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Le ManoirPar M. :: 23/04/2008 à 0:23 :: Petites Choses egocentrees
Il est caché aux fins fonds de la forêt. Des arbres aux larges troncs s'occupent à brouiller sa piste. Il doit rester un peu secret. Mais un peu seulement. Un chemin bordé de jonquilles guide les pas. Et soudain, le voilà qui se tient au milieu d'une clairière baignée de lumière. De l'herbe, des fleurs, et au centre : le Manoir.
L'endroit est plutôt joli, entouré d'arbres verts dans lesquels les oiseaux dorment la nuit et chantent le jour. Des libellules volent au ras des paquerettes et viennent se désaltérer dans le ruisseau. Parce que oui, il y a un petit ruisseau qui traverse la clairière. Ses clapotis monotones bercent les siestes. Il y a aussi un pommier, qui donne de petits fruits juteux, délicieux. Et un cerisier, pour la couleur. Un banc de pierre, contre le mur de lierre.
La façade du Manoir n'est pas si vieille, elle dégage même une certaine fraicheur. En revanche, sa porte, large et ronde, grince horriblement lorsqu'on la tire, ou la pousse. Comme elle est toujours entrouverte, mieux vaut se glisser dans l'embrasure, sans rien toucher. Entrons donc.
En face de l'entrée, les escaliers. Nous y reviendrons. Prenons à droite : le salon.
De larges baies vitrées, pour laisser entrer le soleil. Toujours ouvertes, l'air circule beaucoup par ici. Une cheminée, en activité quelque soit la saison, il faut qu'elle brûle pour que vive le Manoir. Et puis, c'est pratique d'avoir un feu à disposition, ça permet de se débarasser de tout un tas de choses. Il y a aussi une grande télé, en projection permanente parce qu'il faut toujours de l'action, même si par procuration, et plusieurs DVD. Arizona Dream, Beauté Volée, la trilogie du Parrain, et les Hayao Miyazaki. Entres autres. Là, c'est tout sur ma mère. La scène où le fils meurt. Quittons la pièce.
Le couloir sur la gauche, avec ce grand miroir, mène à la cuisine. Il y flotte un parfum de pommes et de cannelle. Il y a toujours du café de prêt, et du thé. Du vin dans le meuble, à gauche. Sur la table, des gâteaux et et autres bêtises à grignoter. Sucrées, salées, pour tous les goûts. Ici, il est important de satisfaire, satisfaire par tous les moyens. Deux grandes fenêtres au dessus des éviers. Elles ferment mal, laissent entrer l'eau quand il pleut. La peinture aux murs est un peu écaillée. Les meubles sont fermés à clé. Mais comme une assiette de cookies encore chauds attend sagement sur la table, on va fermer les yeux, en prendre un et sortir. Tout aussi sagement.
Montons à l'étage. Les escaliers craquent un peu, ils trahissent les faiblesses du lieu. Sur le mur, de vieilles photos. De famille, de classes. Des souvenirs de vacances, nombreuses de la mer. Quelques une de la neige. On peut aussi reconnaître Barcelone, Londres et Paris. Des visages, toujours différents. Des rues, beaucoup de rues. Des pavés. Tout un parcours.
Couloir de droite. Le carrelage est cassé, par endroits.
La bibliothéque. Des livres et des livres sur tous les murs. Sauf celui qui porte la seule fenêtre de la pièce, évidemment. Une seule fenêtre, avec de gros volets à moitié fermés, il fait sombre ici. Comme pour conserver la magie des lignes qui dorment en ces lieux, ne pas les altérer par trop de vérité. Tiens, je vois là un exemplaire de l'écume des jours. Poussièreux. A côté, l'amour aux temps du choléra et tendre jeudi de Steinbeck. Ses pages sont un peu déchirées. Cornées. Ah! Novecento ! Chut, je l'emporte celui-là. Je le glisse dans ma poche.
Sous la fenêtre, un bureau. Un de ses pieds est cassé, il faut faire attention. Dessus, un carnet, des stylos. Un livre relié d'or. La moitié de ses pages sont blanches. Une plume bleu pétrole. Une photo de la mer, encore. Et un bouquet de crayon de couleurs fraîchement taillés. Dans le tiroir, des lettres. Liées par un ruban vert pâle. Impossible d'en défaire le noeud. Si on y prête attention, le bois du bureau porte l'empreinte de millions de mots. Illisibles à l'oeil, ils ne se revèlent qu'au doigt... Du Braille, en somme.
En face de la bibliothèque, une autre pièce tout aussi importante : la boîte à musique. C'est comme ça qu'on l'appelle. Elle n'a pas de fenêtre, mais des tentures sur les murs, et des bougies, plein de bougies. Des coussins sur un tapis, deux trois poufs, et des milliers de milliers de disques, CDs, vinyles, and co. Jazz, Blues, Rock, Electro, musiques d'ici mais aussi d'ailleurs, surtout d'ailleurs en fait. Des voyages. Des émotions. Des histoires. Des notes, quoi. De la musique à s'en rendre soul. Ou fou. Tiens, si on s'écoutait un petit Cat Power ? Non ? Nina Simone ? Radiohead ? Allez, va pour un Radiohead.
C'est ma pièce préférée, bien sûr, mais les visiteurs l'apprécient aussi. En fait, je crois que c'est elle qui fait la différence. Pour elle que l'on se souvient du Manoir.
Le couloir de gauche, après les escaliers, mènent à deux chambres et une salle de bain. Sans grand intérêt. Ah, si : la baignoire a des pattes, des vraies, pas poilues mais... C'est qu'elle est un peu féline, vous comprenez. Des dizaines de parfum, tous fleuris, ou poudrés, légers mais ennivrants.
Les deux chambres ne sont destinées qu'aux invités, et s'ils sont nombreux, peu d'entre eux restent dormir. Le Manoir doit faire un peu peur, la nuit. Ou le matin.
Il y a une dernière pièce, qui n'en est presque pas une. Dans la bibliothèque, une sorte de trappe au plafond.
Sous les toîts, dans la poussière et la faible lumière qui entre par la lucarne, un matelat, un oreiller, un drap, une lampe de chevet, des bougies, un cendrier. Plein. Des toiles d'araignées dans tous les coins. C'est petit, c'est sale, c'est moche, et pourtant c'est probablement le coeur du Manoir. Personne ne le sait, à part moi. Les quelques rares qui en ont fait la découverte ont fui, pour ne jamais revenir.
Ah, un rayon de soleil... Vite ! Dehors !
L'herbe est si verte, si fraiche tout autour du Manoir. Il y fait bon marcher pied nu. Sauter dans les flaques. Courir après les papillons. Faire semblant de croire que si on reste là, caché, le temps peut s'arrêter. Seulement, le temps ne s'arrête pas. Et on s'ennuie vite, au Manoir. Alors on s'en va.
NoahPar M. :: 22/04/2008 à 23:47 :: Petites Choses empruntees
Noah Kalina takes a photo of himself every day for 6 years Sinon, la musique est plutôt jolie. Mademoiselle rêvePar M. :: 20/04/2008 à 0:19 :: Petites Choses en Nota Bene
Mademoiselle rêve qu’on la prenne, qu’on la saigne, et surtout qu’on l’aime, aux petites heures de la nuit elle se meurt d’ennui et, blasphème, elle écrit. Elle rit au nez de Dieu et le Diable peut bien l’emporter, le Diable ou bien le vent, tant qu’on l’emporte, rien d’autre ne lui importe. Son esprit fabule et son corps ondule, elle nage dans des bulles de pensées. Son désir de sombrer la déchire et elle sait qu’une petite mort l’attend, si seulement elle arrive à temps. Elle porte sur sa poitrine les deux étendards de son envie d’étendre l’art sur son lit. Ses hanches suitent le sel de sa sempiternelle solitude, et sifflent telles des serpents aux milles langues de feu. Sentiers menant au sanctuaire, ses longues jambes longent les limbes. Plus haut, ses bras se déplient, ses doigts courent sur les plis des draps mauves qu’elle a choisis pour alcôve. Partout, sa peau blanche frissonne, et sa chair fredonne de vieux airs d’amour perdus. Jamais elle n’oublie. Dans le sillon de ses nuits s’insinuent les regrets, ils s’amarent à son cœur et l’écoeurent. Grises sont ses heures. Rouge, son désir. Elle bouge, le ravive, il l’anime, et de ses abymes monte un souffle, comme un cri, elle souffre mais rien ne dit. Elle se souvient qu’elle savait saler l’envie. Elle se souvient qu’elle sauvait sa fauve vie. Elle se souvient et s’en va, ou s’en vient, pourvu que ce soit loin. Sa peau pleure. Ses leurres, ses heurts. Sa peau pleure et perle en rondes gouttes de sel. Elle voudrait y plonger. Elle voudrait s’y noyer. Elle voudrait, elle voudrait, s’asphyxier de désir, elle s’offusque de languir. Elle veut se jouer et jouir de la vie, de son corps, de son cœur, de ses heures de nuit. Le silence soudain s’installe, mademoiselle de plaisir se pâme. Elle explose. Le blanc devient rose, le sans devient j’ose. Son volcan, violent, déborde et l’emporte. Enfin. Pas le vent, ni le Diable finalement, le volcan, dedans. Mademoiselle rêve, sans trêve, danse, en transe, et donc explose. Fin de sa prose.
Chez moiPar M. :: 18/04/2008 à 1:45 :: Petites Choses egocentrees
Un verre de vin, une cigarette, plusieurs même. Musique, maestro. Ce soir, c'est Lizz Wright, ma nouvelle découverte blues. Sa voix grave et rocailleuse m'emporte, ses mots sont vrais, profonds, d'amour qui souffre et ça me va bien. Je monte le son.
J'ai éteint les lumières, mis des bougies à la place. Mon écran jette ce qu'il faut de clarté sur le clavier. Il fait un peu froid, mais je ne le sens pas. Je n'entends plus la pluie tomber, la musique couvre son bruit. Je ne vois rien d'autre que mes mots, et les ombres de mon appartement. Quelques titres dans la bibliothèque. Le contraire de un. L'amour dure trois ans. Trois ans, c'est déjà pas mal. Et le rideau tiré, devant moi. Pour une fois, je ne regarde pas dehors. Pas besoin. Assez de choses à voir à l'intérieur.
J'ai retrouvé le chemin de ma douce solitude. De mes mots de nuit. De mes maux de lui. J'ai retrouvé la petite porte qui mène au dedans. Comme le terrier du lapin blanc d'Alice, j'ai un monde de merveilles à l'intérieur. Des eaux dans lesquelles je m'immerge sans jamais me noyer, des ombres pour me cacher, me reposer, et de la lumière que je revêts, les soirs de bals. J'ai surtout ma liberté.
Je peux faire murmurer le vent, chanter les vagues, pleurer le ciel et fleurir les mots. Je peux changer les grains de sable en perles et les nuages en chantilly. Je peux dessiner des sourires sur les visages et boire les larmes. Je peux tout faire. Je suis capable de tout. Dans mon monde de merveilles.
J'y rencontre un cow-boy. Son chapeau est si enfoncé sur sa tête que je ne peux voir son visage. Il fume une cigarette, appuyé contre la barrière de bois. Il regarde ses chevaux. Il me parle : J'avais une jument qui te ressemblait. Sauvage, impossible de l'approcher. Un jour, elle s'est laissée monter par l'étalon noir que tu vois dans le fond, là-bas, et elle est morte en donnant naissance au poulain. C'est moche, comme histoire. Je sais que toi, t'es capable de trouver ça beau, mais c'est moche, crois moi. Parce qu'elle était bien, cette jument. Mieux vivante que morte en tous cas. Et on avait pas besoin d'un autre poulain. Il écrase sa cigarette du talon de sa Santiag.
J'ai toujours eu peur des chevaux. Pas peur de l'animal, peur de le monter. Je panique dès que je suis à bord. Je crois que c'est le fait de ne pas complètement maîtriser. Et je crois que c'est pareil dans la vie.
Deuxième verre de vin. Je roule un joint. Autant faire les choses bien. Ça fait un petit bail que je ne me suis pas accordée une soirée en tête à tête avec moi-même. Je veux célébrer l'évènement, puisque tout ici est célébration. Je me lève. Quelques pas de danses à la lueur des bougies. Je peux presque sentir le sable sous mes pieds. Un autre recoin du terrier ?
Je retrouve la majuscule. Elle est toujours là, quelque part à l'intérieur de mon monde de merveilles. Elle lit. Des pages blanches. Je m'assieds à ses côtés, il remplit mon verre de vin et tire sur mon joint. Sa tête marque imperceptiblement le rythme de la chanson. I idolize you. Le hasard est parfois si parfait.
Je l'interroge, comme je le fais souvent. L'oracle parle. L'être cher, surtout. Ce soir, comme un mauvais horoscope, il me dit des choses que je n'ai pas envie d'entendre, pas envie de croire, mais qui m'inquiètent. Et qui m'inquièteront tout au long de la nuit. On écoute une autre chanson, hey man, je pose ma tête sur ses genoux, il passe sa main dans mes cheveux, et je vais mieux. Il me fait rire et je vais bien. Je lui dit bonsoir. Et merci.
Je n'ai pas sommeil. Je sens la nuit devenir blanche. J'ai clairement froid maintenant, et j'entends la pluie, dehors, il doit pleuvoir fort. Mais je m'en fiche. Je suis bien avec mes heures creuses, à remplir.
Je sais que parfois j'ai tendance à voir le soleil au milieu de la nuit. Le ciel bleu quand il pleut. Le clair dans le noir. Et je sais que j'ai tord. Mais j'ai tellement envie d'y croire. J'ai besoin d'y croire. D'oublier que je ne suis pas faite pour l'amour, pas faite pour le bonheur.
J'ai l'impression d'être cette fille assise sur sa chaise, au sommet du monde. Qui regarde la vie et sourit. S'en amuse. Qui envoit des fleurs sur quelques places pour un peu de couleur. Qui entend les rires, les chants. De loin. Toujours, toujours de loin.
Je veux descendre.
Une douche brûlante m'apaisera. Avant d'aller me coucher.
L'eau en perles sur ma peau, je vois ses lèvres à leur place. J'ai envie. Je frissonne et réclame. La chair aussi est un oracle. Elle l'appelle. Elle sait peut-être mieux que moi. It's a matter of skin, j'avais écrit, peut-être avais-je raison, peut-être est-il raisonnable de se contenter de faire ce que l'on sait faire. Ne pas pousser trop loin les limites. Ma tête penchée en arrière pour mieux se vider. La buée pour tout paysage. Une seconde, un éclair, je me sens femme, je me sens belle, je suis en vie, je suis l'envie.
Une serviette autour de la taille, je m'assieds par terre, sur les carreaux froids et humides, pour laisser à ma tête le temps d'arrêter de tourner. Je pleure, une larme ou deux, pour que, mêlées aux gouttes, elles passent inaperçues.
Je sors de la salle de bain. Je ne sens plus le froid. J'écoute un live de Portishead que C. m'a envoyé. Glory Box vient parfaire le moment. Je déambule nue dans mon appartement. La cuisine, un verre d'eau. Là, je trouve une petite fille. Aux longs cheveux bruns. Je la croise, de temps en temps, au détour de mes nuits d'ivresse en solitaire. Elle rit. Elle se moque. Je la gifle. Elle se moque encore. J'éteinds la lumière. Elle s'en va.
C. m'a envoyé une autre vidéo. Celle du clip de how deep is your love. Il me fait rire. Me rappelle cet été. Me fait du bien. Il sait tellement me faire du bien...
Il est tard, temps d'aller dormir. Un peu. Je sors du terrier. Je retrouve le monde, le vrai. Le froid me saisit. Je m'engouffre sous la couette, l'ordinateur posé sur mes genoux.
Il faut savoir s'accorder du temps. Certains moments nous manquent, quand on court tout le temps. Le temps des rêveries, le temps des pensées ou celui des folies. Le temps des rendez-vous, des oeillades incendiaires et des pieds qui grimpent le long de la cuisse, sous la nappe. Le temps des ruelles sombres, meilleures amies des baisers volés. Il faut s'avoir s'accorder du temps.
Une dernière série de vidéos, still from C.
Redemption song par Tété et Raul Midon. Le truc que je ne m'attendais pas à voir. Un pied d'enfer. Une vraie bonne surprise. Tears in heaven, version live. J'articule les paroles sans oser les chanter. J'écoute, surtout. Et un autre live, plus...confidentiel. Deux mêmes. Puis toute une série. Dont je tairai les noms, parce qu'ils ne sont pas de petites choses. Et puis, un peu de secret ne fait de mal à personne, pas même à moi.
La tragédie grecque n'en est peut-être qu'à ses débuts, vont probablement suivre Oeudipe, Clitemnestre et le monologue du jardinier, ou, au contraire, l'histoire deviendra Comedia Dell Arte, haut les masques et les coeurs, je ne sais, je n'ai cure de le savoir. Que sera sera.
Je peux fermer les yeux.
Au moins jusqu'à demain.
Ma meilleurePar M. :: 16/04/2008 à 12:56 :: Petites Choses en Nota Bene
Il en va des êtres comme des boîtes : chacun sa taille, sa profondeur, et sa serrure. Ouvertes, presque béantes. Fermées à clé, presque inviolables.
Je suis une boîte à demie ouverte. Couvercle juste posé, un peu décalé pour laisser entrer la lumière. Il s'en faut de peu pour m'ouvrir complètement. Des doigts agiles, un brin attentifs suffisent. J'ai connu une fille, une fois, une boîte ouverte en grand. On pouvait tout voir, y'avait rien à deviner. Elle était touchante, mais vide. Parce que tout entrait mais tout sortait aussi. Le vide est transparent, le transparent est vide. Enfin, elle était comme ça. Et je connais une fille aujourd'hui, une boîte fermée. A clé. Elle la porte autours de son cou, elle peut mordre si on s'en approche trop vite, trop brusquement. Il faut être calme, et doux. Patient. Attendre, rester là. Et un jour elle te tend la clé. D'une main discrète, en quelques mots tu sais que tu l'as. Alors tu ouvres. Lentement. Délicatement. Avec moult précautions. Tout aussi lentement, tu pousses le couvercle, pour dévoiler millimètre par millimètre, pas tout d'un coup, tu sais qu'ici, chaque chose est importante. Tu découvres. Tu ne dis rien, il ne faut rien dire. Mais plus tu vois, et plus tu as envie de voir. Pas plus loin, pas plus profond, pas forcément. Juste continuer à voir ce que tu as devant les yeux. Juste continuer d'avoir ce que tu as devant toi. Une boîte qui te montre ses secrets, ses trésors.
Sa confiance vaut de l'or. Son amitié plus encore. Jamais je n'ai eu moins peur de me confier, tout entière, à une femme. C'est une mère, c'est une fleur, une magic sister, je prends les mots d'Anis, qui sont d'amour, pour les lui offrir. Parce que je ne sais pas comment lui dire. Qu'elle est la meilleure, qu'elle est ma meilleure.
Elle fait partie de ces personnes pour qui je voudrais que le bonheur parfait existe, et même que Dieu existe, s'il est tout puissant et bienveillant. On va dire que c'est mon côté Amélie Poulain qui ressort en force, mais je voudrais lui contruire un monde de soleil et de ciel bleu, d'herbe verte et de fleurs jaunes, roses et violettes, elle en ferait des bouquets, elle les fait si bien... Et s'il se met à pleuvoir, alors je lui construirai une arche, comme celle de Noe, avec des tapis et des coussins confortables, pour qu'elle se sente chez elle. Je lui veux tellement de bien que j'en deviens ridicule.
Je garde une main libre pour elle, en permanence, même si elle ne la voit pas toujours, même si elle ne la veut pas toujours. Une main, et une oreille. Qu'elle sollicite peu, mais quand même. Je les garde, au cas où...
Je ne l'ai prise dans mes bras qu'une ou deux fois. Ce n'est pas son langage, et moi je m'adapte. Je ne lui ai jamais dit je t'aime. Mais je crois qu'elle le sait. Et si elle en doute, je le lui dirai en chanson. Celle-là, tout particulièrement...
You are my sister and I love you
May all your dreams come true
Wahou !Par M. :: 15/04/2008 à 13:06 :: Petites Choses empruntees
Tu vois, le Lubéron...Par M. :: 13/04/2008 à 20:38 :: Petites Choses en general et en particulier
On a pris la route en fin d'après midi. Le sourire aux lèvres et la musique fort dans la voiture. Des regards plein d'envie, et déjà presque satisfaits.
Autoroute direction Aix, puis suivre Pertuis.
La route était belle, et plus nous approchions, plus nous étions ravis. Des collines, des verts, des nuages accrochés aux montagnes, au loin, et parfois comme une chantilly grise qui coulerait des sommets. J'ai pris quelques photos, façon code de la route comme il dit, je préfère penser façon Petit Poucet.
Avant Villelaure, à gauche au rond-point.
Je n'arrêtais pas de répéter : tu vois ? Le Lubéron... Parce que c'est si beau, si simple. Parce que ça semble être si facile, là-bas, d'être si simple et si beau. Et parce que j'ai des idées en tête, parfois, comme des envies...
Ansouis. Parking à proximité. Escaliers en pierre à gauche.
Le sosie de Laurent Voulzy nous a accueillis. Bien. La chambre était la plus haute de l'établissement, vue sur toute la vallée, c'était superbe. Il a testé le lit, puis souri. M’a prise dans ses bras. Et m'a embrassée comme pour la première fois.
Nous sommes allés dîner. Un super petit resto d’ailleurs, dont j’ai gardé l’adresse, just in case…
Dans des draps de coton blancs, l’amour a dépassé mes craintes et je me suis donnée entièrement. Je me suis endormie satisfaite, le sourire aux lèvres, encore, dans la tendresse de ses bras.
La nuit fût belle.
Le soleil nous a réveillés de sa tiède caresse. Le clocher a sonné sa joie de nous trouver ainsi lovés, au petit matin. Un petit-déjeuner délicieux, et la route encore.
Lourmarin. Bonnieux. Apt.
Dans les rues de la ville, animées en ce jour de grand marché, j’étais fière d’avancer accrochée à son bras. Je me sentais bien, plus que bien, et tout ça grâce à lui. Grâce à son bras plié auquel je pouvais m’accrocher. Grâce à sa veste de velours noir dans laquelle il est si élégant. Grâce à son sourire, qu’il sait me transmettre. Ou bien est-ce l’inverse…
Les dernières heures ensemble, j’aurais voulu les étirer à l’infini.
Je ne voulais pas rentrer. Plus jamais. Parce que tu vois ? Le Lubéron…
Parce que si j’avais eu une baguette magique ce jour-là, je nous aurais construit une belle maison en pierre, avec un jardin à l’herbe bien verte pour nos pieds nus, une balançoire pour nos rires et une cheminée pour nos hivers de lecture. J’aurais envoyé valser tous les autres de nos rêves pour ne garder que celui-là, le plus simple, le plus bête, mais en l’instant le plus beau. Parce que dans cette maison en pierre que je rêve depuis si longtemps, avec son jardin à l’herbe verte, sa balançoire, ses champs de lavande ou d’oliviers tout autour, et ses collines au loin, je pouvais l’imaginer, lui, près de moi.
Avignon se rapprochait, les paysages nous devenaient plus familiers. Alors une dernière fois, je lui ai dit tu vois ? Le Lubéron… Il a répondu oui, je vois…, m’a souri, et a attrapé ma main pour y déposer un baiser.
J'arrête de courirPar M. :: 11/04/2008 à 17:00 :: Petites Choses egocentrees
A force de réfléchir, mon cerveau a grillé. Comme une ampoule. Il est en mode de sécurité. C'est bien, aussi. C'est mieux, même.
Je ne suis pas faite pour réfléchir, mais pour ressentir. La vie, je veux dire. Je ne sais pas la prévoir, l'organiser, la penser et la construire, mais je sais la vivre. C'est peut-être l'essentiel, au fond.
Justement, nous en avons parlé. Nous, c'est moi et le jeune homme avec qui j'ai passé la soirée d'hier. Le jeune homme aux presque lunettes. Parce qu'il n'en porte pas, mais il devrait : ça lui irait bien. Bref. Quelques bières, place des Corps Saints. C'est vrai qu'elle est triste maintenant cette place, le soir. Plus aussi jeune et vivante qu'avant. Mais pour le coup, ça ne m'a pas gênée. Le calme m'a fait du bien, en fait. Bref. Le jeune homme aux presque lunettes m'a parlé de son goût de l'instant pur. Dénué de toute réflexion, de toute intellectualisation. Un peu de simplicité et de spontanéité. Vivre sans se demander pourquoi, comment. Ce que je fais habituellement, quoi. Sauf ces derniers jours.
Je me suis perdue. Dans des réflexions qui paralysent, des angoisses qui rendent stupide, des interrogations qui se contentent d'interroger, indéfiniment et inutilement. J'ai paniqué. Et j'ai fait n'importe quoi. Comme quand la guêpe approche et que l'on agite les bras pour la faire fuir, alors qu'il faut juste rester calme, et elle s'en ira. Sauf qu'il n'y a pas de guêpe. Mais il y a l'amour.
Mercredi soir, j'ai arrêté de courir. D'un coup, comme ça. L'intellect qui stoppe, la peau qui prend le relai. J'aime écouter ma peau. C'est elle qui m'a guidée vers mes plus jolies histoires. Et quand elle est près du marin, elle murmure, elle fredonne des frissons sur le rythme entêtant des battements de mon coeur, comme les percussions autour d'un feu de joie, on est sur la plage, il me regarde, il sourit, je chavire.
Et tout est là.
Il est bien plus facile d'aimer, que d'être aimer. Plus confortable, plus rassurant. On s'imagine souvent le contraire, mais on se trompe. Je le sais maintenant.
Aimer la majuscule était sans risque. Puisqu'il ne m'aimerait jamais, je n'aurais jamais rien à perdre. Je donnais l'amour qui m'aurait étouffée sinon, et je restais libre de crainte, libre d'enjeu.
Recevoir est bien plus compliqué que donner.
Le marin me trouve belle. Il me trouve drôle et intelligente. Il aime ce que je suis, ce que je suis vraiment. Même quand je ne suis ni coiffée ni maquillée et sapée d'un vieux jean et d'un tee-shirt trop grand. Même quand je lui parle de mes angoisses et de mes névroses. Même quand je suis plus nue que nue. C'est dingue. Et ça fout la trouille, parce qu'il n'y a plus d'excuse, plus d'obstacle. Il n'y a que l'évidence. Et même l'évidence de l'évidence.
Obsviously
Dans un peu plus d'une heure, il va venir me chercher. Il ne le sait pas encore, mais un ailleurs nous attend. Je nous ai réservé une nuit un peu spéciale, loin des remparts. J'ai prévue une jolie tenue. Du champagne et du chocolat. Un peu de musique pour le trajet. Sous la pluie, c'est encore plus joli. Nous serons les amants en fuite. Nous avons tellement d'amour à nous faire. Tellement de soupirs à nous dire. Et de regards à nous offrir.
Une nuit de vacances. Une nuit, c'est beaucoup, quand on la vit en entier.
Voilà. Je ne cours plus. Je marche à mon rythme, celui de la musique que j'écoute, comme souvent. Aujourd'hui celle-là, demain...
Demain, c'est loin.
S'il le dit...Par M. :: 10/04/2008 à 22:14 :: Petites Choses empruntees
Je coursPar M. :: 08/04/2008 à 13:26 :: Petites Choses egocentrees
Voilà comment ça se passe.
Une soirée trop longue au boulot. Pas la tête à travailler. Mais des réflexions, pensées. Une chanson en boucle. Et des doutes. Alors un mail à mon jumeau pour lui dire, lui raconter, lui demander. Du réconfort. Un peu de lumière.
Lui écrire m'apaise déjà.
Un retard, une prise de bec légère mais perturbante, et des pavés qui me font mal aux pieds. Il est tard, trop tard, quand je rentre enfin chez moi.
Un thé. Une conversation drôlissime avec ma belle irlandaise. Des rires. Un peu de détente. Un bain. Et les mots de mon jumeau, déjà. Un long soupir. Les yeux fermés. Et un sourire. Un peu de repos espéré.
Un coup de fil dans la nuit.
J'éteinds la lumière.
Je ne dors pas.
02h00
03h00
Puis le sommeil. La course folle.
Oui, j'ai couru, couru toute la nuit. Chaque fois que je me retournais, les hommes sombres étaient là. Mon instinct me dictait de les fuir. Courir. A chaque angle de mur, un autre m'attendait. Alors je continuais à courir. Courir, courir encore, courir toujours. Toute la nuit.
Je me lève bien après le réveil. Essoufflée. En sueurs. Mais pas de mauvaise humeur. Pas d'humeur du tout. Anesthésiée, presque.
Et la journée qui ne m'a pas attendue. Ce putain de temps qui ne fait que passer, qui court toujours plus vite que moi, même quand j'ai passé la nuit à sprinter.
Et me voilà en retard pour aller bosser. Vite la salle de bain, la penderie, les chaussures et la veste, rouge aujourd'hui, il fait froid et il pleut.
Café cul-sec, clope fumée sur le chemin. Je cours.
Simplement fermer les yeuxPar M. :: 06/04/2008 à 22:55 :: Petites Choses en general et en particulier
La tête qui tourne. Non, elle ne tourne plus en fait. Elle est lourde. Très lourde. Trop pleine ? Sûrement…
Week-end terminé.
Fantastiquement arrosé. Trop. Trop peu de sommeil aussi.
Vendredi soir, jazz. Des heures et des heures de jazz. Quelques accords gratouillés sur une guitare électrique unplugged, quelques voix, des souvenirs. Des regards. Des battements de cœur. Et quelques pleurs, aussi.
Samedi matin. Il faisait beau. Le vent s’était calmé, le soleil brillait fort.
Petit-déjeuner anglais pour les trois, pour moi café-clope-soleil. Et mots. En espagnol. Un essai, une envie.
Je voulais aller au marché d’Uzès avec mon marin. Manger des falafels, avec un ballon de rouge. Ou de rosé. Acheter de la verveine fraiche, et de la valériane pour Pablo. Puis me balader, ma main dans la sienne. Peut-être même faire l’amour en pleine campagne. Parler des heures. Tout lui dire. Prendre le temps de trouver les mots, et enfin tout lui dire.
Mais c’était compter sans James Bond. Et on ne peut compter sans James Bond. A partir de là, j’avais le choix : penser et penser encore à la journée que j’avais attendue et rêvée toute la semaine. Maudire celui qui. Ou go on with the flow. J’ai opté pour la dernière alternative. J’ai donc suivi mon marin, lui-même guidé par James Bond.
Un déjeuner à St Rémy, le soleil sur ma nuque, ma tête qui tourne et bourdonne un peu, après le café. Puis des mojitos au Vallon de Valrugues, un très bel hôtel. 15h. Sur la terrasse, ombragée. Pas un bruit, juste nos rires. Et la glace pilée qui craque sous nos dents.
La musique fort dans la voiture. Aretha.
Retour sur Avignon. Parce qu’il le faut bien.
Boire jusqu’à la tombée de la nuit.
Boire jusqu’au coma. Enfin, presque. Trop en tous cas.
Je me suis endormie.
Réveillée par le soleil. Oublié de tirer les rideaux. Tôt. Trop tôt. L’un ronfle, l’autre dort, paisible. Et moi j’angoisse. Stupide.
Mille choses dans la tête. Je n’arrive pas à faire le tri. A mettre de l’ordre. A chasser l’angoisse, latente, mais bien présente. Je voudrais pourtant…
Je voudrais m’abandonner. Je voudrais me laisser aimer. Je voudrais accepter. Mais… Mais il n’y a pas de mais. Il y a un avril qui débute, je voudrais qu’il me voit me découvrir de tous mes fils. Pour en mai, faire ce qui me plait, ce qui te plait, ce qui lui plait. Ce qui lui plait, surtout.
Deux courants de pensée. Deux impressions. Deux perceptions.
La première parle de mon nouveau bonheur. Celui qui fait plaisir à voir, à entendre, à lire. Du bien. La seconde me demande comment je vais, et me parle d’une angoisse, bien planquée entre mes lignes.
Et tout est vrai. Tout le monde a gagné. Moi, au milieu, je me noies un peu, mais c’est pas grave : tout le monde a gagné, c’est le débat. Je n’ai pas à me débattre.
Mon marin sait lire toutes mes lignes. Toutes.
Celles des petites choses, mais aussi les autres, les cachées, les secrètes, les tues. Les musicales. Il sait aussi lire les lignes de mon visage. Celles de mon regard inquiet. De mon esprit perturbé. Des questions non posées. De ma tête ailleurs. De mon oui, oui, ça va menteur. Les lignes de ma voix. Calme et posée. Ou pas. Les lignes de mon corps. Qui s’abandonne. Ou pas. Les lignes que je lance, à la mer, ou au lac, là où il n’y a jamais le feu.. Et même les lignes que je ne vois pas, il sait les lire.
Il lit en moi comme dans un livre ouvert. L’expression n’a jamais été si juste.
Les seules lignes qu’il ne lit pas, ce sont celles de la main. J’aurais aimé, pourtant.
Je suis fatiguée. La journée touche à sa fin. Je vais bientôt m’étendre sur mon lit. Enfin. Poser ma tête si lourde sur l’oreiller. Enfin. Dormir. Enfin. Ne plus penser ? Ce serait bien...
Simplement fermer les yeux.
SilencePar M. :: 04/04/2008 à 14:34 :: Petites Choses en general et en particulier
Ça tourne ?
Oh oui, ça tourne. Ça tourne vite, ça tourne fort. Un carroussel ? Une toupie ? Des montagnes russes ?
A chaque fin de tour, la tête dans tous les sens, je fixe un point, au loin, pour retrouver mon équilibre, mes repères. Un peu de calme. Et ça repart...
Le bonheur fout la trouille. L'engagement fout la trouille. L'absence de prétexte à l'échec fout la trouille.
J'ai la trouille. Pas le mal de mer, juste l'appréhension de la traversée.
L'avantage, c'est que j'ai un très bon marin à mes côtés. Il connait mes peurs, il sait les entendre. Il sait les accepter, comme il m'accepte moi. C'est vrai. Je le réalise soudain : c'est moi entière qu'il prend. Moi, mes cheveux qui m'obsèdent, mes yeux bleus qui brillent ou se noient, mes petits seins et mes rondeurs ailleurs, mes tenues noires et mes jean-baskets, mes rires et mes mauvaises humeurs, mes conneries, ma tête ailleurs, mes petites choses et leur majuscule, mes angoisses, mes cauchemars, mes rêves, mes trèves, la liste est longue, banale mais infinie, la liste c'est moi et il a signé tout en bas.
J'ai de la chance. Je m'en rends compte.
Et un matin j'aurais perdu cette sensation de vivre la vie d'une autre.
C'est une dynamique.
Ce qui m'arrive, ce qui nous arrive, en découle. Peut-être la partie ascendante de la vie. Peut-être avant la prochaine descente, alors montons haut, vite, profitons-en.
On va faire de la musique. Pour de vrai. Bientôt, vous nous écouterez. Et, au diable la modestie ! : bientôt, vous ne serez pas les seuls à nous écouter. Je dis nous écouter. Maintenant, je me sens part du projet. Je sais que ma pierre figure à l'édifice. Comme si j'avais donné à Gyl les couleurs pour peindre. Ce n'est pas la toile, mais ça compte un peu quand même, les couleurs. Même James Bond a trouvé qu'il s'en dégageait une atmosphère très particulière. Y'a quelque chose à en faire. Y'a de la matière. De la glaise ? Je souris, là. Une pensée qui fait du bien.
Je vais avoir des enfants avant l'heure. Et je souris encore.
Hier soir, mon marin a cuisiné pour Gyl, James Bond et moi. De la musique, un coin de cheminée, du saumon et du bon vin. J'ai dormi dans de beaux bras, dans une très belle maison, ouvert les yeux sur un magnifique jardin et bu un bon café. Au soleil. S'il n'y avait pas eu tant de vent, la piscine m'aurait sérieusement tentée... Une belle matinée.
Je suis rentrée pour la séance rangement-ménage du premier jour de repos, aussi impérative que peu enthousiasmante, mais j'ai bien dormi, je suis en forme.
Seulement... L'ordinateur m'a fait de l'oeil. A peine la porte passée... Je suis addict. Je suis foutue.
Je l'ai ouvert, non, je me suis jetée dessus, et j'ai tapé, tapé jusqu'en avoir mal au doigts.
Un peu de ma musique. Ne pas oublier que la musique est un cadeau. Un peu de mon Palais. Un peu de mon chat, qui dort au soleil, sur le bureau. Un peu de mon silence habité.
Puis quelques lignes pour ici. Parce que je suis addict aussi.
J'ai l'addiction dans le sang. Mais je crois l'avoir toujours dit.
Le violon d'IngresPar M. :: 02/04/2008 à 20:16 :: Petites Choses empruntees
Le flamboiement des cheminéesPar M. :: 02/04/2008 à 13:23 :: Petites Choses en general et en particulier
J'avais trouvé le titre un peu ridicule. Mais j'avais aimé l'intention. Et puis, le cahier en lui même était très beau. Beige et bordeaux. Le titre joliement caligraphiée par les blanches mains de ma si chère amie, Magali. Son dos était turquoise, pour un peu de gaité, j'en avais besoin, elle me connaissait bien.
Sur la première page, une dédicace. De très jolis mots, une belle déclaration d'amour. Et une carte postale, collée. Une de trainspotting, on avait tant aimé le film à l'époque, et ce choose life en grosses lettres oranges.
Je relis... et m'aperçois que les voeux de Magali n'ont pas été exhaucés : ...et j'espère que tu demeureras à mes côtés encore une éternité. C'était pour moi une évidence. Mais la vie a fait son travail.
Je me souviens parfaitement du soir où elle me l'a offert : mon 21eme anniversaire. Elle m'avait invitée à dîner chez l'indien. C'était bon. Elle m'avait offert cette montre que je porte toujours, et ce cahier, Le Flamboiement des Cheminées. Son devoir était de me suivre partout. Mon devoir était de lui offrir une belle vie, des pages bien remplies. Je ne suis pas sûre d'avoir réussi.
Je ne l'ouvre plus très souvent. Avec une légère appréhension, hier soir. Des mois qu'il était resté fermé. Enfermé. Dans le grand tiroir du bureau.
Première page : 20 août 2002. Des promesses. Non tenues, évidemment.
Puis les souvenirs de mon premier festival d'Avignon, je n'y vivais pas encore. Et ceux des soirées bateau, meilleur concept de soirée que je connaisse, et dont je reparlerai sûrement. Quelques essais d'écriture. Sans talent mais avec vérité : ... Je ne suis devenue ni maîtresse, ni infirmière, ni bergère, ni rien de ce que j'avais imaginé. Je suis devenue une étudiante en langues qui ne sait pas ce qu'elle va devenir. Alors j'écris. Pour passer le temps, l'ennui, le chagrin aussi, parfois. ... Ouais.
J'y raconte aussi mon premier week-end avec Benoît. Toutes ces choses que j'ai vécu avec lui. Ma rencontre avec l'Océan, Paris 2003, Banon, St André, Madredeus, les livres et la cheminée, les concerts de Radiohead, DJ Krush ou encore Jorane.
La mort de mon grand-père. Avec très peu de mots. Et celle de David Dumas, le fils spirituel de mon père, comme il disait. Mon frère de coeur. C'était en juillet 2004, et ça fait toujours aussi mal. Ça fait déjà quatre ans... Comme le temps passe vite... Comme j'aimerais, parfois, le ralentir...
Ah... J'ai aussi noté quand Benoît m'a quittée. Et quelques uns des amants qui m'ont consolée. Mes rencontres. Mes festivals d'Avignon, vécus intra-muros ceux-là, toujours si riches. La recette du Blue M. Fizz, un cocktail crée par Julien, un cocktail comme un poème. La déclaration la plus originale que l'on m'ait jamais faite.
Quelques photos. Mes solitudes. Mes larmes. Mon besoin d'amour. Londres. Mes musiques. Des bouts de moi. Un blog avant l'heure. Un blog secret.
Les derniers mots que j'y ai couché sont sur C.
Hier soir, j'avais envie d'écrire. Mais aucune petite chose en tête.
Alors j'ai raconté ce moment jamais vécu. Cette plage de Cuba que j'ai rêvée un million de fois, les guitares de mon imagination, le rhum tiède et ma tête qui tourne. Les rires en cascades, les miens que je ne retiens plus. Le sable frais entre mes orteils. La nuit, et les vagues. Le feu. Un grand feu. Les cheminées qui flamboient, enfin.
Facebook, Christophe et mon égoPar M. :: 31/03/2008 à 22:30 :: Petites Choses egocentrees
Je n'y serais sans doute jamais retournée si Marion et Lionel ne m'en avaient pas parlé, lors du dîner. J'avais pour ainsi dire oublié mon inscription.
Je suis rentrée et j'ai cherché mes codes d'accès. Me suis connectée. Je crois qu'une part de moi le savais. Je pouvais le retrouver. Ici comme ailleurs.
Ce fût là, sur Facebook. Un presque hasard. Qui se répète quand même depuis 6 ans. Christophe était là. Il ne m'attendait pas mais c'était tout comme. Tout comme si je le savais. Un jour, forcément.
C'est drôle, il signe ses mails "C."...
Christophe, c'est mon ami de la fac, DEUG LEA-pourquoi pas ? Faut bien faire quelque chose alors ça ou...
Il était avec Fred, j'étais avec Benoît, et on partait, avec d'autres, passer les longs week-ends de mai à Banon. Il était beau comme un dieu et torturé comme...personne. Ou comme C., peut-être, en une version alternative, à l'exact opposé en fait. Pas évident à développer... Bref.
Il était mon meilleur ami, je pense qu'il ne le savait pas. Mais il me faisait confiance, il me parlait, beaucoup. Je crois qu'il me disait ce que Fred ne pouvait entendre. Cette année-là, Christophe et moi avons passé nombre de nos journées ensemble. De nos soirées, aussi. En cours. Chez lui. Sur la plage. A Banon. Ensemble, mais pas vraiment. Il n'était jamais totalement là. Toujours un peu ailleurs, où qu'il soit. Ailleurs, et seul je crois. Il me semblait le comprendre, voir étrangement clair dans le trouble de ses eaux, il me semblait pouvoir l'aider. Je me sentais capable d'être une bonne amie pour lui, d'être toujours présente, de tout supporter, de tout surmonter. Je me trompais.
Un été il est parti. Pour de mauvaises raisons. Enfin, c'est ce que je me disais à l'époque, égoistement. Finalement, je crois qu'il a bien fait. Il a suivi son rêve jusqu'au bout. Jusqu'à la fin.
Nous nous sommes parlés à son retour de Madrid, mais pas vus.
Puis, une nouvelle fois, perdus de vue.
Et retrouvés. Il y a deux ans. Une lettre jetée à la mer, ou plutôt à la Seine. Autant par chance que par magie, ses yeux bleus finirent par la lire, et quelques jours plus tard ses mots, puis sa voix au téléphone. Comme avant, on parlait. Comme avant, j'avais l'impression de le comprendre. Et comme avant il a disparu, un rendez-vous manqué et plus de lui, plus de Christophe, plus de mail, plus d'appel, rien.
Puis hier, sur Facebook.
De très brèves nouvelles.
Il est en vie.
Il écrit. Je l'ignorais. Je l'ai lu. J'ai aimé. Je l'ai reconnu, lui, son univers si particulier, sa façon d'être là et ailleurs dort entre ses lignes, et surtout, surtout sa peur d'être seul.
Alors forcément, comme toujours dès qu'il s'agit de lui, j'ai envie de l'appeler, de parler des heures, de connaître ses dernières histoires. Où en est-il ? Que fait-il ? Avec qui vit-il ? Est-il heureux ? Le peut-il seulement ? Et moi ?
Je me pose tout un tas de questions. Pas uniquement parce que Christophe. Il se passe des choses dans ma vie, de grandes choses, et mon domaine c'est plutôt les petites. Je ne suis pas sûre d'être à la hauteur. Mais la question n'est même pas là, il ne s'agit pas de hauteur, il n'y a pas de défi, pas de concours. C'est juste que...
Je disais il y a quelques jours que j'écrivais moins parce que je vivais trop. Je n'avais plus le temps. Et bien justement, je vivais trop. Pas trop dans le sens abusément, mais dans celui où j'oubliais le reste. Penser fait partie de ce reste. J'aime penser. Regarder mes pensées. Dans les yeux. Sans trembler. Me plonger dans mes émotions, les caresser, les apprivoiser. Leurs donner des noms, les connaître, jouer avec elles, parfois. Leurs être attentive. Etre à mon écoute, en somme. Je suis égoiste, il paraît, et bien je confirme. C'est égocentrique ? Et bien je confirme aussi. Voilà.
Ce soir, je prends le temps. Je m'assieds et contemple. Je réalise. Comprends. Assimile. C'est bien d'être au coeur de l'action, de se laisser porter par l'improvisation, la spontanéité de tous les instants, mais c'est bien aussi de savoir s'arrêter, regarder le paysage, la vue qu'on en a. Marcher à pas lents.
Je crois que je manque simplement d'habitude. Ils ont raison, les autres, ça fout la trouille le bonheur.
Et voilà, encore une fois je finis sur moi. Je commence par raconter Christophe et je termine en racontant ma pomme.
Whatever. Un blog c'est narcissique et moi j'suis égocentrique.
Tout se confirme.
Songs from C.Par M. :: 30/03/2008 à 18:31 :: Petites Choses avec un grand C
L'amour de la musique en commun. Entre autres. Mais cet amour là, nous l'avons vécu pleinement, sans retenue ni tabou. Nous avons aimé la musique ensemble, partagé nos coups de coeurs, nos révérences et nos découvertes. Nous nous sommes parlé en musique, aussi.
Il a soigné ma grippe de cet hiver avec des chansons douces.
Il m'en a tellement donné...
Aujourd'hui, j'ai envie de lui rendre un petit hommage.
Petit, parce que je ne pourrais tout dire, pas même en chansons. Il me faudrait des heures, et ce n'est pas parce que je les ai qu'il en va de même pour tout le monde.
Alors un extrait. Pas un best-of, juste un exemple.
Il y en a beaucoup, parmis les plus belles, que je ne peux partager. Les titres confidentiels, comme il dit. Les secrets doivent le rester. Mais la toute petite heure de musique qui suit est pas mal, je pense. Une écoute facile, bien pour une fin de journée, ou un début de soirée. Enfin, moi, c'que j'en dis...
J'en vois déjà qui m'imaginent avec un verre de vin et une cigarette... Clichés... (sourire)
On commence par lui. On finit par moi.
Lui parce qu'Hendrix (à défaut de Coltrane).
Moi parce qu'une pensée, un jour.
Bonne écoute.
Et merci à lui.
I feel it allPar M. :: 29/03/2008 à 1:10 :: Petites Choses en Nota Bene
J’écoute Feist. So sorry. J’aime le petit décroché de sa voix. Je le suis et m’envole un peu. Je décroche à mon tour.
22h. A l’hôtel. Une heure de plus ce soir, service rendu au veilleur de nuit. Une heure de plus, et ma tête n’y est déjà plus. Y-a-t-elle seulement été aujourd’hui ?
Je promène mon regard sur la place. Elle est vivante ce vendredi soir. Il faut dire qu’il fait bon. Les fumeurs discutent devant l’Opéra Café. La loi castratrice devient vecteur de socialisation : entre fumeurs, on se comprend, on compatit, on se parle, on est presque tous amis. Youpi. Les couples avec enfants prennent la direction du parking. Tiens, mon groupe de canadiens se réunit devant le théâtre. Vont-ils improviser un jeu ?
Je me souviens d’un soir, l’année dernière, au printemps il me semble, je buvais un verre en terrasse avec Sylvain. On parlait de Camille, de Ketty. On en parlait beaucoup, à l’époque. Notre noyau commençait à se dissoudre, nous étions un peu désamparés, prêts à tout pour le sauver. Idiotie. Mais ce n’est pas le sujet. Ce fameux soir, sur la grande place, un groupe d’étudiants italiens. Lycéens, je dirais. Ils jouaient à une sorte de ballon prisonnier sans ballon, et sans prisonnier non plus d’ailleurs, un foulard entre deux groupes et des numéros à chaque participant. Je n’ai pas vraiment saisi les règles de leur jeu mais qu’est ce qu’ils riaient. Et nous aussi, du coup. Le rire est la plus belle des contagions.
Retour à mes canadiens. Ils admirent une démo de skate et rollers. Les filles bavent devant les frenchy bad boys, les mecs, j’en suis sûre, se targuent de faire bien mieux chez eux. Dans 10 minutes, le curfew, le couvre-feu, quoi. Je vais tous les voir débouler comme un troupeau d’hippopotames. Non pas qu’ils soient gros, mais bruyants. Et tout sauf discrets.
Je décide de profiter de l’instant de répit qu’il me reste pour une griller une cigarette dans le calme de la cour intérieure de l’hôtel. Je grimpe les marches qui mènent au premier étage, Feist chante I feel it all, j’aime cette chanson, cette philosophie de tout sentir, tout ressentir, et je fredonne, et je marche en rythme, et même ma tête s’y met, elle se balance de droite à gauche, j'ai les yeux fermés, mes doigts claquent et… je me retrouve nez à nez avec un client. Monsieur Boaventura, un brésilien. Il rit et demande à écouter ce qui me fait danser ainsi, dans les escaliers. Il jette une oreille, sourit, et me dit en anglais que sa fille écoute cet album en boucle. Il ajoute qu’il ne danse pas avec moi mais que son cœur y est. Je lui souhaite une bonne soirée.
22h10 : je savoure ma cigarette.
Le groupe m'attend en bas. Je distribue les clés, les consignes de silence et note l'heure des réveils. Puis, je consulte mes mails. J'en trouve un qui m'interpelle. Des comptes à régler, semble-t-il. C'est fréquent, lorsque les choses changent. Je paie l'addition, clique sur envoyer. Je ne répondrai qu'une fois. Basta.
22h30 : je n'ai même plus hâte de rentrer chez moi.
Mon jumeau Oh m'a appelée aujourd'hui. Je lui ai parlé de mes dernières croisières, du marin et de sa mer de plus en plus calme. Je lui ai parlé de C., aussi. Des quelques mots qu'il m'a laissés ce matin. Je les ai reçus comme un baiser sur le front. Une tape sur les fesses et un go on ! chuchoté à l'oreille.
Des clients ont interrompu notre conversation. J'ai dû raccrocher avec précipitation. Avant d'avoir eu le temps de lui demander comment il allait. Mon jumeau...
La vie est folle. J'adore.
Quelques résas à checker et documents à classer pour les 15 dernières minutes. Et des passants à regarder. Plein. C'est une chance de travailler là. Je veux dire : à bosser dans un hôtel, enfermée à la réception, même si elle est une cage de verre (et une terre de fantasmes), autant avoir un spectacle à regarder. Et quel meilleur spectacle que celui de la vie d'une des places les plus animées d'Avignon ? Un microcosme, aussi écoeurant qu'amusant. J'aime bien en être spectatrice. Presque téléspectatrice, derrière ma vitre-écran. J'y reviendrai. Peut-être.
Non mais sérieux, c'est vraiment un job à la con, mais il est pas si dégueu. Faut avouer.
22h55. Le veilleur arrive.
Derniers documents classés, veste récupérés et mots sympas échangés, cinq minutes plus tard je suis dehors. Enfin.
Je ne saurais dire s'il fait frais ou bon. Mais je suis bien.
Je marche lentement jusque chez moi. Je pourrais compter mes pas. Mais j'ai mieux à faire, quand même.
L'album de Feist touche à sa fin. Je remets I feel it all, une belle énergie avant de rentrer, trois clic un clac et c'est en ligne, une douche, musique, mon marin arrive.
Flying lessonsPar M. :: 28/03/2008 à 21:36 :: Petites Choses empruntees
The way it is, the way it goesPar M. :: 27/03/2008 à 23:21 :: Petites Choses egocentrees
J'écris peu. Je n'en suis pas désolée. J'écris peu, mais je vis beaucoup. Je vis sans écrire, c'est un peu nouveau. C'est bien. C'est ce que je veux, pour le moment. Poser un regard, un sourire, une sensation plus que des mots.
Les derniers jours furent intenses. Et même plus que ça. Ce dimanche soir en Arles m'a vraiment secouée. L'émotion me submerge alors que mes souvenirs remontent. Ça fait tout drôle de sentir son coeur plein.
Oui, ça fait tout drôle de sentir son coeur plein. Et son être apaisé.
Je ne suis pas intensément heureuse. Je ne suis pas du tout malheureuse. Je suis entièrement et parfaitement bien. Je ne comprends pas tout, mais je m'en fous. Je ne suis plus spectatrice de ma vie, j'ai du mal à l'analyser. Mais de là je suis, elle a plutôt l'air pas mal. Je suis trop occupée à la vivre pour la regarder.
Certains soirs, j'ai le mal de mer. Le coeur qui tangue, mais jamais ne flanche. C'est juste qu'il ne savait pas s'il allait passer la tempête. Il est un peu étonné, sans doute, d'avoir réussi. Bien qu'il ne s'agisse nullement de réussite, mais de place, peut-être. Celle qu'il a trouvé semble lui seoir à ravir. Il déconne, mais il est bien, là. Sacrément bien. Il a même un peu de mal à y croire. Alors il se tait, il bat. Simplement.
C'était le monologue traduit de mon coeur.
Et certains jours, je vole. Je pars en croisière à St Rémy, j'écoute le silence du lac et je ris de me voir si belle dans le miroir de ses yeux. Je suis la femme du marin et on danse dans la voiture en écoutant 1234 de Feist, et on chante, et on rit, on rit tellement. Et y'a pas à chercher plus loin. Pas de question à se poser. C'est là, tais toi et profite. Comme le dit ma grand-mère, on ne sait jamais quand on va passer l'arme à gauche. C'est loin d'être glauque, c'est très positif, au contraire. Vivez si m'en croyez...
Il m'arrive un truc très chouette, en fait. Alors je plaisante, je cite, j'illustre, bref je brode pour palier à mon cruel manque de mots. Non, pas cruel, le contraire, même. À mon délicieux manque de mots. Je sais qu'il ne durera pas, et il est assez rare pour que je l'apprécie. C'est bon, parfois, de n'avoir rien à dire. Rien, à part ça va bien, avec le large sourire qui en atteste.
Hier soir, j'ai écouté Gyl chanter. Il y a maintenant dix chansons. Huit de moi, deux de Gilles. (je sais qu'il sourit, là, un peu jaune peut-être...non, même pas) C'est l'alchimie parfaite. L'ensemble est plus que cohérent, on plonge véritablement dans un univers, à la façon de celui d'AaRON. Mais en différent. Moins mélancolique. Plus féminin, bien sûr. Profond. On est un peu ailleurs.
C'est bon. C'est très bon. Je pourrais ne pas être objective, mais je le suis. J'aime trop la musique pour mentir à son sujet. C'est pour ça que je ne joue pas. Mais j'écris. De petites choses évidemment, simples, banales même, qui à mon sens n'ont pas le moindre intérêt, sauf quand elles rencontrent la musique et la voix de Gyl. Et depuis que je l'ai entendue, je devine, je crois. Je devine les mots qui vont lui aller, ceux qu'elles va sublimer. Et elle les comprends, et elle les transforme en une chanson. Une vraie, qu'on écoute, qu'on aime, qu'on retient et qu'on fredonne sans s'en rendre compte le lendemain.
Ça a un sens, tout ça. Elle va en faire quelque chose.
Je la regarde chanter, elle est belle comme c'est pas croyable et j'ai jamais osé l'écrire parce que je sais qu'elle me lit.
Ça pourrait devenir difficile, d'écrire. Ici, je veux dire. Je suis si proche de certains de mes lecteurs... Mais c'est le côté cool de la chose. La liberté n'est pas atteinte. Parce que depuis le début c'est vrai. C'est comme ça. Cru et entier.
Tout a toujours été fait de façon spontanée, et naturelle. Instinctivement, je dirais.
That's the way it is. And that's the way it goes.
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