur à goutte de sueur. Je me liquéfie. Avant de frissonner. Et me liquéfier. Et frissoner encore. Et ... ainsi de suite.
Sonne enfin l'heure de la délivrance. Je vois la relève arriver avec un plaisir rare, et remarqué. Le brave gars me plaint...pas le temps de le laisser faire, je me sens vraiment mal, je rentre chez moi.
Les deux minutes à pieds les plus longues de toute mon existence. La pluie est légère, mais les gouttes qui s'écrasent sur mes épaules me semblent lourdes, si lourdes. A moins que ce soit mes épaules elles-mêmes qui soient lourdes... Ou ma tête... Mes jambes... Mes pieds... Mes pieds, justement, ils sont maladroits ce soir. Ils semblent éprouver plus de difficulté qu'à l'ordinaire pour gérer l'alliance fatale talons + pavés. Je trébuche une fois. Deux fois. A la troisième je m'arrête un moment, épuisée par tous ces (presque vains) efforts pour marcher droit. Et tenir debout, surtout. Les effets de la fièvre sont pires, bien pires, que ceux de l'alcool (et on ne l'interdit pas au volant). Les dix derniers mètres sont les pires. Je ne sais plus si ce sont des gouttes de sueur ou de pluie qui coulent le long de mon visage, mais j'ai chaud, et je frissonne. Ma vue s'est brouillée sur les trois derniers pavés. Je vois la large porte en bois de mon immeuble. Floue. Elle danse, on dirait. J'essaie de la fixer du regard, me concentrer sur elle, les trois derniers mètres qu'il me reste à faire...Je serre fort mes clés dans ma main comme pour me soutenir...je lutte, je vous promets que je lutte...mais...mais...c'est mon pied droit je crois, ou le gauche, je sais plus, je pers l'équilibre, je chute... Tiens ? Je m'attendais à ce que les pavés soient plus durs, et plus froids. Et plus horizontaux aussi. J'essaie d'ouvrir les yeux, mais mes paupières sont lourdes. Trop. J'entends une voix. Je ne comprends pas. Pas tout de suite. Je suis tombée mais je semble debout. Que pasa ??? Mes yeux s'ouvrent enfin. Un homme, grand je dirais parce que sa tête est loin au-dessus de la mienne, me soutient. Oui, je suis plus ou moins dans ses bras. Il tient mes clés dans sa main. - Is it that door ? Je le regarde, il est un peu flou. Mais il sourit. Je le fais sourire. Il doit penser que je suis ivre. - Is it that door, miss ? Merde, faut que je réponde là! - Yes, yes, the big one. Il ouvre la porte, m'accompagne à l'intérieur. - Did I fall ? - Well, it seems so. Hum... Have you been drinking ? - No ! No, it's just the fever. I'm sick, indeed. - Oh ! I see. Will you be ok ? Do you need a doctor ? - No, I have one home, euh, I mean some medecine. - OK, so... Can I leave you now ? - (Nooooooooo!!!!) Yes, yes of course you can. Thank you. Vraiment, euh, really, thank you... Un clin d'oeil et il passe la porte.
Moins d'une minute plus tard, par la fenêtre de mon appartement, je le regarde essayer de passer entre les gouttes. Sans grand succès apparemment. Je m'écroule. Mais sur mon lit, cette fois. Et un peu grâce à lui...
(La chanson est pour lui, sait-on jamais...comme un clin d'oeil...euh, this song is for you, dear samaritan...)
Et le miroir se brisaPar M. :: 02/11/2007 à 19:14 :: Petites Choses pour petits sourires
J’ai cassé un miroir hier matin. 7 ans de malheur. C’était un miroir rond, sur un socle en plastique, pas très grand, une sorte de miroir portatif quoi. Je m’en servais pour me maquiller dans le salon quand la lumière du dehors le permettait, la lumière naturelle est toujours plus fidèle que celle, artificielle, de la salle de bain. Je m’apprétais justement à le ranger, sur la tablette au dessus du lavabo, j’en avais assez de le voir traîner sur la table basse. Faut croire qu’il n’approuvait pas ma décision. Il m’a échappé des mains et s’est brisé sur le carrelage. Je ne suis pas supersticieuse, mais quand il est tombé, que je l’ai vu cassé, je me suis immobilisée, le souffle retenu, le regard bloqué sur les morceaux de miroir. Je ne sais pas pourquoi. C’était comme si je ne pouvais plus bouger. Je n’arrivais pas à décrocher mes yeux des débris de verre. Plusieurs secondes, de longues secondes. L’étrange impression que l’événement était important, même si je n’en saisissais pas l’ampleur. Je me suis débarassée de ce que j’avais encore dans les mains, et me suis baissée pour ramasser. J’ai vu mon reflet en 12 exemplaires, de tailles diverses. Autant d’yeux bleus qui me fixaient. Un plus gros que les autres. Je l’attrapais à pleine main, l’approchais de moi, voyant le reflet grignoter mon visage jusqu’à le renvoyer entièrement. Je le regardais un moment. Et puis une ligne rouge coula de mon front, sur mon œil, le long de ma joue. Je passais ma main libre à ces endroits-là : rien. Je ne saignais pas. Mais le miroir, oui. Je ne sentais pas encore la douleur de ma main qui s’était coupée en serrant trop fort l’arrête tranchante. Quand je réalisai, j’eus mal. Je posais le morceau de verre à terre, regardais ma main ensanglantée. Je la passais sous l’eau, appuyais une serveitte contre pour stopper l’hémorragie. La coupure formait un trait net sur ma paume, comme une ligne supplémentaire. Je pensai alors aux sept ans de malheur promis en châtiment à celui qui brise un miroir. Etaient-ce eux qui étaient venus s’inscrire sur les lignes de ma destinée ? Mais, comme je l’ai dit, je ne suis pas supersticieuse. J’ai ramassé les débris, et un coup de balayette plus tard je n’y pensais plus. Seulement…ma main me fait mal quand j’écris. Comme si elle tenait à me rappeler mon crime… Si les sept années à venir sont catastrophiques, je saurais à quoi je le dois ;-) Tu attendras, CassandraPar M. :: 16/10/2007 à 18:13 :: Petites Choses pour petits sourires
Mon chat est un goinfre. A la limite de la boulimie. Il ne pense qu’à manger. Dès que j’entre dans la cuisine, il miaule, voire hurle à la mort, pour que je lui remplisse sa gamelle. J’ai beau le menacer de le jetter sous l’eau froide, de lui arracher les poils un à un à la pince à épiler, rien y fait : il miaule. Hier soir, je faisais la vaisselle en sifflotant, normal quoi, et le chat me tournait entre les jambes, essayant probablement de me faire tomber pour pouvoir me bouffer. - Ça sert à rien, tu le sais bien (oui, je parle à mon chat, non je n’ai pas 75 ans, j’en ai 26, pourquoi ?) - Miaou. - Je fais la vaisselle, tu vois bien ? (ben ouai, quoi !) Je te donnerai après. - Miiiiaaaaoooouuuu. - Non, non, non, tu attendras, Cassandra. Mon chat s’appelle Pablo. Rapport à Picasso, Neruda, Escobar…j’ai pensé à son karma en le nommant. Bref, il s’appelle Pablo, donc, et pas Cassandra. Cassandra, c’était pour la rime, j’aurais tout aussi bien pu dire Natacha ou Barbara. C’est Cassandra qui m’est venue à l’esprit. Et ma voisine à la fenêtre : - Cassandra ? Que c’est joli comme petit nom… - Bonsoir Mme Martin. Mme Martin, c’est ma voisine du numéro 11. Une petite vieille, genre mamie de contes de fées, l’allure frêle, courbée par les années à porter les enfants et petits enfants (elle en a 16), les cheveux gris et la voix qui chevrotte juste un petit peu, juste ce qu’il faut pour sonner vrai. Elle est adorable, elle a juste tendance à regarder un peu souvent par la fenêtre de ma cuisine. Comme hier soir : - Alors votre chat s’appelle Cassandra ? C’est une femelle ? - Euh… Non, c’est un mâle, il s’appelle Pablo en fait. - Ah… mais je vous ai entendu … - Oui, oui, effectivement j’ai dit Cassandra mais c’était pour la rime : tu attendras, Cassandra. - … (regard intrigué) - … (sourire gêné) - … (elle essaie de percer le mystère) Elle approche sa tête de la fenêtre, prend une voix de confidence : - Vous en avez deux ? - Pardon ? - Vous avez deux chats, c’est ça ? - Non, pas du tout, un me suffit largement, y’a même des soirs où ça fait trop, un… - J’entends bien…(avec, effectivement, un regard entendu) - Pardon ? - Ne voux inquiétez pas, vous pouvez compter sur ma discrétion. - Votre discrétion ? - Votre propriétaire ne sais pas que vous avez en réalité deux chats chez vous, c’est bien ça ? Et bien vous pouvez compter sur moi, je ne lui dirai rien, ce sera notre petit secret comme on dit. J’allais la contredire, lui expliquer, mais ce "petit secret" avait l'air de tellement l'enchanter que je n’en eus pas le cœur. Je l’ai laissée rentrer chez elle persuadée que j’avais deux chats à la maison : Pablo, et Cassandra, donc. Et maintenant, quand je la croise dans la rue, en plus de son sourire habituel j’ai droit à un clin d’œil complice. Ahhhh, chère Mme Martin… RatéPar M. :: 07/10/2007 à 2:11 :: Petites Choses pour petits sourires
Depuis 3 jours, il y a un nouveau serveur au resto d'à côté. RAS. C. n'a pas changé de métier, Georges Clooney non plus, donc de mon point de vue : RAS. Hier, il m'a semblé qu'il me mattait vaguement. Aujourd'hui, il me semble qu'il me matte clairement. Je confirme, c'est bien de mon côté qu'il regarde sans cesse et, un coup d'oeil à droite, un coup d'oeil à gauche, je suis la seule dans le périmètre. C'est donc bien moi qu'il matte. Il perd son temps mais si ça peut lui faire plaisir, je n'aurai pas la cruauté de l'en priver. Sauf que... je le vois embrasser une blondinette. Il a une copine. Grand bien lui fasse, je suis ravie pour lui, mais qu'il arrête de zyeuter par ici, je déteste être complice malgré moi. Il persiste. Tu ne me plais pas chéri, arrête de te faire du mal, oublie. Et puis... après tout... il me cherche... et s'il a une nana, je situe le personnage... Alors pourquoi pas ? ça fait longtemps que je n'ai pas joué. Je lui offre sa chance (quelle prétention!) : je sors fumer une cigarette. ça ne manque pas : il m'imite. Et comme de par hasard, il ne parvient pas à mettre la main sur son briquet, celui dont il s'est servi pour allumer la clope qu'il vient tout juste d'éteindre. Il m'appelle au secours. Je lui sauve la vie en lui offrant une allumette. Il embraye. Fait la conversation. Déccroche mes horaires de travail, et mon nom. Et je retourne bosser. Quelques heures plus tard, je renouvelle l'opération. Il accourt. Presque. Me demande à nouveau du feu. A moi, pas à son pote avec qui il discutait et qui, justement, est en train de fumer. Il embraye, encore : - Tu finis dans une heure, c'est ça ? - Yep (pas motivée, j'ai prévenu) - Je crois que je vais pas tarder non plus, c'est calme ce soir. - Ah. - ça te dit d'aller boire un verre ? - (honnêtement, pas du tout) Pourquoi pas ?
Une heure plus tard, donc, je le retrouve. Et on va boire un verre. Formalités d'usage, on fait vaguement connaissance. J'ai décidé de ne pas lui faire peur, je me tais un maximum. Lui en revanche... il me sort le grand jeu. L'homme formidable qui mène une vie formidable. Genre "laisse moi te faire rêver, babe". Je ris. Intérieurement, parce qu'il parle beaucoup mais n'est pas franchement rigolo. Après une demie heure, je n'en peux plus. J'ai envie d'un bain, d'un thé, d'un bon bouquin, mais surtout de fuir. Je lui sors une bonne vieille migraine de dirrière les fagots ? Un rendez-vous oublié ? A cette heure, difficile. Euh... Et si... Si je m'amusais un peu. Justement, il me tend la perche idéale, il ne s'en doute pas encore, mais il va le regretter. en même temps, il l'a bien cherché. - Et toi ? - Moi ? - Tu dis rien... Parle moi de toi. - Si tu veux... Et c'est parti ! Je lache tout. Je n'en aurais pas dit plus à un psy en deux heures de divan. Je lui parle de C., bien sûr, ce qui semble passablement l'agacer, mais aussi de mes potes, mon boulot, des petites choses, de mes vacances, celles de Londres, du week-end à Barcelone, je lui raconte la fac, le lycée, le collège, l'école primaire, mes gants roses assortis à mon bonnet, mes cours de flûte, de ski, de plongée, de volley, le concert de Dorothée quand j'avais 6 ans, celui de Cocorosie et Aaron plus récemment, et je lui parle aussi d'Avignon, mon arrivée ici, mon appartement, mes voisines, le quartier, la boulangerie sur la petite place, l'autre plus loin encore meilleure, la tabac ouvert à toutes heures, sans oublier le plus important mon enfance, les semaines chez papi et mamie, ma soeur, ma mère, mon père, leur chien, mon chat. Quand je m'arrête de parler, il est minuit trente, et il règle la quatrième tournée. Bête, en plus d'infidèle. - Je suis désolée, je crois que j'ai un peu monopolisé la parole (ma modestie m'étouffera un jour). - C'est pas grave. Enfin, je veux dire, pas du tout. C'était...interessant. - C'est gentil (menteur!) - Mais tu es interessante. - Merci (je baisse les yeux pour ne pas éclater de rire, il croit que je rougis et revient à la charge) - J'ai envie de te revoir. J'en peux plus, je le lache : - Et ta copine, elle a envie de me revoir elle aussi ? - Sabrina ? (il réalise alors qu'il vient de se vendre) Euh... je veux dire, euh... Il est perdu. C'est beau de le voir se noyer lentement. - Elle s'appelle Sabrina ? Joli prénom (beurk). - Je... - C'est pas grave. Allez, va la rejoindre (retourne chez bobonne). Tu n'as qu'à lui dire que finalement tu ne dors pas chez ta mère, tu préfères dormir prés d'elle (c'est le Batman en moi qui parle). - Ouai. ... Ok .. A demain ? - Je préfère trois. Il n'a pas compris. - Merci pour les verres, au fait, je lui dit avant de m'en aller. Ben oui, 4 mojitos chacun à 8 € l'un, je pouvais bien le remercier. De l'utilité de connaître les langues étrangèresPar M. :: 06/10/2007 à 19:33 :: Petites Choses pour petits sourires
Aujourd’hui, j’arrive au boulot et trouve ma collègue toute catastrophée : « j’ai un problème avec les clients de la 33 ». Des espagnols, me dit-elle. Ne comprenant pas un mot d’ibérique, elle m’explique ce qu’elle a compris. A ce moment là, le client en question se pointe. - Voilà, c’est le monsieur. Alors, apparemment sa femme est enfermée… - Enfermée ? - Ben c’est ce qu’il m’a dit. Mais il veut que j’appelle un docteur alors je sais pas. - Un docteur ? Pourquoi faire un docteur ? - Ben je sais pas, justement ! Il m’a dit d’appeler un docteur parce que sa femme était enfermée. - (je commence à comprendre) Cual es el problema señor ? - Hablas español ? - Un poquito. - Gracias Díos ! - (et voilà, je suis un messie) - Mi esposa está enfermada. Es possible llamar a un doctor ? - Seguro. Je rassure ma collègue. Madame n’est pas enfermée, mais malade. - Aussi, il me dit enfermada, lui. - Ben oui, enfermada en espagnol c’est malade. Le docteur arrive, le client me demande de l’accompagner pour servir d’interprête. Il a eu l’œil, parce que le doc question espagnol…euh… - Mi esposa está embarazada. - Il dit que… - J’ai compris, j’ai compris. - Pienso que está solamente constipada pero… - Il dit que, en fait… - J’ai compris, j’ai compris mademoiselle. Je ne parle pas l’espagnol mais faut pas sortir de Saint Cyr pour le comprendre. Madame est embarrassée parce qu’elle est constipée. Franchement, si ça n’avait pas été une question de santé, je me serais tû et l’aurais laissé ce démerder tout seul, ce je-sais-tout de docteur. Mais là…je ne pouvais quand même pas. - C’est à dire que… euh… pas tout à fait. En fait, Madame est enceinte, embarazada, elle n’a probablement qu’un gros rhume, constipada, mais dans son état son mari a préféré s’inquièter pour rien que l’inverse. - Ah. Ah. … Oui, oui, bien sûr. J’avais bien compris. Voilà le doc géné. Visiblement, il m’en veux. Normal, une pauvre petite nana de rien du tout qui le corrige, c’est pas cool. Lui, il a fait médecine, il n’est pas n’importe qui, il est docteur, il a une grande baraque avec piscine dans l’arrière pays, une femme en Chanel, une fille à la Sorbonne, alors pour qui je me prends, moi, pour venir lui donner des leçons, hein ? N’empêche que ce jour là, sans mes pauvres cours d’espagnol de même pas une grande université, la cliente aurait été soignée pour une constipation passagère… |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Copyright © Les Petites Choses - Blog créé avec ZeBlog | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||