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<title>Les Petites Choses</title>
<description>&quot;Les petites choses ont leur importance : c'est toujours par elles qu'on se perd.&quot; Fiodor Dostoïevski</description>
<link>http://lespetiteschoses.zeblog.com/</link>
<language>fr</language>
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	<title>Tout, et son contraire</title>
	<description><![CDATA[

  Découvrez Radiohead!
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En me levant ce matin, j’avais envie de faire quelques pas dans le jardin. Les pieds nus dans l’herbe encore humide de rosée. Mais voilà, je n’ai pas de jardin, et en guise de pelouse je n’ai que des pavés. 
&nbsp;
J’ai ouvert les yeux avec une irresistible envie de café. Un café corsé, à peine sucré, dont l’odeur viendrait me chatouiller les narines et me tirer hors des draps. Mais quand j’ai quitté mon lit pour la cuisine, le café ne m’attendait pas. Il était à faire, comme toujours, et j’avais la flemme.
&nbsp;
Lorsque je suis sortie pour aller travailler, j’avais envie de sentir le gris des nuages au-dessus de ma tête, comme une casquette, et un voile de fraicheur sur mes épaules, comme une brise marine de printemps. Mais le soleil était de plomb, la chaleur suffocante et le ciel bleu, désespéremment bleu. 
&nbsp;
Dans l’après-midi, j’ai eu envie de me baigner. D’offrir mon corps à la caresse d’une eau salée, de la laisser me guider, me faire frémir, frissonner, soupirer. Mais la seule eau que j’ai trouvé fût celle de mes larmes. Salées, en effet. 
&nbsp;
Fin de journée. Envie d’une bière fraiche, d’un regard et d’un sourire. De mots en file indienne, de mots d’amour, de mots toujours, de mots en silence. Mais le silence, justement. Et je ne vois que l’écran de mon ordinateur, et son ronronnement est le seul que j’entende. 
&nbsp;
Ce soir, je le sais d’avance, j’aurai envie de toi. Je te chercherai dans les draps, le sommeil ne te remplacera pas. J’aurai envie de toi mais n’aurai que la morsure de ton absence, la douleur de ton silence, du coton mauve en lieu et place de ta peau, contre la mienne. Comme hier soir. Comme demain soir. Et dans un souffle le vent de nuit viendra me murmurer que tu n’es pas là où tu devrais.
&nbsp;
Non, tu n’es pas là où tu devrais.&nbsp;&nbsp; 
&nbsp;]]></description>
	<link>http://lespetiteschoses.zeblog.com/337956-tout-et-son-contraire/</link>
	<author>M.</author>
	<pubDate>Tue, 01 Jul 2008 19:53:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Quelque part, du côté de Cuba</title>
	<description><![CDATA[

Découvrez Baden Powell!
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Quelque part du côté de Cuba, il existe une plage pour toi et moi. 
&nbsp;
Une plage de musique. 
Son sable est clair et fin, doux sous nos pieds, nous marchons vers le soleil couchant, la lumière est si belle, tu clignes des yeux, un peu. Nous marchons et je te chante ces airs d'amours déçues que j'ai si souvent fredonnés. Je te les chante avec une voix que je ne me connais pas, une voix juste pour toi. Et nous sourions de ces tristes amours parce qu'ensemble nous ne pouvons pas pleurer. Puis, sur ta guitare, tu joues un air de samba pour moi, et mes yeux se ferment de plaisir, et se réouvrent pour te voir, te regarder, et dans ton regard voyager. Encore plus loin que Cuba. 
&nbsp;
Une plage de mots.
Ceux que tu me chuchotes à l'oreille. Ceux que je te réponds dans un sourire. Ceux que tu as lus, aimés, et retenus pour moi. Ce que j'ai entendus et que je veux te chanter. Ceux que tu écris dans le ciel, du bout de ton doigt. Ceux que j'invente, parfois. Ceux que nous jetons à la mer, parce que c'est poétique. Ceux que nous murmure le vent, parce que nous savons l'entendre. Et tous les mots que nous voulons simplement partager, grands comme le monde, petits comme un secret, d'amour, d'or et de rosée, des mots sur nos lèvres et des mots sur nos doigts. 
&nbsp;
Une plage de douceur. 
La douceur de la lumière, la douceur de l'air. La douceur de ta voix, tu sais que j'aime ta voix ? La douceur de ta main, quand elle se pose sur ma joue. Qu'elle remonte sur mon front. Dans mes cheveux. La douceur de mes lèvres dans ton cou. Et celle de ma peau, que tu me répètes. La douceur que nous voyons, que nous trouvons, sur cette plage comme partout, et toute la douceur que nous savons nous faire. 
&nbsp;
Une plage pour toi et moi. Du côté de Cuba. Ou même ailleurs, si tu préfères...
&nbsp;
&nbsp;]]></description>
	<link>http://lespetiteschoses.zeblog.com/337268-quelque-part-du-cote-de-cuba/</link>
	<author>M.</author>
	<pubDate>Sun, 29 Jun 2008 13:06:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Pour toi, public (7)</title>
	<description><![CDATA[J'ai le grand honneur de te présenter aujourd'hui les deux hommes qui hantent mes nuits d'été : Bebo Valdes et Diego El Cigala. 
Bebo Valdes est un pianiste cubain que l'on ne présente plus. Un maître, au même titre que Ruben Gonzales, dont je t'ai déjà parlé. 
Diego El Cigala est un chanteur gitan de flamenco.
En 2003, les deux s'allient pour le sublime Lagrimas Negras, qui mêle le chant flamenco à l'intensité sans pareille, et le piano cubain,&nbsp;non moins&nbsp;intense. 
&nbsp;
Voilà comment débute l'album : 


 
&nbsp;
On reconnait un piano cubain dès ses premières notes. La façon de jouer est tout à fait unique, elle ferait d'une valse un boléro. (merci de lui prêter une attention toute particulière sur ce morceau) 


 
&nbsp;
Cet air là, tu le connais sûrement déjà. 
Combien l'ont chanté ? Entre autres, Buena Vista... 
Que te importa que te ame ? Si tu no me quieres ya. 
El amor que ha pasado no se debe recordar. 
Fue la ilusion de tu vida, un dia lejano ya. 
Hoy represento el pasado... No me puedo conformar.


 
&nbsp;
Je suis tombée en amour pour cet album. Dès sa sortie. &nbsp;Et depuis, je ne le lâche pas. Il me hante.
Je l'écoute en boucle depuis quelques jours, mes pensées orientées...
J'avais envie de le partager avec toi. C'est un peu de mon coeur que je te donne là. 
&nbsp;]]></description>
	<link>http://lespetiteschoses.zeblog.com/318243-pour-toi-public-7/</link>
	<author>M.</author>
	<pubDate>Sun, 29 Jun 2008 10:50:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Gourmandise</title>
	<description><![CDATA[

Découvrez Jack Johnson!
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Il a tout juste 20 ans. 
D'ordinaire, je n'aime pas les hommes plus jeunes que moi, mais il n'y a pas de règle sans exception, n'est-ce pas ? En fait, il n'y a pas de règle tout court.
&nbsp;
Il a un corps d'Apollon. Sculpté au scalpel. Un dos parfait, lisse et cambré, des épaules rondes, des pectoraux qui subtilement se dessinent sous son tee-shirt, les os des hanches saillants, comme j'aime, des cuisses fines et musclées, et des fesses à se pâmer. Peut-être les plus belles fesses que j'ai vues. Sa peau est douce comme la soie. Il est imberbe, complètement. Ses lèvres&nbsp;sont charnues comme une pêche.&nbsp;Délicieuses. Et ses yeux sont couleur océan. 
Il est beau. 
&nbsp;
Je le regarde évoluer, son plateau à la main, évitant avec soin les tables et les chaises, parfois l'air si concentré, et d'autres fois simplement souriant. C'est mon petit spectacle à moi, je m'en amuse, je m'en régale, et je m'évade quelques instants, juste en le regardant travailler. 
&nbsp;
Depuis quelques semaines, il est mon amant infidèle et irrégulier. Nous avons passé trois bouts de nuit ensemble. Pas mémorables, mais agréables. Couvert de sueur, il se rhabille et il s'en va, et moi, nue et détendue, je m'endors dans les draps de nos ébats. 
&nbsp;
C'est facile comme un jeu, excitant comme une chasse. 
Lorsque j'ai envie de lui, je sais où le trouver. Je connais ses repères, ses QG. Ses amis aussi, ça aide. Je me pointe, la jupe courte et le dos nu, les hanches comme des vagues de babord à tribord à babord... Je le laisse m'offrir un verre (je sais, je suis trop bonne) puis je lui tourne un peu autour. Parfois, il me fait danser. 
Je le regarde, je lui souris. Il a ce regard qui me dit oui. Mais parce que je le veux bien. (veux, pas vaux, on est pas chez L'Oréal). On sait, lui et moi, comment la soirée se terminera. 
&nbsp;
Sans rien se dire, sans s'attraper la main, on prend le même chemin : celui de mon appartement.
Sauf mardi soir, où il m'a fait l'amour dans son lit pour la première fois. Et ce fût mon tour de me rhabiller, et de traverser la ville au beau milieu de la nuit. Seule, couverte de sueur et du souvenir de ses baisers. Un peu frêle, très fatiguée. Mais satisfaite. 
&nbsp;
Notre relation n'a rien de spirituel. Rien de profond. Elle est légère, comme une brise. Fraiche et sucrée, comme un fruit d'été. Facile, c'est ce qui me plaît. Sincère, aussi, nous ne nous mentons pas, nous ne trichons pas. Comme certains jouent au tennis le mardi soir, ou au bridge le samedi après-midi, nous faisons l'amour certains soirs, par goût et par plaisir. Sans autre implication. 
Il me parle de ses maitresses, je lui raconte mes amants. On boit une bière, il m'offre une cigarette. Je lui dit qu'il a de jolies fesses. Il sourit, sans dire merci. Me nargue ensuite en se déhanchant. Voilà, c'est aussi facile que ça.
&nbsp;
Il est mon amant de 20 ans. Ma gourmandise. 
Un granité, parfum framboise, mon préféré. 
&nbsp;
&nbsp;]]></description>
	<link>http://lespetiteschoses.zeblog.com/336498-gourmandise/</link>
	<author>M.</author>
	<pubDate>Thu, 26 Jun 2008 19:26:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Corsica, mon nouvel amour</title>
	<description><![CDATA[

Découvrez Bebo &amp; Cigala!
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&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il y avait un chèvrefeuille en bas de l'escalier. 
Le soir, je sortais fumer une cigarette, assise sur les marches, et son parfum me revenait, porté par la brise marine. Je restais peut-être dix minutes ainsi, à écouter la nuit. Parfois, je buvais une bière. La Pietra, l'ambrée du pays. Le premier soir, le ciel était sans étoiles. Le second, je pouvais les voir. Si nombreuses, si minuscules. Comme des grains de sable au coeur d'une mer noire. Et comme si souvent, l'envie que l'instant dure une éternité, tout en sachant que c'est l'éphère qui en fait toute la beauté.
&nbsp;
Derrière la maison, une grande table cernée de bancs de bois. J'aimais m'y installer, ma musique dans les oreilles, un verre de rosé glacé, E'Probe, un des meilleurs que j'ai bu, et mon carnet. J'écrivais à C. – une autre lettre jamais envoyée – les merveilles que je voyais. Parce que c'est toujours à lui que je pense lorsque le spectacle est beau.
J'étais émue de la beauté des pays&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ages. Une beauté presque violente. Des montagnes aux dents pointues, qui bouffent l'espace à grands coups de dégradés de verts, plus peuplées d'arbres que Pékin de chinois. La roche en taches claires sur ces sommets verts. Elle s'arrête en falaises tranchantes pour laisser place à l'eau, l'eau de milles bleus qui viennent éblouir tes pauvres yeux bien peu habitués, finalement, à la couleur naturelle. Et au milieu des routes sinueuses, qui te soulèvent le coeur et s'amusent à te montrer un coup la mer, un coup la terre. Des plages sublimes aux noms qui chantent : la Palombaggia, la Rondinara, Santa Giulia, la Rocapina... Du sable épais et granuleux sur celle-ci, du sable gris sur celle-là, du sable plus fin et plus blanc que de la farine sur cette autre. Du sable et des pins, pour l'ombre. 
&nbsp;
Un soir, je faisais quelques pas sur le port de Porto Vecchio et j'ai demandé du feu à un vieil homme, assis sur un banc. Il fumait un cigarillo en regardant les bateaux, et les badaux. Il m'a demandé d'où je venais. Il connaissait Avignon, et son festival dont nous avons un peu parlé. Je lui ai ensuite demandé s'il était du coin. Il m'a répondu : j'habite à deux pas du Paradis. Comme il avait raison... C'est là que je me suis sentie toute la semaine : prés, si prés du Paradis. 
&nbsp;
Bien sûr, j'ai joué une de mes scènes favorites : sur la plage, le paréo sur la taille et les pieds dans l'eau, l'I-Pod dans une main, les écouteurs dans les oreilles et les solaires sur le nez, how deep is your love en regardant la mer, plus belle et plus bleue que jamais. Ma main libre serrait celle de C., à des kilomètres de distance. 
La perfection n'est pas de ce monde, mais le bonheur...
&nbsp;
Quand je suis partie, j'avais plusieurs choses en tête. L'impression de mettre ma vie entre parenthèses. Sensation agréable, mais légèrement teintée d'inquiètude. 
A l'instant même où mes pieds, sur leurs plus hauts talons, foulèrent le sol de l'aéroport de Bastia, j'ai tout oublié. Même que j'avais une vie, sur le continent. La certitude du retour pousse à vivre chaque heure sachant qu'elles sont comptées. Que la dernière viendra, forcément. Et toujours trop tôt. 
Le cerveau sur off tout le temps du surcis, les sens en éveil, et même en ébullition, l'envie pour seul guide et maître. 
&nbsp;
Le deuxième jour, j'avais chopé l'accent. Seule ma peau claire me trahissait. Et mon appareil photo. D'ailleurs, il faut que j'apprenne à en faire, les miennes sont ridicules de banalité. De vraies photos de touriste. Et ma peau claire est un calvaire à faire dorer. Une semaine d'exposition sous un soleil de plomb, et même d'or, n'y a rien fait. Je suis une fausse méditerranéenne. 
&nbsp;
J'étais partie avec l'idée de lire et d'écrire à n'en plus pouvoir. De revivre mon orgie de littérature et de musique de l'été dernier. 
Je n'ai pas lu une ligne et n'en ai écrit qu'une poignée. Les mots me manquaient et je n'avais pas vraiment besoin de les trouver. Ils restaients accrochés au bout de ma langue, ou à la cime de mes cils, parfois même sur mes ongles, et ils n'y étaient pas si mal en fin de compte. Nulle envie de les déloger. 
&nbsp;
Le dernier soir, je me suis assise sous un ciel aux millions d'étoiles. Je distinguais Vénus, ignorais le nom des autres. La nuit était douce, l'air tiède. Quelques oiseaux nocturnes poussaient leurs cris. 
Le lendemain, l'avion me rammènerait sur le continent. La semaine était passée si vite. Peut-être trop. Peut-être pas. L'éphémère fait la beauté des choses. Et les vacances en sont parce que ponctuelles. 
&nbsp;
Corsica, je suis tombée amoureuse de toi. 
Je retiens tes noms, tes plages et tes villes, tes montagnes, tes roches blanches ou colorées, tes verts et tes bleus, tes oiseaux, tes poissons, tes fleurs terrestres et marines, tes paysages à couper le souffle, tes routes à filer la nausée, ta bonne bouffe et tes bons vins, ton accent délicieux que j'aime à copier, voire adopter, tes sourires, tes yeux bleus, tes nuits clames, tes soirs tièdes, tes journées torrides, ton soleil de plomb, ta mer d'huile ou bien tes vagues au chant ensorcelant, les bons moments vécus ensemble, les autres excellents, ou sublimes, ou magiques, les souvenirs que tu m'as offerts et que je raconterai, je te le promets, mais mieux de ma voix que de mes mains, c'est comme ça, il est des choses que je ne sais écrire. 
&nbsp;
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&nbsp;]]></description>
	<link>http://lespetiteschoses.zeblog.com/335724-corsica-mon-nouvel-amour/</link>
	<author>M.</author>
	<pubDate>Mon, 23 Jun 2008 12:47:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>De vacaciones</title>
	<description><![CDATA[&nbsp;
&nbsp;
Parce que je ne pouvais définitivement pas partir comme ça et vous laisser sans musique pendant 8 jours
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 <IMG title="free music" style="BORDER-RIGHT: medium none; PADDING-RIGHT: 0px; BORDER-TOP: medium none; PADDING-LEFT: 0px; PADDING-BOTTOM: 0px; MARGIN: 0px; BORDER-LEFT: medium none; PADDING-TOP: 0px; BORDER-BOTTOM: medium none" alt="free music" src="http://www.deezer.com/embedded/footer.jpg" border=0>]]></description>
	<link>http://lespetiteschoses.zeblog.com/333676-de-vacaciones/</link>
	<author>M.</author>
	<pubDate>Sun, 15 Jun 2008 11:06:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Me voy !</title>
	<description><![CDATA[

Découvrez Sergent Garcia!
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Installée dans mon nouveau décors, je gribouille quelques mots avant mon départ. 
&nbsp;
Mon nouveau décors... 
Plus face à la fenêtre, face à la place, face aux pavés. Non. Plus. 
Confortablement installée au fond de mon canapé, l'ordinateur sur les genoux, Ben Harper et son she's only happy in the sun, la lumière d'un lampadaire filtrée par mes voiles rouges aux fenêtres, et les rires de la rue, dilués par le vin que l'on sert pas loin. Le voilà mon nouveau décors. De l'espace, de la place, et moi au milieu. Bien. Et même vachement bien. 
&nbsp;
La journée, le magasin de musique au dessus duquel se situe mon appartement en diffuse allègrement. Et ses deux vendeurs sont craquants. Je sens que je vais me plaire ici. A vrai dire, je me plais déjà. J'ai hâte de recevoir les gens que j'aime. 
J'y ai déjà reçu mon tout jeune amant. Je crois que l'endroit lui a plus, parce que notre tête à tête, enfin, si on peut dire, fût nettement meilleur que le premier. Et j'ai reçu mon prochain amant, enfin, je le suppose. Le gars qui est venu mettre en route ma chaudière (!!!). Il m'a réveillée à 8h mardi matin, j'avais oublié qu'il devait venir si tôt. Je lui ai ouvert décoiffée, pas maquillée, encore moins réveillée, il m'a souris, je l'ai déshabillé du regard puis offert un café. Je me serais crue dans un film de Marc Dorcel, sauf que le type était vraiment sexy. Il est reparti avec mon numéro de téléphone. Moins de deux heures plus tard, il m'appelait. Comme dit Ketty, je suis servie à domicile maintenant ! C'est drôle, la vie, parfois. 
&nbsp;
Moins drôle, j'ai dû revendre mes places pour Radiohead. C'était le concert ou la Corse, mon coeur a balancé, ma raison a tranché, j'ai besoin de prendre l'air. La mort dans l'âme, j'ai tendu mes billets à leur acquéreur Ebay. Puis je me suis consolée me disant que je les ai déjà vu trois fois, et les reverrai sûrement, Rock is not dead, neither is Radiohead ! 
&nbsp;
J'ai croisé Gilles l'autre matin, à l'angle de ma nouvelle rue. On est encore plus voisin qu'avant, il habite vraiment à deux pas. Mais on ne se voit plus. C'est drôle, la vie, parfois.
&nbsp;
Et (rien à voir, mais quand même) vendredi, en plein déménagement, j'ai reçu un appel de Magali. Elle avait essayé de me joindre plusieurs fois dans la semaine, je n'avais pas décroché, toujours occupée. 
Magali, c'est mon amie d'enfance. On s'est connu à la maternelle et plus laché pendant presque 20 ans. Vraiment plus laché. Nos parents étaient voisins, nous passions nos soirées, week-ends, vacances, et un peu entre les trois aussi, ensemble. Elle était ma soeur de coeur. Je dis était parce qu'on ne se voit plus, et ne s'appelle plus guère, depuis trois ans ou presque. La vie, quoi. Nous la menons de façon très différente, parfois il suffit de peu pour se perdre, ou juste se mettre de côté. De côté, mais pas très loin, parce qu'elle a essayé de m'appeler plusieurs fois, donc, elle voulait vraiment me parler. Pas laisser un message sur mon répondeur, non, me parler, directement. Elle avait une grande nouvelle à m'annoncer : elle va être maman. Elle va être maman ! P... de b... de m..., Magali, ma Magoushka, que j'ai vue grandir de sa première dent perdue à sa première capote achetée, de ses cordes à sauter à ses croisières en voilier, mi Magalita va avoir un bébé ! C'est extraordinaire ! Magique ! Merveilleux ! Je suis si heureuse pour elle ! Si heureuse... 
Et bien sûr j'ai une drôle de pensée, que je ne peux empêcher, j'aurais dû la prévoir : si l'été dernier... il aurait deux mois. Il ou elle. Mais avec des si, on mettrait Paris en bouteille, il paraît. 
&nbsp;
J'écoute cette superbe chanson du Gotan Project, celos, et j'ai envie de Buenos Aires, peut-être parce que nous avons un groupe d'Argentins à l'hôtel. Alors forcément, le troisième jour : 
- Si, yo sé.
- Conoces Argentina ?
- No. Pero mi novio era argentino.
- Era ?
- Si era.
- Ha muerto ?
- No, pero no es mi novio tan poco. 
Leur accent m'a rappelé celui de Maria Emilia, la maman de Benoît, ses conversations téléphoniques avec ses soeurs, à Barcelone, Palma ou Buenos Aires, et ses éclats de rire qui résonnaient dans toute la maison. Mes cours d'espagnols permanents lorsque nous lui rendions visite. Mon arrivée en Avignon. 
&nbsp;
Ça me fait penser que Magali m'a dit, quand je lui ai appris que je déménageait : alors tu t'installes à Avignon, finalement ? On dirait bien, je lui ai répondu. 
On dirait bien. Une étape qui dure. Je suis du genre à faire durer le provisoire. Et puis, Avignon me plait bien. Pour le moment. Elle est très belle, sa lumière est douce et sa vie agréable. Elle est juste très mal peuplée si vous voulez mon avis, et même si vous ne le voulez pas, les avignonais ne méritent pas leur ville. Je sais, ça a l'air débile comme ça, mais c'est un fait, et je ne suis pas seule à le penser. Venez donc vivre par ici, vous comprendrez. 
Heureusement, il y a le Cubanito. Et tous mes potes. 

&nbsp;
(Si tu savais comme je pense à toi en ce moment... C'est peut-être l'été, les souvenirs déménagés, l'appartement qui attend d'être par toi baptisé, ou ce n'est peut-être rien de tout cela, peut-être juste l'amour, la pensée vole vers ce qu'elle connaît de plus beau, parfois.&nbsp;Mais si tu savais comme je pense à toi... Comme tu es là...)
&nbsp;
Dans un mois, le festival sera là. Je le vivrai avec plaisir, comme chaque année. Je profiterai de ses spectacles, je sortirai beaucoup, dormirai peu, et écrirai moins. Beaucoup moins. Parce que j'écris autre chose que les petites choses, et si le temps vient à me manquer, je sais que le choix sera vite fait. Chaque chose en son temps mais chaque chose a aussi son temps. Je prends toujours du plaisir ici, alors je reste, mais le besoin n'est plus, et mon dixième jour sans Internet me permet de me rendre compte que la Terre n'en tourne pas moins rond. Et je ne me sens pas plus mal. 
&nbsp;
J'ai fait un joli rêve la nuit dernière. J'étais sur une plage, sous la lune pleine, les pieds nus dans le sable et les épaules découvertes. Les vagues s'échouaient dans un mumure et un homme jouait de la guitare. Un doux air de samba. Une mélodie qui me caressait mieux que ses mains ne l'auraient fait. Et sa voix comme du miel récitait des mots que j'étais incapable de traduire mais que, pourtant, je comprenais. J'ai entendu rire, au loin. Puis sonner, plus près. Mon téléphone. Il était l'heure de me réveiller. 
&nbsp;
Depuis que je suis installée, je n'ai pas la télé. J'ai perdu le cable pour la brancher, je n'en ai pas racheté. Plus de télé, plus d'Internet, donc plus de musique. Beaucoup plus. Déjà que...
J'ai redécouvert mes CDs, je me fais un plaisir d'en selectionner quelques uns, selon l'heure et l'humeur de la journée, et d'écouter, juste écouter, et suivre le cours de mes pensées. C'est drôle, à suivre, une pensée. Quand on la laisse aller, sans bride ni interruption d'aucune sorte. 
Voilà comment on en arrive là. 
Magali enceinte, les Argentins à l'hôtel, Sébastien le spécialiste en chaudières, la rue, la ville, le festival, les chansons, les souvenirs et les rêves. Le joyeux bordel des petites choses. Aucun sujet, aucun thème en particulier, je ne parviens à m'y résoudre, il y a tellement qui m'appelle, il y a tellement que je veux, et si je laisse faire, aller, un peu, pour voir, hum ?
&nbsp;
Pour l'heure, il suffit. J'ai assez laissé courir mes pensées, je ne suis pas si fière du n'importe quoi donné mais il reflète, après tout, mon esprit du moment. Tout est si facile, besoin de ne rien faire sauf se laisser porter, alors laissons nous, laisse moi, laisse toi, je me laisse, et toi ? 
&nbsp;
Tu te lasses ? Soit.
&nbsp;
Il est temps. J'ai une valise à préparer, un I-Pod à recharger, un téléphone portable à couper, des idées, des envies, et des baisers que je laisse s'envoler par la fenêtre pour qui veut les attraper. 
&nbsp;
Es una linda manana, el sol alumbra la ciudad, 
tranquila la gente del barrio se mueve en busca de la sombra. 
Yo ya estoy listo para el viage, ya&nbsp;esta bien&nbsp;puesto&nbsp;mi equipaje, 
hoy me marcho para siempre, el camino por delante... 
Adonde vas ? 
Hoy me voy !
&nbsp;
Prenez soin de vous. 
Et ne soyez pas sage. 
&nbsp;
Besos
&nbsp;
M.
&nbsp;
&nbsp;
&nbsp;]]></description>
	<link>http://lespetiteschoses.zeblog.com/333667-me-voy/</link>
	<author>M.</author>
	<pubDate>Sun, 15 Jun 2008 10:48:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>13 larmes</title>
	<description><![CDATA[

 Découvrez Archive!&nbsp; 



Je savais que l'heure du bilan viendrait. 


Tout a commencé par les cartons. 
Livres, CDs, DVDs, cahiers et papiers du bureau. Mon univers, quoi. Les objets auxquels je tiens le plus. 
J'aurais dû tout attraper, tout mettre en boîte, sans regarder, sans trier, sans rien. J'aurais dû, je savais que je devais. Mais... Mais je suis une sentimentale, et je me suis arrêtée sur chaque disques, chaque bouquin, lisant une phrase par ci, écoutant une chanson par là. Je me suis ainsi rendue compte du nombre incroyable de CDs que j'ai acheté ces trois dernières années. Mais c'est un autre sujet. Quand la bibliothèque fût vidée, j'ai attaqué le chantier du bureau.
Mes cahiers et carnets. Mes écrits, depuis 2004, les précédents sont chez mes parents, je crois. Quelques tristesses, d'autres joies, des histoires, inventées ou racontées. Et des lettres. De très belles lettres. 
Une de Benoît. Entre nos deux ruptures, parce que nous avons rompu deux fois, Benoît et moi, deux fois comme pour être sûrs. 
Je me souviens de celle-là : je l'avais trouvé sous mon pare-brise, en regagnant ma voiture, un soir, après le boulot. Il avait dessiné une fleur sur le i de mon prénom. Et commencé par bonjour Princesse ! Il ne m'a appelé princesse qu'entre nos deux ruptures, c'était une période particulière. Dans cette lettre, il me disait de jolies choses, comme il ne le faisait jamais. Il me disait son amour, sa tendresse, son amitié, sa foi en moi et notre complicité. Il me disait du moment que je vois des étoiles dans tes yeux lorsque j'y plonge les miens, du moment que les mots les plus doux nous rappellent l'un à l'autre, du moment que tu me rends fou, tout feu follet, tout feu tout flamme, alors je veux vivre tout ce qu'il est possible avec toi, très peu de peine, beaucoup de joie, quelques p'tits fours et plein d'amour ! 
J'ai rangé la lettre dans une pochette de CD. Une gravure MP3 qu'il m'avait envoyé de Suisse, avec Cat Power (merci, Ben ! Je te dois ma meilleure amie), Anthony and the Johnsons (il m'a fait de bien beaux cadeaux...), Syd Matters, Dezarie, Toma Sidibé, Pauline Croze et Wax Taylor. Son dernier présent. 
J'ai mis le CD avec les autres, dans les cartons qui leurs sont dédiés. Et j'ai versé une larme, en visionnant sur la toile de mes paupières closes le film de notre histoire d'amour. Moi en Juliette, lui en Roméo, personne n'est mort à la fin sauf l'amour. Et encore... Il en reste dans chacun de mes souvenirs de lui. 

J'ai aussi retrouvé une lettre de Julien, mon cher Julien. Une lettre sublime, tant par sa forme que par son fond, la première fois sans doute qu'il m'ouvrait son coeur et me disait combien je lui étais précieuse. All apologies ou pas loin, une simple et belle déclaration d'amitié, d'amour, d'un peu tout mélangé, comme ça l'a toujours été entre nous. 
Sa lettre se termine sur ces mots : l'heure avance, mon café refroidit, ma clope n'est plus que cendres et le soleil a tourné. Une autre cigarette avant d'aller bosser... M.-qui-dort-encore saura-t-elle me pardonner ? Sûrement. C'est pas la bonté qui manque. 
Mi querida M., 
Tu querido Julian,
Feliz Cumpleanos
C'était au lendemain de mon anniversaire, de l'année 2005. 
Et bientôt trois ans plus tard je verse une larme en pensant à tout l'amour né entre nous, tout le mal qu'on a pu se faire, par maladresse, par jeunesse, tous ces premiers souvenirs en Avignon éternellement liés à lui, et cette première moitié de nuit, il y a si longtemps maintenant, où il est devenu mon troisième amant. 

Tant d'amour...
Tant d'amour inclut, bien sûr, ma majuscule. 
La lettre à C., neuf pages manuscrites, écrites au fil des jours chômés de l'été dernier. Quand de lui j'essayais de me sevrer, alors je lui écrivais, des mots et des lignes, des pages de lignes, en guirlandes, en rubans, en tendresse et douceur, je lui écrivais le manque, je lui écrivais l'amour et tout celui que je pourrais lui faire si seulement il le voulait bien. Neuf pages jamais envoyées. Mais toujours conservées. Cette fois encore. 
Je suis aussi tombée sur nos premières conversations MSN. Ses accidents de tendresse, quand quelques mots doux lui échappaient, quand il me disait que je lui manquais, quand il me parlait de son envie, de ses envies, entre nous elles ont toujours été plurielles, commes les raisons qui font que. 
Et une larme sur ce papier de nos mots taché. 

Bordel !
J'ai aimé dans cet appartement. J'ai aimé tellement que j'ai écrit, parlé, chanté, crié, joui et pleuré mon amour, mes amours, passées mais jamais complètement mortes. 
Une larme ne les éteindra pas. 

Une autre pour la solitude qui a pu régner à cette adresse. La première qui n'appartienne qu'à moi. Il m'a fallu du temps pour aimer vivre seule. Et aujourd'hui, je ne changerais ça pour rien au monde. 

Une larme de fierté pour avoir su dompter, apprivoiser et finalement aimer, cette douce solitude, l'indépendance, la liberté autant qu'elle soit possible, et celle que je suis devenue, au milieu de tout ça, dans cet appartement à moi et rien qu'à moi. 

J'ai fait une pause. Me suis servie un verre de vin, ai allumé une cigarette. Le tout face à la fenêtre. C'était sans doute la dernière fois que je me tenais là, assise à mon bureau, à regarder la place du Palais vivre et rire et s'endormir, peu à peu. Je ne saurais dire combien d'heures j'ai ainsi passé, combien d'amants j'ai regardé s'éloigner, combien d'amis j'ai vu arriver, combien de pas j'ai entendu claquer sur les pavés. Mon observatoire, ma vue sur les étoiles, mon refuge, mon église, lieu de culte, lieu de rêve, comme une nuit qui s'installait dès que je m'asseyais, là, face à la fenêtre. 
J'ai levé mon verre à ces moments privilégiés, en tête à tête avec moi-même comme dirait M (le chanteur, hein), et j'ai pleuré. Sans peine, juste de l'émotion. Comme trois ans d'émotions qui refluaient soudain. 
Je suis trop sentimentale. 

Et Damien. Je ne peux parler de la fenêtre sans penser à Damien, le sublime serveur du In et Off café, que je regardais, par la fenêtre donc, travailler toute la journée, à m'en user les yeux je le regardais. Le matin j'ouvrais les rideaux sur lui et son plateau, sa silhouette élégante, ses yeux verts et ses cheveux blonds cendrés, ses fesses rondes et ses bras musclés. Le soir je ne les fermais qu'après son départ, pour le regarder encore, le plus possible, il était si beau, et j'étais (je suis) légèrement (complètement) obsessive. Il m'a rendue dingue deux étés durant. Puis il n'est plus revenu. 
Bref. 

Je me souviens très bien du jour de mon arrivée ici. De l'emménagement. Ma famille m'avait aidée. Un camion transportant des taureaux s'était renversé sur l'autoroute, à la sortie de Montpellier. Les bêtes rescapées couraient sur les voies. Fermées, forcément. Déviations et compagnie. Nous avions mis plus de trois heures avant d'atteindre Avignon. Nous avions fini tard, il faisait déjà nuit. C'était le 12 février de l'année 2005. Nous avions partagé une pizza avant que mes parents et ma soeur ne repartent. 
Puis je m'étais retrouvée seule, dans cet appartement où mon seul nom figurait sur la boîte aux lettres, dans un petit lit presque taillé à mes dimensions. Je me souviens que cette nuit là, je m'étais réveillée 6 fois en sursaut, me demandant où j'étais. Il m'a fallu du temps pour me situer. M'habituer à ces quatres murs et demi. 

Quatre murs et demi entre lesquels j'ai appris l'amour. Physique d'abord, je le connaissais mal, je me connaissais mal. Mes amants de passage m'ont enseigné l'art, je l'ai cultivé et enseigné à mon tour, j'ai partagé, j'ai embrassé, caressé, mordu, frissonné, chuchoté, murmuré, crié, perdu la tête, le nord et le reste, la nuit, le jour, entre les deux parfois, j'ai partagé, quoi, mon corps, les leurs et mes draps. 
Mon coeur aussi. Je l'ai déjà dit. Bordel ! J'ai aimé dans cet appartement. J'ai appris à aimer, j'aimais mal avant. Ou alors juste différemment, moins sereinement peut-être, plus cruellement sûrement. 

J'étais un monstre lorsque j'ai intégré ces lieux. Une monstre d'égoisme, d'égocentrisme, de caprices et autres encore. Je voyais les autres, les entendais, mais j'étais incapable de les écouter, de prendre soin d'eux. J'étais une mauvaise personne. Dérangée, instable, mal dans ma peau autant que dans ma vie. Alors je l'ai reconstruite, ma vie. Puisque Benoît l'avait détruite en me quittant, je l'ai réparée, arrangée, reformée, à mon goût et selon mon instinct. Aujourd'hui, j'aime à penser qu'elle me ressemble. Comme je le disais l'autre jour, mes paroles et mes actes sont en adéquation, et c'est bon. J'ai gagné en maturité, certes, mais surtout en sérénité, et peut-être même en philosophie. Celle du relativisme restant parmis mes favorites. Ça, et la positive attitude. 
Je suis devenue une sorte d'Amélie Poulain, et même si je râle j'aime bien ce qualificatif, il est bienveillant, je crois. 
Je me suis soignée, quoi. Bien sûr, il reste des angles à arrondir, mais j'y travaille, j'y travaille...

L'heure est arrivée sans que j'y prenne garde. Un soir, c'était le dernier. La dernière nuit. Ma soeur était là, je n'ai donc pas pu me livrer au rituel que j'avais imaginé : musique, vin et joint, quelques lignes sur mes années place du Palais, des adieux en bonnes et dues formes avec chacun des murs, coins et recoins, sans oublier les poutres de bois du plafond. Non. Nous avons regardé un film, parlé du lendemain, déménagement day, de l'organisation et du bordel que ce serait, et nous avons dormi. 

Vendredi matin, pas le temps de réaliser. Vite, vite, vite, toute la journée. 
Ce n'est que le soir, quand je suis retournée à ma définitivement ancienne adresse, que j'ai traîné mes baskets sur le sol débarrassé, sans canapé ni chaise pour poser mes fesses, que j'ai pris conscience que c'était fini. Je n'habitais plus ici. 
Une treizième larme.

C'est con, quand même, tout ce cirque, toutes ces larmes, pour un appartement. Mais ce n'était pas n'importe lequel, c'était le mien, pendant plus de trois ans. Et j'y étais bien, j'y ai vécu tellement. 


13 larmes.
L'écume des souvenirs, en quelque sorte. 
Et le sourire aux lèvres j'ai fermé la porte du N°13 place du Palais. 
Le meilleur est toujours à venir. 



]]></description>
	<link>http://lespetiteschoses.zeblog.com/332039-13-larmes/</link>
	<author>M.</author>
	<pubDate>Mon, 09 Jun 2008 15:41:00 +0200</pubDate> 
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<item>
	<title>ça déménage !</title>
	<description><![CDATA[

Découvrez Cocoon!
&nbsp;
Au sens propre, comme au figuré.
Exemples en image&nbsp;:
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Part 1&nbsp;: El Cubanito
Et son parfum d’été. Salsa, Mojitos et Stanislas sur la piste de danse, caliente y mas, plus chaud que la braise et son corps qui ondule comme une anguille et s’immisce au plus profond de mes fantasmes. A bientôt, M. Compte sur moi, Stan…
Et je danse, et danse encore, danse toujours à 6h du matin, dans une boîte dont j’ai oublié de le nom, j’ai même presque oublié le mien, de nom, le Mojito a un pouvoir incroyable. Je remue, je me frotte, contre Jo, qui danse comme un dieu, contre le jeune garçon, dont la copine attend, bien sage, sur la banquette, et je me fous de tout, de la pluie dehors, de la fatigue, du temps qui passe, je danse et j’oublie, je danse et je ris, une soirée volée, je m’envole, j’ai des ailes, je suis libre et presque belle. 
&nbsp;
Part 2&nbsp;: l’été approche
Aujourd’hui, premier véritable soleil depuis des semaines. On ne l’attendait plus, le voilà pourtant. Et il n’est pas seul…
Les rencontres fleurissent comme les coquelicots au printemps, et Pedro, si jeune et si beau, et Harry, moins jeune pas moins beau, et d’autres, dont j’ai oublié le nom mais gardé le numéro. Est-ce la saison, est-ce la chance ou est-ce moi&nbsp;? Je suis du miel et ils bourdonnent, je fanfaronne mais n’empêche tout ça m’étonne. Et si c’était vrai&nbsp;? Quoi&nbsp;? Ben que l’été s’annonce caliente&nbsp;! A rafraichir à grands verres de Mojitos, quizas…
Quizas, quizas, quizas
&nbsp;
Part 3&nbsp;: cartons and co.
Retrouvailles émouvantes avec tout un tas d’objets que je croyais disparus, des lettres, des carnets, des CDs et des bouquins, perdus au fond d’un tiroir, abandonnés derrière une étagère, des petites choses, encore. Toujours. Je comprends peu à peu que je quitte un lieu chargé de mon histoire, quatre murs entre lesquels les souvenirs sont nés, et quelques amours, et quelques amitiés. Les cartons se remplissent et je me dis qu’il faut que j’écrive ce déménagement, autant celui des murs que celui qui s’opère en moi. Mais je n’ai pas le temps. Pas une minute, pas une seconde, ni pour penser ni pour écrire, je me lève, je nettoie, j’astique et je récure, j’empile et j’entasse, je porte, déplace, transporte, replace, bref je déménage, on le saura. Et je suis fatiguée. Mais c’est de la bonne fatigue, comme dirait l’autre, enfin, pour la bonne cause, quoi. 
&nbsp;
Part 4&nbsp;: la paix
Comme après la guerre. Comme après l’orage. Tout rentre dans l’ordre, et même dans un meilleur ordre que l’initial. Je ne me souviens pas m’être sentie plus sereine qu’actuellement, comme si tout se passait selon mes souhaits, comme si mes pensées et mes actes étaient enfin en parfaite adéquation. 
Je retrouve mes amis, et j’en rencontre de nouveaux.
J’ai revu le Marin, pour lui rendre les quelques affaires qu’il avait oublié chez moi, tee-shirt, caleçons, shampoing, bonne soirée&nbsp;! Toi aussi&nbsp;! &nbsp;et puis voilà. 
J'ai écrit mon amour pour C., encore, et des coeurs se sont mis à battre en écho. 
Et tant d'autres petites choses presque parfaites, tant que je n'ai pas le temps de toutes les dire. 
&nbsp;
Mais bientôt.
&nbsp;
&nbsp;]]></description>
	<link>http://lespetiteschoses.zeblog.com/328745-ca-demenage/</link>
	<author>M.</author>
	<pubDate>Wed, 04 Jun 2008 19:28:00 +0200</pubDate> 
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	<title>Je l'aime</title>
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La majuscule a des maitresses. Et moi j'ai des amants. Pourtant, je l'aime. Je le rêve, encore, parfois. Je pense à lui, chaque jour. Je lui écris, je lui parle. Il me manque. Mais il a des maitresses et j'ai des amants. Voilà. 

C'est une histoire de moitié d'orange, de Bachert ou d'Aristophane. C'est une histoire vraie d'amour pur. Pur et simple. Sans besoin de promesse, d'engagement, de fidélité. Sans même besoin de relation. Hors de l'espace et du temps, il serait toujours majuscule et je l'aimerais. Toujours. 
L'amour n'a besoin de rien pour exister. 

Dès la première fois, la toute première minute, j'ai su. Comme on sait qu'on a besoin d'air pour respirer, d'eau pour vivre, de terre pour planter. Il est mon air, mon eau, ma terre. Il est le monde dans lequel je vis avec envie, parce que le monde est beau de le porter. Et que sans lui, quelque chose cloche. La planète tourne moins rond. 

Aimer C., c'est comme avoir les yeux bleus. C'est un fait. Presque une nature. 

Je l'aime quand un autre m'embrasse, je l'aime quand un autre me baise, et je n'en aime pas moins celui qui m'embrasse et celui qui me baise (parfois même, c'est le même). Il n'y a pas moins de place dans mon coeur et dans ma vie. Je n'ai pas moins d'amour à donner. 
Alors certains pensent que je suis facile. D'autres que je suis légère. Moi je pense juste être honnête. Peut-être trop. Mais j'aime la démesure, je suis excessive. 

Je me souviens qu'Olivier parlait d'amour avec un grand A mais pourquoi faut-il absolument un grand A ? Ici, il n'y a que de petites choses, et pourtant elles sont pleines d'amour, sous plusieurs formes, de plusieurs façons, mais de l'amour tout le temps. Pas plus à droite qu'à gauche, pas moins fort ni moins beau. Jamais moins vrai. 
Et si je t'aime, je ne l'aimerai pas moins lui. 
Et si je l'aime, je ne t'aimerai pas moins toi. 

Et pourquoi a-t-on un problème avec l'amour ?
Pourquoi attend-on toujours des plombes pour dire je t'aime, pourquoi en fait-on une telle cérémonie ? Pourquoi donner tant de poids à trois tout petits mots ? 
On a aucun mal à dire qu'on aime le chocolat, les voyages ou son chat. 

Je ne sais pas comment vivre l'amour. A deux, je veux dire. Je me pose beaucoup de questions. Sur la vie de couple, la fidélité, l'engagement. La signification, au fond, de tout ça. Je ne sais pas comment on peut vivre avec quelqu'un et faire en sorte que ça fonctionne. Comment il est possible de fonder une famille. Ce à quoi j'aspire, malgré tout. Malgré mes doutes, mes certitudes aussi, mes craintes et mes incompréhensions. Malgré ma résignation. Mais je sais qu'avant de le vivre, il faut le ressentir. Qu'avant d'envisager l'avenir il faut s'autoriser le présent. En bref, avant de soigner les formes, peut-être faudrait-il avoir un fond. 

On se donne des rendez-vous. On se fait la cour. On se séduit, on se respecte, on se prouve. On s'ennuie, aussi. Mais on ne s'aime pas. Pas le temps, le courage, l'idée. 

J'ai toujours dit je t'aime avec la plus grande sincérité. A l'instant précis où j'ai prononcé ces mots, je les pensais. Je n'ai pas pour autant signé pour l'instant d'après. Demain est toujours un autre jour. 

Il est remparts bien plus hauts que ceux contruits autour d'une ville. 

Mon coeur est comme les fenêtres de ma maison : grand ouvert. D'artichaud, d'éponge, peu importe. De chair et de battements, en tous cas. Il a aimé, il a pleuré, il aimera, il pleurera. It's like that and that's the way it is. Oiseaux de passage ou véritables conquérants, tous sont bienvenus. Tous et toutes. J'ai le coeur grand ouvert, j'ai dit. Comme les yeux. Et les oreilles. 
Mon côté Amélie Poulain, sûrement. 

Je pense que la connerie est un rempart à l'amour. 
La connerie, et la masturbation mentale. Ceux qui réfléchissent trop ne savent pas aimer. Ceux qui se regardent trop le nombril non plus. Le monde n'a pas de centre, il est donc inutile de s'y croire. 
Les personnes les plus malheureuses que je connais sont celles qui n'aiment pas. 

Je crois qu'il n'y a pas de grand A. Pas de degré, pas d'échelle. Pas de choix. Je crois qu'il y a de l'amour partout, qu'il est le seul moteur, l'amour d'un être, l'amour de l'art, l'amour de l'argent. 
Je crois aussi qu'on s'acharne à réfléchir sur un point qui ne demande nulle réflexion, mais juste une sensation. Des sensations. Mais il est plus facile de réfléchir que de ressentir. Et il est difficile d'accepter ce que l'on ne comprend pas. 

Je l'aime. 
Ni trop ni pour de faux. 
Sans souffrance ni extravagance. 
Juste je l'aime. 
&nbsp;
&nbsp;
&nbsp;]]></description>
	<link>http://lespetiteschoses.zeblog.com/328121-je-l-39-aime/</link>
	<author>M.</author>
	<pubDate>Fri, 30 May 2008 13:22:00 +0200</pubDate> 
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