Les Petites Choses

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M. "Les petites choses ont leur importance : c'est toujours par elles qu'on se perd." Fiodor Dostoïevski

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Petite chose

Par M. :: 02/05/2008 à 15:45 :: Petites Choses egocentrees
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Depuis quelques jours déjà, des jours qui me paraissent des semaines, je rétrécis. Ostensiblement. Le soleil brille plus fort et ma lumière décroit. Si toutefois j'en avais une.
Je suis comme une ombre, l'ombre d'une petite, toute petite chose. Invisible. Inaudible. Insipide. Je n'existe presque pas.

Les mots, qui semblent toujours s'offrir si facilement à moi, désormais me snobent, me boudent. Ils se refusent à mes lèvres, à mes doigts. Si bien que je ne peux dire, et dire est le pont entre les êtres, je me suis toujours dit.
Sans les mots comme des fils entre eux et moi, je ne tisse plus de toile, je m'éloigne, je me noie. Sans les mots comme des couleurs que je donne, je me désole, je les désole. Sans les mots, le silence s'installe, et se fait roi. D'abord autour, comme un mur, des remparts, je suis ceinte d'un silence glacial. Puis à l'intérieur. Là, dans mon ventre. Une boule de rien qui grandit et devient, petit à petit, néant.
Je me sens comme privée de moi.


J'avais rendez-vous cet après-midi. Il est finalement décalé. Comme j'étais dehors, j'ai voulu profiter de cette belle journée. Je me suis assise à une terrasse de café, j'ai sorti un bouquin, le Lucia Etxebarria que je lis en ce moment, j'ai allumé une cigarette. Comme je le faisais si souvent, presque tous les jours, l'été dernier. Je dévorais les pages au soleil, devant un café ou un coca frais. Avec 12 glaçons, je disais à Andrea, le serveur italien. J'étais bien, j'aimais bien.
Mais tout à l'heure, je n'ai pas retrouvé cette sensation. Être au coeur de la ville, du monde, de la vie, et être. Être fort, être bien. Être pour de vrai. Non, tout à l'heure je me suis sentie toute petite. Noyée par le flot des paroles et des rires échangés au quatre coins de la terrasse, écrasée par ces présences, hommes, femmes, enfants, tous ensemble en harmonie. Et moi à côté. Plus au milieu.
Alors j'ai bu mon café en trois gorgées et je suis rentrée.
Je me suis installée à l'abri dans ma petite cour, au soleil, mon ordinateur sur les genoux, ma musique et le chat qui mange l'herbe.
Je sais, j'ai choisi la pire solution. Je m'isole quand il faudrait que je me raisonne. Alors j'essaie de me raisonner isolée.

Je sais que je ne suis pas ça. Cette petite chose informe, morne, sans saveur ni intérêt. Mais je suis si dépendante des autres. Sans eux, je me meurs. S'ils n'ont pas besoin de moi, je n'ai pas besoin de moi non plus. Mon utilité aux autres légitime ma vie.
Je sais, ce ne sont qu'angoisses adolescentes, elles s'atténueront, et disparaitront, avec le temps. Je sais. Je sais, mais...

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé, il disait, et bien il en va de même du regard. Un seul regard vous manque et...

Regarde moi... S'il te plait, regarde moi.



Hier, un coup de fil. Quelques mots rapides, mais tellement justes. Tellement qui font du bien. Je m'inquiète pour toi, mais je sais que tu es forte. Merci de me le rappeler, je l'avais presque oublié. Tu as raison, je suis forte. Petite chose... Pas si petite. Non, pas si petite.
Suffit que je me déplie.
 
 
 

Un fil, vite fait

Par M. :: 29/04/2008 à 18:52 :: Petites Choses en general et en particulier
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Le temps passe à une vitesse...
Avril se meurt déjà, je ne l'ai pas vu vivre. Mai approche à grands pas, demain, non, le jour d'après, déjà... Puis viendra juin, la Corse, et très vite juillet, le festival. Je n'ai même pas hâte. Pourtant chaque année je l'attends en trépignant, mais là... Je sais qu'il va venir, il n'y a pas de suspens, pas d'impatience.
Le festival, donc, puis août, d'autres vacances, et mon anniversaire au milieu. 27 ans, toujours pas de suspens et encore moins d'impatience.
Ensuite la rentrée, l'automne, l'hiver, les fêtes de fin d'année et la grosse dépression qui va avec. Chouette.

Le temps passe à une vitesse...
Et en attendant j'en profite, de ce temps, plutôt joli d'ailleurs, on atteint les 25° au soleil, le panaché bien frais fait son grand retour, les apéros s'éternisent puisque les journées n'ont presque plus de fin, les nuits sont tièdes et moins calmes. Des lignes à lire en terrasses de cafés, d'autres à écrire dans le silence de ma cours. Des musiques d'ailleurs pour ajouter à la saveur du printemps tant attendu, enfin venu. Et des salades.

Je profite de ce temps et j'en fais des choses. Moins de petites, c'est vrai... Parce que le besoin est moins grand, il est presque mort, seule l'envie demeure, et j'en reste maîtresse. Parce que la vie prend beaucoup de temps. Parce qu'il fait beau et que je suis mieux dehors que dedans, devant mon écran. Et parce que j'ai d'autres projets.
Bien sûr, je pense chaque jour à toutes les petites choses que je n'ai pas écrites. Aux dernières que j'ai données, me disant que j'aurais pu, dû, faire mieux. Mais l'instant d'après je pense au reste, et il me plait beaucoup. Et puis, mes doigts continuent de s'agiter, sur un clavier ou bien une feuille de papier, mes gribouillages se poursuivent, ils nécessitent concentration. Une chose à la fois. Je suis bien trop entière pour être ici et ailleurs. Alors les silences durent un peu plus. Mais ils ne sont que pauses. Parenthèses.

Je fais des choses, mais en dis peu. Je commence à m'en apercevoir. Je cultive un secret très rare chez moi. Je tais beaucoup. Je parle, mais ne dis rien. Peut-être parce que je ne saurais trouver les mots. Peut-être parce qu'on ne saurait les entendre. Peut-être parce que je suis stupide, un peu, beaucoup, parfois. Moi qui confie d'ordinaire tant, j'ai aujourd'hui les poches pleines. Il faut que je les vide un peu. Mon gourou me l'a dit dimanche : il faut prendre le temps et la peine d'exprimer ses sentiments, ses sensations, ses avis. Je le ferai, promis. Mais pour dire, et tout dire, encore faut-il savoir que dire... Alors je goûte au silence, y trempe les lèvres, la moitié du coeur, les bords de l'âme, et ensuite, ensuite seulement, je parlerai. Les mots écloront de ma bouche comme les pétales du bouton. Je serai moi aussi une fleur de printemps. Coquelicot. Ou lila.
J'aime l'odeur du lila.

J'aime l'odeur du lila parce que c'est la fleur préférée de ma mère. Elle me rappelle cette époque où je sillonnais le quartier des villas avec ma copine Magali dans le but d'en trouver quelques branches accessibles. Alors, la nuit tombée nous revenions, et je rammenais un beau bouquet qui faisait fleurir un sourire sur le visage de celle qui m'en a offert tant.

Tant et si bien qu'une nouvelle poignée de lignes voilà écrite. Sans même m'en apercevoir. Et d'autres m'attendent.
Mais avant de partir quelques mots sur AaRON, revus vendredi, quelle chance ! Toujours un plaisir, un bonheur même. Toujours si magiques, si particuliers. Si intimes, si prés, tout prés... Au coeur. C'est là qu'ils sont. Et dans la tête des mots d'eux little love et compagnie, sometimes I do wonder / all my nights felt like days ... just blink an eye / did your eyes peacefully finally dive into the sea / even though we went too far you're my most beautiful scar / you're a porn soul / don't care what people say I'm dreaming louder every day / I drink your lies with some corona / I still hear you late at night / regarde, il gèle...
Avant de partir, encore, rappeler que je suis comme le soleil (quelle prétention !) : tôt ou tard, je reviens (pas trop mal rattrapé...).
Et avant de partir, vraiment cette fois, un signe de la main. J'aime bien.
Mieux : un baiser sur mes doigts, je souffle...
 
 
 

L'exception

Par M. :: 25/04/2008 à 0:12 :: Petites Choses egocentrees
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Je suis ailleurs.
Toujours dans mes remparts, emmurée vive, mais ailleurs. Quelque part entre maintenant et jamais, entre ici et nulle part. Hors d'atteinte. Complètement. Rien de m'a touchée cette semaine. Rien de m'a surprise. J'ai pourtant fait des rencontres, passé de bons moments, de mauvais aussi, mais rien n'a traversé l'armure. Mon coeur est glacé. Mais le printemps s'installe, il va vite dégeler et bourgeonner.

Aucune petites choses à coller sur la toile. Pas envie. Pourtant, j'écris. Beaucoup, même. Mais pas pareil, et pas pour les mêmes raisons. Je crois que l'héroine de ce blog me lasse. Cette Amélie Poulain de pacotille, avec sa musique, ses sourires et ses petites merveilles à trois sous, elle ne m'amuse plus. Ça reviendra, sûrement. En attendant, je l'oublie. C'est pas plus mal.
Retour de l'huitre de Belon. Là encore, rien de bien surprenant.

Je voudrais descendre des montagnes russes. Quitter la fête foraine. Oter le déguisement. Fuir le pays des gentils bisounours et flirter un peu avec les flammes de l'enfer. Sans y pénétrer, juste dans le hall d'entrée. Là où il fait chaud et où les gens sont imparfaits. Humains.
Je ne suis pas quelqu'un de bien.

L'autre soir, j'avais envie de pleurer. Sans raison, si ce n'est le plaisir de saler mes joues. Je n'étais pas triste, je ne souffrais pas, j'avais juste envie. Mais rien. Encore et toujours rien. Je fronçais les sourcils, plissais les yeux très fort, j'ai même écumé mon stock de chansons chagrines, en vain.
Quand il m'a écrit je t'embrasse, j'ai pleuré. C'était ma première tendresse de la semaine.

Il va y avoir du changement. Je le sens.
Je ne garde pas les gens, mais leur souvenir. Je perds tout le monde, mes amis d'enfance, mes amis de facs, bientôt sûrement les autres. Au Manoir, personne ne reste. Et rien ne dure, pas même la guerre.
C'est sans doute la raison pour laquelle je garde tout un tas de trucs inutiles et encombrants, en souvenir d'eux et d'elles. Souvenirs. Poussières.

C'est ennuyeux ce que j'écris. Je suis ennuyeuse. Je n'ai fait rire que mes clients cette semaine. En même temps, je n'ai vu qu'eux.

L'autre soir, en moins d'une heure, j'ai écrit une histoire. Une inventée. C'est la deuxième que je termine en l'espace d'un mois. Une grande première, moi qui ne termine jamais rien. Je mets ma modestie dans ma poche une seconde pour dire : je crois que c'est pas dégueu, ce que j'ai écrit.
Tiens, autre nouveauté : je ne vais plus chercher ma fierté chez les autres, dans l'image qu'ils me renvoient, mais en moi. Hey ! Début de la maturité ? De la sagesse ? Pffff... Des foutaises, oui ! Juste une émancipation passagère. Rien ne dure, j'ai dit.

Je me sens belle comme une benne à ordures, sexy comme une éponge Spontex, profonde comme une cuillère à café et intelligente comme une ampoule grillée.
Mon chat miaule, il a besoin de moi. Pour bouffer, mais quand même. C'est déjà ça.
Je n'ai pas besoin de moi. Ça me fait un point commun avec le reste du monde.

J'anticipe l'avenir proche.
D'abord, on va croire que j'ai un cafard monstre, que j'ai besoin d'être consolée, mais mon moral n'est pas à plaindre, et le besoin de consolation que connaît l'être humain est impossible à rassasier. Ensuite, on ve me trouver dure, voire snob ou hautaine. On va se tromper, je n'attaque pas, je me défends seulement. Et encore, je me brandis aucune épée mais un bouclier. Je suis trop fatiguée pour tendre l'autre joue, désolée. Enfin, demain à 20h je quitterai l'hôtel pour aller voir Aaron chanter. Oui, encore. Oui, c'est la troisième fois. Et alors ? Non, je ne suis pas fan, mais quand quelqu'un que j'aime passe tout près de chez moi je me débrouille pour lui payer une visite, comme dirait mon ami anglais. Yael Naim sera là également. C'est bien. Mon besoin de musique est grand. Peut-être aurais-je un frisson ?
Si j'avais 16 ans, j'irai les trouver à la fin du concert, les ptits gars d'Aaron, et je leurs dirais que j'ai écrit mon tunnel d'or. Il s'appelle Maybe crazy, et Gyl le chante à merveille, of course. Mais je n'ai pas 16 ans, et tout le monde s'en tape de mon tunnel d'or, ou d'argent.
Rien à voir mais puisque je parle de Gyl, elle chante demain soir (je ne pourrais donc pas la voir, grrrrrrrrrrr) à Bédoin, au dessus de Carpentras. Je ne sais pas où exactement mais comme il y a environ deux bars et demi dans le bled, elle ne devrait pas être bien difficile à trouver. Alors si quelqu'un passe par là...

Je sais, j'ai l'air de mauvaise humeur. Mais l'air seulement, pas la chanson, je le promets. C'est juste que je n'ai pas envie de sourire gentiment ce soir. Je suis bien là, avec ma musique, ma fumée et mon vin. Ma petite vie si vide et ennuyeuse. Mon moi pas profond.
Je sais, je clame à qui veut, et même qui veut pas, l'entendre que je souris tout le temps. Mais il faut bien une exception pour confirmer la règle, non ?




Ice, but not cream

Par M. :: 25/04/2008 à 0:01 :: Petites Choses empruntees

Hey ya

Par M. :: 24/04/2008 à 18:04 :: Petites Choses empruntees
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My baby don't mess around
Because she loves me so
And this I know for sure
But does she really wanna
But can't stand to see me
Walk out the door
Can't stand to fight the feeling
Because the thought alone is killing me right now
Thank god for mom and dad
For sticking two together
'Cause we don't know how.
And, Hey Ya
Hey Ya
Hey Ya
Hey Ya
You think you've got it
Ohh, you think you've got it
But got it just don't get it
Till' there's nothing at all
We get together
Oh, we get together
But seperate's always better when there's feelings involved
If what they say is "Nothing is forever"
Then what makes, Then what makes, Then what makes, Then what makes,
Love the exception?
So why you, why you
Why you, why you, why you are we so in denial
When we know we're not happy here
And, Hey Ya
Hey Ya
Hey Ya
Hey Ya
Hey, alright now
Alright now fellas
Now what's cooler than being cool ?
Ice Cold
I can't hear you
I say what's cooler than being cool ?
Alright, alright, alright, alright
Alright, alright, alright, alright
Alright, alright, alright, alright
Alright, alright,
Ok now ladies
And we gonna break this thing down in just a few seconds here
Now don't have me break it down for nothing
Now I wanna see y'all on y'alls baddest behavior
Lend me some sugar,
I am your neighbor
Shake it, shake, shake it, shake it
Shake it, shake it, shake, shake it,
Shake it, shake, shake it, shake it
Shake it, shake it, shake, shake it,

Shake it like a Polaroid picture
Shake it, shake, shake it, shake it
Shake it, shake it, shake, shake it,
And, Hey Ya
Hey Ya
Hey Ya
Hey Ya

Le Manoir

Par M. :: 23/04/2008 à 0:23 :: Petites Choses egocentrees
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Il est caché aux fins fonds de la forêt. Des arbres aux larges troncs s'occupent à brouiller sa piste. Il doit rester un peu secret. Mais un peu seulement. Un chemin bordé de jonquilles guide les pas. Et soudain, le voilà qui se tient au milieu d'une clairière baignée de lumière. De l'herbe, des fleurs, et au centre : le Manoir.

L'endroit est plutôt joli, entouré d'arbres verts dans lesquels les oiseaux dorment la nuit et chantent le jour. Des libellules volent au ras des paquerettes et viennent se désaltérer dans le ruisseau. Parce que oui, il y a un petit ruisseau qui traverse la clairière. Ses clapotis monotones bercent les siestes. Il y a aussi un pommier, qui donne de petits fruits juteux, délicieux. Et un cerisier, pour la couleur. Un banc de pierre, contre le mur de lierre.

La façade du Manoir n'est pas si vieille, elle dégage même une certaine fraicheur. En revanche, sa porte, large et ronde, grince horriblement lorsqu'on la tire, ou la pousse. Comme elle est toujours entrouverte, mieux vaut se glisser dans l'embrasure, sans rien toucher. Entrons donc.

En face de l'entrée, les escaliers. Nous y reviendrons. Prenons à droite : le salon.
De larges baies vitrées, pour laisser entrer le soleil. Toujours ouvertes, l'air circule beaucoup par ici. Une cheminée, en activité quelque soit la saison, il faut qu'elle brûle pour que vive le Manoir. Et puis, c'est pratique d'avoir un feu à disposition, ça permet de se débarasser de tout un tas de choses. Il y a aussi une grande télé, en projection permanente parce qu'il faut toujours de l'action, même si par procuration, et plusieurs DVD. Arizona Dream, Beauté Volée, la trilogie du Parrain, et les Hayao Miyazaki. Entres autres. Là, c'est tout sur ma mère. La scène où le fils meurt. Quittons la pièce.

Le couloir sur la gauche, avec ce grand miroir, mène à la cuisine. Il y flotte un parfum de pommes et de cannelle. Il y a toujours du café de prêt, et du thé. Du vin dans le meuble, à gauche. Sur la table, des gâteaux et et autres bêtises à grignoter. Sucrées, salées, pour tous les goûts. Ici, il est important de satisfaire, satisfaire par tous les moyens. Deux grandes fenêtres au dessus des éviers. Elles ferment mal, laissent entrer l'eau quand il pleut. La peinture aux murs est un peu écaillée. Les meubles sont fermés à clé. Mais comme une assiette de cookies encore chauds attend sagement sur la table, on va fermer les yeux, en prendre un et sortir. Tout aussi sagement.

Montons à l'étage. Les escaliers craquent un peu, ils trahissent les faiblesses du lieu. Sur le mur, de vieilles photos. De famille, de classes. Des souvenirs de vacances, nombreuses de la mer. Quelques une de la neige. On peut aussi reconnaître Barcelone, Londres et Paris. Des visages, toujours différents. Des rues, beaucoup de rues. Des pavés. Tout un parcours.
Couloir de droite. Le carrelage est cassé, par endroits.

La bibliothéque. Des livres et des livres sur tous les murs. Sauf celui qui porte la seule fenêtre de la pièce, évidemment. Une seule fenêtre, avec de gros volets à moitié fermés, il fait sombre ici. Comme pour conserver la magie des lignes qui dorment en ces lieux, ne pas les altérer par trop de vérité. Tiens, je vois là un exemplaire de l'écume des jours. Poussièreux. A côté, l'amour aux temps du choléra et tendre jeudi de Steinbeck. Ses pages sont un peu déchirées. Cornées. Ah! Novecento ! Chut, je l'emporte celui-là. Je le glisse dans ma poche.
Sous la fenêtre, un bureau. Un de ses pieds est cassé, il faut faire attention. Dessus, un carnet, des stylos. Un livre relié d'or. La moitié de ses pages sont blanches. Une plume bleu pétrole. Une photo de la mer, encore. Et un bouquet de crayon de couleurs fraîchement taillés. Dans le tiroir, des lettres. Liées par un ruban vert pâle. Impossible d'en défaire le noeud. Si on y prête attention, le bois du bureau porte l'empreinte de millions de mots. Illisibles à l'oeil, ils ne se revèlent qu'au doigt... Du Braille, en somme.

En face de la bibliothèque, une autre pièce tout aussi importante : la boîte à musique. C'est comme ça qu'on l'appelle. Elle n'a pas de fenêtre, mais des tentures sur les murs, et des bougies, plein de bougies. Des coussins sur un tapis, deux trois poufs, et des milliers de milliers de disques, CDs, vinyles, and co. Jazz, Blues, Rock, Electro, musiques d'ici mais aussi d'ailleurs, surtout d'ailleurs en fait. Des voyages. Des émotions. Des histoires. Des notes, quoi. De la musique à s'en rendre soul. Ou fou. Tiens, si on s'écoutait un petit Cat Power ? Non ? Nina Simone ? Radiohead ? Allez, va pour un Radiohead.
C'est ma pièce préférée, bien sûr, mais les visiteurs l'apprécient aussi. En fait, je crois que c'est elle qui fait la différence. Pour elle que l'on se souvient du Manoir.

Le couloir de gauche, après les escaliers, mènent à deux chambres et une salle de bain. Sans grand intérêt. Ah, si : la baignoire a des pattes, des vraies, pas poilues mais... C'est qu'elle est un peu féline, vous comprenez. Des dizaines de parfum, tous fleuris, ou poudrés, légers mais ennivrants.
Les deux chambres ne sont destinées qu'aux invités, et s'ils sont nombreux, peu d'entre eux restent dormir. Le Manoir doit faire un peu peur, la nuit. Ou le matin.

Il y a une dernière pièce, qui n'en est presque pas une. Dans la bibliothèque, une sorte de trappe au plafond.
Sous les toîts, dans la poussière et la faible lumière qui entre par la lucarne, un matelat, un oreiller, un drap, une lampe de chevet, des bougies, un cendrier. Plein. Des toiles d'araignées dans tous les coins. C'est petit, c'est sale, c'est moche, et pourtant c'est probablement le coeur du Manoir. Personne ne le sait, à part moi. Les quelques rares qui en ont fait la découverte ont fui, pour ne jamais revenir.
Ah, un rayon de soleil... Vite ! Dehors !
 
L'herbe est si verte, si fraiche tout autour du Manoir. Il y fait bon marcher pied nu. Sauter dans les flaques. Courir après les papillons. Faire semblant de croire que si on reste là, caché, le temps peut s'arrêter. Seulement, le temps ne s'arrête pas. Et on s'ennuie vite, au Manoir. Alors on s'en va.
 
 
 

Noah

Par M. :: 22/04/2008 à 23:47 :: Petites Choses empruntees

Noah Kalina takes a photo of himself every day for 6 years

Sinon, la musique est plutôt jolie.

Mademoiselle rêve

Par M. :: 20/04/2008 à 0:19 :: Petites Choses en Nota Bene
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Mademoiselle rêve qu’on la prenne, qu’on la saigne, et surtout qu’on l’aime, aux petites heures de la nuit elle se meurt d’ennui et, blasphème, elle écrit. Elle rit au nez de Dieu et le Diable peut bien l’emporter, le Diable ou bien le vent, tant qu’on l’emporte, rien d’autre ne lui importe. Son esprit fabule et son corps ondule, elle nage dans des bulles de pensées. Son désir de sombrer la déchire et elle sait qu’une petite mort l’attend, si seulement elle arrive à temps.

Elle porte sur sa poitrine les deux étendards de son envie d’étendre l’art sur son lit. Ses hanches suitent le sel de sa sempiternelle solitude, et sifflent telles des serpents aux milles langues de feu. Sentiers menant au sanctuaire, ses longues jambes longent les limbes. Plus haut, ses bras se déplient, ses doigts courent sur les plis des draps mauves qu’elle a choisis pour alcôve. Partout, sa peau blanche frissonne, et sa chair fredonne de vieux airs d’amour perdus. Jamais elle n’oublie.

 

Dans le sillon de ses nuits s’insinuent les regrets, ils s’amarent à son cœur et l’écoeurent. Grises sont ses heures. Rouge, son désir. Elle bouge, le ravive, il l’anime, et de ses abymes monte un souffle, comme un cri, elle souffre mais rien ne dit.

Elle se souvient qu’elle savait saler l’envie. Elle se souvient qu’elle sauvait sa fauve vie. Elle se souvient et s’en va, ou s’en vient, pourvu que ce soit loin.

 

Sa peau pleure. Ses leurres, ses heurts. Sa peau pleure et perle en rondes gouttes de sel. Elle voudrait y plonger. Elle voudrait s’y noyer. Elle voudrait, elle voudrait, s’asphyxier de désir, elle s’offusque de languir. Elle veut se jouer et jouir de la vie, de son corps, de son cœur, de ses heures de nuit.

 

Le silence soudain s’installe, mademoiselle de plaisir se pâme. Elle explose. Le blanc devient rose, le sans devient j’ose. Son volcan, violent, déborde et l’emporte. Enfin. Pas le vent, ni le Diable finalement, le volcan, dedans.

Mademoiselle rêve, sans trêve, danse, en transe, et donc explose.

Fin de sa prose. 

 

 

 

 

 

Chez moi

Par M. :: 18/04/2008 à 1:45 :: Petites Choses egocentrees
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Un verre de vin, une cigarette, plusieurs même. Musique, maestro. Ce soir, c'est Lizz Wright, ma nouvelle découverte blues. Sa voix grave et rocailleuse m'emporte, ses mots sont vrais, profonds, d'amour qui souffre et ça me va bien. Je monte le son.
J'ai éteint les lumières, mis des bougies à la place. Mon écran jette ce qu'il faut de clarté sur le clavier. Il fait un peu froid, mais je ne le sens pas. Je n'entends plus la pluie tomber, la musique couvre son bruit. Je ne vois rien d'autre que mes mots, et les ombres de mon appartement. Quelques titres dans la bibliothèque. Le contraire de un. L'amour dure trois ans. Trois ans, c'est déjà pas mal. Et le rideau tiré, devant moi. Pour une fois, je ne regarde pas dehors. Pas besoin. Assez de choses à voir à l'intérieur.
J'ai retrouvé le chemin de ma douce solitude. De mes mots de nuit. De mes maux de lui. J'ai retrouvé la petite porte qui mène au dedans. Comme le terrier du lapin blanc d'Alice, j'ai un monde de merveilles à l'intérieur. Des eaux dans lesquelles je m'immerge sans jamais me noyer, des ombres pour me cacher, me reposer, et de la lumière que je revêts, les soirs de bals. J'ai surtout ma liberté.
Je peux faire murmurer le vent, chanter les vagues, pleurer le ciel et fleurir les mots. Je peux changer les grains de sable en perles et les nuages en chantilly. Je peux dessiner des sourires sur les visages et boire les larmes. Je peux tout faire. Je suis capable de tout. Dans mon monde de merveilles.

J'y rencontre un cow-boy. Son chapeau est si enfoncé sur sa tête que je ne peux voir son visage. Il fume une cigarette, appuyé contre la barrière de bois. Il regarde ses chevaux. Il me parle : J'avais une jument qui te ressemblait. Sauvage, impossible de l'approcher. Un jour, elle s'est laissée monter par l'étalon noir que tu vois dans le fond, là-bas, et elle est morte en donnant naissance au poulain. C'est moche, comme histoire. Je sais que toi, t'es capable de trouver ça beau, mais c'est moche, crois moi. Parce qu'elle était bien, cette jument. Mieux vivante que morte en tous cas. Et on avait pas besoin d'un autre poulain. Il écrase sa cigarette du talon de sa Santiag.
J'ai toujours eu peur des chevaux. Pas peur de l'animal, peur de le monter. Je panique dès que je suis à bord. Je crois que c'est le fait de ne pas complètement maîtriser. Et je crois que c'est pareil dans la vie.

Deuxième verre de vin. Je roule un joint. Autant faire les choses bien. Ça fait un petit bail que je ne me suis pas accordée une soirée en tête à tête avec moi-même. Je veux célébrer l'évènement, puisque tout ici est célébration. Je me lève. Quelques pas de danses à la lueur des bougies. Je peux presque sentir le sable sous mes pieds. Un autre recoin du terrier ?
Je retrouve la majuscule. Elle est toujours là, quelque part à l'intérieur de mon monde de merveilles. Elle lit. Des pages blanches. Je m'assieds à ses côtés, il remplit mon verre de vin et tire sur mon joint. Sa tête marque imperceptiblement le rythme de la chanson. I idolize you. Le hasard est parfois si parfait.
Je l'interroge, comme je le fais souvent. L'oracle parle. L'être cher, surtout. Ce soir, comme un mauvais horoscope, il me dit des choses que je n'ai pas envie d'entendre, pas envie de croire, mais qui m'inquiètent. Et qui m'inquièteront tout au long de la nuit. On écoute une autre chanson, hey man, je pose ma tête sur ses genoux, il passe sa main dans mes cheveux, et je vais mieux. Il me fait rire et je vais bien. Je lui dit bonsoir. Et merci.

Je n'ai pas sommeil. Je sens la nuit devenir blanche. J'ai clairement froid maintenant, et j'entends la pluie, dehors, il doit pleuvoir fort. Mais je m'en fiche. Je suis bien avec mes heures creuses, à remplir.
Je sais que parfois j'ai tendance à voir le soleil au milieu de la nuit. Le ciel bleu quand il pleut. Le clair dans le noir. Et je sais que j'ai tord. Mais j'ai tellement envie d'y croire. J'ai besoin d'y croire. D'oublier que je ne suis pas faite pour l'amour, pas faite pour le bonheur.
J'ai l'impression d'être cette fille assise sur sa chaise, au sommet du monde. Qui regarde la vie et sourit. S'en amuse. Qui envoit des fleurs sur quelques places pour un peu de couleur. Qui entend les rires, les chants. De loin. Toujours, toujours de loin.
Je veux descendre.

Une douche brûlante m'apaisera. Avant d'aller me coucher.
L'eau en perles sur ma peau, je vois ses lèvres à leur place. J'ai envie. Je frissonne et réclame. La chair aussi est un oracle. Elle l'appelle. Elle sait peut-être mieux que moi. It's a matter of skin, j'avais écrit, peut-être avais-je raison, peut-être est-il raisonnable de se contenter de faire ce que l'on sait faire. Ne pas pousser trop loin les limites. Ma tête penchée en arrière pour mieux se vider. La buée pour tout paysage. Une seconde, un éclair, je me sens femme, je me sens belle, je suis en vie, je suis l'envie.
Une serviette autour de la taille, je m'assieds par terre, sur les carreaux froids et humides, pour laisser à ma tête le temps d'arrêter de tourner. Je pleure, une larme ou deux, pour que, mêlées aux gouttes, elles passent inaperçues.

Je sors de la salle de bain. Je ne sens plus le froid. J'écoute un live de Portishead que C. m'a envoyé. Glory Box vient parfaire le moment. Je déambule nue dans mon appartement. La cuisine, un verre d'eau. Là, je trouve une petite fille. Aux longs cheveux bruns. Je la croise, de temps en temps, au détour de mes nuits d'ivresse en solitaire. Elle rit. Elle se moque. Je la gifle. Elle se moque encore. J'éteinds la lumière. Elle s'en va.

C. m'a envoyé une autre vidéo. Celle du clip de how deep is your love. Il me fait rire. Me rappelle cet été. Me fait du bien. Il sait tellement me faire du bien...

Il est tard, temps d'aller dormir. Un peu. Je sors du terrier. Je retrouve le monde, le vrai. Le froid me saisit. Je m'engouffre sous la couette, l'ordinateur posé sur mes genoux.
Il faut savoir s'accorder du temps. Certains moments nous manquent, quand on court tout le temps. Le temps des rêveries, le temps des pensées ou celui des folies. Le temps des rendez-vous, des oeillades incendiaires et des pieds qui grimpent le long de la cuisse, sous la nappe. Le temps des ruelles sombres, meilleures amies des baisers volés. Il faut s'avoir s'accorder du temps.

Une dernière série de vidéos, still from C.
Redemption song par Tété et Raul Midon. Le truc que je ne m'attendais pas à voir. Un pied d'enfer. Une vraie bonne surprise. Tears in heaven, version live. J'articule les paroles sans oser les chanter. J'écoute, surtout. Et un autre live, plus...confidentiel. Deux mêmes. Puis toute une série. Dont je tairai les noms, parce qu'ils ne sont pas de petites choses. Et puis, un peu de secret ne fait de mal à personne, pas même à moi.

La tragédie grecque n'en est peut-être qu'à ses débuts, vont probablement suivre Oeudipe, Clitemnestre et le monologue du jardinier, ou, au contraire, l'histoire deviendra Comedia Dell Arte, haut les masques et les coeurs, je ne sais, je n'ai cure de le savoir. Que sera sera.


Je peux fermer les yeux.
Au moins jusqu'à demain.
 
 
 

Ma meilleure

Par M. :: 16/04/2008 à 12:56 :: Petites Choses en Nota Bene
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Il en va des êtres comme des boîtes : chacun sa taille, sa profondeur, et sa serrure. Ouvertes, presque béantes. Fermées à clé, presque inviolables.
Je suis une boîte à demie ouverte. Couvercle juste posé, un peu décalé pour laisser entrer la lumière. Il s'en faut de peu pour m'ouvrir complètement. Des doigts agiles, un brin attentifs suffisent. J'ai connu une fille, une fois, une boîte ouverte en grand. On pouvait tout voir, y'avait rien à deviner. Elle était touchante, mais vide. Parce que tout entrait mais tout sortait aussi. Le vide est transparent, le transparent est vide. Enfin, elle était comme ça. Et je connais une fille aujourd'hui, une boîte fermée. A clé. Elle la porte autours de son cou, elle peut mordre si on s'en approche trop vite, trop brusquement. Il faut être calme, et doux. Patient. Attendre, rester là. Et un jour elle te tend la clé. D'une main discrète, en quelques mots tu sais que tu l'as. Alors tu ouvres. Lentement. Délicatement. Avec moult précautions. Tout aussi lentement, tu pousses le couvercle, pour dévoiler millimètre par millimètre, pas tout d'un coup, tu sais qu'ici, chaque chose est importante. Tu découvres. Tu ne dis rien, il ne faut rien dire. Mais plus tu vois, et plus tu as envie de voir. Pas plus loin, pas plus profond, pas forcément. Juste continuer à voir ce que tu as devant les yeux. Juste continuer d'avoir ce que tu as devant toi. Une boîte qui te montre ses secrets, ses trésors.
Sa confiance vaut de l'or. Son amitié plus encore. Jamais je n'ai eu moins peur de me confier, tout entière, à une femme. C'est une mère, c'est une fleur, une magic sister, je prends les mots d'Anis, qui sont d'amour, pour les lui offrir. Parce que je ne sais pas comment lui dire. Qu'elle est la meilleure, qu'elle est ma meilleure.

Elle fait partie de ces personnes pour qui je voudrais que le bonheur parfait existe, et même que Dieu existe, s'il est tout puissant et bienveillant. On va dire que c'est mon côté Amélie Poulain qui ressort en force, mais je voudrais lui contruire un monde de soleil et de ciel bleu, d'herbe verte et de fleurs jaunes, roses et violettes, elle en ferait des bouquets, elle les fait si bien... Et s'il se met à pleuvoir, alors je lui construirai une arche, comme celle de Noe, avec des tapis et des coussins confortables, pour qu'elle se sente chez elle. Je lui veux tellement de bien que j'en deviens ridicule.

Je garde une main libre pour elle, en permanence, même si elle ne la voit pas toujours, même si elle ne la veut pas toujours. Une main, et une oreille. Qu'elle sollicite peu, mais quand même. Je les garde, au cas où...

Je ne l'ai prise dans mes bras qu'une ou deux fois. Ce n'est pas son langage, et moi je m'adapte. Je ne lui ai jamais dit je t'aime. Mais je crois qu'elle le sait. Et si elle en doute, je le lui dirai en chanson. Celle-là, tout particulièrement...


You are my sister and I love you
May all your dreams come true
 
 
 

Wahou !

Par M. :: 15/04/2008 à 13:06 :: Petites Choses empruntees

 

Julian Beever

Tu vois, le Lubéron...

Par M. :: 13/04/2008 à 20:38 :: Petites Choses en general et en particulier
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On a pris la route en fin d'après midi. Le sourire aux lèvres et la musique fort dans la voiture. Des regards plein d'envie, et déjà presque satisfaits.
Autoroute direction Aix, puis suivre Pertuis.
 
La route était belle, et plus nous approchions, plus nous étions ravis. Des collines, des verts, des nuages accrochés aux montagnes, au loin, et parfois comme une chantilly grise qui coulerait des sommets. J'ai pris quelques photos, façon code de la route comme il dit, je préfère penser façon Petit Poucet.
Avant Villelaure, à gauche au rond-point.
 
Je n'arrêtais pas de répéter : tu vois ? Le Lubéron... Parce que c'est si beau, si simple. Parce que ça semble être si facile, là-bas, d'être si simple et si beau. Et parce que j'ai des idées en tête, parfois, comme des envies...
Ansouis. Parking à proximité. Escaliers en pierre à gauche.
 
Le sosie de Laurent Voulzy nous a accueillis. Bien. La chambre était la plus haute de l'établissement, vue sur toute la vallée, c'était superbe. Il a testé le lit, puis souri. M’a prise dans ses bras. Et m'a embrassée comme pour la première fois.
Nous sommes allés dîner. Un super petit resto d’ailleurs, dont j’ai gardé l’adresse, just in case…
 
Dans des draps de coton blancs, l’amour a dépassé mes craintes et je me suis donnée entièrement. Je me suis endormie satisfaite, le sourire aux lèvres, encore, dans la tendresse de ses bras.
La nuit fût belle.
 
Le soleil nous a réveillés de sa tiède caresse. Le clocher a sonné sa joie de nous trouver ainsi lovés, au petit matin. Un petit-déjeuner délicieux, et la route encore.
Lourmarin. Bonnieux. Apt.
 
Dans les rues de la ville, animées en ce jour de grand marché, j’étais fière d’avancer accrochée à son bras. Je me sentais bien, plus que bien, et tout ça grâce à lui. Grâce à son bras plié auquel je pouvais m’accrocher. Grâce à sa veste de velours noir dans laquelle il est si élégant. Grâce à son sourire, qu’il sait me transmettre. Ou bien est-ce l’inverse…
 
Les dernières heures ensemble, j’aurais voulu les étirer à l’infini.
Je ne voulais pas rentrer. Plus jamais. Parce que tu vois ? Le Lubéron…
Parce que si j’avais eu une baguette magique ce jour-là, je nous aurais construit une belle maison en pierre, avec un jardin à l’herbe bien verte pour nos pieds nus, une balançoire pour nos rires et une cheminée pour nos hivers de lecture. J’aurais envoyé valser tous les autres de nos rêves pour ne garder que celui-là, le plus simple, le plus bête, mais en l’instant le plus beau. Parce que dans cette maison en pierre que je rêve depuis si longtemps, avec son jardin à l’herbe verte, sa balançoire, ses champs de lavande ou d’oliviers tout autour, et ses collines au loin, je pouvais l’imaginer, lui, près de moi.
 
Avignon se rapprochait, les paysages nous devenaient plus familiers. Alors une dernière fois, je lui ai dit tu vois ? Le Lubéron… Il a répondu oui, je vois…, m’a souri, et a attrapé ma main pour y déposer un baiser.
 
 
 

J'arrête de courir

Par M. :: 11/04/2008 à 17:00 :: Petites Choses egocentrees
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A force de réfléchir, mon cerveau a grillé. Comme une ampoule. Il est en mode de sécurité. C'est bien, aussi. C'est mieux, même.
Je ne suis pas faite pour réfléchir, mais pour ressentir. La vie, je veux dire. Je ne sais pas la prévoir, l'organiser, la penser et la construire, mais je sais la vivre. C'est peut-être l'essentiel, au fond.
Justement, nous en avons parlé. Nous, c'est moi et le jeune homme avec qui j'ai passé la soirée d'hier. Le jeune homme aux presque lunettes. Parce qu'il n'en porte pas, mais il devrait : ça lui irait bien. Bref. Quelques bières, place des Corps Saints. C'est vrai qu'elle est triste maintenant cette place, le soir. Plus aussi jeune et vivante qu'avant. Mais pour le coup, ça ne m'a pas gênée. Le calme m'a fait du bien, en fait. Bref. Le jeune homme aux presque lunettes m'a parlé de son goût de l'instant pur. Dénué de toute réflexion, de toute intellectualisation. Un peu de simplicité et de spontanéité. Vivre sans se demander pourquoi, comment. Ce que je fais habituellement, quoi. Sauf ces derniers jours.
Je me suis perdue. Dans des réflexions qui paralysent, des angoisses qui rendent stupide, des interrogations qui se contentent d'interroger, indéfiniment et inutilement. J'ai paniqué. Et j'ai fait n'importe quoi. Comme quand la guêpe approche et que l'on agite les bras pour la faire fuir, alors qu'il faut juste rester calme, et elle s'en ira. Sauf qu'il n'y a pas de guêpe. Mais il y a l'amour.

Mercredi soir, j'ai arrêté de courir. D'un coup, comme ça. L'intellect qui stoppe, la peau qui prend le relai. J'aime écouter ma peau. C'est elle qui m'a guidée vers mes plus jolies histoires. Et quand elle est près du marin, elle murmure, elle fredonne des frissons sur le rythme entêtant des battements de mon coeur, comme les percussions autour d'un feu de joie, on est sur la plage, il me regarde, il sourit, je chavire.
Et tout est là.

Il est bien plus facile d'aimer, que d'être aimer. Plus confortable, plus rassurant. On s'imagine souvent le contraire, mais on se trompe. Je le sais maintenant.
Aimer la majuscule était sans risque. Puisqu'il ne m'aimerait jamais, je n'aurais jamais rien à perdre. Je donnais l'amour qui m'aurait étouffée sinon, et je restais libre de crainte, libre d'enjeu.
Recevoir est bien plus compliqué que donner.
Le marin me trouve belle. Il me trouve drôle et intelligente. Il aime ce que je suis, ce que je suis vraiment. Même quand je ne suis ni coiffée ni maquillée et sapée d'un vieux jean et d'un tee-shirt trop grand. Même quand je lui parle de mes angoisses et de mes névroses. Même quand je suis plus nue que nue. C'est dingue. Et ça fout la trouille, parce qu'il n'y a plus d'excuse, plus d'obstacle. Il n'y a que l'évidence. Et même l'évidence de l'évidence.
Obsviously

Dans un peu plus d'une heure, il va venir me chercher. Il ne le sait pas encore, mais un ailleurs nous attend. Je nous ai réservé une nuit un peu spéciale, loin des remparts. J'ai prévue une jolie tenue. Du champagne et du chocolat. Un peu de musique pour le trajet. Sous la pluie, c'est encore plus joli. Nous serons les amants en fuite. Nous avons tellement d'amour à nous faire. Tellement de soupirs à nous dire. Et de regards à nous offrir.
Une nuit de vacances. Une nuit, c'est beaucoup, quand on la vit en entier.

Voilà. Je ne cours plus. Je marche à mon rythme, celui de la musique que j'écoute, comme souvent. Aujourd'hui celle-là, demain...
Demain, c'est loin.

S'il le dit...

Par M. :: 10/04/2008 à 22:14 :: Petites Choses empruntees

Je cours

Par M. :: 08/04/2008 à 13:26 :: Petites Choses egocentrees
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Voilà comment ça se passe.
Une soirée trop longue au boulot. Pas la tête à travailler. Mais des réflexions, pensées. Une chanson en boucle. Et des doutes. Alors un mail à mon jumeau pour lui dire, lui raconter, lui demander. Du réconfort. Un peu de lumière.
Lui écrire m'apaise déjà.
Un retard, une prise de bec légère mais perturbante, et des pavés qui me font mal aux pieds. Il est tard, trop tard, quand je rentre enfin chez moi.
Un thé. Une conversation drôlissime avec ma belle irlandaise. Des rires. Un peu de détente. Un bain. Et les mots de mon jumeau, déjà. Un long soupir. Les yeux fermés. Et un sourire. Un peu de repos espéré.
Un coup de fil dans la nuit.
J'éteinds la lumière.
Je ne dors pas.
02h00
03h00
Puis le sommeil. La course folle.
 

Oui, j'ai couru, couru toute la nuit. Chaque fois que je me retournais, les hommes sombres étaient là. Mon instinct me dictait de les fuir. Courir. A chaque angle de mur, un autre m'attendait. Alors je continuais à courir. Courir, courir encore, courir toujours. Toute la nuit.
 

Je me lève bien après le réveil. Essoufflée. En sueurs. Mais pas de mauvaise humeur. Pas d'humeur du tout. Anesthésiée, presque.
Et la journée qui ne m'a pas attendue. Ce putain de temps qui ne fait que passer, qui court toujours plus vite que moi, même quand j'ai passé la nuit à sprinter.

Et me voilà en retard pour aller bosser. Vite la salle de bain, la penderie, les chaussures et la veste, rouge aujourd'hui, il fait froid et il pleut.
Café cul-sec, clope fumée sur le chemin. Je cours.
 
 
 

Simplement fermer les yeux

Par M. :: 06/04/2008 à 22:55 :: Petites Choses en general et en particulier
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La tête qui tourne. Non, elle ne tourne plus en fait. Elle est lourde. Très lourde. Trop pleine ? Sûrement…
 
Week-end terminé. 
Fantastiquement arrosé. Trop. Trop peu de sommeil aussi.
Vendredi soir, jazz. Des heures et des heures de jazz. Quelques accords gratouillés sur une guitare électrique unplugged, quelques voix, des souvenirs. Des regards. Des battements de cœur. Et quelques pleurs, aussi.
Samedi matin. Il faisait beau. Le vent s’était calmé, le soleil brillait fort.
Petit-déjeuner anglais pour les trois, pour moi café-clope-soleil. Et mots. En espagnol. Un essai, une envie. 
Je voulais aller au marché d’Uzès avec mon marin. Manger des falafels, avec un ballon de rouge. Ou de rosé. Acheter de la verveine fraiche, et de la valériane pour Pablo. Puis me balader, ma main dans la sienne. Peut-être même faire l’amour en pleine campagne. Parler des heures. Tout lui dire. Prendre le temps de trouver les mots, et enfin tout lui dire.
Mais c’était compter sans James Bond. Et on ne peut compter sans James Bond. A partir de là, j’avais le choix : penser et penser encore à la journée que j’avais attendue et rêvée toute la semaine. Maudire celui qui. Ou go on with the flow. J’ai opté pour la dernière alternative. J’ai donc suivi mon marin, lui-même guidé par James Bond.
Un déjeuner à St Rémy, le soleil sur ma nuque, ma tête qui tourne et bourdonne un peu, après le café. Puis des mojitos au Vallon de Valrugues, un très bel hôtel. 15h. Sur la terrasse, ombragée. Pas un bruit, juste nos rires. Et la glace pilée qui craque sous nos dents.
La musique fort dans la voiture. Aretha.
Retour sur Avignon. Parce qu’il le faut bien.
Boire jusqu’à la tombée de la nuit.
Boire jusqu’au coma. Enfin, presque. Trop en tous cas.
Je me suis endormie.
Réveillée par le soleil. Oublié de tirer les rideaux. Tôt. Trop tôt. L’un ronfle, l’autre dort, paisible. Et moi j’angoisse. Stupide.
Mille choses dans la tête. Je n’arrive pas à faire le tri. A mettre de l’ordre. A chasser l’angoisse, latente, mais bien présente. Je voudrais pourtant…
 
Je voudrais m’abandonner. Je voudrais me laisser aimer. Je voudrais accepter. Mais… Mais il n’y a pas de mais. Il y a un avril qui débute, je voudrais qu’il me voit me découvrir de tous mes fils. Pour en mai, faire ce qui me plait, ce qui te plait, ce qui lui plait. Ce qui lui plait, surtout.
 
Deux courants de pensée. Deux impressions. Deux perceptions.
La première parle de mon nouveau bonheur. Celui qui fait plaisir à voir, à entendre, à lire. Du bien. La seconde me demande comment je vais, et me parle d’une angoisse, bien planquée entre mes lignes.
Et tout est vrai. Tout le monde a gagné. Moi, au milieu, je me noies un peu, mais c’est pas grave : tout le monde a gagné, c’est le débat. Je n’ai pas à me débattre.
 
Mon marin sait lire toutes mes lignes. Toutes.
Celles des petites choses, mais aussi les autres, les cachées, les secrètes, les tues. Les musicales. Il sait aussi lire les lignes de mon visage. Celles de mon regard inquiet. De mon esprit perturbé. Des questions non posées. De ma tête ailleurs. De mon oui, oui, ça va menteur. Les lignes de ma voix. Calme et posée. Ou pas. Les lignes de mon corps. Qui s’abandonne. Ou pas. Les lignes que je lance, à la mer, ou au lac, là où il n’y a jamais le feu.. Et même les lignes que je ne vois pas, il sait les lire.
Il lit en moi comme dans un livre ouvert. L’expression n’a jamais été si juste.
 
Les seules lignes qu’il ne lit pas, ce sont celles de la main. J’aurais aimé, pourtant.
 
Je suis fatiguée. La journée touche à sa fin. Je vais bientôt m’étendre sur mon lit. Enfin. Poser ma tête si lourde sur l’oreiller. Enfin. Dormir. Enfin. Ne plus penser ? Ce serait bien...
Simplement fermer les yeux.
 
 
 

Silence

Par M. :: 04/04/2008 à 14:34 :: Petites Choses en general et en particulier
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Ça tourne ?
Oh oui, ça tourne. Ça tourne vite, ça tourne fort. Un carroussel ? Une toupie ? Des montagnes russes ?
A chaque fin de tour, la tête dans tous les sens, je fixe un point, au loin, pour retrouver mon équilibre, mes repères. Un peu de calme. Et ça repart...

Le bonheur fout la trouille. L'engagement fout la trouille. L'absence de prétexte à l'échec fout la trouille.
J'ai la trouille. Pas le mal de mer, juste l'appréhension de la traversée.
L'avantage, c'est que j'ai un très bon marin à mes côtés. Il connait mes peurs, il sait les entendre. Il sait les accepter, comme il m'accepte moi. C'est vrai. Je le réalise soudain : c'est moi entière qu'il prend. Moi, mes cheveux qui m'obsèdent, mes yeux bleus qui brillent ou se noient, mes petits seins et mes rondeurs ailleurs, mes tenues noires et mes jean-baskets, mes rires et mes mauvaises humeurs, mes conneries, ma tête ailleurs, mes petites choses et leur majuscule, mes angoisses, mes cauchemars, mes rêves, mes trèves, la liste est longue, banale mais infinie, la liste c'est moi et il a signé tout en bas.
J'ai de la chance. Je m'en rends compte.
Et un matin j'aurais perdu cette sensation de vivre la vie d'une autre.

C'est une dynamique.
Ce qui m'arrive, ce qui nous arrive, en découle. Peut-être la partie ascendante de la vie. Peut-être avant la prochaine descente, alors montons haut, vite, profitons-en.
On va faire de la musique. Pour de vrai. Bientôt, vous nous écouterez. Et, au diable la modestie ! : bientôt, vous ne serez pas les seuls à nous écouter. Je dis nous écouter. Maintenant, je me sens part du projet. Je sais que ma pierre figure à l'édifice. Comme si j'avais donné à Gyl les couleurs pour peindre. Ce n'est pas la toile, mais ça compte un peu quand même, les couleurs. Même James Bond a trouvé qu'il s'en dégageait une atmosphère très particulière. Y'a quelque chose à en faire. Y'a de la matière. De la glaise ? Je souris, là. Une pensée qui fait du bien.
Je vais avoir des enfants avant l'heure. Et je souris encore.

Hier soir, mon marin a cuisiné pour Gyl, James Bond et moi. De la musique, un coin de cheminée, du saumon et du bon vin. J'ai dormi dans de beaux bras, dans une très belle maison, ouvert les yeux sur un magnifique jardin et bu un bon café. Au soleil. S'il n'y avait pas eu tant de vent, la piscine m'aurait sérieusement tentée... Une belle matinée.
Je suis rentrée pour la séance rangement-ménage du premier jour de repos, aussi impérative que peu enthousiasmante, mais j'ai bien dormi, je suis en forme.
Seulement... L'ordinateur m'a fait de l'oeil. A peine la porte passée... Je suis addict. Je suis foutue.
Je l'ai ouvert, non, je me suis jetée dessus, et j'ai tapé, tapé jusqu'en avoir mal au doigts.
Un peu de ma musique. Ne pas oublier que la musique est un cadeau. Un peu de mon Palais. Un peu de mon chat, qui dort au soleil, sur le bureau. Un peu de mon silence habité.
Puis quelques lignes pour ici. Parce que je suis addict aussi.
J'ai l'addiction dans le sang. Mais je crois l'avoir toujours dit.


Le violon d'Ingres

Par M. :: 02/04/2008 à 20:16 :: Petites Choses empruntees

 

By Man Ray

Le flamboiement des cheminées

Par M. :: 02/04/2008 à 13:23 :: Petites Choses en general et en particulier
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J'avais trouvé le titre un peu ridicule. Mais j'avais aimé l'intention. Et puis, le cahier en lui même était très beau. Beige et bordeaux. Le titre joliement caligraphiée par les blanches mains de ma si chère amie, Magali. Son dos était turquoise, pour un peu de gaité, j'en avais besoin, elle me connaissait bien.
Sur la première page, une dédicace. De très jolis mots, une belle déclaration d'amour. Et une carte postale, collée. Une de trainspotting, on avait tant aimé le film à l'époque, et ce choose life en grosses lettres oranges.
Je relis... et m'aperçois que les voeux de Magali n'ont pas été exhaucés : ...et j'espère que tu demeureras à mes côtés encore une éternité. C'était pour moi une évidence. Mais la vie a fait son travail.

Je me souviens parfaitement du soir où elle me l'a offert : mon 21eme anniversaire. Elle m'avait invitée à dîner chez l'indien. C'était bon. Elle m'avait offert cette montre que je porte toujours, et ce cahier, Le Flamboiement des Cheminées. Son devoir était de me suivre partout. Mon devoir était de lui offrir une belle vie, des pages bien remplies. Je ne suis pas sûre d'avoir réussi.

Je ne l'ouvre plus très souvent. Avec une légère appréhension, hier soir. Des mois qu'il était resté fermé. Enfermé. Dans le grand tiroir du bureau.

Première page : 20 août 2002. Des promesses. Non tenues, évidemment.
Puis les souvenirs de mon premier festival d'Avignon, je n'y vivais pas encore. Et ceux des soirées bateau, meilleur concept de soirée que je connaisse, et dont je reparlerai sûrement. Quelques essais d'écriture. Sans talent mais avec vérité : ... Je ne suis devenue ni maîtresse, ni infirmière, ni bergère, ni rien de ce que j'avais imaginé. Je suis devenue une étudiante en langues qui ne sait pas ce qu'elle va devenir. Alors j'écris. Pour passer le temps, l'ennui, le chagrin aussi, parfois. ... Ouais.
J'y raconte aussi mon premier week-end avec Benoît. Toutes ces choses que j'ai vécu avec lui. Ma rencontre avec l'Océan, Paris 2003, Banon, St André, Madredeus, les livres et la cheminée, les concerts de Radiohead, DJ Krush ou encore Jorane.
La mort de mon grand-père. Avec très peu de mots. Et celle de David Dumas, le fils spirituel de mon père, comme il disait. Mon frère de coeur. C'était en juillet 2004, et ça fait toujours aussi mal. Ça fait déjà quatre ans... Comme le temps passe vite... Comme j'aimerais, parfois, le ralentir...
Ah... J'ai aussi noté quand Benoît m'a quittée. Et quelques uns des amants qui m'ont consolée. Mes rencontres. Mes festivals d'Avignon, vécus intra-muros ceux-là, toujours si riches. La recette du Blue M. Fizz, un cocktail crée par Julien, un cocktail comme un poème. La déclaration la plus originale que l'on m'ait jamais faite.
Quelques photos. Mes solitudes. Mes larmes. Mon besoin d'amour. Londres. Mes musiques. Des bouts de moi. Un blog avant l'heure. Un blog secret.

Les derniers mots que j'y ai couché sont sur C.

Hier soir, j'avais envie d'écrire. Mais aucune petite chose en tête.
Alors j'ai raconté ce moment jamais vécu. Cette plage de Cuba que j'ai rêvée un million de fois, les guitares de mon imagination, le rhum tiède et ma tête qui tourne. Les rires en cascades, les miens que je ne retiens plus. Le sable frais entre mes orteils. La nuit, et les vagues. Le feu. Un grand feu. Les cheminées qui flamboient, enfin.


Facebook, Christophe et mon égo

Par M. :: 31/03/2008 à 22:30 :: Petites Choses egocentrees